RÊVES
soins peuvent fournir la matière des rêves. Les malades boivent avec plaisir de l'eau fraîche ; ils dînent à une table splendide , ils éprouvent la soif la plus vive ; quelquesuns ont des sensations plus ou moins morbides, telles que le besoin d'uriner, plus rarement d'aller à la selle. Enfin, les sensations de tout genre, voluptueuses ou pénibles, rapportées aux organes génitaux pendant le sommeil, et suivies ou non de l'émission spermatique, constituent des rêves fréquents dans le cours des maladies et leurconvalescence.
3" Des rêves qui proviennent d'une sensation morbide Rêves causés pa
une sensation
dont le sièqe est un orqane de la vie animale. Nous trou-
^ morbide
VOUS d'abord comme cause de la perception morbide qui a son siège toutes les maladies des organes mêmes qui sont le point dell vi"aSa"ie' de départ du rêve et de la sensation pathologique. Au trouble de la digestion, à la plénitude de l'estomac, à la gastralgie, au cancer gastrique, se rattachent des cauchemars qu'on observe souvent chez les sujets atteints d'une maladie de ces organes ^ à la plénitude de la vessie, les rêves qui ont trait à la miction, et qui sont souvent accompagnés de cauchemar. Celui-ci se manifeste également dans les affections du cœur, du poumon et des plèvres; c'est alors que les malades éprouvent des sensations pénibles si singulièrement défigurées dans leurs rêves, et qui ont pour cause le besoin de respirer. On peut donc avancer, sans trop d'exagération, que dans les cas où on les observe un grand nombre de fois chez le même sujet, il faut songer à un trouble fonctionnel ou à une lésion matérielle des appareils de la digestion, de la circulation et de la respiration. Nous citerons , comme cause fréquente du délire morbide des sensations internes, les maladies du foie, de l'estomac, des reins, de l'utérus, des voies urinaires, qui donnent lieu à des rêves fatigants.
A côté de ces faits incontestcables s'en présentent d'autres qui nous montrent les rêves effrayants comme des signes d'iiypocondrie, d'hystérie, ou le simple résultat d'une forte excitation cérébrale, d'une passion ou d'excès de tous genres, r.ôves causés 4° Des vêvcs qui proviennent d'une sensation morbide par une sensation gf^g^ organe de la vîe de relation. Nous
morbide exlerne. ' . . ,
rapportons à ces sortes de rêves ceux qm nàissent dans le sommeil chez un individu qui éprouve réellement une impression externe. Pour emprunter à la physiologie un fait qui fera mieux comprendre le mode de développement de ces sortes de rêves qui se produisent, à, la manière des illusions, nous citerons le cas de ces dormeurs qui répondent à celui qûi leur parle bu qui continuent à apercevoir les caractères d'imprimerie, la page, le livre ou l'objet qu'ils avaient encore sous les yeux au moment où ils ont commencé à sommeiller. Dans l'ordre pathologique, le nombre des cas est plus limité; cependant il en existe un assez grand nombre d'exemples; toutes les maladies des organes des sens qui produisent de la douleur, agissent à la manière d'un corps extérieur, et font impression , comme lui , sur les extrémités nerveuses . On conçoit donc qu'il puisse naître pendant le sommeil une sensation correspondante. Le rêve, dans ce cas, est identique à l'illusion, puisque c'est de l'impression perçue parle cerveau, mais sans la participation du sentiment de conscience, que naît la sensation maladive ou le rêve. Ce malade dont parle Galien et qui, après avoir rêvé que son membre était de marbre, se trouva paralysé à son réveil, avait un rêve par illusion. Souvent la sensation due aux nerfs d'un bras comprimé pendant le sommeil donne lieu à un affreux cauchemar. C'est encore par illusion que se