CONSTITUTION ANNUELLE
celui de la respiration ou du tube digestif, par exemple, dure plus longtemps, et l'on dit, en parlant des maladies régnantes, que les grippes, les états bilieux, les pneumonies ont effacé les autres affections et empiété sur elles.
Il faut remarquer que plus la marche des saisons est Aucune maladie régulière et celles-ci intenses, plus les espèces nosolo - P^etioimne. giques correspondantes sont bien dessinées; le conti'aire a lieu lorsque la marche des saisons a été irrégulière. On conçoit qu'alors la pathologie annuelle s'en ressent.
Depuis Hippocrate tous les grands observateurs, Sydenham, Pringle, Huxham, Lepecq, StoU, ont remarqué que les maladies annuelles ont un rapport intime avec les phénomènes météorologiques de chaque saison.
On désigne sous le nom de consliluiion èpidémiqiie sai- Défmiiion
., , . 71 i„ 1 ' 1 .1 de la consliluiion
sonniere, temporaire ou annudk, le développement des saisonnière.
maladies sous l'influence des altérations sensibles de
l'atmosphère qui correspondentà chaque saison de l'année.
Quand ces saisons sont régulières, il peut y avoir quatre ses caractères.
constitutionsépidémiques, correspondant àchacuned'elles.
On appelle les maladies régnantes, hivernales, printa-
nières, estivales et automnales, suivant l'époque de
l'année où on les observe.
Lorsque les saisons sont régulières, on doit avoir, du iiéguiariié moins dans nos contrées, un hiver froid, sec ou humide, et des maïadî un printemps chaud et humide, un été chaud, sec ou variable, un automne plus ou moins humide. Quand les qualités de l'air sont corrélatives, on dit que la constitution annuelle a été régulière, Icgilime. Les maladies qui leur correspondent offrent dans leur nature et leur marche la même régularité. Au contraire, ledérangemenldes saisons, les brusques variations de la température, modifient pro-
es.
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fondément les constitutions saisonnières, et l'on s'en Ataxie. aperçoit a^u lit des malades. Enfin, quand la pertuibation a été portée à un degré extrême, on voit naître des maladies essentiellement différentes de celles qu'on devrait rencontrer; ou bien un groupe nosologique l'emporte sur tous les autres, dure très-longtemps, et donne son nom à la constitution saisonnière prédominante, ou même à la constitution annuelle.
Renversement Un autre changement peut se faire dans les constiludes saisons saisou médicale : l'hiver est chaud, le prin-
et des maladies. ^
temps froid, l'été variable, l'automne chaud. 11 résultera de ce déplacement, de cette interversion des saisons, des maladies toutes différentes de celles auxqu' elles on doit Développement s'attendre. Ce cas est fréquent dans notre France et dans
^^Li^sTnniè"es°"* ^^^^ P^Y^ ^ températui'e variable ; au contraire les dans les pays saisous comuic Ics maladies affectent une marche régulière et pour ainsi dire mvariable, dans les contrées uniformes, en Grèce par exemple. C'est ce qui a fait croire, avec juste raison, que les maladies saisonnières, décrites par Hippocrate, devaient avoir une marche régulière, des périodes fixes, et des terminaisons par crises qui servaient à juger les maladies. Nous nous étonnons parfois, mais à tort de ne pas retrouver ces mêmes périodes dans les affections de nos climats.
Autre propriété Une propriété remarquable des épidémies saisonnières
de ces épidémies. tendre à diminuer le nombre des maladies inter-
currentes. Voici comment il faut comprendre ce genre d'influence. Il règne pendant un hiver très-froid un grand nombre de grippes ou de pneumonies; l'action des causes atmosphériques tend précisément à produire l'une ou l'autre de ces maladies chez la plupart des sujets prédisposés par une cause quelconque. La saison, dans ce cas,
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joue le rôle de Cause excitante ou occasionnelle ; plus elle sera énergique ou en d'autres termes, plus l'agent atmosphérique sera actif, puissant, plus celui-ci réussira à provoquer le développement des maladies sporadiques qui dont le plus en rapport, par leur nature et leur cause, avec la saison. Nous considérons donc celle-ci comme une cause occasionnelle.
Les maladies saisonnières ne sont, suivant nous, que les Manière d'agir de maladies intercurrentes, sporadiques, devenues seule- mé"M!'a"e'°" ment plus fréquentes, plus communes à cause de l'intervention d'un modificateur puissant qui agit sans cesse. La preuve nous est fournie par le nombre de ces maladies qui est en rapport avec l'intensité et la durée des agents atmosphériques, c'est-à-dire de la saison. Si cette dernière est fortement accusée, toutes les maladies sporadiques seront saisonnières, c'est-à-dire en rapport avec la cause cosmique prédominante (froid, chaud, humidité) . On verra peu de maladies sporadiques échapper à cette influence. Cependant nous ne croyons pas qu'on puisse attribuer uniquement aux phénomènes météorologiques appréciables à l'aide de nos instruments de physique, les maladies qui appartiennent à chaque saison ; s'il en était ainsi l'on verrait correspondre très-exactement à l'état de l'atmosphère les maladies régnantes et réciproquement celles-ci une fois connues, on pourrait reconstituer, le thermomètre et le baromètre en main, l'état de l'atmosphère. Or les médecins qui ont pratiqué leur art, longtemps, sur une population nombreuse, savent que cette corrélation n'existe pas. Des années froides et pluvieuses comme celle de 1860 ne produisent pas les maladies que l'on serait en droit d'en attendre si l'on ne consultait que l'influence des agents cosmiques. 11 faut donc qu'il y ait autre chose
dans le milieu ambiant que ce que nous y observons avec nos instruments.
Différence entre On voit, cl'après cc qui précède, qu'il faut se garder de laconsiiiution confondre la constitution saisonnière avec la constitution
Sciisoniiicrc
eiia médicale, médicale. Rappelons, en quelques mots, ce qui a été dit ailleurs. La constitution saisonnière, qu'on appelle aussi conslUulion épicUmique saisonnière, ou temporaire, est en relation directe avec les conditions météorologiques propres à chaque saison. Elles ne sont régulières et périodiques qu'autant que les saisons, ou plutôt les qualités atmosphériques qui leur correspondent, sont elles même régulières et périodiques. Elles ne peuvent donner aux maladies régnantes aucun caractère spécial ; elles les font ce qu'elles sont; elles créent l'espèce nosologique, de toute pièce, soit une pneumonie, une angine, soit une diarrhée, une grippe, et voilà tout, consiitiiiion La constHu'Aon médicale ou /jj^en'apasde duréelimitée ;
peuiïS'jémie. ^^^^ correspoud pas aux saisons; elle ne dépend ni du chaud, ni du froid, ni du sec, ni de l'humide (Sydenham) ; elle ne tient pas aux qualités de l'air 5 elle ne détermine pas une espèce nosologique comme la saison, elle ne fait pas une pneumonie, une angine, une dysenterie. Elle leur impose, ainsi qu'à toute autre maladie sporadique, un élément morbide spécial (bilieux, inflammatoire, intermittent, gangréneux, etc.) ; elle leur imprime une marche, une durée, une terminaison particulières ; elle change leur traitement. Elle domine, en un mot, les maladies intercurrentes et saisonnières, et les cai-actères que nous avons dessinés ailleurs la font aisément reconnaître. On pourrait, jusqu'à un certain point, en consultant les tables météorologiques de la saison, dire quelles ont été les maladies régnantes, tandis qu'elles ne peuvent pas