PARALYSIES SYMPTOMATIQUES
le cerveau. M. Bérard a cité sept cas fort curieux d'hémiplégie causée par la ligature de la carotide pratiquée pour des anévrismes. La paralysie a eu lieu du côté opposé à la ligature.
Nous devons mettre en première ligne, parmi les causes dans la chlorose, de cette paralysie, l'altération chloro-anémique du sang. Il n'est pas un praticien qui n'ait observé des troubles du mouvement après de longues ou abondantes pertes de sang provoquées par des lésions organiques de l'utérus , de l'intestin, par des saignées répétées ou trop copieuses et par des opérations chirurgicales. A côté de ces paralysies, figurent celles qu'on rencontre chez les scorbutiques, et surtout à la suite de l'intoxication par le plomb.
Les paralysies saturnines , quoique produites par un paralysies agent toxique répandu dans tout l'organisme, sont ce- gp]"i^quel. pendant partielles, limitées aux muscles de l' avant-bras, de la main, du pouce, aux extenseurs des doigts, au cubital, au deltoïde, etc., plus rarement aux membres inférieurs. Les malades éprouvent d'abord de la lassitude, de l'engourdissement, du fourmillement ; des douleurs vives, fugaces, occupent les jointures voisines; quelques mouvements convulsifs agitent les muscles dans lesquels ne tarde pas à se déclarer une paralysie. Le mouvement est nul, impossible, malgré les plus grands efforts. On a dit que la contraction électromusculaire y était constamment abolie : c'est une erreur, rien n'est plus variable. Non -seulement nous avons constaté cette contraction dans des muscles entièrement privés de mouvements volontaires et non atrophiés, mais nous l'avons aussi retrouvée ainsi que la sensibilité dans des muscles entièrement privés de toute espèce de mouvement depuis plusieurs mois. 11 n'en III. '5
par le sulfure (le carbone.
Paralysie (les ivrognes ;
dans diverses espèces (l'empoisonnement.
Paralysie symplomalique des névroses.
Mal.idies dont elle est le sympl(^mp.
est plus de même lorsque la nutrition des parties est profondément altérée ; la contraction électro-musculaire cesse entièrement.
On observe rarement le trouble de la motilité dans l'intoxication mercurielle et arsenicale. M. Delpecli a signalé à l'attention des médecins l'empoisonnement par le sulfure de carbone, dans lequel il a observé la paralysie des membres inférieurs et supérieurs, puis l'atrophie musculaire.
Quelque ignorée que soit la modification pathologique que subit le système nerveux dans l'empoisonnement chronique par l'alcool, on sait qu'il finit par déterminer, après un certain nombre d'accès de délire, une paralysie générale," graduelle et progressive qu'il n'est pas toujours facile de distinguer de la paralysie progressive des aliénés. Elle débute graduellement par de l'engourdissement et le tremblement des mains, de la langue, de tout le corps, et s'accompagne de délire et d'hallucina- ■ tions.
La perte de la motilité se voit également dans l'ergotisme et après l'usage des maïs altérés ; très-rarement chez ceux qui abusent du tabac.
5° Paralysie symplomalique des névroses cérébro-spinales, A cette classe appartiennent les paralysies qui , sans être un symptôme constant des névroses, se rattachent cependant d'une manière si intime à la lésion du système nerveux qu'on peut presque annoncer le développement ultérieur d'une paralysie quand on observe la névrose, et réciproquement établir l'existence antérieure de celle-ci lorsqu'on constate une paralysie dont on cherche la cause. De ce nombre sont les paralysies qui se présentent si fréquemment dans l'Jiystérie, la
PARALYSIES SYiMPTOMATIQUES.
catalepsie, la névropathie de la puberté et de l'âge critique, l'épilepsie, l'hypocondrie, etc.
Ces paralysies ont des caractères communs qui les font reconnaître. Elles survienent chez des sujets dont les fonctions sensorielles sont déjà troublées à différents degrés, ou qui sont en proie à des souffrances névropathiques, à des attaques d'hystérie, de catalepsie, d'épilepsié. Elles ont un début rapide occasionné par des émotions morales ; elles varient en intensité ; se déplacent ; sont ordinairement partielles, occupent un membre, la langue, l'organe de la voix ; cessent tout d'un coup, mais peuvent aussi durer fort longtemps. Elles sont sujettes à récidiver; elles s'accompagnent de troubles de la sensibilité cutanée. La contractilité et la sensibilité électro-musculaires sont en général conservées.
La paralysie hystérique est rarement générale; elle se limite à un côté du corps (hémiplégie), aux membres supérieurs des deux côtés ou d'un seul, et surtout aux inférieurs, plus rarement à la face. Elle est plus fréquente à gauche qu'à droite (Briquet); tantôt incomplète, marquée par des engourdissements et de la faiblesse du muscle; tantôt complète : la contractilité électro-musculaire y est très-rarement éteinte ; la sensibilité électrique variable, conservée presque toujours, excepté lorsqu'il existe une anesthésie cutanée et musculaire complète. Le mouvement reparaît souvent avec une grande rapidité et sous l'influence de toutes les causes capables de relever le moral et de tonifier le système nerveux.
Dans la paralysie hypocondriaque, on observe quelquefois l'abolition de la motilité dans les deux membres inférieurs et dans un bras. Il ne faut pas la confondre avec la faiblesse que les malades éprouvent souvent dans
Caractères commuDS.
Caractères spécifiques.
Paralysie hystérique ;
hypocondriaque.
les membres et qu'ils exagèrent comme toutes leurs sensations.
Paralysie II. Paralyslcj« sympatliiqucs. Il faut n'appliquer mpaihique, ^^^^^ dénomination qu'aux troubles de la motilité qui se déclarent dans le cours d'une maladie locale ou générale (1). Ces derniers se rapprochent, par la maladie présumable, mais non démontrée du sang, des paralysies symptomatiques de ces mêmes altérations. Ainsi les paralysies sympathiques, de la fièvre typhoïde, de la diphthérie, d'un exanthème pourraient être attribuées à la maladie du sang ; mais en supposant celle-ci positivement établie, la paralysie n'en fait pas moins partie des sympathiques, surtout lorsqu'elle estliéeà une lésion purement locale. L'expression de stjmpathique, qu'emploient quelques auteurs pour désigner une paralysie liée à une lésion du cerveau et de ses membranes survenue dans le cours d'une autre affection, est détournée complètement du sens qu'on doit lui donner en pathologie générale. Toutes les fois qu'il y a lésion matérielle des centres nerveux, on doit dire qu'il existe un paralysie symptomatique. La sympatique exclut l'idée de lésion et entraîne l'idée d'action purement réflexe du cerveau ou de la moelle. Du reste, nous ne sommes nullement édifiés sur la corrélation qu'on a voulu établir entre certaines maladies locales, telles que la pneumonie, la dysenterie, l'angine gutturale simple, l'érysipèle facial, d'une part, et de l'autre le paralysie : nous nous fondons uniquement sur la rareté extrême de ces cas qui ne seraient alors que
(1) On doit à M. Gubler une étude fort bien faite de ces paralysies: Des paralysies dans leurs rapports avec les maladies aiguës et spécialement des paralysies asthéniques, diffuses, des convalescents. {Archives générales de médecine, p. 2.')7, jSfiO.)
PARALYSIES SÏMPATHIQUES. 2-20
des complications fortuites (1). Il n'en est plus de même des maladies générales, telles que la fièvre typhoïde, le choléra, les exanthèmes, les fièvres intermittentes, surtout la diphthérie, dont la paralysie est un phénomène sympathique très-ordinaire. Nous n'avons observé, pour notre part, que la paralysie sympathique de la fièvre typhoïde, des convalescents et de l'anémie provoquée soit par l'abus de la saignée soit par des hémorrhagies foudroyantes.
On les a rencontrées dans le cours des aflections aiguës paralysie et chroniques des voies génito-urinaires des deux sexes, d^une^mauidle chez l'homme surtout. La néphrite aiguë et chronique, la organes
1 ,T 1 1 T • A 1 génilo-urinaircs.
gravelle, la py élite et les maladies qui entraînent des désordres graves dans la vessie, la prostate, l'urètre, l'utérus, enfin les pertes séminales, sont des causes de paralysie, et surtout de paraplégie. On ignore comment s'établit cette lésion de la motilité. On sait que celle de ^. la moelle épinière dans sa portion dorso-lombaire entraîne la paralysie et l'anesthésie de la vessie, et l'on peut admettre que la moelle qui reçoit, parle grand sympathique, l'irritation venue des reins la renvoie, en sa qualité de centre d'innervation, plus spécialement dans les nerfs des membres intérieurs, qui émergent de la moelle dans un point rapproché de ceux qui ont senti l'irritation.
Les paralysies sympathiques sont en général partielles, caractères plus fréauentes aux membres inférieurs qu'aux supé- communs
. , n . 1-1 à loules
rieurs, quelquefois cependant étendues aux quatre mem- les paralysies bres, et alors marquées plutôt par la faiblesse que par une sympathiques.
(1) Voyez un livre intéressant de M. Macario, Des paralysies dynamiques et nerveuses, 1 vol. in-S", 1860.
SYMPTOMES MlSCLLAlilES.
véritable paralysie. Elles sont incomplètes, augmentent graduellement, et se terminent de la même manière, souvent dans l'espace de quelques jours ou de plusieurs semaines. Quelquefois ces paralysies sont mal accusées et l'on a tort de les appeler ainsi lorsqu'elles tiennent à un amaigrissement extrême , à une atrophie réelle des tissus musculaires ou à une profonde adynamie de toutle système nerveux. On voit ces changements remarquables s'opérer chez les cholériques qui sont affectés de paralysie, chez les sujets atteints de fièvre typhoïde, enfin chez les hommes qui meurent d'inanition et dont plusieurs éléments du sang, les globules, la fibrine et l'albumine, tombent bien au-dessous de leur chiflre normal. La contractilité électro-musculaire est conservée. Les malades guérissent, en général, très-bien à mesure que les forces se rétablissent et que la nutrition se fait mieux.
TIL Paralysies icliopatlii<|i9C!<i efeisiciïticllcs. Nous Paralysies ne lèrons qu'iudiquer rapidement les symptômes musesseniieiies. (.y|j^jj.gg cette entité morbide dont la description appartient à la pathologie spéciale. Nous nous proposons seulement de tracer les caractères de chaque espèce de paralysie.
1" Paralysie du sens d'activité musculaire. En traitant l'araiysio des seusatious morbides qui ont leur siège dans le sys- ''■'mrculTe!'''^ t^^"^ "musculaire (p. 160), nous avons décrit les symp- Aiaxic tomes qu'entraîne avec elle la diminution ou l'abolition du sens d activité. xNous rappellerons seulement que les malades ne peuvent plus diriger ni coordonner les mouvements des membres paralysés, quand on les empêche de se servir de leurs yeux pour guider ces mouvements. Si la paralysie occupe les membres inférieurs, le pied accroche le sol ou bien il vacille, et une chute ne
PARALYSIES ESSENTIELLES. o.j|
tarde pas à se faire ; si c'est la main qui estaflectée, elle ne peut saisir les objets, parce qu'elle dépasse le but à atteindre ; quand elle s'en est emparée , elle ne tarde pas à le laisser échapper. Ce trouble de la motilité est le seul et le meilleur signe delà maladie qu'on ne peut confondre avec aucune autre.
2° Paralysie musculaire atrophiqus; atrophie musculaire progressive (Gruveilliier) . Les muscles de la main et Atrophie de l'éminence thénar et liypotliénar s'atrophient et ne font plus relief ; les mouvements sont incomplets, difficiles ; les muscles des avant-bras et des épaules s'amaigrissent; la paralysie s'étend de la même manière aux membres inférieurs et au tronc. Elle est caractérisée, par la disparition graduelle et presque complète d'un certain nombre de muscles, par la diminution correspondante de la contraction volontaire et électro-musculaire, qui ne s'éteignent que très-lentement, ainsi que la sensibilité électrique, à mesure que le muscle disparaît par atrophie et qu'il est remplacé par de la graisse.
Quand cette atrophie reste limitée à un ou plusieurs muscles, on retrouve localement tous les signes que nous venons de signaler dans la paralysie générale.
3° Paralysie rhumatismale. Ce nom doit être réservé à la paralysie produite par la diathèse rhumatismale Paraiysio
... .1 1 . , i rhumatisma'.c.
ou par une première mvasion du mal qui porte sur le système musculaire exclusivement. Précédée ordinairement d'une douleur vive, lancinante, cà forme névralgique, qui s'exaspère surtout pendant la nuit et par le moindre mouvement, la paralysie rhumatismale envahit tantôt plusieurs muscles, tantôt un seul, et se dissipe promptement sans provoquer d'autres désoidres. Mais dans d'autress cas elle s'empare de tous les muscles
Paralysie goutteuse.
qui eiitouieiU une jointure, s'étend même du côté opposé, et reste ainsi plusieurs semaines et même plusieurs mois. Il se passe alors dans les muscles des phénomènes tout à fait caractéristiques. Les mouvements volontaires y sont nuls, faibles, et rendus presque impossibles par les douleurs vives qui se produisent alors. L'irritabilité musculaire paraît être la propriété à laquelle s'attaque plus particulièrement le rhumatisme. En effet, le mouvement volontaire et la contraction électro-musculaire sont abolis ; la sensibilité électro-musculaire reste normale ou bien elle est diminuée. Nous avons constaté ces divers phénomènes un trop grand nombre de fois pour que nous n'en affirmions pas l'existence. En même temps surviennent dans la nutrition des muscles des changements essentiels. Ils diminuent de volume, s'atrophient, et quoi qu'on en ait dit, ils se contractent à peine sous l'influence des courants électriques lors mêmeque l'atrophie est encore peu avancée. Plus tard le mouvement volontaire reparaît, très-faible d'abord et seulement à mesure que les muscles se reconstituent. La contraction électro-musculaire suit la même progression. Il faut souvent plusieurs mois et même quelques années pour que les parties musculaires retrouvent le plein exercice de leur fonction, ainsi que le prouvent plusieurs exemples que nous avons encore sous les yeux. L'électricité n'exerce pas sur la guérison une action aussi certaine ni aussi prompte qu'on l'a dit. Le rhumatisme a pour siège ordinaire les muscles du cou , des épaules, du dos et des bras, plus rarement ceux des membres inférieurs, ou d'un côté du corps (hémiplégie rhumatismale).
La goutte , dans sa forme chronique et atonique , se métastase sur les muscles , et, après y avoir causé de
PAHALYSIES ESSENTIELLES.
violentesdouleurs, les prive de mouvements, à la manière du rhumatisme. Quelquefois même ces deux diathèses agissent en même temps sur le même malade.
h" Paralysie ascendante aiguë (Landry). Les cas qui en ont été recueillis par M. Landry présentent les symp- Paralysie tômes suivants: faiblesse générale, relâchement des membres, sans tremblement, sans convulsion ni mouvement réflexe ; la paralysie se propage des pieds aux autres parties des membres inférieurs, puis aux supérieurs, au tronc, aux muscles respirateurs, à la langue. Le malade meurt asphyxié sans que l'intelligence s'altère un instant 5 la sensibilité cutanée s'éteint en même temps. La mort arrive deux à trois septénaires après le début du mal (1) .
b° Paralysie essentielle; apoplexie nerveuse. A différentes époques on a cité des cas d'hémiplégie survenue chez des sujets dont le cerveau et la moelle ne présentaient aucune lésion. Ces cas deviennent plus rares à mesure que l'anatomie pathologique se perfectionne ; cependant on ne saurait en nier l'existence. Chez quelques malades privés tout à coup du mouvement de tout un côté du corps, on ne trouve ni hémorrhagie ni ramollissement cérébral. Aucun signe ne peut faire reconnaître, pendant la vie, cette espèce nosologique.
On doit encore placer au rang des paralysies essentielles celles qui frappent les navigateurs dans les mers navigateurs, de l'Inde, lorsqu'ils sont en proie à la colique sèche ou frappés du béribéri. Ordinairement elles succèdent à l'entéralgie, à des convulsions, ou au délire; mais quelquefois aussi elles s'étabhssent primitivement et résistent
(I) Landry, Note sur la paralysie ascendante aiguë [Gabelle hebdomadaire de médecine et de chirurgie).
Paralysie essenlielie ; apoplexie nerveuse;
Pamlysie
234 SVAIPTOMES MUSCULAIRES.
à toute espèce de traitement. Elle allectent ordinairement les deux membres inférieurs, plus rarement les supérieurs.
Paralysie (j" ParakjUe générale progressive. Suivant qu'on admet progr'eTsfve; ^^"^ qu'on repousse l'existence des lésions du cerveau, on fait passer la paralysie générale du rang de névrose essentielle du mouvement à celui de symptomatique d'une péri-encéphalite dilfuse (Galmeil) ou d'une induration atroplîique de la substance blanche. Nous avons dit que les travaux les plus récents tendent tous à faire regarder cette paralysie comme un effet du ramollissement périphérique du cerveau. Rappelons seulement que la paralysie générale survenue d'emblée, consécutive aux troubles de l'intelligence ou tout au moins contemporaine de ces troubles, est marquée par l'embarras de la parole, le tremblem-ent et la faiblesse des mains et des pieds, l'incertitude de la marche, qui est comme choréique. Ces phénomènes vont croissant avec une lenteur extrême, avec des rémissions de plusieurs mois, et finissent enfin par une paralysie complète des membres inférieurs, supérieurs, et des réservoirs.
Paralysie On a désigné sous le nom de paralysie générale aiguë ^'ïeSte p"af ^" tantôt une véritable encéphalite difluse et superficielle, comme espèce tantôt uue méningite et même le délire alcoolique. Il faut rayer du nombre des paralysies essentielles cette entité, formée d'éléments hétérogènes.
Paralysie 7° Paralysie puerpérale. Dans l'ignorance complète où
puerpérale. t i ,
nous sommes de la nature des paralysies que nous étudions, nous sommes contraints de les caractériser par une condition morbide qui paraît avoir une corrélation étroite avec leur développement. On voit peu de temps après l'accouchement, chez les femmes qui allaitent, ou
l'AMALYSlES ESSENTIELLES.
indépendamment de cet état physiologiquG, la paralysie se déclarer dans les doigts de la main, dans les avantbras et les membres inférieurs après avoir été précédée ou non de contracture. Cette paralysie incomplète et souvent rémittente, alterne avec la contracture et disparaît, en général, assez proraptement.
8° Paralysie des enfanls. Dans une première espèce dont les auteurs ont cité d'assez nombreux exemples, l'affection se reconnaît à des douleurs vives qui se manifestent dans un membre, le bras, la jambe ou la cuisse d'un côté, souvent l'avant-bras, et qui empêche le petit malade de s'appuyer sur le membre ou de s'en servir. Il tient d'abord contractées les parties qui plus tard sont frappées de paralysie , mais pour un temps , en général, très-court qui dépasse à peine deux ou trois septénaires. La contractilité électro- musculaire est intacte.
La seconde espèce de paralysie des enfants est marquée par la longue durée, souvent même par l'incurabilité de la paralysie qui finit par amener l'atrophie des muscles et leur dégénérescence graisseuse. La contractilité électro-musculaire est nulle ou encore appréciable suivant le degré d'altération des muscles.- La diminution de volume, l'absence de toute saillie musculaire et de tout mouvement volontaire, permettront de reconnaître aisément cette forme.
9° Paralysie partielle. La liste déjà longue des troubles de la motilité auxquels nous imposons provisoirement le titre d'essentiels, doit encore renfermer toutes les paralysies partielles qui ne peuvent être rapportées à aucune lésion appréciable des nerfs ou de leurs racines soit cérébrales, soit spinales. On les a souvent qualifiées de rhumatismales parce qu'on a supposé qu'un refroi-
Paralysie des enfanls.
A. Aigui!
el passagère.
B. Chronique el alrophique.
Paralysies parlielles.
236 SYMPTOMES MUSCULAIKES.
dissement ou qu'un rhumatisme antérieur en étaient la cause. Quoi qu'il en soit les paralysies du nerf moteur oculaire commun, du pathétique, de l'oculaire externe, du nerf facial, du glosso-pharyngien, des nerfs mixtes, de tous les muscles du tronc et des membres (deltoïde, sterno-mastoïdien , grand dentelé, etc.), se développent souvent sans cause appréciable. Elles sont caractérisées par des symptômes spéciaux qu'il ne nous appartient pas de décrire, parce que ce serait pénétrer dans l'histoire particulière de chacune de ces maladies. Tout porte à croire que c'est tantôt l'irritabilité musculaire , tantôt la motricité ou la nutrition interstitielle qui est plus spécialement affectée. Dans tous ces cas l'irritabiHté électromusculaire est altérée à différents degrés.