PARALYSIE
bicles perçues ou non perçues par le malade et déterminées par le développement de quelque maladie intercurrente (phlegmasie, fièvre, aflection organique). L'électricité provoque souvent ces mouvements réflexes quelques instants après qu'on a cessé de la faire agir sur les muscles paralysés. Ils se sont manifestés chez plusieurs malades lorsque nous imprimions à une ou plusieurs jointures du meuibre paralysé des mouvements d'extension, de flexion ou de rotation un peu brusques et un peu forcés. Des causes très-légères, une émotion morale , l'administration de médicaments stimulants ou toniques, amènent ces mouvements réflexes.
Ils s'accompagnent d'une sensation qui est évidemment celle d'activité nuisculaire momentanément éteinte. Souvent cette sensation est obscure, peu distincte; le malade déclare cependant qu'il a senti le mouvement, et il en indique exactement le siège. Si c'est la totalité d'un membre, du supérieur ou de l'inférieur, qu'on agite, le mouvement peut être perçu par les muscles non paralysés qui se rendent dans les parties paralysées : dans ce cas, quand on ne fait mouvoir qu'une partie périphérique et limitée du membre, le mouvement n'est plus perçu par le malade. Ces diverses particularités sont dignes de l'attention du médecin, sans qu'elles fournissent toutefois des données précises au diagnostic. Dans d'autres cas les mouvements réflexes donnent lieu à des crampes, à des convulsions douloureuses. En résumé, les muscles actuellement paralysés et privés de leur sensibilité naturelle peuvent, sous des influences morbides ou des stimulations externes, recouvrer momentanément et pour un instant très-court leur contractilité physiologique et leur sensibilité pi'opre. Malheureusement ce retour III. i4
provoqués par difTôrcnlea causes :
acromp.ignci de sensalions distinctes;
de douleur.
210 SYMPTOMES MUSCULAHIES.
n'est qu'éphémère, et bientôt la paralysie reparaît avec tous ses attributs.
Il ne faut pas confondre avec ces mouvements les con-
lls sont ilislincls . • • • j
des convulsions, vulsious touiqucs OU clouiques qui viennent de temps a autre agiter les membres des paralytiques.
Les mouvements réûexes peuvent-ils servir au diagnostic des paralysies? en indiquer la nature? annoncentils l'existence d'une maladie de la moelle épinière ainsi que l'ont prétendu quelques auteurs? Il faut reconnaître que ces mouvements se voient surtout dans la paralysie spinale et la cérébrale. On ne les observe que plus rarement dans la paralysie hystérique, saturnine et rhumatismale. Quoi qu'il en soit, ce sujet n'a pas été encore assez exploré pour qu'on puisse rien établir de positif sur les signes diagnostiques qu'on peut tirer de la paralysie.
chang«menis Loi'sque la paralysie a duré longtemps, on trouve, dans
(jui surviennent , ...
dans les membres ^''^ positiou , le volume des membres et les propriétés paralysés. spéciales du tissu musculaii-e, des changements essentiels. Commençons d'abord par rappeler que , d'après des expériences décisives faites par M. Landry, l'irritabilité musculaire s'allaiblit h partir du sixième jour et cesse entièrement après la sixième semaine lorsque la moelle est lésée et que les communications nerveuses "^mrpm'r* ^""'^ ^^^^ muscles sont interrompues. L'action du
de rirriiabiiiié. cervcau n'est pas indispensable à la conservation de celte môme irritabilité-, au.ssi les muscles des membres pai-alysés se contractent-ils par l'électricité dans les plus anciennes paralysies cérébrales, tandis qu'ils perdent cette faculté dans la lésion de la moelle et des nerfs (1).
,1; Voyez sur ce ^iijcl Landry, ouvr. cite, p. 20,
PAUALYSIE. 2H
Ces cas exceptés, Jes membres depuis très-longtemps Amaigrissement, paralysés et condamnés à l'immobilité maigrissent, c'està-dire que le tissu adipeux sous-cutané et intramusculaire s'amoindrit, disparaît, mais il n'y a pas atrophie du tissu musculaire. Pour n'en citer qu'un exemple des plus probants, nous dirons que Bell a trouvé, sur un sujet atteint d'hémiplégie cérébrale depuis cinquante ans, les muscles avec leur couleur et leur volume naturels.
11 n'en est plus de même dans la paralysie liée à une Atrophie réelle, affection des nerfs ou de la moelle, ni dans la paralysie dont la nature nous est inconnue et qui est précisément caractérisée par l'atrophie des muscles et leur dégénérescence graisseuse. Les parties pourvues de muscles présentent alors des dépressions et de l'amaigrissement dans les régions ordinairement occupées par des muscles plus ou moins volumineux, résistants, et dont on apercevait manifestement les saillies et les contractions sous la peau. Les études microscopiques ont appris qu'en pareille circonstance , c'est-à-dire dans l'atrophie réelle , les muscles se flétrissent, s'atrophient , disparaissent plus ou moins complètement, et sont remplacés par du tissu adipeux. Tant qu'il en reste quelques fibres, la contraction et la sensibilité électro-musculaires persistent, mais la contraction volontaire est complètement anéantie. On retrouve ces mêmes caractères dans la paralysie rhumatismale et dans certaines paralysies atrophiques de l'enfance. Dans toutes ces maladies, l'examen des tissus au moyen de l'électricité rend quelques services qu'on a beaucoup exagérés.
Divers états morbides, en empêchant d'une manière Maladies
1,1 il peuvent
plus OU monis complète le mouvement des parties mus- simuler culaires, peuvent simuler la paralysie; nous ne ferons in paralysie.
Marche et durée de la paralysie.
Marche lenle et graduelle.
Marche rapide.
Variations dans les symptômes.
que les indiquer parce qu'il est facile de les reconnaître. Tantôt c'est le muscle qui est enflammé, détruit par la suppuration, endolori par un rhumatisme, tantôt les jointures, la synoviale, les ligaments qui sont altérés de différentes manières (arthrite, tumeur blanche, carie, etc.).
La résolution est très-distincte de la paralysie, et c'est à tort qu'on l'en a rapprochée. Elle n'est que la suspenpension momentanée ou plus ou moins durable de la contraction volontaire due à la perte de connaissance, à l'abolition de l'intelligence ; aussi quand on presse fortement la peau on fait contracter les muscles. Nous avons déjà traité ce sujet.
Marche, durée de la paralysie. La paralysie s'établit graduellement, d'une façon lente et insensible, dans un ou plusieurs membres, avant de devenir complète; elle reste ensuite dans cet état pendant plusieurs semaines, plusieurs mois ou plusieurs années. Quand elle aflecte cette marche, on ne peut pas encore affirmer qu'il existe une altération matérielle du cerveau, de la moelle ou d'un nerf. Débulet-elle au contraire subitement et en provoquant la perte complète des mouvements, on éprouve plus de difficultés pour porter un diagnostic ; car deux sortes de maladies très différentes l'une de l'autre peuvent lui donner naissance : ou l'hémorrhagie des centres nerveux ou une simple névrose , telle que l'hystérie , la chorée , l'épilepsie , la paralysie des enfants , celle des ivrognes ou à marche ascendante, etc. La perte de l'intelligence suffit pour faire ranger la paralysie dans la première de ces deux divisions.
C'est surtout la marche incertaine, variable de la paralysie qui donne de précieuses indications diagnostiques. Ainsi, quand on voit la perte du mouvement cesser tout
PARALYSIES SYMPTOMATIQUES. t2l3
d'un coup dans une partie du corps pour se manifester dans une autre et quitter ainsi brusquement son premier siège pour en occuper un second, on doit supposer qu'il n'existe de lésion nulle part et que la paralysie est une névrose du mouvement (hystérique, rhumatismale ) ou sympathique de quelque maladie qui développe et entrelient cette paralysie. Même diagnostic si, de jour à autre, la paralysie change d'intensité.
L'invasion rapide et l'extension de la paralysie des paralysie parties inférieures vers les supérieures indique une para- et*exi"^„' lysie idiopathique rapidement mortelle en quelques jours, et sur les causes de laquelle il existe peu de documents (paralysie extensive de Landry).
En résumé les formes aiguës, chroniques, variables, et enfin rapidement extensives delà paralysie, sont autant de moyens précieux de diagnostic.
La marche de la paralysie est en général progressive, c'est-à-dire qu'une fois établie elle devient chaque jour plus intense et occupe un plus grand nombre de points. Cependant quelques-unes vont en perdant de leur gravité chaque jour et marchent vers la résolution, quoiqu'elles dépendent de lésions matérielles du cerveau ou de la moelle (hyperémie, hémorrhagie à petit foyer, etc.).
L Des paralysies symptomatiffucs. Sous ce nom Paralysies se trouvent réunies : 1° les paralysies qui dépendent d'une s>"'pi«'"ai'q"c? lésion appréciable du cerveau , de la moelle , des nerfs et de leurs enveloppes; 2" d'une altération du sang; 3° d'une névrose, telle que l'hystérie, l'épilepsie, la folie.
II semble peu naturel de rapprocher les unes des autres des lésions de la motilité d'origine si différente et réunies seulement par un symptôme commun, la paralysie,
3li
s V M ! 'TO M KS W' SCI.' LA 1 11 i:S.
Paralysie cérébrale.
Maladies qui les produisent.
Quelques-unes sonl suivies de paralysie.
CcpiMulaiit il est utile de la maintenir provisoircinent dans celte division parce qu'elle indique au moins que la cause et le siège du phénomène morbide sont à peu près connus, et qu'il a son point de départ dans le système nerveux ou dans le sang qui y entrelient l'excitabilité. Plus tard, lorsque des recherches plus approfondies auront mieux fait connaître les maladies du système nerveux, on établira sans doute d'autres divisions et une synthèse plus conforme à la nature encore mal déterminée des différentes espèces de paralysies.
1° Paralusie cérébrale. Elle est le signe de maladies très-diverses par leur nature et même par leur siège dans le cerveau et le cervelet. Une forte congestion, une hémorrhagie intense qui se fait dans la substance blanche ou grise, le travail phlegmasique, le ramollissement sénile ou d'une autre nature, enfin l'induration et l'atrophie de ces substances, ont pour résultat ordinaire la diminution ou l'abolition des mouvements volontaires dans une partie du corps.
A cette liste déjà bien longue de maladies il faut encore ajouter toutes les productions morbides, comme le tubercule, le cancer, les tumeurs qui peuvent se développer primitivement ou secondairement dans le cerveau, enfin les alïections aiguës et chroniques des membranes séreuses, fibreuses et osseuses qui environnent et protègent le cerveau et le cervelet (hémorrhagie, inflammation des méninges, hydrocéphale aiguë, tumeurs fongueuses de la dure-mère, altération simple, syphilitique ou scrofuleuse des os, etc.).
Sans doute des maladies aussi diverses ne donnent pas lieu à la paralysie au même degré. Elle est beaucoup plus fréquente dansles lésions aiguës et inflammatoires de l'en-
r'AHALYSIES .SYMl>TO.MATIODES. ^2\li
cépiiale. L'iiéuiorrliagie, la cérébrite aiguë et clironique en sojit les causes les plus ordinaires 5 mais tout ce qui peut provoquer de près ou de loin un de ces actes moi'bides et léser la contexture de la pulpe cérébrale , soit en la comprimant, soit en troublant sa nutrition (ligature de r.apidité
k. • j 1 , . . , . de la lésion,
carotide, par exemple), sera suivi du symptôme que
nous étudions. La seule condition morbide qui semble
entraîner à coup sûr la paralysie est la promptitude avec
laquelle la texture normale du tissu cérébral est altérée,
même dans une petite étendue, comme dans l'hémor-
rhagie. Quelques gouttelettes de sang épanché , en un
instant très-court , paralysent plus sûrement un membre
qu'une tumeur volumineuse, ou qu'un épancliement
considérable de sérosité ou de sang dans les méninges
(méningite hydrocéphale, tubercule) .
L'étendue de la maladie n'a d'influence que sur l'in- Kiendue. tensité de la perte du mouvement : et encore n'est-il pas permis d'établir une corrélation exacte entre ces deux conditions morbides. Il est commun de rencontrer une hémiplégie complète avec un foyer sanguin très-petit et une paralysie limitée à un bras ou à la face avec une hémorrhagie considérable.
Siège de la paralysie. Elle peut être, ^° (jénêrale, siége
1 " , , 1 p • « . ,, . , de la paralysie.
occuper les quatre membres a la lois^ 2° partielle, siéger sur les deux membres d'un même côté (hémiplégie); 3° sur les membres inférieurs (paraplégie) ; li" sur le membre supérieur d'un côté et sur la moitié de la face ou le membre inférieur du côté opposé (paralysie croisée ou alterne); 5° plus limitée encore à la bouche, à la langue, à un ou plusieurs muscles. Le caractère général des paralysies cérébrales est d'être borné très-nettement à un côté du corps. Peut-on, à l'aide de cette localisation
210 SYMPTOMES MUSGUL MUES.
de la paralysie, reconnaître le siège de la lésion encéphalique qui la provoque?
Locaiisaiion On s'est efforcé, dès les temps les plus anciens, de de la lésion, (j^couvrir la corrélation qui existe entre le symptôme et la lésion, mais toutes les tentatives ont été vaines ; ce n'est que dans ces dernières années que la physiologie est parvenue à jeter quelques lumières sur cette partie obscure de la séméiologie, et encore faut-il n'admettre qu'avec réserve les données qu'elle nous fournit et qui reposent sur des expériences peu décisives encore lorsqu'elles ne sont pas entièrement contradictoires.
ricsultals Si de l'étude physiologique on descend aux applicaconiradicioircs ^^^j^g ^ |^ séméiologie, OH cst eucore plus embarrassé
au sujet o ' i
de la localisation, parcc quc Ics faits pathologiques viennent à chaque instant donner un démenti aux expériences et aux conclusions qu'on a prétendu en tirer. Du reste, l'exposé rapide „ , . (fue nous allons faire suffira pour convaincre le lecteur.
raralysie J- ^
des membres. On a cru que la lésion des couches optiques entraînait la paralysie des membres supérieurs, et celle des corps striés la paralysie des membres inférieurs. Or M. Andral, en relevant soixante-quinze cas de lésions circonscrites dans ces deux parties du cerveau, a démontré qu'il est Localisation înipossiblc d' assigner un siège distinct aux mouvements dans les couches des membres (1). Il n'est pas un praticien qui n'ait eiTes"'corps observé des faits de ce genre. Il est donc inutile d'y striés. insister plus longuement.
Dans ces derniers temps , de nouvelles expériences habilement dirigées ont conduit quelques physiologistes à établir que l'association et l'équilibration des mou-
(I) Clinique médicale^ t. V, p. 357, 2' édil., Paris, 1833.
l'AU ALYSIES Si iM PTOM ATIQUES.
vemeiiis ont leur siège dans les tubercules quadrijumeaux. Les faits pathologiques n'ont pas encore justifié Dans cette opinion. D'autres placent le siège de cette coordi- '^^ mbercuies
. quadrijumeaux.
nation dans le cervelet, et citent à 1 appui de leur opinion des cas dans lesquels le cervelet étant lésé, les malades avaient tendance à marcher toujours, à reculer, ou à dévier sur la droite ou la gauche. On a attribué aux lésions du lobe antérieur du cerveau la paralysie des muscles linguaux et la perte de la parole. Rien ne légitime cette opinion .
Gall et d'autres avec lui, certains que l'instinct génésique réside dans le cervelet, ont donné pour signe essentiel aux maladies de cet organe l'érection du membre viril avec ou sans éjaculation. Quelques cas particuliers semblent donner créance à cette théorie qui est en opposition avec un nombre considérable de faits. M. Hillairet regarde comme symptôme essentiel des maladies du cervelet, le vomissement.
Nous n'insisterons pas plus longtemps sur cet ordre de faits dignes à tous égards des études persévérantes et approfondies du médecin. Nul doute qu'il existe un siège Dans le cmeau. distinct pour le mouvement des membres et de certaines régions du corps , mais il nous reste inconnu malgré les habiles vivisections instituées par les physiologistes et les données fournies par les observations pathologiques (1).
A l'étude des paralysies cérébrales symptomatiques d'une lésion se rattachent : 1" la paralysie générale progressive, que les auteurs les plus distingués mettent sous
(1) Ceux qui veulent lire un résumé des observations pathologiques les plus importantes et trouver leurs corrélations avec la physiologie du cerveau, doivent consulter l'ouvrage précieux de M. Longet, Anatomic et physiologie du système nerveux de l'homme , 2 vol. in-8", Paris, 1842.
218 SYMI'TOMKS MCSCLLAlPiES.
la, dépendance d'une péri-eucéphalke difluse; '2" les paralysies qui surviennent dans le cours de la période ultime de la manie, de la démence et de l'idiotie. C'est dans leur marche et dans le trouble de l'intelligence qu'il faut en clierclier les symptômes essentiels. Dans le péri-encéphalite, la paralysie est lente, incomplète, rémittente d'abord, puis continue, etc. La contractilité électro-musculaire reste normale (Brierre de Boismont, Duchenne). La paralysie La paralysie du membre supérieur ou inférieur et
oppoléeàiaiésion l'hémiplégie annoncent, à coup sûr, qu'il existe une lécérébraic. siou daus l'iiémisphère opposé du cerveau ou du cervelet ;
le symptôme alterne avec la lésion. Ce point de pathologie, mis hors de doute par une masse considérable d'observations, s'explique physiologiquement pari' entre-croisement des faisceaux antérieurs de la moelle au niveau dubulbe et dans l'épaisseur de la protubérance elle-même. La découverte de cet entre-croisement remonte à Galien.
Paralysie directe Les altérations du ccrvelct, quoique en général suivies,
dans les maladies . r rv
du cervelet, comme celics du cerveau, de paralysie opposée, ollrent cependant d'assez nombreuses exceptions à la loi générale que nous avons posée pour le cerveau. Paralysie alterne paralysie de la facc d'un côté rentre également
de la face ± ^ o
et des membres, daus Cette même loi, et prouve l'entre-croisement complet de la septième paire. Cependant, comme on a observé quelques cas où la paralysie faciale avait lieu du côté opposé à la paralysie des membres, la protubérance cérébrale étant seule lésée, on Ta expliquée par les commissures encéphaliques , mais surtout par l'entre-croisement des nerfs faciaux dans l'épaisseur de la protubérance au niveau et dans le fond du quatrième ventricule. Ainsi au-dessus de la décussation l'action est croisée comme pour tous les autres nerfs -, au-dessous cette action est
I ' \ n Al .ÏSI ES SY M l'l'OM A i l ( )U !■ S.
l'aralysics de quelques muscles en parliculier.
alors diiecte (l). On observe encore la paralysie directe dans la lésion des commissures et du pont de Varole.
Nous ne pourrions, sans pénétrer dans l'histoire partilière de chaque paralysie, étudier les troubles qui surviennent dans les mouvements du globe oculaire et de l'iris lorsque la lésion cérébrale comprend les origines des nerfs moteur oculaire commun, pathétique, et moteur oculaire externe. Disons seulement que le prolapsus de la paupière supérieure, le strabisme externe, l'abolition des mouvements de rotation, la dilatation et l'immobilité de la pupille font reconnaître la paralysie du moteur commun , etc., etc. Ces paralysies partielles indiquent moins si\rement que les autres une lésion cérébrale; cependant on les observe dans les ramollissements lents et chroniques du cerveau, dans la paralysie générale commençante, dans la manie et la démence. Souvent aussi leur existence se lie au développement de quelque tumeur ou de quelque lésion du tissu osseux, des méninges, et des nerfs.
Les muscles qui ont perdu la faculté de se contracter sous l'empire de la volonté, la conservent au plus haut degré lorsqu'on les excite à l'aide d'un courant électrique. La sensibilité électrique est également normale. On y provoque des mouvements réflexes. 11 en existe aussi de spontanés très-énergiques.
2° Paralysie spinale. Les maladies auxquelles nous Paralysie spinale avons attribué la paralysie cérébrale sont également celles qui déterminent la paralysie spinale: inflammation, ramollissement, hémorrhagie, déchirure, méningite, épanchement dans le canal rachidien, tumeur libreuse, cancéreuse, osseuse, scoliose et carie vertébrales, etc.
Conlraclion et senslbllilc électromusculaire conservées.
(1) Voyez sur ce sujet un travail inlcressant. de M. Gublcr, De l'hémiplégie alterne, in GaxeUe hebdomadaire, 18!»().
SYMPTOM KS .M USGLLA lUES.
Hémiplégie Irés-rare.
Elle est directe. Les symptômes de ces paralysies sont plus tranchés que ceux delà paralysie cérébrale. Les lésions qui portent sur les cordons postérieurs produisent des troubles de la sensibilité sur lesquels nous avons insisté ailleurs (anesthésie). Nous n'avons à nous occuper que des troubles delà motilité. La paralysie exactement limitée à un côté du corps est très-rare; elle annonce que la lésion a son siège dans le faisceau moteur du même côté ; presque toujours les deux membres, soit supérieurs, soit inférieurs, perdent le mouvement parce que les deux faisceaux antérieurs sont compris dans la lésion. La paralysie existe toujours du même côté que la lésion et au-dessous d'elle. La forme la plus ordinaire des paralysies spinales est la paraplégie^ la maladie occupe alors les parties inférieures de la moelle et en comprend toute l'épaisseur. Cependant il arrive souvent, et nous en avons encore un exemple bien remarquable sous les yeux, que la lésion, quoique développée au-dessus du renflement thoracique, ne paralyse que les membres inférieurs, tandis que les supérieurs sontparfaiirès-fréquenie tcmeutsains. On pout expliquer cette particularité en sun-
dans les maladies x x x x i
de la moelle, posaut quo los fibres nerveuses dont la réunion constitue le faisceau antérieur de la moelle ne sont pas toutes altérées ; que celles qui vont former les racines antérieures du renflement thoracique n'ont pas été atteintes, qu'au contraire celles qui se rendent dans la partie inférieure de la moelle sont altérées et même détruites; d'où la paraplégie qu'on observe en pareil cas.
Enfin les travaux physiologiques les plus récents donnent à penser que l'intégrité de la substance grise de la moelle est nécessaire à la production des mouvements volontaires et à la transmission des impressions au cerveau (Stilling, Brown-Séquard, Schiff, ïurck, etc.).
Paraplégie
PARALYSIES SYMPTOMATIOnivS. 221
Les faits pathologiques viennent à l'appui de cette opinion.
Peut-on soupçonner l'existence d'une lésion du bulbe i.oiroubio rachidien lorsqu'on voit un désordre extrême se raanifes- '^î„dique?t-n u" ter dans les mouvements respiratoires, et surtout dans ceux 'és'on du buibe? du larynx, du diaphragme et des côtes, et le désordre qui en résulte finir par causer l'asphyxie? C'est aux observations pathologiques ultérieures qu'il appartient d'infirmer ou de corroborer ces vues physiologiques.
Lorsqu'on soumet à un courant électrique les muscles Abolition
1, 1 • ,,• de rirrilabililé
paralyses, on ne détermme, dit-on, aucune contraction. ^^ M. Marshall- Hall, Duchenne, Hecquerel aflirment que ce ''e la coiuraciico résultat est constant dans les paralysies spinales. Gepen- musculaire, dantnous venons d'observer un malade qui a succombé avec une paralysie complète produite par une tumeur cancéreuse qui avait comprimé et atrophié, quoique légèrement, la moelle au niveau de la septième cervicale ; le malade ne pouvait remuer les membres inférieurs, dans lesquels on produisait des mouvements réflexes trèsénergiques. L'électricité déterminait dans les membres inférieurs de fortes contractions qui étaient très-douloureuses et aussitôt perçues. Il est vrai de dire qu'il n'existait aucune lésion de consistance ni aucune modification de texture appréciable de la moelle. Nous croyons qu'il ne faut accepter qu'avec réserve encore cette prétendue abolition constante de la contraction électro-musculaire dans la paralysie spinale.
La physiologie nous apprend que non-seulement la moelle, mais encore chacune de ses parties jouissent d'une .sorte d'indépendance fonctionnelle ; qu elles sont, comme le cerveau, de véritables centres d'innervation, ayant leur sensibilité, leur motilité, leur influence sur la respi-
SYMPTOMES MUSCULAfRES.
ration et sur les fonctions génésiques ; en sorte que, si une portion même considérable de la moelle vient à être lésée ou détruite, celle qui est immédiatement au-dessus continue à remplir ses fonctions. C'est là ce qui explique la persistance des mouvements et des sensations dans certaines parties du corps, tandis que d'autres sont paralysées. Des mouvements réflexes spontanées ou provoquées se manifestent aussi chez ces malades -, ce qui indique la persistance de la contractilité musculaire. Dans ce cas nous avons toujours trouvé la contraction électro-musculaire intacte ou diminuée. Toute trace de mouvement volontaire avait disparu dans les parties paralysées.
Enfin, la paralysie de la vessie et des muscles chargés d'expulser les matières fécales produit la rétention d'urine et une constipation opiniâtre. Elles constituent deux signes précieux des maladies de la moelle.
Les membres condamnés à l'immobilité s'amaigrissent d'une manière sensible; la peau se sèche, se durcit, l'épiderme se détache; à la longue la sensibilité y devient obtuse ou s'v éteint. Paralysie par ^° Paralysie par maladies des îier/'s. Les moindres lésions ; tk?neïi>. '^l^" portent sur les nerfs, sur leurs enveloppes et leurs ra- • cines, soit cérébrales , soit spinales, altèrent à différents ; degrés la sensibilité et le mouvement des parties aux- • quelles ils se distribuent. Ces altérations dépendent de; l'intensité de la maladie. Tantôt une simple fluxion rhumatismale marquée ou non par une congestion du iiévri- • lème ou du tissu cellulaire, tantôt l'épaississement de la membrane fibreuse, le ramollissement des filets nerveux . causes provoqués par la maladie des os ou des parties molles ■
I ces paralysies. >•! . , i . , ,
quils traversent; la contusion, la déchirure, le tiraillement des nerfs occasionnés par une luxation, une fracture,
de
la contractililé
PAHALYSIES SYMPTOMATIQUES. 00)3
une saignée ou une opération chirurgicale, sont autant de causes qui entraînent la perte incomplète ou absolue du mouvement. On peut observer des troubles de ce genre dans les tissus desservis par les nerfs encéphaliques et spinaux, moteurs seulement ou mixtes. De là autant de paralysies partielles qui ont leurs symptômes et dont nous ne devons pas aborder l'étude parce qu'elle appartient à l'histoire de chaque paralysie en particulier (nerf moteur oculaire commun, pathétique, moteur oculaire externe, facial, etc.). Nous ne présenterons que les caractères généraux communs à toutes les paralysies.
La paralysie des mouvements volontaires varie beau- ^tai coup en intensité, suivant le degré de la lésion. Si celle-ci est profonde, les mouvements volontaires et ceux qui sont et deia sensibilité déterminés pai' un courant électrique sont entièrement eieciro-
^ ^ musculaires.
anéantis ;mais quoi qu'on en ait dit, rien n'est plus variable que l'état de la sensiblité et de la contractilité électro-musculaire sur lesquelles il n'est pas permis de faire reposer le diagnostic de ces paralysies. Souvent la contractilité et la sensibilité électro-musculaire sont parfaitement conservées, et le malade ne peut mouvoir le membre. M. Duchenne croit avoir constaté que les mouvements volontaires étant conservés dans certains muscles, la contractilité électro-musculaire peut y être abolie. M. Becquerel affirme n'avoir jamais observé de cas de ce genre (1). Quand le nerf est en grande partie détruit, la sensibilité, la contractilité, les mouvements volontaires sont complètement abolis ; mais nous considérons comme contraire aux lois de la physiologie la prétendue abolition
(1) Trailc des applications de l'élcclricité à la Ihérapeutiquc , fie, p. 185, in-8", Paris, 18C0,
e la contraction électrique dans des muscles qui se contractent volontairement.
La paralysie par lésion des nerfs est assez rapidement suivie de la diminution de volume des membres, de l'atrophie des muscles et de leur dégénérescence graisseuse. On la reconnaît à la délimitation des symptômes qui sont bornés à un ou plusieurs muscles animés par le nerf malade ou même par une de ses branches principales. En outre elle n'est accompagnée d'aucun trouble des facultés cérébrales. Si c'est un nerf mixte qui est malade, la sensibilité se trouve diminuée ou éteinte en même temps que la motilité.
Paralysie /i» Paralysie par altération du sang. Bien différentes
par altération , , , i ^ i • t -i
du sang; dcs précédentes les paralysies dont il nous reste a parler ne peuvent plus être expliquées par une lésion du système nerveux ; elles se lient à un trouble dynamique que nous ne connaissons pas, mais qui est évidemment subordonné à l'action que le sang exerce sur le système nerveux. Ainsi, dans l'intoxication par le plomb ou par le curare, il devient manifeste que c'est par l'intermédiaire du sang que le poison agit sur les centres nerveux et sur l'irritabilité musculaire. Cette altération du sang ne suffit pas pour expliquer le développement de la paralysie, puisqu'on ne la retrouve pas constamment avec la même altération du sang : celle-ci en est du moins la cause la plus appréciable. La meilleure preuve qu'on en puisse fournir est la guérison obtenue à l'aide des moyens qui agissent sur la composition et la crase du sang. , par défaut de Nqus u'hésitons pas à placer dans la même catégorie
sang: , 1 • . ,1 .
les paralysies qui tiennent a la suspension ou à la diminution des quantités du sang normal qui arrive dans