‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 87 sur 232 · DU CAILLOT DU SANG · texte numérisé non relu

DU CAILLOT DU SANG

comme le signe d'un sang plastique, et parconséquent des inflammations ; mais à côté de cette grande vérité se trouve une erreur facile aujourd'hui à réparer. Les mêmes observateurs voyant un caillot qui offrait les mômes propriétés physiques dans certaines maladies telles que la chlorose, l'anémie, l'intoxication saturnine ou paludéenne, en ont conclu, à tort, qu'il existait toujours une phlegmasie, chaque fois qu'on trouvait ce sang riche et plastique et qu'on devait recourir à l'emploi de la saignée. On peut dire aujourd'hui qu'un caillot de petite dimension, dense, résistant, couenneux à sa surface, se lie à un travail phlegmasique, aux congestions et aux hémorrhagies qui dépendent de ce travail; mais que cette môme altération physique du caillot se voit dans les nombreuses maladies du solide ou du sang, qui dimiiment le nombre des globules (chloro-anémie, cachexie, albuminurie, etc.). On peut donc rencontrer un caillot petit, rétracté, très-consistant dans la pneumonie, le rhumatisme, aussi t)ien que dans l'anémie et la chlorose après des hémorrhagies répétées, en un mot dans des maladies très- différentes par leur nature et leur siège. Une fois prévenu; le praticien saura surmonter les difficultés qu'offre l'inspection du sang, et même en tirer un grand parti pour les études cliniques.

Nous avons dit que le caillot contient les globules Maladies sanguins qui, pendantla coagulation, descendent par leur par'in c!mo propre poids vers la partie inférieure du vase ou sont re- volumineux, tenus par la fibrine qui les rassemble comme dans un réseau. S'ils sont plus nombreux qu'à l'état normal, d'une manière absolue ou relative, on obtient par la saignée un caillot volumineux, bienformé, mais un peu mou, noirâtre et sans couenne. On rencontre ces caractères

physiques, dans le sang des sujets forts, athlétiques, dans la pléthore, les congestions, leshémorrhagies asthéniques et le scorbut. Il en est de même dans la fièvre typhoïde, les exanthèmes, les fièvres intermittentes, et les aiïections septiques, putrides, ou miasmatiques.

1" Consistance du caillot. Le caillot le plus petit, le plus

2° Consislanccdu . . ^ ^ ^ i ^ r

caiiioi. fibrineux, est en même temps le plus dense et le plus résistant. Il contient une très-minime proportion de sérum. 11 supporte les plus fortes tractions en raison de son élasticité et de sa ténacité. On peut le couper en lamelles minces avec un instrument tranchant. Telle est la forme du caillot dans les phlegmasies, la chlorose et l'anémie.

Le caillot mou offre différents degrés de consistance; tantôt il supporte son poids et l'on peut encore y pratiquer, avec les ciseaux, des sections qui le partagent en plusieurs parties solides; tantôt il ne peut être soulevé sans se rompre. Quelquefois il est réduit à ne plus avoir que la consistance d'une gelée ou d'une bouillie dans laquelle tous les éléments sont confondus, fibrine., globules, sérum. Le sang peut être noirâtre entièrement, liquidé comme s'il venait d'être tiré de la veine; ou bien après s'être pris en caillots peu de temps après la saignée, il redevient difjfluent. Sang mou , Dcs déductious clîniques très-importantes se rattachent on qu'u"in<iiquo. '^^ ^^^^^ dcmière altération du caillot. Quand on l'observe, on peut annoncer sûrement qu'il existe une maladie générale du solide et du sang, et que des accidents redoutables en seront la suite. Tous agents septiques, leg venins, le pus et certaines substances chimiques mêlés au sang, l'empêchent de se coaguler en s' attaquant à l'élément fibrineux et aux globules sanguins dont elles séparent la matière colorante. A un degré extrême , le

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