DU CAILLOT DU SANG
il tirera de l'e-xamen du caillot des signes qui, sans avoir la même rigueur que ceux fournis par l'analyse chimique, lui suffiront, dans la plupart des cas, pour asseoir mi diagnostic rapide et général et rectifier quelques erreurs.
En se coagulant dans un vase, le sang se sépare en l'hénomènes deux parties distinctes ; une liquide ou sérum, une solide ' drs?n"g^^'°" qui surnage l'autre et qu'on appelle caillot ou cruor. Celui-ci est composé : 1° de la fibrine qui gagne en partie la face supérieure du caillot, pour y constituer la couenne ; 2" des globules qui en forment la plus grande portion avec le reste de la fibrine, dans les mailles de laquelle les globules et le sérum restent emprisonnés. La cause de la coagulation est la propriété qui n'appartient qu'à la fibrine, de passer, de l'état liquide où elle est dans le sang vivant, à l'état solide lorsqu'elle est sortie des vaisseaux. Nous La cause, ne pouvons rechercher ici la cause de la coagulation du sang; malgré les travaux les plus recommandab les entrepris sur cette matière, on ne la connaît pas encore bien. Mais il suffîtpoi^rl'étude clinique qu'on soit d'accord sur la réalité d'un certain nombre de faits irrécusables et qui se présentent toujours delà même manière. Voici ces faits : 1" la totalité de la fibrine du sang normal se trouve dans le caillot ; 2° la totalité des globules sanguins est interceptée dans les mailles de ce caillot ; 3" l'albumine, les sels et les matières grasses, existent en dissolution dans l'eau cjui constitue le sérum du sang. Dans le cadavre du sang que représentent le caillot et le sérum, les phénomènes se disposent toujours ainsi que nous venons de le dire pourvu que la composition du sang soit normale. S'ils viennent à changer on doit supposer qu'il existe une maladie primitive ou consécutive du fluide sanguin. Voici ce que le l'ropriciés pi.ypraticien doit rechercher dans l'inspection du caillot : i° il ^"^""^ "
Volume du caillot, augmenté;
diminué.
Maladies indiquées par un caillot petit, rétracté.
est volumineux ou petit et fortement rétracté; 2" consistant, mou ou diffluent^ 3° la fibrine est rassemblée : A en presque totalité, à la face supérieure du caillot ;B répartie dans toute son étendue; G absente; h" les globules et la matière colorante sont contenus dans le caillot ou dans le sérum; 5" le sérum est abondant ou en petite proportion.
1° Volume du caillot. La fibrine en se coagulant constitue la totalité du caillot. La propriété qu'elle a de revenir sur elle-même, de se contracter fortement de manière à n'occuper qu'un très-petit espace, à la manière du gluten des farines, sert à expliquer toutes les variétés de volume et de forme du cruor. En eflet, si la quantité de fibrine est accrue, d'une manière absolue ou relative, comme dans les inflammations et l'anémie, le caillot est petit, ferme, résistant et vient occuper la partie supérieure du vase qui renferme le sang ; presque constamment aussi la fibrine en couvre la surface sous forme d'une couche plus ou moins épaisse appelée couenne du sang ; nous allons revenir sur ce phénomène. Dans les conditions inverses le caillot est volumineux, mou, friable ; souvent il supporte à peine son poids, de telle sorte qu'il se déchire quand on veut le sortir du vase. Le sérum très-abondant autour du caillot petit et rétracté, est, en très-minime proportion, quand le caillot a un grand volume.
Un caillot petit indique un sang plastique, c'est-à-dire riche en fibrine-, un caillot volumineux indique un sang pauvre en fibrine abondanmient pourvu de globules ou de sérum, ou renfermant des matières septiques, virulentes, du pus, etc.
11 résulte de ce qui précède que les médecins ont eu raison de considérer le caillot petit, rétracté, fibrineux.