‹ Traité de pathologie généraleChapitre 108 sur 112 · MATIERES GRASSES · texte numérisé non relu

MATIERES GRASSES

les cancers extérieurs, celui de la mamelle, de la peau , des os , etc.

5" De l'augmentaiion des quantités d'albumine du sang. Nous ne ferons que noter ici la place de cette augmentation. On la rencontre dans quelques phlegmasies , dans le choléra-morbus, à cause sans doute de la diminution des quantités d'eau du sérum.

— Altérations de <iiielc|ues autres principes normaux ilu sang.

Altération de la quantité d'eau. Elle est représentée Altération par les chiffres 790 à 800 p. 1 ,000 ; mais elle peut s'éle- d'ea".^'^^' ver à 880 et 900 sous l'inlluence de toutes les causes qui diminuent la quantité des éléments solides , c'est-à-dire des globules, de l'albumine, des sels. L'eau augmente par l'effet de la diète et des pertes de sang , après un flux considérable , ou dans les hydropisies, les cachexies, l'empoisonnement saturnin, la maladie de Bright. La diminution des quantités d'eau est rare et ne se montre que dans la phlétore et le choléra.

Matières grasses. On ne sait rien de positif sur les changements de proportion des autres éléments du sang. On a voulu doser la cholestérine , la séroline , le savon contenus dans le sang (oléate, margarate et stéarate); mais ces analyses ne peuvent inspirer aucune confiance.

On a attribué la lactescence du sérum, en dehors de la sang laiienx. digestion qui lui donne, comme on sait, naissance, à des matières grasses , et spécialement aux acides oléique , stéarique et margarique non saponifiés. Il ne faut pas confondre le sérum laiteux avec celui qui renferme des

Des matières grasses.

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granulations très-di visées de fibrine, d'albumine ou une grande grande quantité de globules blancs. On a rencontré ce sang laiteux dans le diabète , les cachexies, la néphrite , l'hépatite , etc., etc. On ne peut dire encore à quelle condition morbide il faut le rapporter. Maiiùrcs salines. MatièTts salines. On a fait jouer à la diminution des matières salines un très-grand rôle dans la production des maladies, et des fièvres essentielles spécialement. On a supposé que les sels étaient diminués dans la fièvre jaune et la peste (Stevens), dans le choléra asiatique. Telle serait la cause de l'épaississement , de la couleur noire et de la coagulation du sang chez ceux qui succombent à cette dernière maladie. Cette altération de quantité n'en est que l'eflet, bien qu'on ait soutenu l'opinion contraire. MM. Becquerel, Rodier et Mialhe assurent que les maladies en général diminuent la quantité de chlorure sodique. Henle soutient la même opinion pour le travail phlegmasique.

Huxham et un grand nombre d'iatro-chimistes antérieurs à lui ne mettaient pas en doute l'accroissement des quantités de sels, surtout des sels de soude, dans des affections scorbutiques et hémorrhagiques. Quelques faits rapportés par MM. Andral, Gavarret et Frémy militent en faveur de cette idée (i).

Albuminose. AWummose. Plusieurs chimistes, MM. Mialhe et Bouchardat plus spécialement , ont reconnu l'existence dans le sang d'un produit ultime de la digestion des aliments azotés (albuminose). Ce principe immédiat n'est peutêtre que la caséine de Huenefeld , Gmelin , Marchand et Stas. C'est une matière protéique qui se précipite du

(1) Amiral, Hdmatolngie, p. 138.

GLUCOSE.

sâng défibriné, acidulé, et traité ensuite par l'alcool ou l'acétate de plomb. M. Figuier, dans ces derniers temps , a montré qu'elle empêche la réaction du sel cuproïque sur la glucose normale. On lui doit l'indication des moyens propres à débarrasser le sang de ce principe , quand on veut y retrouver le sucre normal.

Glucose ou glycose (i). On sait très-positivement que le Glucose, sang normal renferme une proportion très-notable de glucose masquée, ainsi que nous venons de le dire, par la présence de l'albumine. Cette quantité de sucre augmente sensiblement dans le sang des malades atteints de diabète , ce qui tiendrait , suivant M. Claude Bernard , à ce que l'organe glucogénique , le foie, verserait alors des quantités considérables de ce sucre dans le sang, et à ce que ce produit ne serait pas détruit dans le poumon ou dans les capillaires généraux. La sécrétion urinaire ne fait pas autre chose que d'extraire ce principe du sang, comme d'ailleurs tous les organes sécréteurs. Quoi qu'il en soit , comme la présence du sucre dans le sang est bien la cause de tous les accidents de la maladie , nous croyons devoir placer la glucose dans les maladies par altération du sang.

Caséine. Ce principe immédiat a été trouvé dans le caséine, sang des femmes grosses et des nourrices par MM. Natalis Guillot et Leblanc. Peut-être n'est-il que l'albuminose dont on s'occupe aujourd'hui de déterminer les propriétés. On a souvent parlé autrefois de sang laiteux. On n'a jamais pu démontrer l'existence dans ce liquide des principes caractéristiques du lait , en sorte que, jusqu'à nouvel ordre , il ne saurait être considéré comme pou-

(1) Glucose , subst. masc. ou Glycose, subst. fém. Ces deux mots doivent être féminins. Ils sont dérivés de yXyxùî, doux.

ALTÉRATIONS DU SANG

vant passer dans le sang : par voie d'absorption ou de toute autre manière.

Le fer diminue , dit-on , dans toutes les formes de l'anémie, dans la chlorose, la grossesse, la cachexie.

Acide urique. On en observe assez généralement la présence dans le sang des goutteux , des malades atteints de gravelle rouge , chez ceux qui ont une nourriture azotée , excitante , ou qui mènent une vie sédentaire.

4. Urée. L'accroissement de ce principe se voit surtout dans tous les cas où l'organisme est débilité; chez ceux dont la croissance est rapide , qui sont soumis à une grande contention de l'esprit, se livrent à des excès vénériens , à des veilles prolongées , à une alimentation azotée, qui sont atteints de gravelle, de rhumatisme aigu, et au début du diabète. On a attribué cet excès d'urée à la combustion imparfaite des matières organiques du corps , qui , en se combinant avec l'oxygène du sang, forment de l'acide carbonique. L'urée, qui est représentée par le sous-carbonate d'ammoniaque , supplée en quelque sorte au défaut d'oxydation de la matière organique.

On a considéré ce principe comme se trouvant dans le sang à l'état normal (1) ; il s'y présente en quantité insolite chez les albuminuriques.

Biliverdine. La matière colorante verte existe en proportion notable dans le sang des malades atteints d'ictère ou d'une affection hépatique; quant aux autres principes de la bile, et spécialement l'acide cboléique, on ne les y a pas encore retrouvés.

(1) Verdcil et Dolfus, Académie des sciences, 3 juin 1850, Gasette Tnedicale, p. i39, juin 1850. — Voyez aussi Hervier (Paul), De Vexistence habituelle de l'urée et de l'acide urique dans le sang normal de l'homme (thèse, n" 130, Paris, 1850).

CLASSIFICATION

7. — Altérations du sanji; constituées par la présence d'un élément morbl«le avec ou sans analogue dans l'organisme sain.

Nous ne faisons que marquer ici leur place ; les unes sont des produits morbides fournis par le solide altéré, comme le pus, le cancer, le tubercule; les autres sont des êtres organisés et vivant d'une vie propre, au milieu du liquide sanguin (hématozoaires). La présence d'entozoaires, du polystome et des filaires, n'offre qu'une médiocre importance. Nous ne dirons rien de la pénétration des miasmes , des venins , des virus , des liqueurs sepliques , qui échappent à tous nos moyens d'analyse. C'est aussi par le raisonnement que nous admettons que le sang est altéré par des miasmes paludiques, contagieux, épidémiques, endémiques. Il reste enfin à faire connaître la nature des gaz au développement desquels on a attribué quelques morts subites.

JVosologle.

Disposition nosologique des allêrations du sang. Une classification des diverses lésions du sang est tout à fait impossible . quant à présent. Bornons-nous donc à rapprocher, dans un ordre méthodique , les maladies dont elles sont l'élément primaire ou secondaire.

Le sang est composé d'éléments qu'on peut assimiler aux tissus qui entrent dans la composition des organes. De même que les maladies du suhde consistent dans la lésion d'un ou de plusieurs tissus constituants, de même les altérations du sang peuvent tenir à la lésion d'un ou de plusieurs de ses éléments. Quant aux changements de den-

ALTÉRATIONS DU SANG '

sité, de coloration , d'odeur, ils ne font que traduire des lésions correspondantes dans les propriétés chimiques , et ne peuvent servir de base à une division de maladies. Celle-ci doit reposer exclusivement sur les variations de proportion des éléjnents du sang ou sur la présence d'un produit nouveau au sein de ce liquide. Nous les partagerons en trois groupes :

i" Le premier se compose des maladies causées par un changement dans la proportion d'uu ou de plusieurs des principes constituants du liquide sanguin. On a ainsi des maladies par altération de quantités : i° de la fibrine, 2° des globules, 3° de l'albumine, 4° de la sérosité, et de quelques autres principes immédiats.

2° Dans un second groupe se trouvent les altérations du sang, constituées par la présence d'un principe immédiat avec analogue qui n'existe pas ordinairement dans ce liquide ou qui y est, en si faible quantité, qu'on en a contesté l'existence (le glucose, labiliverdine, la caséine, les matières grasses, l'urée) . Si l'on admet que ces principes immédiats existent dans le sang normal , on réunira en un seul groupe , le premier et le second : ce qui a peu d'importance.

3° Un troisième renferme les maladies du sang provoquées par le développement d'un produit morbide hétérologue. Les uns sont des produits morbides jetés dans le sang par le solide malade, comme le pus, le cancer, peut-être le tubercule : les autres des organismes vivants comme les hématozoaires.

Il faut distinguer dans les altérations du sang celles qui sont primitives, spontanées, sans lésion appréciable du solide, et celles qui sont consécutives et se montrent, à titre d'éléments morbides secondaires, dans le cours des

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maladies. Les unes et les autres y jouent un rôle essentiel et produisent un grand nombre de phénomènes morbides que nous avons étudiés dans les chapitres précédents. On pourrait ranger les enipoisonneinenls , les maladies virulentes et venimeuses au nombre des altérations du sang; mais il est contraire aux ailinités naturelles de réunir des aifections aussi dissemblables. Quelques autres agents morbiliques, tels que les poisons métalliques, le plomb, lé mercure, l'arsenic, provoquent des symptômes d'anémie ,-d'hémorrhagie, de gangrène, que l'on retrouve également dans l'état de dissolution spontanée du sang. Ces points de contact nous paraissent suffisants pour que nous croyions devoir présenter dans un tableau général toutes les altérations du sang, soit primitives, soit consécutives. La lésion du sang prend , dans tous les cas , une part si considérable à la production des phénomènes pathologiques que nous ne croyons pas devoir les séparer. Nous étudierons plus loin et dans une classe à part les états morbides généraux dans lesquels le sang est altéré comme le solide. (Voyez art. VU , Des éléments qui consislenl dans une alléralion mixte du solide et des liquides; état puerpéral, pyémie, état bilieux, rhumatismal, goutteux.)

Tableau général des altérations du sang. Elles sont caractérisées par l'altération primitive ou consécutive des proportions normales d'un ou de plusieurs des éléments du sang (hbrine, globules, albumine, eau, sels, matières grasses), ou par la présence dans le sang d'un principe avec ou sans analogue dans l'organisme (pus , cancer).

1" ORDRE. Maladies caractérisées par une altération de proportion des éléments normaux du sang.

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I" SOUS-ORDRE. Maladies dans lesquelles on observe une altération de quantité de la fibrine qui peut être augmentée ou diminuée.

I" GEiXRE. Accroissement de la fibrine.

1. ESP. Hyperplastie puerpérale : accroissement de la fibrine dans le cours de la grossesse.

L'augmentation de la fibrine est constamment associée à la maladie du solide dans les phlegraasies franches, communes.

Il" GENRE. Diminution de la fibrine; hypoplastie. Hémorrhagies multiples, ramollissement du solide, adynamie.

La diminution de la fibrine se montre, comme élément essentiel de maladie, au début et plus ordinairement à la fin des fièvres typhoïdes, surtout dans les formes graves. Elle doit être considérée comme la cause des bémorrhagies.

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