XXXII AVANT- PROPOS
d'illustres médecins, et qu'en poursuivant l'œuvre commencée par eux, nous élèverons tôt ou tard un édifice qui, par la solidité et la majesté de ses proportions, ne le cédera en rien aux autres connaissances humaines. Telle est notre foi dans l'avenir et dans le progrès.
PROLÉGOMÈNES
La médecine est la connaissance de l'état naturel du Dédnition corps de l'homme, de ses maladies et de toutes les <îs la médecine, choses qui , en agissant sur lui , ont pour effet de conserver, d'altérer ou de rétablir sa santé.
Cette définition, empruntée à Hérophile et conforme à l'idée qu'Hippocrate se faisait de la médecine , doit être acceptée sans réserve. Elle agrandit le domaine de l'art de guérir en y faisant entrer l'étude nécessaire des sciences naturelles , si féconde en applications de toutes sortes.
Le but principal vers lequel tend la médecine étant la nos sciences guérison des maladies , il faut pour y arriver connaître : iSedne. 1° l'état normal statique et dynamique du corps, c'est-àdire l'anatomie et la biologie; 2° l'état anormal statique et dynamique ou l'anatomie morbide et la pathologie ; 3° la manière d'agir des corps et des forces répartis autour de l'homme dans le cosmos, d'où l'étude indispensable de la géologie , de la météorologie , de la physique , de la chimie , de la botanique et de la pharmacologie.
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Nous tirons de l'étude de ces sciences des notions précises : 1° sur les causes des maladies (étiologie); 2° sur les moyens propres à conserver la santé (hygiologie) ; 5° ou à la rétablir (thérapeutique). Nous devons mettre aussi à contribution la zoologie , la médecine vétérinaire, et chercher partout des applications utiles à la médecine.
Certaines parties de l'art de guérir ne sont, à leur tour, que des applications des autres sciences naturelles à la médecine. La médecine légale se compose de connaissances empruntées à l'anatomie , à la physiologie , à la pathologie , à la chimie , etc., que l'on fait servir à élucider des questions de jurisprudence. 11 en est de même de l'hygiène.
La médecine est De grands génies , tels que Pythagore, Empédocle , Dé- (lisiincie de la niocrito , avaient compris la médecine dans leur vaste philosophie, gyg^^^jj^g philosophie générale. Euryphon sépara le premier ces deux sciences , et son exemple fut suivi par les auteurs des Sentences Cnidiennes et des œuvres Hippocratiques. Socrate considérait aussi la médecine comme entièrement distincte de la philosophie ; il eût été à désirer que les successeurs de ces hommes illustres se fussent conformés à cette sage opinion. On n'aurait pas vu les dernières lueurs de l'école d'Alexandrie s'éteindre dans les discussions stériles soulevées par les rhéteurs.
Nous devons insister d'autant plus sur ce point que les auteurs de traités de pathologie générale, sous le prétexte de philosophie , consacrent trop souvent à des lieux communs ou à des spéculations métaphysiques interminables et dangereuses un temps, un espace qui seraient plus utilement employés à d'autres études. Loin de nier les connexions étroites qui existent entre la phi-
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losophie et la médecine , nous reconnaissons que celleci, considérée comme science d'observation, emprunte à l'autre ses méthodes d'investigation les plus utiles , et qu'elle en tire de grandes lumières. 11 sullit de citer les noms de Démocrite , de Pyrrhon , de Bacon , de Descartes , pour montrer qu'à toutes les époques de l'histoire , les progrès de la médecine ont été étroitement liés à ceux de la philosophie ; mais il iaut savoir modérer l'ardeur des hommes qui veulent , à toute force , introduire dans la pathologie les théories transcendantes. On peut dire que jusqu'à présent ils lui ont fait jjIus de mal que de bien , et que s'ils se sont montrés quelquefois grands métaphysiciens, ils ont été presque tous de médiocres médecins.
La médecine est-elle une science ou un art? Nous n'aurions point posé cette question si sa solution ne devait pas jeter une vive lumière sur la pathologie générale , marquer le véritable rang de la médecine parmi les connaissances humaines , et nous fournir l'occasion de montrer ce qu'est l'art, ce qu'est la science.
Une science est la connaissance de ce qui a été, est et sera ; ou encore la notion des corps , de leurs phénomènes et de leurs propriétés (science de l'être, en soi ou ontologie, de tà ûvxa , les êtres , et de à^yo:; , discours) . La physique , la chimie , l'astronomie , la botanique , l'histoire , sont des sciences.
La technologie (de tsxvt, , art) est la science des règles propres à diriger méthodiquement les sens ou les opérations de l'esprit , quel que soit l'objet auquel on les applique et le but bon ou mauvais qu'on se propose d'atteindre. La politique , l'art oratoire , la rhétorique , la logique , la danse , la peinture , le diagnostic et la chi-
La médecine est une science et un art.
Ontologie.
Technologie ou science des règles.
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rurgie sont des arts. Le nom de technologie ou science des règles rend bien cette idée , par opposition avec la science proprement dite , l'ontologie ou science de l'être.
On se fait, en général, une très-fausse idée de l'art et de la science. Nous ne pouvons ici développer ce sujet, qui a été traité avec une netteté extrême par M. Gerdy, à l'ouvrage duquel nous renvoyons (i). Nous dirons seulement qu'on répète à tort, avec d'Alembert, que la spéculation et la pratique constituent les principales différences qui les distinguent l'une de l'autre (2); ce qui est loin d'être vrai. La science proprement dite s'occupe surtout de décrire tout ce qui tombe sous nos sens et notre intelligence actuellement , ou qui est connu par la tradition écrite; l'art intervient lorsqu'il s'agit de tracer les règles pratiques qu'il faut suivre pour exécuter des opérations manuelles ou intellectuelles , utiles ou agréables. Des matières La médecine science, ou V ontologie médicale, comprend
contenues pathologie interne et externe , une partie de la pathodans lontologie . ...
médicale, logie générale, la phénoménologie, l'étiologie, la matière médicale , l'histoire de la médecine et toutes les sciences qui y sont afférentes , telles que la chimie , la physique, la botanique, l'anatomie normale et morbide, la physiologie.
Matières La médecine art, ou la technologie médicale, renferme le Tiechnoiogie* diaguostic , le pronostic , l'hygiène , la thérapeutique , les médicale. opôrations , les accouchements , la pharmacologie.
(1) Gerdy, article Science de VEncydope'die dii dix-neuvième siècle , in-8% Paris. 1844. — Voyez aussi Bcrard de Montpellier, Application de l'analyse à la médecine pratique ; le même in Dumas , Doctrine des maladies chroniques, t. Il, page 558 ; et Doctrine de l'école de Montpellier, p. 438, in-8», 1819.
(2) D'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclopédie , p. in-8", Paris, 1777.
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La médecine est une science et un art : science , parce qu'elle a pour but la connaissance de l'être, de sa structure, des phénomènes qu'il présente à l'état sain et morbide; art, parce qu'elle renferme les règles au moyen desquelles elle peut prévenir la maladie ou rétablir la santé.
Ces divisions de la médecine sont parfois difficiles à maintenir et à retrouver. Galien , qui a scruté profondé- , ment le sujet qui nous occupe , déclare qu'à son sens la médecine est une science et un art , et que , dans quelques cas, elle est l'une plus que l'autre.
A moins qu'on ne veuille perfectionner une branche de médecine
. , est à la fois
la médecme , se consacrer exclusivement à la partie scien- science et ar tifique ou à la technologique , on doit faire marcher de front la science et l'art, et concourir au perfectionnement de la médecine. Sans la notion des principes, pas de véritable science ; sans les méthodes rigoureuses d'observations, sans l'art, point de véritables médecins (i). Qu'on cesse donc de se dire exclusivement théoricien ou praticien , savant ou artiste. Les qualités que ces mots désignent indiquent , quand elles sont réunies , toute la perfection désirable chez un médecin ; séparées l'une de l'autre , elles ne sont que des défauts. Aussi Bérard a-til eu raison de dire que la médecine est le plus philosophique et le plus difficile de tous les arts, parce qu'il exige la connaissance approfondie de toutes les méthodes.
Hippocrate , qui excellait dans la science des principes généraux et qui avait un système médical, c'est-à-dire une science bien coordonnée, quoiqu'on ait prétendu
(1) Voyez sur ce point les admirables préceptes d'Hippocratc , Des maladies, lib. 1 , t. VI , p. 119 des Œuvres complètes , trad. de Littré. Bacon y Nouvel organe, p. 282.
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Divisions anciennes
le contraire , recommande au médecin de savoir « aux » quels , parmi les arts , la médecine ressemble le plus , » et ce qu'est en médecine l'adresse de la main et la mal- » adresse» (i). 11 montre ainsi clairement la part que doivent prendre la main et l'intelligence dans l'étude et la pratique de la médecine.
L'arl de guérir a été divisé dès les temps les plus ande iT médecine, cicns en diététique, en pharmacologie et en chirurgie, c'est-à-dire en l'art de guérir les maladies par le régime, par les médicaments ou par une opération (2) . Cette division , conforme à la nature des choses , subsiste encore aujourd'hui , quoique les mots aient changé.
Si la maladie est de cause interne, développée spontanément, sans violence, située dans les viscères et les parties profondes, si elle guérit le plus souvent par la diététique , par des médicaments administrés à l'intérieur, elle prend le nom de maladie interne ou iatrique.
La maladie est réputée chirurgicale (de 7,='? , main , et epYo^», ouvrage, toute affaire de main) lorsqu'elle présente des conditions morbides opposées aux précédentes , et qu'elle exige pour guérir l'intervention de la main nue ou armée d'instruments. Cette séparation entre la médecine et la chirurgie n'est possible que pour un certain nombre de maladies. Il existe entre les autres une corrélation si intime, qu'elles ont été tour à tour rattachées à la médecine ou à la chirurgie.
Maladies internes.
Maladies externes.
(1) Des maladies, 1. 1 , p. 141, Œuvres d'Hippocrate , traduction de Littré.
(2) Celsedit, en parlant de l'époque où vivaient Hérophile et Érasistrate: « In très parles medicina diducla est , ut una esset quœ victu , altéra qujB medicamentis, terlia quœ manu mederetur,... (in prœfat.) » Voyez aussi un savant commentaire de M. Daremberg sur ce passage, Gazelle médicale, p. 169, mars 1852.
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La médecine est-elle et doit-elle rester distincte de la La médecine chirurgie? Il ne s'agit pas ici de rechercher si l'une «'«t disiincie
„ 1, . de la chirurgie.
1 emporte sur 1 autre ; un intérêt plus grave nous touche. Les études auxquelles le médecin est obligé de se livrer sont si étendues, si variées, qu'il vaut mieux en restreindre le cercle que de l'agrandir d'une façon dangereuse pour les progrès de l'art. Quoique les maladies cliirurgicales confinent souvent aux médicales, tout le monde reconnaît que la chirurgie exige des connaissances spéciales que le médecin n'a pas besoin de posséder au même degré et réciproquement.
La technologie ou la science de Fart est une partie considérable de la chirurgie. Celle-ci comprend la description des procédés opératoires nombreux et des règles destinées à diriger la main dans le traitement des maladies ; mais elle possède aussi , comme la médecine , la connaissance de l'anatomie, de la physiologie, des phénomènes de la maladie et de ses lésions.
La médecine réclame d'autres qualités : les maladies étant complexes , leur diagnostic difficile , leur pronostic incertain , il faut , pour donner à cette science toute la perfection désirable , s'appuyer sur une longue expérience , sur l'histoire des doctrines , sur l'observation minutieuse des phénomènes, sur l'exercice continuel des sens , sur le rapprochement des faits au moyen d'une synthèse et d'une induction rigoureuses. Il faut enfin porter beaucoup plus loin qu'en chirurgie l'étude de la chimie, de la physique, de la botanique , de l'hygiène, de la pharmacologie et de la thérapeutique. Ainsi le veulent les conditions nombreuses au milieu desquelles se développent les maladies internes ; nous dirons ailleurs que certaines aptitudes naturelles du corps et de
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l'esprit , antérieures aux études médicales développées par elles ou par l'instruction littéraire , rendent plus propre à la médecine qu'à la chirurgie.
Physiologie. La physiologio est la connaissance des différents actes qui se passent dans le corps humain sous l'empire des agents cosmiques et des forces vitales.
paihoiogie la pathologie interne , iatrique ou médicale est la description graphique ou orale des maladies internes. La notion de maladie implique : i" la description des phénomènes morbides ou symptomatologie ; 2° des lésions de la structure ; 5° la recherche de la cause (étiologie) ; 4° de sa nature ; 5" des moyens de traitement (thérapeutique) .
La pathologie chirurgicale ou externe renferme les mêmes notions.
La pathologie interne n'a pour but que de faire connaître chaque maladie en particulier. Aussi n'est-elle qu'une partie de la médecine. Trois autres non moins importantes agrandissent son domaine : ce sont l'hygiène , la médecine légale et la pathologie générale. Hygiène ; son L' hygiène est un art qui apprend à conserver ou à rendre vorilablc rôle. ^^^^ modificateurs qui agissent sur le corps de l'homme l'action physiologique nécessaire au développement régulier de ses organes et au libre exercice de toutes ses fonctions. L'hygiène n'a pas de place déterminée dans la médecine; c'est un art qui ne vit que d'emprunts plus ou moins légitimes faits à la physique , à la chimie médicale , à la physiologie et à la pathologie. Trop souvent même elle fait des excursions déréglées dans la psychologie , la sociologie, la politique, l'agriculture et ailleurs encore. En la maintenant dans ses limites, vraiment scientifiques, elle n'est plus qu'une subdivision de la pa-
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thologie générale , et disparaît dans l'étiologie des maladies et la thérapeutique. Les anciens , mieux inspirés que nous , avaient compris , sous le nom de diététique , le régime alimentaire et l'ensemble des agents capables de prévenir et de guérir les maladies.
La médecine légale , plus encore que l'hygiène , ne se Médecine légale, compose que de connaissances puisées dans toutes les subdivisions de la médecine et de la chirurgie ; elle constitue une science destinée à éclairer la procédure civile et criminelle. Elle est , comme l'hygiène générale , une partie de qu'on appelle la médecine politique.
La thérapeutique est l'art de ramener à son type Thérapeutique, normal ou à l'état qui en est le plus rapproché le corps malade à l'aide , soit du régime alimentaire et des modificateurs cosmiques (diététique) , soit de substances minérales, végétales ou animales qui se trouvent dans la nature ou qui ont été créées par l'art. La thérapeutique a une technologie excessivement étendue qui comprend : les indications et les règles à suivre pour les remplir. Sa partie ontologique comprend l'étude des effets produits par les agents curatifs administrés dans le but d'atténuer, de faire cesser les phénomènes morbides , ou de les remplacer par d'autres moins dangereux. Cette partie, riche des nombreuses découvertes qu'elle doit à la chimie , à la physique , à la botanique , se compose de la matière médicale et de la pharmacologie. On peut définir la matière médicale, la connaissance des médicaments.
Formée de sciences et d'arts si différents, la médecine ressemble à un vaste édifice dont toutes les parties sont solidement unies. Elle repose sur une base représentée par l'anatomie et la physiologie; au-dessus d'elles se trouvent la pathologie interne et externe et les sciences
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Pathologie générale.
Défiai lion.
Divisions et énuniéiation
des matières dont elle traite.
De la maladie.
Du malade.
Du médecin.
qui leur prêtent un utile concours , la chimie , la physique , la botanique, la zoologie. La pathologie générale couronne le monument et lui donne sa véritable élévation.
Palholorjic générale, La médecine, dit le chef de l'école grecque, se compose de trois termes : la maladie, le malade et le médecin (i) ; cette trilogie renferme toute la pathologie générale. Les développements dans lesquels nous allons entrer ne sont que le commentaire de la pensée d'Hippocrate et le sujet de ce livre.
1° L'étude de la maladie doit comprendre la description des symptômes, le diagnostic, le pronostic, la marche, la nature, les éléments primaires de la maladie, la nomenclature, la classification, la nosologie, l'étiologie et les indications thérapeutiques.
2° Le malade, dit Hippocrate, doit combattre la maladie avec le médecin. Il faut donc que celui-ci connaisse les influences que peuvent exercer les états statiques et dynamiques du corps , la race , l'âge , le sexe, la constitution, les diathèses, l'hérédité, la prédisposition, les maladies antérieures , la profession , etc. , etc. Nous y plaçons encore tout ce qui a trait à la clinique, l'interrogation du malade, l'art de disposer l'observation quotitidienne, les leçons cliniques, etc.
3° Le médecin. Le but spécial de cette partie de la pathologie générale est d'enseigner les méthodes, les procédés d'analyse, d'induction, d'observations, les plus capables de conduire à la découverte de la vérité ; de retracer l'histoire des doctrines et des travaux qui ont marqué dans la science médicale (2). L'organisation et
(1) OEuvres complètes d'Hippocrate, trad. de Littré; Épidcm.,tA,\>.G^-i.
(2) Le professeur qui remplit avec tant d'éclat la chaire de pathologie
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l'exercice de la médecine , les meilleures conditions de l'enseignement oral et écrit ; les devoirs , les droits du médecin et tant d'autres sujets qui n'ont aucune place dans les livres de médecine rentrent dans le domaine de la pathologie générale.
Ceux qui refusent à la médecine le droit d'avoir une pathologie générale devraient bien dire où et à quelle occasion le médecin doit traiter des différentes matières que nous venons d'énumérer. Leur véritable place, nous le répétons , est dans la pathologie générale et nulle part ailleurs.
Dans le but louable de donner à la médecine un carac- ' a médecine
,1 • T 1 1 A '"^ P^ul être
tère plus positii et de la mettre sur le même rang que assimilée aux les sciences physiques et mathématiques, on a voulu p'^î^''^
chimiques.
rapporter à un petit nombre de lois la plupart des phénomènes morbides ; mais alors on est tombé dans des hypothèses qui, sous le nom de doctrines médicales, ont usurpé la place des faits. En physique, la gravité, le calorique, la lumière , l'électricité régissent un grand nombre de faits particuliers. Rien de pareil en médecine. La pathologie générale n'en a pas moins une existence bien réelle et distincte des autres parties de la médecine, parce qu'elle a d'autres fonctions à remplir.
Elle se compose d'abord d'un certain nombre de vérités acceptées par tout le monde, et mises en circulation par les médecins de tous les temps et de tous les pays qui , observant sans système, sous l'œil de la nature, ont été les véritables promoteurs de la pathologie générale. Le résultat de cette observation patiente et désintéressée, de
générale à la Faculté de Paris, M. Andral, a donné un exemple qui sera suivi , en consacrant deux années entières à l'étude des doctrines anciennes et des belles traditions de l'antiquité.
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ce courant d'idées venues de sources différentes, a été l'établissement des grands principes qui n'ont point changé depuis vingt siècles, et qui régissent encore l'art de guérir. Tel est aussi le meilleur et le plus fort contingent de la pathologie générale, suivant une expression empruntée à Bacon, vériiabie Ce sout Ics faits les plus vulgaires recueillis et concontingent ^ ^ mouàe quo l'ou doit mettre en œuvre
do la pathologie ""^r a ^ • • r j i
générale. pour arriver aux sommités, aux ultimités de la science (Bacon). Toutes choses, dit Platon, s'élèvent par une sorte d'échelle jusqu'à l'unité. Sans prétendre à une perfection de ce genre, la pathologie générale doit tendre du moins à s'en rapprocher; il faut que le praticien comme le professeur et l'écrivain établissent une union intime entre les faits particuliers et les principes généraux.
Idée (( Les sciences, dit Bacon, sont comme autant de pyra-
*^"p!endrc.*'" midos dont l'histoire et l'expérience sont l'unique base, et par conséquent la base de la philosophie naturelle ; l'étage le plus voisin de la base est la physique, et le plus voisin du sommet la métaphysique (i). » Prenant en considération cette belle pensée, sachons assigner pour siège à la médecine cette zone modeste et sûre que Bacon place en bas de la pyramide. Gardons-nous d'élever la pathologie générale jusqu'à cette région qui en occupe le sommet, et qui a l'inconvénient d'être placée trop près des nuages. Si nous voulons rendre à la pathologie générale la faveur dont elle est digne à tant de titres, et qu'elle a perdue, cessons d'y disserter sur la vie, les forces, la causalité, la nature, l'âme; renonçons à une métaphy-
(1) Dignité et accroissement des sciences, p. 97.
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sique obscure qui ne convient fort heureusement aujourd'hui qu'à un petit nombre d'hommes (i).
Tous les médecins de l'antiquité et des temps modernes Les anciens ont qui ont médité sur leur art, ont tous écrit quelques la^'palho'iogio chapitres de pathologie générale. Hippocrate a consigné générale, le résultat de sa vaste expérience dans ses AphorismeSt dans le Traité de V ancienne médecine , De Vart médical , Des épidémies, Du régime dans les maladies. De la nature de rhommCf et ailleurs. Ce besoin de résumer les faits recueillis dans une vaste pratique a conduit également Celse, Galien, Fernel, Stahl, Boerhaave et tant d'autres qui sont la gloire de la médecine à écrire de nombreuses pages sur la pathologie générale. Les anciens ont excellé dans cette partie de notre science. Les œuvres de Galien renferment une étude complète de tous les faits ^ généraux; la séméiotique, le pronostic, l'étiologie, la thérapeutique , la nomenclature , les classifications y sont traités avec un développement considérable. Toutes les grandes questions que nous agitons aujourd'hui y sont examinées avec une sagacité extraordinaire, et y reçoivent une solution presque semblable à celle que nous leur donnons maintenant.