AVANT-PROPOS. XXXI
poussées. Combien d'hommes, après avoir été de fougueux systématiques, les défenseurs convaincus d'une doctrine , ont fini par en sentir Tinsulfisance et par accepter d'autres idées. Si l'on en excepte quelques natures rebelles compromises par l'amour-propre ou par quelque autre passion, on peut dire que nous sommes tous ramenés par l'étude et le travail vers la connaissance de la vérité.
Il faut aujourd'hui aimer la médecine pour ellemême, car personne ne l'encourage; personne ne se plaît à en écarter les obstacles qui s'accroissent au contraire chaque jour. Disons plus , aucun dédommagement n'est offert à celui qui tend à l'élever sans cesse au-dessus des autres professions. S'il n'a pas en luimême le sentiment du devoir, l'amour du juste et du beau qui soutiennent l'homme au milieu des plus dures épreuves de la vie, il hésite, il chancelle, il finit par céder aux tentations de tout' genre qui l'environnent. C'est ainsi que tous les jours diminue la phalange des hommes dévoués à l'art. Mais qu'importe ce lâche abandon des grands principes, il restera toujours des âmes fortes pour les défendre, des hommes modestes qui savent ce qu'ils doivent à l'humanité, à la science et à leur propre dignité. Leur voix impo sante nous encourage ; elle nous dit qu'il faut marcher d'un pas ferme dans la voie ouverte par tant