‹ Traité de pathologie généraleChapitre 75 sur 112 · Me l'ltyj»erestltésîe · texte numérisé non relu

Me l'ltyj»erestltésîe

Définition. On doune le nom d'hyperesthésie à l'accroissement de la sensibilité dans une partie. Ce mot est dérivé de ÛTtép , au-dessus, et de a'aOrjffic, sentiment.

Pour apporter quelque rigueur dans l'étude del'hyperesthésie, il faut réserver cette dénomination à l'accroissement de la sensibilité propre à chaque tissu. L'anesthésie est l'état morbide opposé.

Divisions. Divisiou. L hyperosthésio peut être générale ou bornée à un organe. La première comprend l'étude de la névropathie; la seconde, celle des hyperesthésies partielles : i" de la peau; y" des organes des sens spéciaux; 5° des muscles ; 4" des viscères intérieurs. De L De l'hyperksthésie générale. Nous désignons ainsi

rhyperesiiiéfie j'^^g^^ morbido dans lequel toutes les sensations phy-

générale,; ^ ^

siologiques sont plus ou moins exagérées; cet état repi'ésente un élément morbide tantôt essentiel, tantôt

DE L'HVPEKliiSTUÉSll': GÉNÉRALE.

secondaire, dans les maladies que nous indiquerons plus loin, en parlant de l'hyperesthésie partielle. Les causes sont les mêmes dans l'un et l'autre cas-, nommons, pour mieux fixer la pensée du lecteur, l'hystérie, la chlorose, le rhumatisme, la goutte, le retour d'âge.

Dans l'hyperesthésie la plus générale dont on puisse sympiomes. admettre.l'existence, jamais la peau, les sens externes et internes ne sont tous excités , à la fois , ni au même degré ; seulement il se déclare ; avec une promptitude extrême, dans un grand nombre de parties du corps, des douleurs si difi'érentes par leur siège et leur nature, qu'il est impossible d'en oflVir une description régulière et didactique. Essayons cependant de montrer le tableau changeant et bizarre des désordres nerveux qui se présentent alors.

La peau devient douloureuse en un grand nombre de troubles

. . -i 1 1 • -i T 1 j j. X de la sensibilité

pomts , soit à la pression , soit en 1 absence de toute ^^^^ organes cause externe de stimulation. Le tronc et la région ra- deia vie

1 • T 1 , 1 X 1 • / 1 ^'^ relation

chidienne dans toute son étendue sont le siège plus et de nutrition, spécial d'une vive sensibilité cutanée, que l'on fait paraître ou que l'on accroît en appuyant, sur les apophyses épineuses. La maladie qui a été décrite sous le nom d'irritation spinale est surtout caractérisée par l'hyperesthésie des nerfs rachidiens. Souvent la sensibilité tactile s'exalte dans des espaces très-limités, mais multiples; la peau est parfois insensible dans les parties qui environnent l'hyperesthésie. Les appareils de sensation spéciale deviennent également très-excitables ; la vue, l'ouïe, l'odorat, sont offensés par leurs stimulants habituels. Il en est de même de la membrane muqueuse qui tapisse les ouvertures naturelles. D'autres fois les membres ne peuvent plus être remués sans que les malades ressentent

L'hyperesthésie est distincte de la névralgie

422 LÉSIONS DE LA SENSIBILITÉ

aussitôt de vives douleurs dans les jointures et dans l'épaisseur des masses musculaires. La pression sur ces parties occasionne le même effet et peut faire croire à une pblegmasie articulaire ou à un phlegmon commençant : chez d'autres, les moindres mouvements du tronc, du cou, des muscles de la face, arrachent des cris. Les glandes mammaires sont aussi le siège de l'hyperesthésie, sans qu'on y observe d'autres phénomènes morbides que ITîxaltation de la sensibilité.

Qu'on remarque bien que les malades atteints d'hyperesthésie ne sont pas atteints plus fréquemment que d'autres de névralgies; les sensations pénibles qu'ils éprouvent en sont tout à fait différentes. Elles ne suivent pas le trajet exact des nerfs , et consistent tantôt dans un sentiment de chaleur profonde , de cuisson , tantôt dans une sensation de fatigue, de courbature, de douleurs contusives ou d'élancements qui n'ont pas de direction bien déterminée. Les femmes du monde, les hommes fatigués par des excès de tout genre , sont disposés à avoir de la céphalalgie, des douleurs musculaires et les autres sensations dont nous venons de parler, sans avoir de névralgie proprement dite. 11 faut distinguer ces deux ordres de faits.

viscéraigios, Les viscères n'échappent pas plus que les organes de la vie de relation à ces irradiations nerveuses. On voit paraître successivement tous les signes d'une ou de plusieurs névroses douloureuses du pharynx, de l'estomac, de l'intestin, de l'utérus, qui, plus que tout autre organe, participe à l'hyperesthésie.

On aurait enfin une idée imparfaite de cette névropathie générale , si l'on pensait que tout se borne à une augmentation de la sensibilité. Des mouvements spas-

Troubles de la molilité.

DE L'HYPKRESTHÉSIE GÉNÉR.VLE.

modiques, des troubles de sécrétion, une agitation générale, de l'insomnie, la céphalalgie, un délire passager, souvent un état adynamique ou de collapsus, accompagnent à différents degrés l'hyperesthésie générale.

La mobilité extrême de tous ces symptômes et leur cessation prompte ainsi que leur réapparition sous une autre forme et dans d'autres points , achèvent de caractériser l'état morbide dont nous venons d'indi(|iier les traits principaux.

L'hyperesthésie est l'élément très-ordinaire d'une né- Névropaibie liée vropathie universelle qui n'a point reçu de nom particu- menstruation, lier, et qui est cependant très-fréquente chez les femmes à deux époques diiïérentps de leur vie: au moment où les règles s'établissent et au moment où elles cessent. Dans le premier cas , la chlorose favorise souvent la manifestation de cet état morbide.

L'âge critique est une cause très-ordinaire de l'excita- nyperesthésie

, ^ de râge critique.

tion générale du système nerveux, etc est peut-être dans la névropathie, qui est sous sa dépendance, qu'on observe la collection la plus complète de tous les symptômes de l'hyperesthésie générale. Souvent ce n'est pas d'une manièi'e passagère et pendant quelques mois, mais pendant plusieurs années, qu'il est donné au médecin de voir, chez la môme malade, se dérouler le tableau changeant et varié de toutes les formes de l'hyperesthésie. Névralgie cutanée , ou des sens spéciaux , douleurs violentes de la tète, de la poitrine, de l'estomac, portées au point défaire craindre une maladie organique, arthralgie , coliques violentes, douleurs dans l'utérus, la vessie, etc., etc. : tels senties principaux désordres dont les organes pourvus de sensibilité deviennent le siège dans la névropathie de l'âge critique. Les auteurs décrivent

LÉSIOxNS DE LA SENSIBILITÉ.

avec soin l'hyperesthésie hystérique et chlorotique ; ils parlent à peine de celle que nous venons d'indiquer, et cependant elle offre tous les symptômes, tous les degrés et toutes les formes de l'hyperesthésie universelle. Les médecins qui exercent dans les grandes villes ont été témoins, comme nous, de cette maladie, dont l'histoire complète est encore à faire. Si nous avons tant insisté sur elle , c'est parce que l'hyperesthésie en constitue l'élément essentiel, et qu'il serait difficile d'indiquer un trouble plus général.

De L'accroissement de la sensibilité générale est aussi

L'nsTimtaTion l'élément pHucipal , on pourrait dire unique, de la maspinaie. ladie que les médecins étrangers appellent V irritation spinale. Nous avons dit que la pression sur différents points du rachis détermine des douleurs dans presque toutes les branches des nerfs spinaux ; nous ajouterons qu'il existe presque toujours une affection qui domine cette hyperesthésie. Elle consiste tantôt dans l'hystérie, la chlorose, l'état puerpéral, ou une névropathie placée sous la dépendance d'une altération du sang (i)léthore, anémie), tantôt dans un état morbide général mal défini , et qui pourrait bien n'être que l'hyperesthésie elle-même. Celle-ci prendrait alors la place de l'irritation spinale. Rhiimaiisme Nous devous encore placer, parmi les causes de l'hyperesthésie, le rhumatisme et la goutte, dont les anciens auteurs nous ont si bien indiqué les nombreuses irradiations sur les organes. Nul doute que la diathèse rhumatismale ne soit la cause fréquente de l'accroissement de la sensibilité qu'on observe chez les personnes en proie, depuis de longues années, à une affection de ce genre , et chez lesquelles on voit la peau, les muscles, les tissus fibreux et aponévrotiques , le périoste, les viscères in-

ct goulle.

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