‹ Traité de pathologie généraleChapitre 76 sur 112 · DE L'HYPERESTHÉSIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

DE L'HYPERESTHÉSIE GÉNÉRALE

térieurs, pris tour à tour, et, presque continuellement, par des douleurs dont l'intensité seule varie.

L'hyperesthésie est un élément morbide si constant de Hystérie, l'hystérie, que, depuis Sydenham, tous les auteurs s'accordent à en faire un des symptômes de la maladie. Mais ce n'est point donner à ce trouble du système nerveux l'importance qu'il mérite; car s'il est, en eflet, un des signes de la maladie, il en est un acte aussi essentiel qut. la convulsion, et peut subsister lorsque les autres phénomènes se sont dissipés. Il nous semble donc qu'il est préférable de l'envisager, ainsi que nous l'avons fait, à titre d'élément morbide essentiel, qui intervient comme signe diagnostique et comme source d'indications thérapeutiques spéciales.

L'excès de sensibilité est souvent aussi sous la dépendance d'une intoxication paludéenne ou saturnine. Il peut enfin appartenir à une disposition qu'apportent en naissant certains sujets qui sont tourmentés, durant leur vie entière, et, à la moindre occasion, par des troubles nerveux parmi lesquels l'hyperesthésie figure, au premier rang. Toutes les maladies qui se développent chez eux, s'accompagnent de douleurs vives, d'hyperesthésie et de troubles qui exigent une médication spéciale.

Quelques auteurs ont décrit, sous le nom de névralgie Acvrai^iio universelle, des troubles de la sensibilité qui nous paraissent appartenir à l'hyperesthésie disséminée en un grand nombrede points. Onvoit,en lisantles observations citées par les auteurs, que si la douleur suit le trajet des filets nerveux, il existe aussi des hyperesthésies cutanées, musculaires, des viscéralgies et d'autres troubles qui ne doivent pas prendre place parmi les névralgies : tels sont les vertiges , la fièvre, le tremblement, la faiblesse mus-

LÉSIONS DE LA SENSIBILITÉ

culaire, l'anesthésie. Ces accidents , comme du reste l'hyperesthésie elle même, tiennent à une névropatliie générale dont nous avons donné précédemment la description (i).

Des II- De l'hyperesthésie PARTIELLE. \° Dela mwi. Nous

hypcresihésies avous déjà parlé, d'une manière générale, des différentes

parliflles. ■ t . , -,

iiyperesihésic Gspèccs de Sensibilité que 1 on a admises dans la peau , cuianéo. considérée comme organe des sens. Les uns en ont porté le Nombre variable nombre à qnatre ; d'autres en reconnaisr^ent trois, qui sont ^'^^^^cuiïïcs!"^ la propriété de sentir le contact , la douleur, la température ; ceux-ci y ajoutent la faculté de sentir le poids, la résistance, le volume des corps; ceux-là le chatouillement et toutes les qualités de la matière (Haller, Richerand, Gerdy), Nous ne pouvons nous livrer à l'examen de cette question, qui intéresse cependant à un très-haut degré la pathologie générale: nons parlerons seulement des quatre principales facultés, celles de sentir le contact, la douleur, la température des corps, le chatouillement. Le sens d'activité musculaire, qui nous fait percevoir la contraction des muscles, sera étudié plus loin. Les sensations Lcs Sensations qui se rapportent à l'exaltation de la ^^^''soni''"" sensibilité cutanée sont la douleur et l'impression péniirès-variiibies blc quo produit le contact d'un corps, le sentiment de ^i^pponirqul? chaleur, de brûlure, qui se développent spontanément, difficilement, saus qu'aucuue cause extérieure les détermine.

Hâtons-nous de dire que l'analyse la plus complète de tous les faits d'hyperesthésie ne nous permet pas encore de rattacher toutes les sensations pathologiques de la

(1) Sur la névralgio universelle; Valleix : Guide du médecin, .3« édit.— In Bulletin de théroprutique , 1S48. — Leelerc, De la tiévralgie générale, thèse, Paris, 1852.— Fonssaarives, Mémoire svr la névralgie générale, et notamment sur celle d'origine paludéenne. Archives générales de médecine, p. 277, mars 1856.

à certains types.

hvpehksthésih: cutanée.

peau aux types que nous indiquons dans nos livres. Comme j)our rendre toutes ces distinctions plus difficiles et presque illusoires, la nature nous offre sur le même sujet, et à côté l'une de l'autre ou se succédant, l'iiyperesthésie, l'anesthésie et la perversion de la sensibilité.

L'hyperesthésie cutanée est rarenient générale; elle «'ége

, T , (1. riiypereslliésie

occupe presque toujours une petite étendue de la peau, cuunée. quelques centimètres carrés. La partie antérieure de la poitrine, l'épigastre, la peau du sein , la région dorsolombaire, les aines, les cuisses, en sont le siège le plus habituel; quelquefois elle est limitée à la paume de la main , à la plante des pieds , au front , au cuir chevelu (clou hystérique). Il faut donc chercher l'hyperesthésie , sur toute la surface du corps, si l'on veut en constater l'existence chaque fois qu'elle existe.

La dermalgie ou douleur cutanée paraît à la moindre imensitc

, , 1 o i 11 T X ' el formes diverses

pression opérée sur la peau. Souvent elle a lieu spontané- jermaigie. ment , et alors les malades sentent une chaleur, une cuisson, un picotement insupportables; quelques-uns éprouvent un sentiment de froid semblable à celui que produirait un linge mouillé qui serait appliqué sur le corps. La peau n'offre d'ailleurs aucun changement de contexture ni de couleur.

RAcniALGiE. Une autre forme de douleur, assez singu- uachiaigic. lière, est celle qu'on produit chez un certain nombre de sujets lorsqu'on vient à presser la peau sur le sommet des apophyses épineuses. On excite ainsi une douleur vive qui va, en s'irradiant, de la colonne vertébrale, vers les. parties latérales et antérieures de la poitrine et du ventre.. Souvent elle s'accompagne d'un sentiment de constriction dans le laiynx et l'œsophage, de dépression du ster-

LÉSIONS DE LA SENSIBILITÉ

num, ou de douleur dans le ventre suivant que l'on appuie sur les régions cervicale, dorsale ou lombaire. On a rapporté ces effets à une irritation spinale dont l'existence est fort problématique.

Prurit; L'hvperesthésie cutanée se traduit encore par une vive

ses formes *' ^ '

diverses. démangeaison, un prurit comparés par les malades, tantôt au picotement incommode que produiraient des pointes d'aiguille, tantôt à un fourmillement continuel ou à des élancements. L'hyperesthésie se complique souvent d'éruption de papules, parce que les malades irritent la peau en la grattant; la névrose cutanée s'accompagne alors de prurigo. Nous avons observé des malades chez lesquels la peau devenait le siège d'une chaleur incommode dans les régions qui supportaient momentanément le poids du corps. En un mot, rien n'est si variable que la forme et l'intensité de la douleur cutanée.

Son siège. Le prurit peut occuper tout le tégument externe , ou seulement le pourtour de l'anus, le scrotum; chez les femmes , les grandes lèvres, la vulve. Lorsque la déman^ geaison est portée très-loin, elle excite les malades à

sa marciic. l'onanisme , ou provoque la nymphomanie. Ordinairement, c'est par accès que survient le prurit, le soir et pendant la nuit principalement. Les malades, en proie à la sensation pénible qu'il excite, finissent par se déchirer l'épiderme avec les ongles, par amener des petites hémorrhagies. Ce prurit empêche le sommeil ; il cesse vers le matin, pour recommencer le soir. Comme les autres névroses, quelquefois il se montre sous forme intermittente : tous les mois, chez la femme au moment des . règles ; ou par la moindre cause qui trouble l'innervation générale. Souvent il reparaît, plusieurs années de suite, au retour du printemps ou des chaleurs de l'été.

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