XII AVANT- PROPOS
notre art, avait fait une étude approfondie de l'antiquité, et les travaux qu'il a laissés en médecine clinique , les services qu'il a rendus en cherchant à asseoir le diagnostic des maladies sur des procédés rigoureux d'exploration doivent rendre sa mémoire chère et vénérée.
La découverte de rauscultation par Laennec, ses travaux en anatomie pathologique, et surtout son immortel ouvrage SMr C ausculta lion qu'on peut considérer encore aujourd'hui comme le livre le plus parfait que nous possédions, ont jeté sur la médecine contemporaine un éclat qui brille encore et doit nous servir de guide.
La médecine en était là, occupée à se reconstituer, prenant pour base l'analomie pathologique, et tous les procédés d'exploration que l'on demandait à l'anatomie, à la physiologie, aux sciences physico-chimiques. Elle continuait les belles traditions laissées par Morgagni, Haller, Bichat, etc., lorsque tout d'un coup parut un homme de génie dont l'influence diminuée par les uns, exagérée par les autres, mérite un examen sérieux. La trace qu'il a laissée sur la médecine actuelle n'est point edacée. Trop souvent on a profilé de ses idées sans lui en rapporter l'honneur. Il faut comme hisloiien que nous lui rendions hommage pour les services réels qu'il a ren-
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dus et pour ceux qu'il continue à nous rendre.
Broussais, livré exclusivement à la médecine des armées, d'abord mal préparé par des études incomplètes et insuffisantes à la tâche qu'il se proposait d'accomplir, s'aperçut que l'anarchie la plus grande régnait dans la pratique de la médecine. Doué d'une hardiesse extrême , d'un esprit étendu , d'un talent de critique que personne n'a surpassé, écrivain singulier, dont le style étonne et remue, Broussais, pour prouver que toutes les doctrines ont tort, même celles qu'il reprendra plus tard sous un autre nom et sous une autre forme, soumit les ouvrages des anciens et de ses contemporains à une fougueuse révision. H lui fut facile de découvrir les parties faibles , erronées , incohérentes , de montrer la confusion , lorsqu'il opposait les uns aux autres des hommes qui étaient partis de points de vue différents. Cependant son triomphe fut réel , incontestable , sur un grand nombre de points.
Il faut reconnaître qu'à l'époque où il écrivait il y avait du courage à s'attaquer aux hommes et aux doctrines que la tradition entourait de respect -, le droit de libre examen , qui commençait à poindre dans la science, n'avait pas encore pris les justes et légitimes proportions qu'il possède aujourd'hui. Broussais les lui donna du premier coup et