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la chimie déjà riche d'un grand nombre de découvertes. Lavoisier surtout ouvrait à la physiologie des sources fécondes d'expérimentations, où nous puisons encore aujourd'hui. Cependant la médecine proprement dite marchait à pas lents, bien loin des autres sciences. L'organisation de VÊcole de santé rendit un grand éclat à l'enseignement et prépara les destinées de la médecine actuelle. Bientôt Bichat se fit un nom illustre en marchant sur les traces de Morgagni , de Haller et de Vicq-d'Azyr, et en donnant pour base fondamentale à la médecine l'anatomie et la physiologie, l'observation et l'expérimentation, dont elle ne s'est plus écartée depuis. Il n'est pas jusqu'à ses hypothèses vitalistes, à ses distinctions systématiques, ou pour mieux dire jusqu'à ses erreurs qui n'aient exercé une grande influence sur la miédecine par le mouvement dont elles l'ont agitée.
Les premières années du XIX^ siècle ne marquent par aucune découverte importante en médecine. Toutefois la sage méthode que Pinel suivait, dans ses ouvrages, les idées d'ordre et de localisation qu'il jetait dans les esprits, sa critique éclairée des travaux anciens, occupent une place considérable dans l'histoire de notre art. L'abandon de tous les systèmes était un présage de bon augure. Cependant plusieurs
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parties du monde médical et la France, pour une part très-rainime, continuaient encore à payer tribut à l'hypothèse de Brown. Des monographies précieuses sur les fièvres; d'utiles travaux, rédigés par des médecins italiens, portent malheureusement les stigmates de ce système , qui devait bientôt se relever sous un autre' nom et sous une forme toute différente, à la voix d'un homme dont nous examinerons plus loin l'intervention puissante.
Du reste, il était facile de voir que la médecine cherchait alors la route qu'elle devait suivre. Elle sentait bien l'impulsion qui lui était communiquée par les sciences physico-chimiques, par l'anatomie et la physiologie; mais il lui fallait encore du temps pour se reconnaître, et, d'ailleurs, ces sciences ellesmêmes n'étaient pas encore cultivées par un assez grand nombre d'hommes ni assez avancées pour qu'on pi*it les mettre à profit. D'une autre part, Barthez, Dumas, Bérard et l'école de Montpcliicr, s'efforçaient de démontrer par leurs belles études de philosophie médicale, que le raisonnement et la synthèse sont d'un grand secours dans l'étude des maladies.
Deux hommes dont le nom occupe une place importante parmi les promoteurs de la médecine actuelle, sontCorvisartetLaennec. Le premier, quoiqu'il n'eût pas une foi très-grande dans les ressources de