‹ Traité de pathologie généraleChapitre 82 sur 112 · sympathique · texte numérisé non relu

sympathique

1° elle est le symptôme des maladies cérébrales , médw- ou iiovro?c. laires , des cordons nerveux et des altérations de texture, subies par les organes qui en sont le siège ; 2° elle est sympc^thique des afl'ections utérines, de la grossesse et des maladies viscérales ; 5° elle prend le ra"g d'élément morbide essentiel dans les névroses générales, telles que l'hystérie, l'épilepsie, la nqsomftnie, la folie, la catalepsie , et même peut exister en dehors de ces divers états morbides. Nous ne Veovisage^'ons que comme névrose.

Le mot anesthésie est un terme générique qui sert à AncsUu'si désigner la perte ou la diminution de la sensibilité dans une partie. La peau, qui possède, ainsi que nous l'avons déjà dit , le faculté de sentir le contact , la douleur, la température, le chatouillement , peut, sous l'empire 4es

el anaiyi'sic.

43G LESTONS DE LA SENSIBILITÉ

maladies que nous avons signalées précédemment, perdre soit une seule, soit plusieurs de ces facultés, longtemps confondues sous le nom de sensibilité tactile. On a réservé le nom d'analgésie, dès les temps les plus anciens, pour désigner la perte de la faculté de sentir la douleur (i).

Deranaigésie Elle existe seule ou en même temps que les troubles avec ou sans ^^s autres facultés sensoriales; alors les malades ne

sncslhésic*

sentent plus , dans certaines régions du corps , ni la douleur, ni le contact, ni le chatouillement. On rencontre aussi séparément l'anesthésie et l'analgésie. Dans ce cas, les tissus sentent, comme dans l'état normal, toutes les qualités des corps , mais ils deviennent insensibles à la douleur. On peut les piquer, les pincer fortement , les déchirer même sans que les malades perçoivent toutes ces violences. D'autres fois, une seule ou deux de ces sensibilités sont abolies en même temps qu'il existe de l'analgésie. L'anesthésie entraîne presque toujours l'analgésie et des modifications très-grandes dans les autres sensibilités spéciales, tandis que l'analgésie peut exister sans anesthésie. Ainsi se trouve confirmée l'opinion émise par Gerdy dès l'année 1842, à savoir, que la sensation du tact proprement dit, renferme plusieurs sensations qui ont été confondues à tort dans une seule (2) . Du reste , il ne faut pas accorder une importance exagérée, au point de vue pathologique, à ces distinctions. Les

(1) Cette expression, consacrée dans la langue grecque pour rendre l'absence de douleur, est indiquée par Castelli comme ayant aussi cette acception en médecine : « Aiialgcsia, àva>>YTiaia, significat indolentiam , sive defectum doloris. » Lexicon medicum, p. 44, Genève, 1746.

(2) Voyez son mémoire in Journal VExpérience, 1842, qui a été reproduit dans sa Physiologie philosophique des sensations et de l'intelligence, p. 45, in-8% Paris, 1846.

DE L'ANESTHÉSIE

ou cousécuUve.

différentes espèces d'anesthésie se retrouvent à peu près dans les mêmes conditions morbides. Ce que nous dirons de l'anesthésie s'applique également à l'analgésie.

Nous devons prévenir les observateurs qu'il faut tou- L'anesthésie doit jours, à l'aide de différentes manœuvres, s'assurer que ^aversoTn.^^ la peau a perdu l'une ou l'autre de ses sensibilités spéciales; autrement ils s'exposeraient à méconnaître l'existence de l'anasthésie, de douleur, de température ou de contact. Il faut, en outre, la chercher très-attentivement, sur les diverses régions du corps , sur la peau et les membranes muqueuses , parce qu'elle peut être circonscrite dans l'étendue de un à deux centimètres carrés.

L'anesthésie se montre souvent d'une manière Zenie, eiic est primitive graduelle ou brusquement , comme après une attaque d'hystérie, de catalepsie. Elle s'établit d'emblée, sans autre symptôme préalable , ou bien elle succède à l'hyperesthésie, à des douleurs ou à d'autres troubles fonctionnels.

Une distinction importante est fondée sur le mode de développement de l'anesthésie : tantôt elle est permanente et subsiste longtemps dans les lieux qu'elle a primitivement envahis; tantôt elle est mobile, se déplace avec une grande rapidité , alterne avec l'hyperesthésie. On voit des malades qui perdent tout à coup la faculté de sentir, et qui la retrouvent quelques heures api'ès. D'autres sont privés subitement de la vue, de l'ouïe, pour un temps très-court.

L'anesthésie est complète ou incomplète. Il n'est point rare de rencontrer des malades chez lesquels on peut enfoncer profondément des épingles dans la peau et les muscles sans provoquer aucune sensation. La brûlure auperficielle, l'ustion avec le moxa, les scarifications, les

Différentes

formes (l'anesthésie.

Aneslhésie complète et incomplète.

LESIUiNS t)E LA SENSIBILITÉ.

cautérisations avec le fer rouge, ne produisent pas non plus de douleur. Souvent aussi des phlegmasies , des gangrènes fort étendues j amènent des pertes de substance sans que les malades éprouvent de douleur. Dans l'anesthésie incomplèle^ quelques-unes des sensations propres à la peau sont diminuées où anéanties, les autres conservées.

Anesihdsie L'aucsthésie doit être distinguée en générale et en parei^pariieue. H^^^^- On obscrve, soit chez les hystériques, soit chez des sujets eh proie à un trouble extrême des facultés de l'intelligence j l'abolition de la sensibilité sur une moitié ou sur toutes les parties du corps. Il n'est pas un médecin qui n'ait été témoin de faits de ce genre. Parties qui en L'aUcsthésie partielle est beaucoup plus fréquente que soni le fitoc. pj^j^Qg^jj^gjg générale. On voit des malades perdre la sensibilité sui' toute la peaU, celle des ttiains et des pieds exceptée. Elle aflecte ordinairement les mains et les pieds , leur partie dorsale plus spécialement, la face externe des membres, les régions latérales du thorax ; on la retrouve encore le long du rachis, à la nuque et sur la face. Anesihésie Les mcmbraues muqueuses sont le siège fréquent de

des membranes , , . . i i o •

muqueuses. 1 anesthésie , qui occupe à la fois ces membranes et la peau. La conjonctive oculaire etpalpébrale, la membrane interne du nez , celle qui tapisse la bouche , le pharynx , et le conduit vulvo-vaginal , présentent souvent l'anesthésie à un très-haut degré , soit qu'elle s'y établisse d'emblée, soit qu'elle y succède à l'hypéresthésie. On peut alors , chez les malades ainsi affectés, toucher impunément avec le doigt ou une épingle les diverses parties que nous venons de désigner sans y déterminer la moindre douleur, et même sans qu'ils aient la sensation de contact. Ce qui est remarquable , c'est que la plupart

IJE L'AKESTtiÉSIE,

Anestliéfio des ofpàncs des sens.

conservent la faculté spéciale des senfe : Todorat, le goût, la vue, l'ouïe, sont conservés. S'ils sont abolis, la sensibilité générale est éteinte. La metnbrane interne du rectum peut aussi perdre comme les autres la faculté de sentir le contact.

2° AneBthhi^ des organes des stns. Les organes le plus souvent alTectés d'âtiesthésiè sont ceux dit goût^ de l'odol'at, de la vue. Nous avons VU, coiinue tant d'autres observateurs, des malades fortement impressionnés par une émotion morale, ou par une violente do ideur, perdre tout d'un coup la faculté de voir et la recouvrer quelques heures après. Ce trouble , quoique plus rare dans l'hystérie et la catalepsie que l'anesthésie générale, en est cependant un accident assez ordinaire. La vision n'est qu'affaiblie ; l'amaurose hystérique a été indiquée par un grand nombre d'auteurs. La faculté de sentir les odeurs et la saveur des corps est celle que les malades perdent le plus souvent. On peut alors exciter la membrane aflectée avec de l'ammoniaque, de l'acide acétique, sans produire aucune sensation. Les corps sucrés ou salés qu'on place dans la bouche ne déterminent plus de sensations appréciables.

3° ÀnestfiéUe du sens d'activité musculaire. Nous âvons Ancsiiiésie déjà fait connaître le sens d'activité musculaire (voyez '^''n'iuscuiakc."'^'^ Troubles des sensulions en général). Il peut être lésé dans l'état de maladie. On découvre aisément cette altération * en empêchant les malades de voir, et par conséquent de diriger les mouvements qu'on leur ordonne d'imprimer à certaines parties du système musculaire. Comme ils ont perdu la sensation que provoque la contraction musculaire j ils ne peuvent plus exécuter avec précision les mouvements , parce qu'ils ne sentent plus leurs muscles

Page 1