LÉSIONS DE LA SENSIBILITÉ
se contracter. Ils conservent la position donnée à un membre, quoiqu'on leur dise de la faire cesser à l'aide d'un changement dans la contraction. Pour que ces expériences réussissent , il faut soustraire entièrement à leur vue le membre sur lequel on expérimente. Anesihésie 4° Ancsthésie des viscères. Pourvus d'une sensibiviscéraie. ^.^^ spéciale, certains viscères, comme l'estomac, les
intestins, la membrane muqueuse du larynx et des voies * ' respiratoires, peuvent en être privés dans l'état de maladie. L'excitant naturel cesse alors de provoquer les stimulations propres à chaque organe. Les sensations inteines , les besoins instinctifs , ne se manifestent plus. On voit des sujets dont l'innervation générale est fortement troublée par des causes morales , une passion violente, par l'hystérie ou toute autre névrose, privés complètement de la sensation de la faim et de la soif. Elle peut rester abolie pendant plusieurs heures, plusieurs jours, pendant des mois, et même des années, comme nous en avons observé plusieurs exemples. Si le raisonnement ne venait pas en aide au malade, il périrait Anorexie, d'inanition. L'anorexie, l'apepsie , se montrent quelquefois seules comme unique élément de maladie ; plus communément elles dépendent d'une autre affection. Les hystériques, les cataleptiques, et certaines malades dont la névropathie se prête si bien aux manœuvres magnétiques, ont offert des exemples de ces longues anorexies, qui peuvent être également simulées. On ne peut mettre en doute que le besoin de manger est aboli, lorsqu'on est témoin de l'espèce d'horreur que manifestent les malades qu'on veut contraindre à prendre quelque nourriture. L' hydrophobie hystérique a peut-être sa source dans une perte complète de cette sensation instinctive. On observe
DE L'ANESTHÉSIE
ces troubles de l'innervation , à tous les degrés , dans l'aliénation mentale, chez les extatiques et les hallucinés.
La sensibilité de certains réservoirs, de la vessie, du colon , est parfois tellement diminuée , que le contact de l'urine et des matières stercorales n'est plus senti. Elles s'accumulent alors jusqu'à ce qu'on leur ait donné issue , au dehors, par une opération spéciale. Nul doute que l'anaphrodisie ne tienne , chez quelques malades , à une cause de cette nature. Le besoin instinctif qui nous porte à nous livrer au sommeil peut être aboli. Il existe des exemples bien avérés de malades qui restent privés de sommeil pendant plusieurs mois. On a parlé aussi de la suspension pathologique du besoin de respirer ; mais ces cas obscurs exigent de nouvelles recherches. Il est incontestable que le contact de l'air dans les voies respiratoires n'est pas toujours suivi de ses effets physiologiques. On rencontre des sujets qui peuvent respirer impunément des vapeurs irritantes, sans en être affectés, au même degré que si les voies respiratoires étaient à l'état normal. La seule entrée de l'air chez certaines femmes hystériques détermine des accès répétés de toux ou de suflbcation.
Causes de Vaneslhésie. Tout ce qui peut exciter fortement l'innervation peutégalementdéterminerl'anesthésie. Aussi se montre-t-elle à peu près dans les mêmes conditions morbides. Elle constitue, à ce titre, un des éléments essentiels de toutes les grandes névroses; il suffît de nommer l'hystérie, la catalepsie, l'épilepsie, la nosomanie, et plusieurs formes de l'aliénation mentale, la monomanie spécialement. On l'observe aussi comme élément de tous les états névropathiques produits par les grandes douleurb physiques et morales à l'épo-
Abolilion cl diminulion des besoins inslinclifs.
Anaphrodisie.
Insomnie.
Causes de l'aucsthésie.
m LÉSIONS Dfe LA SENSIBILITE.
que de la puberté, pendant et après la grossesse, et dans toutes les affections aiguës et chroniques de l'utérus. Le retentissement sympathique d'une grave altération de l'estomac ou d'un autre viscère, peut également amener l'anesthésie delà peau ou des organes des sens spéciaux, ainsi que nous en avons rencontré plusieurs exemples. Il en est de môme de toutes les causes qui débilitent profondément l'organisme, causes locales. Des causes locales, en modifiant la sensibilité, sans altérer la structure des tissus , peuvent être suivies d'anesthésie partielle : une partie du corps exposée à une chaleur vive, à un froid très-intense ou à l'humidité , perd souvent sa sensibilité naturelle. Cette altération est éphémère ou résiste à toutes les médications usitées, en pareille occurrence. Quelquefois, c'est après une vive stimulation produite par son excitant habituel devenu un irritant que l'organe perd sa sensibilité. L'intensité des rayons lumineux ou de la lumière électrique déterminent cet effet dans l'appareil de la vision. Il en est de même d'un bruit très-fort ou prolongé qui agit sur l'organe de l'audition. On voit souvent une névralgie violente de la cinquième paire ou des nerfs dentaire et sciatique, laisser après qu'elle s'est dissipée une anesthésie de la peau et de plusieurs dents.
Nous mentionnerons seulement, à titre de rapprochement utile, les anesthésies sxjmplomaliques qu'on observe dans la pellagre et à la suite du zona, de la rougeole, du lichen et de quelques autres éruptions cutanées ; celle qui marque le début et toute la durée de l'élépliantiasis des Grecs ; enfin celle qui suit les douleurs si pénibles que ressentent les malades atteints d'acrodynie. Ces faits prouvent que toutes les causes qui modifient la structure
bk L'ÀNkSTiiÈsife.
dés organes de sensibilité, àussi bien que cellés qui iie s' attaquent qu'aux sensibilités générale et spéciale, peuvent déterminer l'anesthésie.
Indications thérapeutiques. On trouve d'abord celles indications qui sont communes à toutes les névroses de la sensibilité, "i^rapeuiiques. et que nous avons étudiées dans une autre partie de ce livre (voyez Névroses en gènèràl). Rappelons seulement que l'anesthésie est un élément essentiel de la plupart des névroses, et que si l'on veut la combattre avec (Quelque succès, il faut àvant tout instituer la thérapeutique i" msuiucr qui réussit le mieux contre la névrose à l'existence de la- ""généraT.^" quelle est liée la lésion du sentiment. Lorsqu'elle a survécu à la maladie, ou lorsqu'on a échoué dans le traitement de celle-ci, il devient nécessaire alors d'obéir à la seconde indication.
Elle consiste à ramener la sensibilité locale, à son état 2° un iraiiement physiologique, en agissant directement sur les nerfs mêmes de l'organe qui est le siège de l'anesthésie. On emploie dès lors : i° les stimulants naturels dont on augmente la dose, ou qu'on fait agir plus longtemps ; 2" on a recours à des irritants créés par l'art et pris dans la matière médicale, tels sont les irritants de tout genre, les frictions, la vésication, la cautérisation, l'électrisation surtout qui détermine une stimulation si puissante sur le système nerveux.
La troisième indication de traitement est tirée de la 3° Traitement cause spéciale qui provoque l'anesthésie. Si l'on a lieu contre'' la'^cause de croire que la sensibilité a été surexcitée, le traitement spéciale, sera contro-stimulant : le repos de l'organe, les topiques émoHients, les narcotiques en seront la base. Là cause rhumatismale sera combattue par des moyens appropriés ; dans d'autres cas, il sera nécessaire de recourir à un
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traitement tonique et fortifiant. Nous avons dit quel'anesthésie générale était souvent occasionnée par des lésions organiques, par une douleur viscérale excessive. L'anesihésie sympathique, développée sous l'empire de pareilles causes, ne peut céder qu'au traitement de la lésion principale ; on peut cependant se proposer de remédier à l'anesthésie partielle lorsque l'affection primitive est au-dessus des ressources de l'art. Quelquefois on réussit à remplir cette indication spéciale. 4" Traitement La quatrième indication est fournie par le siège et par sui\^(nnel5\ége naturo même des fonctions lésées. Les anesthésies de l'anesthésie. ^es SOUS spéciaux, de l'cstomac, de l'intestin, de la vessie, des organes génitaux, exigent une médication toute spéciale qu'il nous suffira de rappeler. La stimulation des organes qui sont le siège de l'anesthésie ne peut se faire qu'à l'aide d'agents qui varient suivant la fonction des organes dont la sensibilité est altérée.