De la perversion de la sensibilité
Des aberrations II cst impossiblo de rapporter à l'accroissement ou à de la sensibilité, diminution de la sensibilité tous les troubles que déterminent les maladies. Nous avons sacrifié à l'usage, en rapportant à l'hypéresthèsie des phénomènes morbides , qui s'écartent tellement de la sensibilité, qu'on aurait pu les placer, avec plus de raison , parmi les aberrations de la sensibilité. Indiquons quelques lésions de cette faculté dans lesquelles ces troubles sont surtout très-manifestes. De la peau. Quelques malades sentent aux mains, aux pieds ou sur d'autres régions un froid glacial, ou une chaleur brû^ lante, incommode, qui les force à tenir les parties affectées hors du lit, à se découvrir la tête ou le creux épigas-
PERVERSION DE LA SENSIBILITÉ
trique, etc. En touchant avec la main les tissus qui sont le siège de cette sensation, on leur trouve la même température qu'aux autres régions du corps. Tantôt les ma- Dans les organes lades aperçoivent des objets fantastiques, des figures bizarres sans que leur raison soit un seul instant troublée (voyez Trouble de Vinlelligence, illusions) ; tantôt ils voient des corpuscules noirs, ou colorés de toute autre manière qui voltigent au milieu du champ de la vision, sans que l'œil présente la moindre trace de lésion matérielle. Les nosomanes et les hystériques, les hommes dont le système nerveux et l'intelligence sont habituellement excités, éprouvent souvent des sensations de ce genre.
Chez d'autres, l'ouïe est continuellement troublée par De raudition. un bruit comparé à celui des flots , des voitures, des cloches, d'un torrent, de la pluie, etc. Quelquefois ces troubles sont passagers ou persistent pendant des mois et des années. Les femmes hystériques ou à leur retour d'âge présentent ces aberrations de l'ouïe. Nous les avons également rencontrées chez des rhumatisants et des goutteux. Les mêmes troubles de l'odorat et du goût se présentent chez De la gustation, ces mêmes malades. Quelques-uns trouvent à leurs aliments , à leurs boissons , un goût salé , fade ou acide. Il faut rapporter à la pervei'sion de l'odorat le plaisir qu'éprouvent certains malades à sentir des odeurs très-fortes ou désagréables pour des personnes en santé.
Nous plaçons aussi parmi les perversions de la sensibilité l'aura epileptica et la sensation de boule des hys- Aura epiicpUca. tériques. On ne sait à quel trouble rapporter les sensations pathologiques dont il s'agit. Les épileptiques sont souvent prévenus de l'arrivée prochaine d'une attaque, par la sensation qu'ils comparent à un fourmillement,
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à un courant d'air froid ou à une raie de feu. Cette sensation, peu ou point douloureuse, qu'on a assimilée ^ la névralgie, et qu'on a même proposé d'appeler névralgie ascendante , se dirige ordinairement de t»as en haut , et part d'un membre, d'un doigt, de l'épigastre, de l'opil ou de toute autre partie d\\ corps , et arrive rapidement jusqu'au cerveau. A cet instant, le malade perd connaissance. On a beaucoup exagéré le degré de fréquence de l'aura; cependant elle existe en réalité. Nous devons nous demander si elle appartient à la catégorie des sensations internes non perçues par le sensorium dans Vétat normal, ou des sensations morbides toutes nouvelles. Nous pensons qu'elle est créée, de toutes pièces, dans le cerveau malade, en d'autres termes, qu'elle est une hallucinî^tipn et non une sensation illusoire, se rapportant à quelques sensations internes obscures.
Sensations Nous ne ferons également qu'indiquer la sensation de boule chez les hystériques. Elle est due à la convulsion clonique des tissus contractiles de l'intestin, de V estomac, de l'œsophage ou de toute autre partie du système musculaire de la vie organique. Cette convulsion s.' accompagne d'une sensation anormale que l'on peut comparer à la crampe des muscles de la vie de relation. En un mot, cette sensation serait, pour les muscles à fibres Ussea et pour les parties contractiles, ce qu'est le sens d'activité musculaire pour les muscles de la vie de relation. Aberration Les besoips instiuctifs, plus encore qvie les sensations ^in^tcîner"^ extemes, se modifient d'i^ne manière si prpfonde , qu'il ou besoins, est difficile d'y retrouver les phénomènes de l'état i"\ormal Le goût prononcé que témoignent les gastralgiqiiest pour des substances non aUmentaires, le plaisir qu'ils ont à manger du charbon, de la craie, des fruits acides
morbides chez les hystériques,
CLASSIFICATION. U1
OU des substances d'une amertume ejttrême (pica, ma- ne la faim, lacia), attestent la perversiou de la sensation normale ''"^ (faim, soif). Un grand nombre de sensations internes, comme celles de pulsation artérielle, de mouvements oscillatoires , dont se plaignent les hystériques et les nosomanes, dépendent des mouvements des parties contractiles qui ne sont pas perçus dans l'état normal, et même des sensations morbides créées de toutes pièces, et qu'il est impqssiljle de rapportev h aucune çause concrète.
g ly. NQsolçgri^' Classific({lion' fi^J? i^évfoses dçs orQçines du st'ntitnçi\l. Nous connaissons nic^intenant tous les \i'Oubles part^els et générauj^ des organes de sensibilité . 11 s' agit de les disposer dans un ordre méthodique, de rapprocher les espèces morbides qui ont entre elles le plus d'affinités par leur siège, leurs symptômes et leurs causes. On peut les classer suivant leur siège, et étudier ainsi les névroses des organes de la sensibilité générale et des sensibilités spéciales, ou fonder les divisions sur les troubles n;iômes de la sensibilité qui est accrue, abolie ou pervertie. Cette dernière division toute secondaire ne doit tenir que la seconde place, en nosologie, parce que la même névrose peut se traduire successivement, dans le même lieu, par la névralgie, l'hyperesthésie , l'anesthésie ou la perversion de la sensibilité. Quant à la classification d'après les causes de la maladie, elle est impossible, puisque nous les ignorons dans les névroses vraies qui sont les seules dont nous ayons à nous occuper, en ce moment. La seule base solide de la classification , est donc le siège anatomique des troubles nerveux. Voici dans quel ordre les névroses doivent être rangées.
Il faut les étudier successivement suivant; qu elles ont
LÉSIONS DE LA SENSIBILITÉ
leur siège : 1° dans les organes animés par les nerfs céphalo-rachidiens; 2° par le nerf trisplanchnique.
Caractères communs: T accroissement , diminution ou perversion de la sensibilité normale sans lésion de tissus ; 2° trouble correspondant de la fonction ; développement insolite d'une sensibilité obscure et nullement perçue, par le cerveau, dans l'état naturel,
I" ORDRE. — Névroses des organes animés par les NERFS CÉPHALO-RACHIDIENS. Caractères : douleur vive sur le trajet d'un nerf ou dans l'organe auquel il se distribue ; exaltation , abolition ou perversion de sa sensibilité spéciale ; subsidiairement trouble des actes et de la fonction.
I" GENRE. Névrose du nerf olfactif.