‹ Traité de pathologie généraleChapitre 93 sur 112 · T il.- T\ * 1 tle la nutrilion · texte numérisé non relu

T il.- T\ * 1 tle la nutrilion

phie musculaire progressive, idiopathique. Dans tous les atrophie cas, l'atrophie des parties, qui en sont le siège, est musculaire.

(1) Annales de chimie et de phijsique , t. XXXIX, p. 132, 2' série,

(2) De morbis nervorum, t. II, p. 509, Francf., Leip., 1762.

THOiniLI-H DE LA CONTRACTILîTE.

portée à un tel point que les muscles cessent de fuîre saillie sous la peau et qu'on a peine à les retrouver. Le tissu musculaire devient plus pâle , jaunâtre , mou et friable lorsque la lésion est très-avancée. On peut s'assurer, à l'aide du microscope, que si la disposition ponctuée et striée des fibres persiste longtemps, elle finit aussi par disparaître, et alors les cellules graisseuses viennent prendre la place de la substance charnue. Dans ce cas, la dégénérescence graisseuse est le dernier terme de l'atrophie musculaire. Elle dépend, comme les autres degrés de l'altération , de l'immobilité plus ou moins absolue à laquelle le membre i)aralysé est condamné (i). Ce n'est que dans les vieilles paralysies qu'on observe des altérations aussi marquées.

Ordinairement les membres privés de mouvement s'œdématient, perdent, sinon complètement du moins en partie, leur sensibilité : les muscles se rétractent. Les parties obéissent aux muscles antagonistes les plus forts et prennent la situation que ceux-ci leur donnaient lorsqu'ils jouissaient eux-mêmes de leurs facultés contractiles. Des douleurs très-vives, intei'mittentes, causées par le mouvement , par l'humidité , par le froid , font souflrir la plupart des paralytiques. Les nerfs eux-mêmes s'atrophient; les tissus sont pâles, décolorés, mous, sans vie; la consolidation des os fracturés est difficile, impossible même. L'électricité ne parvient pas toujours à faire contracter musculaire laplôt musclcs daus lesquels la motiliié est abolie depuis conservée, lougtemps. Cependant on voit cet ellét dans des muscles

lanlôl abolie. . , . -, ^ ^ i ■ i •

qui ont cessé de se contracter, depuis plusieurs mois et même quelques années.

Œdème des parties paralysées.

Douleurs musculaires.

Sensibilité éleclro-

(1) Voyez un remarquable travail de M. Cruveilhier sur ce sujet, Traitd d'anatomie pnlliologique générale, t. 111 , p. 116, in-S», Paris, 1850.

DE LA PARALYSIE

Réciproquement on observe des cas de paralysies dans lesquels le mouvement a reparu, et cependant l'électricité n'excite pas la contraction musculaire.

On s'est servi de l'électricité pour découvrir la cause et la nature des paralysies. On peut dire, d'une manière générale, que s'il est toujours utile de faire cette exploration sur les paralysies, alin de s'assurer du degré d'in fluence que cet agent de la stinmlation nerveuse continue à exercer sur les muscles paralysés, il ne faut pas s'en exagérer l'importance.

Marche. La paralysie affecte une marche aiguë dans Forme aiguë les cas où elle n'est liée à aucune lésion matérielle des organes moteurs (paralysie rhumatismale, puerpérale, des enfants). Elle dure longtemps lorsqu'elle est le symptôme d'une maladie du cerveau, de la moelle ou des nerfs.

La paralysie se montre quelquefois d'une manière rapide et passagère dans une partie du corps. On la voit aussi suivre et abandonner plusieurs fois, soit le même organe, soit des organes différents. Tel est même le caractère de la paralysie hystérique. Celle qu'on observe chez les enfants a été surnommée paralysie temporaire à cause de sa disparition souvent très-prompte. On observe la même particularité dans certaines paralysies partielles des membres ou du visage , chez les femmes récemment accouchées, à la suite d'une vive émotion morale ou d'une douleur violente. L'extraction d'une dent peut être suivie de la paralysie des muscles de la face ; la névralgie de quelques autres branches nerveuses provoque aussi les mômes effets.

Dans certains cas, la perte du mouvement peut affecter périodique une marche périodique régulière ou irrégulière. Le „uSguiTére.

IMralysie IMssiigère.

TROUBLES DE LA COiNTRACTILITÉ.

miasme paludéen n'est pas toujours la cause de cette périodicité. Elle se retrouve dans la paralysie comme dans la névralgie et les névroses.

La fixité est le caractère le plus ordinaire des paralysies symptomatiques. Il n'en est plus de même lorsqu'elles sont idiopathiques, c'est-à-dire névroses du mouvement, elles peuvent alors cesser avec une grande promptitude. Nous en avons déjà cité des exemples. Cependant si elles sont musculaires, c'est-à-dire liées à une cause qui a troublé la contractilité même du muscle, elles peuvent durer longtemps.

Quelques On pcut Confondre avec la paralysie plusieurs états "èireton fondues' nioi'bidcs plus OU moius Semblables et qu'il suffit de siavec la paralysie, gnaler rapidement. Dans la convulsion , le muscle est dur, volumineux , et donne à l'organe une situation en rapport avec les usages connus de ce muscle ; la tonicité produit les mêmes phénomènes, mais plus lentement. L'ankylose incomplète ou complète, la rétraction d'un tendon n'ont besoin que d'être indiquées; il en est de même du rhumatisme articulaire et musculaire, du phlegmon et de la myosite. Dans ces dernières affections le mouvement volontaire persiste, il est seulement enchaîné par la douleur qui se produit instantanément. On a vu la paralysie du grand dentelé prise pour une carie vertébrale ou une déviation du racbis.

Des causes ÊUologie. A mcsurc que la physiologie a pénétré

de la paralysie. , 4. i i • , ^ .

plus avant dans la connais ance des fonctions que remplissent les différentes parties du système nerveux , on a décentralisé un très-grand nombre de paralysies que l'on rapportait à des lésions du cerveau ou de la moelle. Nous avons indiqué les principales causes des troubles de la motilité. Nous ne ferons plus que si-

DE LA PARALYSIE

gnaler celles qui produisent spécialement la paralysie.

Parmi les agents hygiéniques, on ne connaît que le AcUon du froid, froid sec et surtout humide qui puisse être considéré comme une cause de paralysie. Aucun n'agit plus souvent et plus énergiquement que lui pour déterminer les paralysies partielles de la face, du cou, des membres supérieurs et inférieiu-s. Les elîets d'un vent froid, d'un courant d'air, de l'iiumidité de la nuit, sur le corps en sueur ou graduellement refroidi par le sommeil ou le repos, sont fréquemment suivis de paralysie. On l'observe chez les marins, dans les contrées équatoiiales. Le froid porte sur les muscles de la vie organique, aussi bien que sur ceux de la vie de relation.

Certains états dynamifjues ont une part très-grande à la production des paralysies. On peut rapporter à une influence de ce genre, la paralysie idiopathique qu'on observe chez les enfants, pendant la dentition ou indépendamment de ce travail; chez les femmes, à l'époque de la puberté, pendant l'état puei'péral et l'allaitement.

Dans une autre catégorie de causes se trouvent ran- mnuence exercée

1, • ^ , r 1 . . par cerlaiiies

gées, celles qui troublent fortement le pouvou' excito- toucUons. moteur du cerveau et de la moelle, tels sont : les excès vénériens, la masturbation, une violente émotion morale, soit subite, soit de longue durée, une vive douleur physique, l'exercice exagéré ou trop longtemps soutenu d'une portion ou de la totalité du système musculaire. Ceux qui Exercice

, - , , -Il , musculaire.

se livrent a des marclies longues et continuelles ou a des travaux qui exigent des mouvements violents, incessamment répétés d'un certain nombre de muscles, sont plus exposés que d'autres à la paralysie.

A côté de ces causes viennent les maladies, qui troublent fortement l'innervation, telles que l'hystérie, l'éj. 3u

TROUBLES DE LA CONTRACTILITÉ

pilepsie, la catalepsie, la gastralgie, el qui finissent par amener des paraplégies ou des paralysies plus limitées. Diaihèse La diatlièse rhumatismale détermine dans les tissus

rhumatismale, musculaires Une modification qui a été reconnue par tous les auteurs anciens qui ont écrit sur cette aflection. Si le muscle a été soumis à une de ces violentes attaques de névralgies rhumatismales qui laissent après elles une perte incomplète ou complète du mouvement, on peut considérer celle-ci comme une névrose musculaire. La dénomination de paralysie symptomatique est impropre pour désigner ce trouble nerveux , à moins qu'il ne dépende d'une lésion de nutrition et de l'atrophie musculaire, qui suivent assez souvent le rhumatisme des muscles. Paralysies Lcs paralysies sympathiques ont été observées plus

sympathiques, gpécialemcnt dans les membres inférieurs chez des sujets tombés dans le marasme, à la suite d'une affection cancéreuse de l'estomac, de l'utérus, ou d'une maladie chronique des organes génito-urinaires. On a beaucoup exagéré la fréquence de ces causes ; elles constituent de rares exceptions dans i'étiologie des névroses des organes du mouvement.

On rencontre la paralysie chez des sujets qui ont été épuisés par de longues souffrances ou par des maladies graves, dans la convalescence de la fièvre typhoïde, après des accouchements laborieux, à la suite d'hémorrhagies répétées ou excessives, qui ont jeté le malade dans une anémie profonde, etc.

Indications ImUcaUom thérapeutiques. La distinction entre les pathérapeutiques. ralysies idiopathiqucs, symptomatiqueset sympathiques,

8uMa"nïture ^^^^ d'abord occupcr exclusivement le médecin , parce des paralysies, qu'elle le conduit sûrement à une thérapeutique rationnelle. Nous ne parlerons que des troubles idiopathiqu.es

DE LA PARALYSIE. |9"

d§ h motiUté ou des névroses des prgaH<'î3 jpoiiveiwent, en prévenant que, c'est pour pe pa^ 9,vpir opéré la séparation dont il s'agit, qu'on a traité, pendant si longtemps, les paralysies symptonialiques, à l'aide des excitants, des irrita,nts cutanés, intestinaux, de l'électricité, etc.

La paralysie considérée comme une névrose des orgarjes Traiter la maladie du mouvement peut être l'élément d'une antre maladie ,

' ■ rrrr- |g pgralygie ti'est

nerveuse. Pans ce cas, le traitement doit se confondre qu'uQ élément, avec celui de l'affection principale La paralysie hystérique, épileptiqne, pellagreuse, cataleptique, ne peut être avantageusement modifiée que par une médication appropriée à la nature même de ces mal.adies.

Lorsqu'on n'a point à craindre une lésion du perye^ij^, Exciter

11 M 1 c ^ ' X !>• la contraciilUé :

de la moelle ou des nerfs, Jorsqu on est sur que 1 instabilité musculaire seule est lésée, et que la nialadie e§t localisée dans le tissu contractile seul, on jj.oif g^lofs chercher à exciter la contractiiité, à l'aide de m.édicaiïjjents qui agissent : i° sur les centres nerveux ( ceryeâ,îi et En stimulant moelle > : 2° sur le tissu musculaire pAr9,lysé. Dq,ns le système

' fr j . . nerveux.

premier cas, on emploie les excitants, qui portent leur action sur toutes les parties du système musculaire, tels sont Ja strychnine, le rhijs toxicodendron , l'ergot de seigle. L'excitation qu'on produit sur la peau d'un membre paralysé au moyen de la friction, de la flagellation, du massage, de la cautérisation, du vésicatoire, ne revient au lïîembre paralysé que par l'action réflexe de la moelle, Et en produisant par conséquent après avoir stimulé cet organe et ie aciion"rénexe cerveau lui-piême. Il faut donc n'agir ainsi, que dans le sur les tissus cas où l'on est sûr qu'ils jouissent de toute leur intégrité, P^^'i^^'^puisqu'il faut que l'excitation passe par leur intermédiaire avant d'arriver aux points paralysés.

TOGUBLES DL LA GONÏRACTILITÉ.

Exciter 2° Dans la médication excitatrice locale on se propose locaiemini les |y,oclifier directement le tissu muscutaire et son sys-

tissus paralyses.

tème nerveux excito-moteur. Cet effet, dont on ne peut pas cependant séparer une certaine dose de stimulation envoyée jusqu'aux centres nerveux, est obtenu d'une manière plus spéciale par l'acupuncture et surtout par Télectrisation, avec des courants interrompus. Traitement Toutes los uévroses des organes du mouvement doicoatro-siirauiant, ^(.^^.^Ugg être traitées par la stimulation locale et musculaire ? On peut répondre affirmativement dans la grande majorité des cas (paralysies rhumatismale, hystérique, par inanition, par anémie). Cependant il peut se faire que la contractilité soit anéantie parce qu'elle a été trop fortement ou trop longtemps mise en jeu. Tel est le cas ^ des paralysies succédant à de la contracture, à de violentes convulsions , à l'exercice exagéré des muscles. Il faut alors mettre les organes dans le repos le plus complet , calmer le système nerveux , lui laisser le temps de se reposer. Ces indications sont aussi pressantes à remplir que de stimuler dans les autres cas. Classification. § III. Nosologie. Classifïcalion des vêvroses des organes du mouvement. L'appareil locomoteur forme un vaste système qui peut être lésé dans une ou plusieurs de ses parties. Quand cette altération est primitive, elle porte le nom de névrose des organes du mouvement, ou, par abréviation, névrose de la contractilité.

La névrose peut affecter tous les tissus contractiles, depuis les muscles à fibres striées et lisses jusqu'au tissu cellulaire et fibreux, depuis les muscles volontaires jusqu'aux bronches, aux artères et cà la peau. Elle se manifeste par la convulsion et la paralysie. Afin d'étudier, dans un ordre méthodique, et suivant les affinités de

CLASSIFICATION

Structure et de fonctions, les difl'érentes maladies qui doivent mériter le nom de névroses, il nous a paru naturel de les diviser en deux groupes principaux, suivant qu'elles affectent : i" les muscles striés, volontaires de la vie de relation ; 2° les muscles lisses et les autres tissus contractiles de la vie de nutrition. La considération de l'espèce de trouble qui frappe la motililé.^ie doit, suivant nous, occuper que la seconde place, et servir à subdiviser les névroses en convuhives et en paralytiques. Cette opinion sera partagée par ceux qui, embrassant la généralité des faits, auront été frappés, comme nous, de la transformation facile des paralysies en convulsions et réciproquement, ainsi qu'on le voit dans les névroses hystériques, rhumatismales et d'autres encore. Si nous jetons les yeux sur les troubles nerveux symptomatiques, nous retrouvons encore, d'une manière plus tranchée , cette affinité étroite entre la convulsion et la paralysie. Le même agent vénéneux, le plomb, le mercure, le sulfure de carbone, l'alcool, produii'ont tantôtla convulsion, tantôt la paralysie, l'hyperesthésie et l'anesthésie. Cependant le siège anatomique et la forme de l'accident nerveux doivent prendre une place importante dans la nosologie des névroses.

Caractères comrnuna : Convulsions toniques ou cloniques; paralysie des tissus contractiles de la vie de relation ou de nutrition.

I" ORDRE. Névroses de l'appareil locomoteur des organes de la vie de relation , caractérisées par des convuisior convulsions générales ou partielles , toniques ou cloni- externes, ques.

GENRE. Convulsions toniques générales des muscles volontaires.

o02 TROUBLES DE LA CONTRACTILTTÉ.

1. ESP. Tétanos : convulsions toniques, rémittentes de presque tous les muscles volontaires, à différents degrés. - VAR. Suivant la prédominance de la convulsion dans telle ou telle partie du système musculaire : (A) emproslhotODOs : flexion du tronc eii avant; (B) opisthotonos en arrière; (C) pleurothotonos, sur le côté droit ou gauche, suivant la cause plus spéciale; (D) tétanos des nouveau-nés ; (E) traumatique.

W GENRE. Convulsions toniques partielles des muscles volontaires.

Page 1