DIAGNOSTIC 1)1 CHANCRE MOU
Le bacille de Ducrey ne se développe pas sur les milieux usuels, mais il suffit, comme l'un de nous (') Ta montre avec xMM. Griffon et L. Le Sourd, (rensemencer le pus sur sang gélose ou sur sérum liquide de lapin pour obtenir une culture caractéristique.
Dans certains cas de chancre mou, rensemencemenl du pus peut ne donner que des résultats négatifs au point de vue du bacille de Ducrey, la surface du milieu de culture se trouvant envahie par les colonies des autres germes plus exubérants. Il en est ainsi pour les chancres de la région anale.
Mais certains chancres génitaux et surtout ceux qui, sans connexion avec les organes génitaux, occupent des régions faciles à protéger contre le développement des infections secondaires, comme la peau de l'abdomen, les cuisses, sont susceptibles d'être rigoureusement désinfectés et «le donner ultérieurement du bacille de Ducrey pur. Il suffit de stériliser en quelque sorte la surface du chancre en y appliquant un badigeonnagc de teinture d'iode et de maintenir sur la région un pansement aseptique. Le pus doit être ensemencé largement.
Sur sang gélose, on voit apparaître, après vingt-quatre heures de séjour à Tétuve à 37 degrés, des colonies arrondies, saillantes, brillantes, qui n'atteignent jxirfois leur développement complet qu'au bout de quarantehuit heures et sont alors opaques, grisâtres, présentant 1 à 2 millimètres^ de diamètre. Lorsqu'on les prélève pour l'examen microscopique, on voit que ces colonies ont tendance à fuir en masse devant le fil de platine, glissent à la surface du milieu, et sur la lamelle sont difficiles à dissocier» Si Ton colore les préparations par la solution phéniquée de violet de gentiane ou de bleu de méthylène, on voit des bacilles en navette, offrant des bouts arrondis, ne fixant la matière colorante qu'à leurs extrémités, restant incolores à leur partie centrale, ne gardant pas la coloration par la méthode de Gram. Ils sont isolés ou en courtes chaînettes de peu d'éléments (streptobacilles), chaînettes souvent groupées en amas.
Dans le liquide condensé à la partie déclive des tubes de sang gélose, les bacilles sont plus petits et s*agminent en chaînettes d'une extrême longueur, à direction rectiligne ou décrivant des courbes de grand rayon ; dans le sérum de lapin, le bacille se dispose en chaînettes de moindre longueur, très flexueuses, souvent enchevêtrées (Bezançon, Griffon et Le Sourd). . L'inoculation d'une culture sur sang gélose de bacille de Ducrey à la peau humaine reproduit le chancre mou. C'est là un fait que M. Lenglei (*)■ avait dt^à mis en lumière en se servant de cultures obtenues accidentellement sur un milieu non défini, dont il n'a pu préciser la formule.
La culture sur sang gélose ou sérum liquide de lapin peut permettre encore l'isolement du bacille dans les cas de bubon chancrelleux. L'ensemencement du pus doit être fait très largement, et surtout doit porter sur le pus qui tapisse la paroi de Fabcès (Bezançon, Griffon et Le Sourd).
(') F. Di£2A?içoK. Y. Oriffo.n et li. Le Soobd, Soc, de hioL, 8 décembre 1900. («) LcNGLCT, Bulletin médical, 1898, p. 1051.
[F WIOAL et F. BEMANÇOir.J
Le diagnostic bactériologique de la fièvre récurrente repose exclusivement sur la constatation dans le sang d'un spirille ou spirochsete décrit par Obermeier; ce microbe qui, jusqu'ici, n'a pu être cultivé, doit être recherché dans le sang pendant l'accès de fièvre; on ne le trouve pas, en effet, pendant la période d'exacerbation et pendant celle d'apyrexie: dans l'intervalle des accès, on peut encore l'observer dans le suc splénique retiré par ponction capillaire.
L'examen du sang, pratiqué à l'état frais, montre dans ces cas, entre les globules rouges, des filaments incurvés en spirilles, de 1 0 à 20 tours, très mobiles, animés de mouvement de torsion ou de pas de vis ; après fixation du sang par l'alcool-éther, dont l'action est moins brutale que celle de la chaleur, le microbe est facilement coloré par les couleurs d'aniline.