DIAGNOSTIC DES INFECTIONS A STAPHYLOCOQUE
Saprophyte de la surface cutanée et des voies digestives et respiratoires supérieures, le staphylocoque est, d'autre part, un des agents les plus habituels des infections agoniqucs et cadavériques (Âchard et Phulpin). Ces faits rendent compte de la difficulté extrême qu'il y a dans certains cas à porter un diagnostic d'infection staphylococcique, lorsque le microbe a été isolé, pendant la vie, d'une lésion superficielle de la peau ou de la cavité buccopharyngée, ou bien, après la mort, d'un des viscères ou du sang du cœur. La présence du staphylocoque à la surface de la peau normale et dans les orifices des glandes entache d'erreur tout prélèvement de sang ou de liquide pathologique, recueilli par ponction à travers la peau (piqûre du doigt, ponction de la veine céphalique, thoracentèse, ponction lombaire).
Le nettoyage le plus minutieux de la peau ne suffit pas à la débarrasser de ses saprophytes et l'on ne se met à l'abri de toute contamination accidentelle que si Ton fait la ponction à travers la peau, préalablement stérilisée par une pointe de feu, ou bien si l'on recueille directement le sang dans la veine mise a nu.
Dans les cas d'infection buccopharyngée ou bien si le microbe a été isolé seulement à l'autopsie, la mise en évidence du microbe par la culture sera de peu de valeur et seul donnera des renseignements utiles l'examen direct qui montrera dans les cas d'infection staphylococcique des staphylocoques en quantité notable.
Le microbe une fois isolé, la recherche de son degré de virulence aura une grande valeur, la plupart des staphylocoques qui se trouvent à la surface da la peau étant dénués de virulence. L'inoculation sera faite, à la dose de 1 centimètre cube de culture en bouillon, vieille de deux jours, dans la veine de l'oreille du lapin qui, selon la virulence du microbe, succombera en quelques jours, soit à la septicémie générale, soit à l'in-
(*) BEZA5Ç0N, GriffoxcI Ravaut, BuU. de la Soc. anat., déc. 1897, p. 888.
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fection purulente ou présentera seulement, si la virulence est plus atténuée, des arthrites suppurées, généralisées ou localisées.
DIAGNOSTIC DES INFECTIONS A MICROCOCCUS TETRAGENES
Le microcoque tétragène est aussi un microbe très répandu à Tétat normal dans la cavité buccophai*yngée, ou dans les voies respiratoires supérieures. Il peut cependant devenir pathogène et déterminer soit des angines, soit des infections bronchiques, soit des lésions suppurées, soit des septicémies.
La forme en tétrades, la présence de la capsule, le fait que le microbe prend le Graui, ne suffisent pas pour assurer le diagnostic, car on trouve beaucoup de microcoques de Tair qui peuvent se présenter sous cet aspect.
Il faut encore, outre les caractères de culture, culture sur gélatine (aspect en clou, non liquéfaction), culture en sérum liquide de lapin, dans lequel il a sa forme caractéristique de tétrade encapsulé, chercher s'il est pathogène pour les animaux de laboratoire, pour la souris par exemple, chez laquelle il détermine une septicémie expérimentale cai*actéristique.
DIAGNOSTIC DES INFECTIONS A PNEUMOBACILLE DE FRIEDLENDER
Le pneumobacille vit fréquemment à Tétat saprophjlique à la surface de la cavité buccopharyngée; il est susceptible d'autre part de déterminer soit des affections de cette cavité, angines pseudomembraneuses subaigucs bien décrites par Nicolle et Hébert (*), soit des affections des voies respiratoires, bronchopneumonies et pneumonies, soit des suppurations, soit des septicopyémies.
Une race de pneumobacille ou tout au moins un microbe très voisin a été trouvé par Lœvenberg dans Tozène, et par Corail et Alvarez, Paltauf dans le rhinosclérome.
Dans tous cescas le diagnostic reposera: 1** sur les examens directs qui montreront un diplobacille encapsulé, se décolorant par la méthode de Gram; 2"* sur les caractères de culture, particulièrement dans le sérum de lapin (aspect en diplobacille encapsulé); 3° sur Tinoculation à la souris qui succombe après inoculation sous la peau à une septicémie généralisée en 2 ou 5 jours.
Dans les affections dues au pneumobacille, le sérum des malades agglutine Téchantillon microbien qui est la cause de la maladie.
(•) Nicolle et Hkoert, Presse médicale j 25 janv. 18ÎH».
[F. WIDAL ef F. BEMANÇOif.l