DIAGNOSTIC DES INFECTIONS DUES AUX MICROBES ANAËROBIES
Le bacillusi perfringens se distingue du vibrion septique par la présence de la capsule dans le pus, son immobilité dans les cultures et surtout par le fait qu'il ne donne pas de spores.
Il est à rapprocher d'un bacille déjà isolé par Fraenkel dans des cas de phlegmon gazeux.
Le bacillus serpens a été isolé par Veillon et Zuber dans le pus mastoïdien, et par Rist et Guillemot dans un cas de gangrène pulmonaire.
C'est un bâtonnet assez gros, à extrémités arrondies, régulier; il ne prend pas le Gram. Dans les cultures, les éléments sont souvent unis deux par deux, en forme de pseudo-filaments, il est légèrement mobile et progresse surtout par ondulation: dans la gélatine, d'après Rist, on voit apparaître au bout de quatre à cinq jours de petites colonies rondes, grisâtres qui liquéfient lentement le milieu; la partie liquéfiée reste limpide et les colonies forment de petits nuages en suspension dans le liquide: dans la gélose, les colonies apparaissent comme de petites masses rondes, claires, grisâtres, granuleuses, hérissées de hachures.
Le bouillon se trouble rapidement puis s'éclaircit bientôt, les cultures rc|)andent une odeur fétide; il donne peu de gaz. Il donne des abcès au cobaye qu'il tue en sept à huit jours.
Le bacillus ramosus a été isolé par Veillon et Zuber dans le pus d'appendicite et dans un cas d'infection d'origine otique; il a été souvent rencontré par Rist dans les pus fétides d'origine otique et par Guillemot, 8 fois sur 10 dans la gangrène pulmonaire.
C'est un bâtonnet assez fin, un peu plus gros que le bacille de la septicémie des souris; disposé par paire ou formant même de courtes [chaînettes; on peut encore l'observer sous l'aspect d'un bâtonnet plus long et plus épais, disposé en amas enchevêtrés, comme le bacille de la liphtérie; il prend le Gram, mais d'une façon inégale; dans les cultures, il se montre en grands filaments constitués par des petits bâtonnets iceolés, on voit souvent des formes ramifiées, il est immobile.
Il ne se cultive pas sur gélatine, donne sur gélose de petites colonies (înes grisâtres; celles-ci n'apparaissent ou ne se différencient que tardivement, au bout de dix jours quelquefois, elles se montrent sous l'aspect le masses cuboïdes ou de trièdres ou de tétraèdres, formées par des dispies qui se coupent à angle droit.
Le bouillon se trouble et il se forme un fin précipité blanchâtre.
Le microbe donne peu de gi)z, mais répand une odeur fétide, il ne lonne pas de spores; il est pathogène pour le cobaye et le lapin, chez esquels il donne des abcès et qu'il tue en quelques jours.
Bacillus fragilis. — Ce bacille se présente dans le pus d'après ruillemot sous l'aspect d'un bacille court, mal coloré, ayant souvent une ipparence de diplocoque, il ne prend pas le Gram, il est difficile de 'obtenir en culture pure. Dans les cultures il devient assez épais, il ne |)ousse pas sur gélatine, mal sur le bouillon, sur gélose dans laquelle il
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donne des colonies irrégulièreni, d'aspect un peu nuageux, i déYelop|iement tardif. Il ne produit |>a8 de gaz, mais sa culture est fétide. 11 est pathogène pour le cobaye qu'il tue en huit jours après avoir déterminé un abcès au point d'inoculation.
Bacillus Ûiétoïdes {infunduliformis de Ilallc). — Ce microbe, encore mal différencié, a été retrouve par Halle à l'état normal dans la cavité vaginale et dans le pus des bartholinites, par Yeillon et Zuber dans un cas d'arthrite, par Rist et Guillemot dans le pus mastoïdien et dans la gangrène pulmonaire, par Cottet dans les suppurations péri-urétrales.
C'est un microbe très polymorphe, se colorant d'une manière inégale, les parties les plus colorées se trouvant au centre, ce qui lui donne une analogie assez grossière avec la lettre grecque 0; à côté de ces formes on en trouve de plus longues, irrégulièrement colorées; dans les cultures même jeunes on voit encore de véritables utricules, irr^^lières, ou des masses sphéroïdales. Il ne prend pas le Gram, il est immobile.
Il donne sur gélose de petites colonies arrondies, d'un blanc jaunâtre, translucides, quelquefois sous forme de ménisques biconvexes; il ne pousse pas sur gélatine, donne très peu de gaz, il est pathogène pour le cobaye, chez lequel il donne une escarre, limitée par un bourrelet.
Staphylococcus parvulus. — C'est un microcoque qui a les groupements du staphylocoque, mais dont les éléments sont beaucoup plus fins et se décolorent par la méthode de Gram ; il donne sur gélose de» colonies jaunâtres, pousse bien sur la gélatine sans la liquéfier; dans le bouillon il se développe facilement en troublant uniformément le milieu et en laissant déposer un fm précipité, il donne des gaz très fétides en petite quantité. Pathogène pour le cobaye et le lapin, auxquels il donne des abcès sous-cutanés.
Micrococcus fœtidus. — Ce microbe a clé isolé par Yeillon dans plusieurs cas de suppuration fétide, angine [de Ludwig, phlegmon périnéphrétique et bartholinitc, par Halle dans le vagin à l'état sain, dans l'exsudat des rétentions placentaires, dans le pus des bartholinites, par Rist dans les suppurations otiques.
Dans le pus il se présente sous forme de coccus isolé ou de diplo- (;oque; dans les milieux de culture, il a le même aspect ou se dispose en courtes chaînettes de 4 â 5 éléments, il ne prend pas le Gram. Sur le bouillon ses cultures sont analogues à celles du streptocoque, sur gélose il donne des colonies hlanchâtres, et ne pousse pas sur gélatine, il ne donne pas de gaz, mais ses cultures répandent une odeur désagréable assez pénétrante.
Il tue assez rapidement le cobaye par inoculation sous-cutanée.
Spirillum nigrum. — Rist a observé dans les suppurations otiques un microbe d'une mobilité extrême, animé de mouvements de translation et de rotation sur lui-même, disposé en forme de parenthèse ou d'S italique, ayant pour caractère principal de présenter à une de ses extrémités, ou en son milieu, un petit grain noir qui augmente en ce point Tépais-
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9eur apparente du microbe. Ce microbe est difficile a colorer et ne se colore bien que par le Ziehl à froid, il ne prend pas le Gram.
Les cokmies qui déga|^t une odeur d'œuf pourri ont tendance à se rapprocher de la surface des milieux sous forme d'an nuage grisâtre au dein duquel on voit généralement quelques amas plus denses, noirs. Sur gébtine il donne des colonies d'un noir intense, qui ne liquéfient pas le milieu. U donne peu de gaz.
Un spirille analogue a été rencontré par Guillemot dans la gangrène pulmonaire; ce spirille ne présente pas de pigments.
Ces espèces ne semblent pas pathogènes.