ÉTUDE CYTOLOGIQIE DES HUMEURS DE L'ORGANISME
tique. Ces cellules étaient devenues monstrueuses par hyciropisie. M. Marcel Libbé a publié une observation semblable .
Dans le troisième cas, le lirpiide bémorragique et bémoglobinique ne renfermait que des globules rouges et quelques polynucléaires et lymphocytes très altérés. On ne notait ni cellules cancéreuses, ni cellules endothéliales.
L'on ne saurait donc s'attendre à constater dans toutes les pleurésies néoplasiques ces cellules caractéristiques, puisque dans deux cas sur trois elles faisaient défaut.
c. Pleurésie consécutive à un abcès du foie, — Dans un cas nous avons pu constater qu'un épancbement séro-fibrineux développé consécutivement à un abcès du foie contenait des placards endothéliaux, des lymphocytes et des polynucléaires en assez grand noudire.
2"* Pleurésies septiques. — On ne devrait rigoureusement attribuer aux épanchements séro-fibrineux non tuberculeux le terme de seplique qu'après avoir constaté au sein du liquide, par les examens sur lames ou par les cultures, la présence de microbes pathogènes. Mais nous savons que les microbes au contact bactéricide des liquides séro-fibrineux perdent rapidement leur virulence et finissent même par disparaître de Tépanchement. La présence de l'agent infectieux est donc presque toujours impossible à déceler. Tout dépend du stade auquel on pratiquera Tépanchement.
a. Pleurésies pneùmococciques. — Le licpiide de ces pleurésies est caractérisé par la présence de polynucléaires neutrophiles en abondance.
Si Ton observe ces épanchements dès leur début, Ton constatera quelques cellules endothéliales encore soudées en placards (»t des polynucléaires en plus ou moins grand nombre. Les cellules endothéliales dans ces liquides septiques s'altèrent vile, et se séparent les unes des autres. Elles prennent rapidement un aspect tel qu'on ne peut les distinguer des gros mononucléaires. Un certain noud)re de ces grandes cellules vont Jouer le rôle de macrophages, et il est presque constant dans ces pleurési(îs pneumococcicjues de rencontrer un assez grand nombre de grandes cellules isolées dont le protoplasma ccmtient et digère des polynucléaires plus ou moins altérés. Quelcpies-uns de ces polynucléaires se colorent encore bien, d'autres sont à peine teintés et ne présentent que des vestiiçes de leurs noyaux. En outre, on constate parfois une phagocvtose rnicrophagique plus banale exercée par les polynucléaires sur les agents rnicrobiens. MM. Sabrazès et Muratet (*) ont montré à la suite de nps recherches sur les liquides pathologiques que, même dans les séreuses normales, les grosses cellules endothéliales dessoudées et isolées pouvaient jouer le même rôle de leucocytolyse et pouvaient contribuer de
(•' SABRAZi:s etMcnvTKr. Kii'iiKMitstvllulnircsdcs liquides sénnix contenus iiurmaliMncnt «lans la [lièvre ol tiaiis le périloijK* du bœuf. Gaz. hebdom. des Se, médir, de Bordeaux, 21 oclobre 1901.
[F. WtDAL et P. RAVAUT}
606 CYTO-DUGNOSTIG DES ÉPANrJIEMENTS SÉA(KFIBRL>ELX.
la sorte à la défense phagocytaire de TorganisiTie sain. Avec M. Dopter(^, nous avons insisté sur révolution et le rôle phagocytaire de la cellule endothéliale dans les épanchements pathologiques des séreuses. Pour opérer la défense contre rinfection, cette cellule, comme nous l'avons montré, se desquame, s'isole, devient sphérique, prend Faspect des gros mononucléaires dont elle arrive à partager la fonction macrophagique et retourne ainsi probablement à son origine.
Li pleurésie pneumococcique peut évoluer de deux façons différentes : elle peut guérir et avec la disparition des microbes on constate la diminution du nombre des polynucléaires, ou elle peut se terminer par la purulence et, dans ce cas, le développement des microbes continue, el les polynucléaires affluent de plus en plus.
Il faut, en outre, noter dans ces épanchements les altérations très fréquentes des polynucléaires, qui présentent toutes les modifications décrites sous le nom de kariolyse. On rencontre souvent dans le champ de la préparation des masses protoplasmiques présentant à leur centit* une, deux, trois boules, quelquefois plus, d'autint plus petites qu'elles sont plus nombreuses. Ces boules représentent les fragments du noyau. Lorsque la boule est unique, elle est centrale et pour peu que le protoplasma se rétracte on pourra confondre le polynucléaire altéré avec un lymphocyte; cependant, si Ion fait des colorations au triacide d'Ehrlich, on constate des granulations neutrophiles autour de ce noyau. U faut être prévenu de ces altérations pour ne pas prendre certains |>oiynucléaires altérés pour des lymphocytes ou des myélocytes niononucléés neutrophiles.
b. Pleurésies streplococciques. — Plus rares que les précédentes les pleurésies streptococciques peuvent être également séro-ïibrineuses; le épanchements de cotte nature que nous avons observés étaient contem|M)rains do broncho-pnoumonio, et donnèrent tous des cultures pures de streptocoques : doux (rentre eux dovinrent ultérieurement punilents et nécessitèrent un empyème.
Tous ces épanchements étaient très riches en polynucléaires : un seul d'entre eux présentait quelques cellules ondothéliales.
c. Pleurésies lyphoïdiques. — La constation d'épanchements pleuraux au cours de la lièvre typhoïde est assez fréquente, surtout si Ton a le soin de les rechercher systénialiquement.
Le plus souvent, ces épanchenients se montrent pendant le cours de la fièvre typhoïde, ils se compliquent parfois de poussées de congestion pulmonaire, évoluent souvent à bas bruit et ne sont alors reconnus que grike à une ponction exploratrice. Ces épanchements sont tantôt hémorragiques, tantôt séreux, et sur onze cas nous n'avons retrouvé que trois fois du bacille d'Kberlh.
(*) WiDAL, Ravact et DapTKR, Sur révolution el I«; rûlc pliag:ix;yttire de In n^llulc. enrlollulialc. (luiis les épanchements des séreuses, Soc. de Hiof.y 18 juillet 100^.
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DES flUMEllRS DE L^GANISME. 607
Lorsque la pleurésie est hémorragique, Ton retrouve de 50 à 60 pour 100 de polynucléaires neutrophiles en moyenne. Les autres éléments sont représentés par des lymphocytes et quelques cellules endothéliales soudées : beaucoup d'entre elles sont isolées; on constate, en outre, un nombre toujours considérable de globules rouges. Tous ces éléments sont bien conservés et, les cellules endothéliales mises à part. Ton croirait regai*der des préparations de sang.
Lorsque la pleurésie est séreuse, elle contient toujours au point de vue histologique un asspz grand nombre de globules rouges; on retrouve quelques polynucléaires, des lymphocytes en assez grand nombre et constamment on note la présence de grandes cellules endothéliales soudées et en placards.
Cette formule des pleurésies développées au cours de la fièvre typhoïde ne présente rien de bien caractéristique ; elle rappelle beaucoup celle des pleurésies accompagnant les congestions pulmonaires, mais en tous cas, et c'est là le point le plus important, elle diffère complètement de la formule des pleurésies tuberculeuses.
C. ÉosiNopiiiuE PLEURALE. — Nous avous obscrvé 4 cas d^éosinophilie pleurale qui, par leur aspect, les conditions dans lesquelles nous les avons observés et surtout l'impossibilité dans lacpielle nous nous sommes trouvés de déterminer leur nature ne pouvaient rentrer dans les cadres précédents. Nous étudierons donc à part ces pleurésies à éosinophiles, en attendant que des notions plus précises et Tétude d'autres cas nous montrent la place qu'il faut leur assigner.
a. Éosinophilie dans un épanchement pleural de la période secondaire de la syphilis. — Ces épanchements mis en lumière pour la première fois par Chantemesse et l'un de nous (*) paraissent assez spéciaux au point de vue clinique : ils suivent l'évolution de la roséole, sont peu abondants, bilatéraux, de courte durée et sont influencés par le traitement mercuriel. Le seul cas que nous ayons pn étudier au point de vue systologique s'est montré chez un malade venant de terminer sa roséole : :et épanchement peu abondant disparut très vite et ne put pas être noculé. Un premier examen montra dans l'épanchement la présence de grandes cellules endothéliales soudées et isolées, quelques polynucléaires ît lymphocytes et de grands mononucléaires éosinophiles. Un deuxième examen pratiqué deux jours après donnait la numération suivante.
Cellules cndotlu'liales 55
Lymphocytes 22
Grands mononucléaires éosinophiles 57
— neutrophiles 6
L'examen du sang ne montra rien d'anormal. La présence de ces grands
(*) Chaittehessk et >Vid\l, Sf)c. méd. den hôp., 4801.
[F. WIDAL 9t P. RAVAUT-^
G08 C\T0-D1AG>0STIC DES ÉPANCHEMEKTS SÉRO-FIBRINEUX.
mononucléaires ncutrophilcs et éosinophiles est tout à fait remarquable, car c'est le seul épanchement dans lequel nous les ayons constatés.
b. Éosinopliilie pleurale au cours de la fièvre typhoïde. — Il s'agissait dans ce cas d'un typhique qui fit, au î^*" jour de sa maladie, un épanchement séro-fibrineux assez considérable ; rien n'autorisait cliniquemcnt à soupçonner la tuberculose. Les cultures pratiquées à six reprises différentes furent toutes néfijatives. Enfin, sur trois cobayes inoculés avec des doses vai'iables, un seul n'ayant reçu que 12 centimètres cubes sunécii! et, sacrifié 50 jours plus tard, ne présentait aucune .lésion tuberculeuse. L'examen cytologique du liquide pratiqué à trois reprises différentes montra environ 25 pour 100 de polynucléaires éosinophiles. Les autres éléments étaient constitués par des lymphocytes, des mononucléaires et des cellules endothéliales. La pleurésie (guérit en dix-sept jours. Lcsan|( ne contenait que 2,4 éosinophiles pour 100.
c. Éosinopliilie pleurale chez une malade atteinte de tuberculose pul monaire, — Cette malade, atteinte de tuberculose pulmonaire, sans antécédents syphilitiques, ressentait depuis quatorze jours un point de côté violent, et à l'examen on constata les signes d'un épanchement assez abondant. Une ponction donna issue à un liquide hémorragique dont la formule histologique était la suivante :
Polynucléaires ùosinopliiles 5i
— nculropliiIe> 0
Lymphocytes 40
Ce liquide fut inoculé à 5 cobayes qui tous moururent très rapidement, aussi faible qu'ait été la dose inoculée. Le sang de la malade ne contenait que 2,5 éosinophiles pour 100.
d. Ëosinophilic pleurale chez un malade pour lequel Ion n'a pa» /^w porter de diagnostic clinique, — H s'agissait d'une pleurésie cloisonnée survenue chez un ancien médecin de marine, présentant un gros foie, A(^^ ganglions axillaires et inguinaux hjp(»rtrophiés; on pensa à un abcès tl^ foie, mais les ponctions furent toutes négatives; on avait pensé ausî^i '»^ un néoplasme du foie, ou à une leucémie, mais l'examen du sang nioo^^*^ une légère leucocytose sans modification de Téquilibre leucocytaire ^^ liquide pleural contenait :
Polynucléaires ôosinopliilps 14
Lymphocyles 80
\jn cobaye inoculé mourut après vingt-quatre heures et les cultvn'^*'* faites avec le liquide furent toutes négatives.
Dans aucun de ces cas, nous n'avons pu déterminer par rexpériineii' talion la nature de ces épanchements, car tous ces liquides préscnt^i^'*' une extrême toxicité. Sur 9 animaux inoculés, tous, sauf un seul inocu/<' à faibli; dose, moururent très rapidement après l'inoculation.
ÉTUDE CVTOLOGIUUE DES HUMEIRS DE L'ORGAMSME. 609
Souvent danâ les pleuro-tiiherciiloscîs priiiiitivos au début, on rencontre 3 loin en loin un polynucléaire éosinopliile, mais jamais nous n'avons ouvé dans cette affection une éosinophilie aussi intense que dans les is précédents. A l'heure actuelle, il nous semble impossible de préciser
signification de ce symptôme que l'étude de nouveaux faits viendront ins doute éclairer.
Il est intéressant de constater que Téosinopliilie pleurale ne semble pas 1 rapport avec une éosinophilie sanguine et nous apparaît conune une calisation spéciale dans tous ce» cas.
Examen cjrtologique des liquides non défibrinés. — Dmmc n<»us l'avons déjà dit, les résultats que nous venons de raporler ont été obtenus en suivant la technique dout nous avons donné les !»gles : c'est-àdire en délibrinaut, puis en centrifugeant les liquides leuraux. C'est la seule nuUhode applicable en clinique, car on ne peut, ans kl praticpie courante, se transporter au lit du malade avec un centriigcur: elle doit rester la méthode de choix.
il était intéressant cependant d'étudierdeslicpiides n'ayant subi aucune uuiipulation et de vérifier, comme l'ont ftiit Sabrazés et Muratet ('), si la éfibrination ne modifie pas la fonnule cytologique. Des lecherches comarées faites sur les liquides pathologicpies humains nous imt montré, en ffct, que le sens général de la formule histologi(|ue reste le même, si, >iuil toute formation de coagulum, on a pris soin immédiatement après I prise de centrifuger pendant cinq à huit minutes avec un appareil lisant 50U0 tours à la minute.
La pleuro-tuberculose primitive, parexenq)le, est toujours carîictérisée, uoi qu'on fasse, par la mononucléose. En cas de centrifugation inuuéiale, surtout lorsque l'examen est fait au début de l'affection, on trouve irfois un certain nombre de polynucléaires et quelipies grandes cellules lononucléaires un peu plus nombreuses qu'après délibrination ; la forlule générale reste pourtant toujours lyuq)hocyti(iue; le sens n'en est is change.
Après centrifugation immédiate, connue après délibrination, les pleujsies pneumococciques ou streptococciqnes sont toujours caractérisées ir l'abondance des polynucléaires et les pleurésies non tuberculeuses en >I)arence aseptiques par la présence de nond)reux placards endothéliaux. ussi, étant donnée la signification que l'on doit attribuer à la présence de ?!S cellules dont la délibrination ne modifie pas le nombre, nous pouvons ire que, dans (pielques cas, cette opération peut plus ou moins changer E&spect superficiel de la formule, mais n'en modifie pas la signification.
(') Sabr\zks et HcRVTET, Gairtle hebdomadaire des srienres médicales de Hordeauxv » novembre 1000. — Ces auteurs ont montré «pie le coai>:uluin rtîticnl un cortain nombre «1, olynuclêaiiHîs.
PATHOLOGIE célfÉRALE. — VI. 59
[F. WIDAL et P. RAVAVT.,
CIO CYTODUGNOSTIC DES ÉPAXCHEMENTS SÉRO-FIBRINEDX.
INTERPUÉTATION PATHOGÉNIQUE
Nous venons de voir les déductions pratiques, utilisables en clinique, que Ton peut tirer de l'étude cytologique des épanchements séro-librineux de la plèvre. Il nous faut maintenant déterminer la raison d'être de ces différents aspects et rechercher les causes qui les coiniuandent. Ce n'est pas sans raison, en effet, que les pleuro-tuberculoses primitives ne renferment pas de cellules endothéliales, alors que la présence de ces éléments est constante dans les épanchements des cardiaques par exemple. C'est à l'anatomie pathologique qu'il nous faut demander l'explication de ces différences.
On sait depuis longtemps que les lésions pleurales varient avec la nature de la pleurésie et que si, dans certains cas, la plèvre est absolument normale, dans d'autres au contraire, elle est considérablement modifiée.
En ce qui concerne la pleuro-tuberculose primitive, les recherches anatomiques de Landouzy, de Kelsch et Vaillard, reprises ensuite par Pérou, ont définitivement fixé la caractéristique anatomique de cette affection si spéciale. Nous avons eu l'occasion d'étudier avec M. Le Sourd la plèvre d'un malade mort subitement au cours de cette affection et dont l'hisloire a été brièvement rapportée dans une clinique récente du professeur Dieulafoy(*). Dans ce cas, comme dans ceux rapportés par les auteurs précédents, nous avons pu constater macroscopiquement que les plèvres pariétales et viscérales séparées dans les régions oti se trouvait le liquide présentaient une épaisseur de 4 à 5 millimètres. La plèvre viscérale entourait complètement le poumon, l'enveloppait comme dans une sorte de sac. A sa superficie, on distin^niait une couche fibrineuse dense sans tubercules apparents à l'œil nu, puis au-dessous apparaissait une mmembrane épaisse de 2 millimètres s'étendant à toute la surface pulmonaire. Au microscope, on constatait dans cette néo-mend)i'îme des cellules «^'éantes en très grand nombre, quelle que soit la région sur laquelle jmrtaienl les coupes. Ce sont ces mêmes lésions, absolument caractéristiques, spécifiques pour ainsi dire, que l'on retrouve dans toutes les pleuro-tuberculoses primitives.
De même, au cours de pleurésies développées chez les phtisiques, on constate souvent, comme l'a montré Pérou, qu'il existe à la surface de la plèvre une néo-membrane plus ou moins épaisse, conjonctivo-vasculaire, avec des centres caséeux parfois visibles a l'œil nu, extrêmement riche en bacilles et en cellules géantes; ces lésions, un peu plus accentuées, caractérisent anatomitpiement renq)yème tuberculeux. Dans ces pleurésies des phtisiques, l'épanchement est beaucoup moins souvent enkysté qu'il ne l'est au cours de la pleuro-tuberculose primitive.
(*) Di;:ui.AK(»Y, Comment savoir si une pleurésie séro-librineuso franclicmcnt ai^oiô esl ou ni"*' pi> tubcrculeusL'. Clinique mhlicale de Vllôlrî-Dieu, ilH)l.
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DES IlliMEURS DE L'ORGAMSME. 611
Dans les pleurésies séro-fibrineuses qui surviennent chez les cardiaques, chez les brighliques, on ne retrouve jamais de néo-membrane. La plèvre, dans ce cas, est lisse, transparente, légèronient dépolie, mais ne présente pas de néo-formation, alors même que répanchenient dure depuis plusieurs mois, ainsi que nous avons pu le constater dans un cas. De même, dans les pleurésies séro-(îbrineuscs développées au cours de la pneumonie ou des congestions pulmonaires, c'est à peine si la plèvre présente en quelques endroits de minces dépôts (ibrineux; partout ailleurs, la séreuse est normale.
L'anatomie pathologique nous prouve donc que les pleurésies tuberculeuses s'accompagnent de néoformations étendues à toute la plèvre, tandis que les pleurésies non tuberculeuses laissent la plèvre intacte dans sa totalité, ou ne donnent dans que!;;ues cas que des dépôts tibrineux peu étendus.
Si l'on rapproche ces données anatomiques des résultats fournis par Texamencytologique, il est facile de voir que les épanchements répondant aux pleurésies à néo-membranes ne contiennent |)as de cellules endothéliales alors qu'au contraire on les trouve toujours lorstpie cette néo-membrane n'existe pas. Dans. le premier cas, dès qu'(»lle est formée et complètement enkystée, la néo-membrane empêche la desquamation endothéliale en bloquant pour ainsi dire ces cellules et en entravant ainsi leur chute: dans le second cas, au contraire, rondothélium altéré par la présence du liquide desquame abondamment, et se répand dans Tépanchement où rien ne l'empêche de tomber.
En plus des cellules endothéliales dont nous venons de voir la signilication, on retrouve dans les épanchements séro-lîbrineux la présence de lymphocytes et de polynucléaires dont il fout selon les cas savoir apprécier la valeur. Le polynucléaire est un élément de diapédèse provenant des vaisseaux sanguins; c'est un élément de lutte, de défense, dont la présence dans la plèvre, connue ailleurs, est provoquée par une infection ou une inflammation aiguë. Le lymphocyte, au contraire, est l'élément banal pour ainsi dire du liquide pleural: il transsude en même temps que la sérosité en plus ou moins grande quantité et se retrouve dans presque tous les épanchements: il ne faut donc pas en faire un élément caractéristique de la tuberculose. Sa présence en plus ou moins grand nombre dans un épanchement n'est que la manifestation banale d'une irritation subaiguë de la séreuse, insuflisante pour nécessiter la présence des polvnucléaires.
Ainsi conçu, l'exanuMi cytologique des épanchements séro-fibrineux de la plèvre va nous permettre de recueillir pendant toute la durée dv répanchenient des renseignements i)récieux sur les réactions qui se passent dans le liquide pleural; il nousiixerasurla lésion anatomique et nous fournira des indications dont l'interprétation pourra être parfois délicate, mais qui le plus souvent, du premier coup, seront immédiatement applicables en clinique. La cytologie nous apporte ainsi un sjmptôme anato-
[F WIDAL et p. RAVAVT]
012 CYTODIAGNOSTIC DES ÉPANCIIEMKNTS SÉRO-FIBRINEUX.
miquc qui sur le vivant nous permet d'apprécier la nature des réactions pleurales, d'en évaluer l'intensité et même de préciser la période de la maladie. Son étude intéresse autant le biologiste et Tliistologiste quelle renseigne le clinicien.
ÉTUDE CYT0L0(;iOlIE DE DIVERSES HUMEURS DE L'ORGANISME
a. Asciies, — L'examen cytologicpie du Ii(|uide ascitique n'a pas donné les résultats que Ton pouvait en espérer après l'étude cytologi^juc du li({uide pleural.
Le liquide d'une ascite d'origine cardiaque ou d'origine hépatique contient dans l'un et l'autre cas des polynucléaires en assez grand nombre, ({uelques lymphocytes et çà et là quel(|ues cellules endothéliales. Dans les péritonites aiguës, ces polynucléaires prédominent. De même, dans les péritonites tuberculeuses dont le liquide est légèrement louche, on constate, la plu|}art du temps, une polyniicléose très nette. Dans quelques cas rares de péritonite tuberculeuse, on a signalé la lymphocytose (AchanI et Lœper), Tuffier et Milian(*) ont pu par l'examen cytologique différencier le kyste de l'ovaire de la péritonite tuberculeuse, ce qui n'est pas toujours aisé en clinique : dans le kyste de l'ovaire ils ont constaté la présence de grosses cellules vacuolées et de cellules cylindriques dont l'un des pôles présente une toulîe de cils vibratiles; dans la péritonite tuberculeuse, au contraire, ils ont trouvé des lymphocytes.
En résumé, la cytologie du liquide péritonéal est loin de nous donner des renseignements aussi précis que celle du liiiuide pleural. La contiguïté de l'intestin peut, sans doute, venir perturber, sous des influences diverses, surtout pendant la période de digestion, la formule leucocylairo du liquide épanché dans le péritoine. On ne peut dans ces conditions compter sur la valeur du cytodiagnostic.
b. Liquides articulaires, — Nos examens ont surtout porté sur des liciuides épanchés dans l'articulation du genou.
Au cours des arthrites aiguës rhumatismales ou bk'nnorragiques, après centriJugalion prolongée du licjuide visqueux retiré par ponction, on constate presque uni(|uement la présence de polynucléaires neutrophiles en grande al)ondance.
Dans [es hydarthroses consécutives à une fracture de jambe ou à une phlébite, dans les arthro[)athies tabétiques, Fou constate la présence de lymphocytes en très petit nombre mêlés (,'à et là à quehjues gros éléments uninucléés : dans ces variétés (Tarthrites, les éléments cellulaires sont Ir.'s rares et en tous cas beaucoup moins nombreux (pie dans les artlirites jiimiës.
(*} TuFULR ol MiLiAN, (',vJoilia«,'nosli<- tlo la piiilouile et «lu kvsli' do l'ovaire. Soc. de i '26 avril lîH)I,
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DES IIUMEliRS DE I/ORGAxMSBlE. 615
Dans les tuberculoses articulaires, presque toujours le liquide retiré est louche et se montre par suite très riche en polynucléaires. On a signalé quelques cas d'arthrites tuberculeuses dont le liquide contenait uniquement des lymphocytes.
On comprend facilement avec quelles réserves dans ces cas on doit interpréter les résultats que fournit la cytologie.
c. Synovites des gaines tendineuses, — L'étude cytologique des synovites des gaines tendineuses est susceptible de donner des résultats plus précis. Dans une synovite à grains riziformes, tuberculeuse par conséqucnty nous n'avons trouvé que des lymphocytes alors que, dans les synovites blennorragiques ou rhumatismales, on rencontre, nous venons de le voir, des polynucléaires en grand nombre.
d. llydrocèle et vaginalites, — Nous avons pu constater(*), ainsi que Tuffier et Milian (*), que l'étude du liquide épanché dans la vaginale pouvait avoir en clinique une valeur séméiologique importante.
Dans les vaginalites dépendant d'une tuberculose du testicule, on ne rencontre que des lymphocytes, à condition toutefois qu'il n'existe pas d'abcès des testicules ou de Fépididyme ouvert dans la vaginale.
Dans les vaginalites qui accompagnent les orchites infectieuses on ne trouve que des polynucléaires.
Dans le liquide des kystes du cordon on ne trouve (jue des spermatozoïdes et aucun autre élément cellulaire.
Dans les hydrocèles ordinaires, dites essentielles, on constate des placards endothéliaux, plus ou moins confluents, mêlés parfois à des globules rouges et à des lymphocytes pou nombreux. Cette formule, semblable à celle des pleurésies survenant chez des c^irdiaques ou des brightiques, est un argument contre l'origine infectieuse de cette variété d'hydrocèle, dont le liquide est d'ailleurs stérile et plaide en faveur d'une origine purement mécanique. Dans certains cas, ces cellules endotliéhales peuvent jouer le rôle de macrophages : c'est ainsi que, dans une hydrocèle ponctionnée quelcpies jours avant l'exploration CYtologi<pie, nous avons vu les cellules endothéliales bourrées de spermatozoïdes; il est probable qu'au cours de la première ponction, l'aiguille avait dû blesser l'épididyme et avait mis ainsi en liberté des spermatozoïdes cpii avaient été rapidement phagocytés. Barjon et Cade ont fait semblable constatation.
e. Crines, — M. Milian ("') a cherché à établir le cytodiagnostic des urines et a fait sur ce sujet quelques constatations intéressantes encore à l'étude.
(*) AViDAL et lUvAUT, HecliCR'Iu^s hislologiques Mir lo liquide dos liydroct'U's. Société de biologie, 2*2 décembre liKK).
(*) Tuffier et Milian, Cyl«Mlia«moslic des hydrocèles. Société de biologie, 5 janvier lilOI.
(') MiLiAX, I.e cvt«»dia;.Mio>iic <1j's urines en palliologie rénale. Société de biologie, 12 «clobrc IîK)I.
[F. WIIML et P. RAVAVTl
GU CYTODIAGNOSTIC DES ÉPANCI1EME.NTS SÉRO-FIBRLNEUX.
ÉTUDE CYTOLOGKJUE DU LIQUIDE CÉPHALO-nACHIDIEN
Depuis la découvei'te ch (jiiiiicke qui, le premier, montra la facilité avec laquelle on pouvait, par une simple piqûre, puiser du liquide eéphalo-rachidien sur le vivant, une très riche littérature a été consacréo j\ la ponction lombaire et à ses applications. Employée tour à tour comme moyen thérapeutique ou comme procédé de diagnostic, elle est devenue Porigine d'un grand nombre de recherches bactériologiques qui oui permis de fixer, d'une façon plus précise, la nature et Fétiologie de certaines méningites. Après les constatations que nous avons faites sur les liquides séro-Iibrineux de Forganisme, nous avons été tout naturellement amené à étendre nos recherches avec M. Sicard à la cytologie du liquide céphalo-rachidien au cours des affections méningées aiguës. En fouillant attentivement la bibliographie, nous avons été surpris de ne trouver sur la cytologie du liquide céphalo-rachidien au cours des méningites que les (pielques documents épars dans des études d'ensemble faites sur la ponction lombaire par Wentworth (') et Bernheim et Moser (*). Nous les avons signalés dans un travail antérieur (').
A l'état normal, le liquide céphalo-rachidien retiré par ponction lombaire sur le vivant ne contient cpie peu ou pas d'éléments cellulaires; «lans quelques cas, les gaines lymphatiques ont laissé sourdre à travers leurs parois cpn^lques lymphocytes, qui se sont répandus dans le liquide; mais, dans ces cas, on compte de loin en loin un ou deux lymphocjles dans le champ du microscope. A l'état normal, la lymphocytose, quand elle existe, est donc toujours extrêmement discrète et ne rappelle en rien les réactions que l'on constate au cours des processus aigus ou chroniques portant atteinte aux méninges. Kn effet, lorsque les méninges sont frappées d'inflanmiation ou d'irritation, on voit apparaître dans le liquide «érébro-spinal des éléments lii^nrés, dont le nombre et la variété sont en rapport avec l'intensité et la nature de ces processus : c'est une doubb» réaction cpialitative et (piantitative à la fois.
Qualitative, car les réactions colorantes nous permettront de distinguer épars dans le liquide des lymphocytes ou des polynucléaiies, ces derniers étant (rantant plus nombreux (jue l'inflannnation est plus aiguë: quantitative, car si l'on suit pour tous les cas exactement la même technique, on trouvera des éléments tantôt extrêmement rapprochés, se touchant les uns les autres, au noud)re de plusieurs centaines par champ de l'ohjectif à innnersion, tantôt moins nombreux, plus espacés, au nombre de i) à 10 par chanq). Aussi faut-il, pour conclure à la lyin|)hocytose, que
•^ >Vkm>v<)Btii, v^oiiu' «'xporirnenlal wnrk on luiiilmr piuK'hiii of \\\c subnracliiioul s|>aco. Archiv of Pediatrirs, 18ÎW). p. 50.
(*) Beumikim et MosKR, TeluT dit' «lia^'noslisilic Ilrdruliiuir <1im- I.umbarpiinclion. Wiener khnische Wochcuschrifl, 181)7, p. 4C»S.
'• >Vii»Ai . ^r^ vni» i'I lUvAiT. (',\t(«l!:«^ii()>hc <li's incMiiiL:il('s. Sur. ilrbio!.. \7t ocl. 1900.
hTlIK CYTOLOGUJIE DES UIMEIRS DE L'ORG.^MSME, 615
es éiéiiients soient tellement confluents, que l'hésit<ition ne soit pas K)ssible. Une préparation faite avec le liquide céphalo-rachidien d'un âbctique ou d'un paralytique général peut servir de témoin; mais très -apidement, avec un peu d'habitude et la prati(|ue de la technique, l'on irrivc à appivcier du premier coup d'(pil ces ditïérences.
Nous ne reviendrons pas sur les indications techniques que nous ivons données au début de cette étude.
Nous prenons soin de faire observer que, lors(|ue l'on se trouve en présence d'un li(|uide céphalo-rachidien hémorragique, on peut conqiter sur a formule leucocytaire pour établir un diagnostic. (Voir art. Ponction lombaire.)
Nous étudierons séparément la cytologie du liquide céphalo-rachidien m cours des afl*ections aiguës des méninges et au cours des maladies du système nerveux central, dont les lésions viemient ellleurer la pie-mère.
Les faits que nous rapportons sont le résultat des recherches que nous (ivons faites avec M. Sicard et des communications et discussions faites sur ce sujet par de nombreux auteurs (').
1" Affections ai(juës des méninges, — Au cours des méningites, le liquide céphalo-rachidien retiré sur le vivant n'est pas toujours trouble, et dans la méningite tuberculeuse, dans un certain nombre de cas, il |)arait absolument normal. Après centrifugalion on constate cependant la présence d'éléments cellulaires, dont il est important de reconnaître la variété.
a. Méningite tuberculeuse, — Dans celte affection, l'examen cytolo gique révèle dans tous les cas la présence d'éléments cellulaires qui, h* plus souvent, ne sont représentés (jue par des lynqdiocytes et (pielquefois |>ar des lynq)hocytes nulles à des p(dynucléaires et à des cellules end(îthéliales.
La prédominance des lymphocytes est le fait (pii frappe prescpie toujours dès le premier coup d\eil jeté sur la préparation. Les lynq>hocytes sont souvent mêlés à (piehpies polynucléaires et à quehpies gros éléments uninucléés. Dans (piel(|ues cas exceptionnels, les polynucléaires sont relativement ncMubreux. I)ès notre première coumumication, nous avons signalé un cas, dans lecpu*! on conq)lait ."8 p«)lynucléaires pour 62 lymphocytes. Depuis, nous avons observé un nouveau cas dans lequel on comptait 46 polynucléaires pour hi lynq)hocytes.
Nous n'avons jamais vu de méningite tuberculeuse avec polyimcléain»
(*} AViu^L, Su \nh ol IVwait, OyUnlin^rnost c «les iiii'iiinp:iti>s. Lttr. rit. — H. Monod, Los ôIimonls rij.Min>s <lu liquidi* n'ulialo-rarliijlicii nu nmrs ilii talies et di» la |iaral\>io pourrait'. Sor. méit. des hôp., il janvier lîHH. — ^Vll»*l., Sirviti» v\. lUvvcr, (',yl«»I<^i»' du liquide cê|>liali)racliidiiMi au cours de (|Uel<|nes proee^^sus uuMiiiij:«s «Inoiiijjues. Snc, mvd. des hôp., 11 janvier 11M)1. — ('.«iinnuuiiealioiis el disiu«;sious : MM. italiiiiski et NnjfOoUe, BrissamI, J(»iïro\ , nu|K», ('.liaulfard. llendu. Vinrent. Séjjlas. IlirI/, Acliard, Dnfour, S<m<|ues, Vaquez, (îrilToii, l.e Souitl, A|MMi. (iandy. I.ahlié. r.aslaij:ne, Lai;:uel, f/iva-line, I.uisi'rne. Mihierre, Millau, Cniuzon. Do^-au, Mérv. ele. S'tr. mt^d. des hôp.. |1H)I el lîMIi. Jolfroy «*l Men-ior. Marie et Duflo^. XII' G)iij:rê' de-* .riénisle' el <les neurolM;;i'.i,.s tie Kr.nu-.* lireuni.I.*, a >ûl 1U0*2.
[F WIDAL et P. RAVAVTri
016 CYTODIAGNOSTIC DES ÉPANCIIEMtNTS SÉR0-F1BRL>EIÎX.
sans lymphocytes assez nombreux. Par contre, dans les inénin(j;ites aijruès non tuberculeuses à la période d'état. Ton ne constate prcsriuc uniquement (|ue des polynucléaires. M. Lewkowicz a rapporté quelques cas où par exception il a constaté une polynucléose abondante du liquide céphalo> rachidien. MM. Méi-y et Uabonneix, Guinon et Simon, Barjon et CadéonI également par exception rapporté des faits semblables.
Si Ton n'a pris soin de centrifuger le liquide immédiatement après i;^ prise, ou si Ton néglige de dissocier le coagulurn une fois fom)é, du constate une diminution considérable des polynucléaires qui se trouTeol englobés, pour la plupart, dans le caillot. En centrifugeant le liquide^ séparé du coagulum on obtient presque toujours une formule lyinphocy-— ^ tique absolument pure dans la plupart des cas.
La réaction inflammatoire dans la méningite tuberculeuse est telle qii^^' Ton s'étonne de ne pas constater plus de polynucléaires dans le liquida -^ céphalo-rachidien, d'autant plus que les recherches expérimentales q» e nous avons poursuivies avec M. Sicard, nous ont montré que l'inoculalijv n d'une éiimision bacillaire dans la cavité arachnoïde pie-méridienne d u chien amenait un afflux de polynucléaires.
La présence de polynucléaires au cours de la méningite tuberculeu- -<^ ne coïncide ni avec le stade de la maladie, ni avec Tàge du malade, r -■» avec le type anatomique de la méningite, ni enfin avec la présence (~ Jf germes d'infection secondaire ; il y a trop de discordance dans les noiL^«ibreux cas observés pour que Ton puisse établir une règle fixe. Au coucr i^ de la même ponction, en recueillant le liquide dans plusieurs tubes dill»- <'• rents, nous avons pu voir, dans le dernier, une proportion plus gran^i^c de polynucléaires que dans le premier, sans que rien ne nous permit d'i n* terpréter ces difl'érences.
C'est en tous cas la Itjniphocytose i\m caractérise surtout la fornii^^lf histologique de la méningite tuberculeuse.
b. Mé)iin(/ites aignrs non tuberculeuses. — Au coins des aiili <■>
variétés de méningites aiguës ressortissant du groupe des ménin«;it- <'> cérébro-spinales, on constate, à la période d'état dans le licpiide cépha ^'>*
rachidien la présence de polynucléaires en plus ou moins grand nonihr ♦*•
Souvent ils sont assez nond)reux pour donner au liquide un aspect lom* -Bit' ou même pour le rendre complètement purulent. Dans ces cas, le d» *** gnostic est aisé à faire. Quelquefois le licpiide semble normal, et cent ' '•^^ que par la cen tri lu gai ion (pie Ton décèle la présence des éléments. .-•'^' licpiide de ces méningites est parfois librineux; mais, dans ces cas, "' nond)re des polynucléaires est tellement considérable, que l'absence ^^"' la minime quantité retenue par le coagulum ne modifie pas l'aspect cj^C^'^ logique.
Lorscjue ces méningites sont mortelles, la polynucléose persiste jusqi^^^ la fin et les éléments augmentent même de quantité : dans ces cas, r " '" découvre souvent par les examens sur lames, par les cultures ou par I ^^^ inoculations, la nature de l'agent infectieux. Lorsque, les méningiL ^*'''
ÉTUDE CYTOLUGIQUE DES HUMEURS DE l/ORGAMSME. 617
évoluent vers hi guérison, au furet à mesure (jue disparaissent les germes microbiens, les polpucléaires diminuent de nomlire et des lymphocytes apparaissent alors petit à petit dans le liquide céphalo-rachidien. Ces lymphocites peuvent encore persister pendant longtemps, mais finissent par dispai-aitrc. Les observations de MM. Labbé et Castaigne, Sicard et Brécy, Widal, Griffon et Gandy, Apert et Griffon, Achard, montrent bien quelle interprétation pathogénique peuvent recevoir de pareils faits. Xn début, quand sous Finiluence d'un microbe virulent il y a lutte dans le sac arachnoïdo-pie-mérien, on assiste à une exode de polynucléaires qui représentent les éléments actifs, les microphages. Puis quand la lutte est éteinte, les polynucléaires, n'ayant plus de raison d'être, font place aux lymphocytes qui restent encore quelque temps les témoins de la scène qui vient de se passer et finissent par disparaître à leur tour.
il suHira d'être prévenu de ces modifications et Ton n'aura qu'à tenir compte de révolution clinique pour éviter ainsi de grossières erreurs d'interprétation.
A ces consUiUitions, on peut superposer des faits pour ainsi dire expérimentaux qui ont été observés par Tun de nous (*) en étudiant le liquide céphalo-rachidien des malades qui ont subi la rachicocaïnisation.
On sait que très fréquennnent, à la suite dv celte opération qui a pour but de déterminer l'anesthésie par rintroduction de 2 centimètres cubes d'une solution aqueuse de cocaïne à 1/100 dans le liquide céphalorachidien, on observe de la céphalée, de rhyperthermie, etc., assez intenses parfois pour faire penser à des accidents méningés. Si l'on ponctionne une petite quantité de li(|uide céphalo-rachidien quatre ii cin(| heures après l'opération, alors (|ue ces accidents sont à leur maximum d'intensité, on constiite que le liquide est en hypertension, qu'il est trouble et présente une réaction polynucléaire très intense, si bien que dans certains cas, lorsqu'on laisse les tubes au repos ou lors(|u'on les centrifuge, il se forme un culot de pus. Les accidents heureusement ne tardent pas à disparaître et, si l'on recherche [)ar la ponction lombaire les modifications que suhit le li(|uide céphalo-rachidien, on voit que peu à peu les polynucléaires sont plus rares, s(uU renq)lacés par des lym[)hocytes qui, diminuant de nombre, finissent par disparaître complètement au bout de quinze jours à trois semaines environ. On a assisté, de la sorte, il l'évolution d'une méningite asepticiue. Ces troubles, en grande partie attribuables à l'action de l'eau dans la(|uelle est dissoute la cocaïne, ainsi que l'un de nous Fa montré avec M. Guinard, peuvent être .supprimés si l'on enqïloie, grâce à une techni(pie spéciale, le liquide céphalorachidien du malade hii-même connue véhicule de l'agent anesthésiant.
Ln facilité d'apprécier ainsi sur le vivant l'ûitensité et la nature d'une réaction méningée peut rendre de grands services en clinique. Lorsque
[*'; Havaut (>t AuROUHc;. Le li<|iiiiic ccplialo-racliidicii après la racliicocaïiiisalion. Société de biologie j 15 juin 1901.
[F WlDAL et P. RAVAVT.I
0i8 CYTODIAGNOSTIC DES ÉPAiNCUEMENTS SÉRO-FlBRIiNEUX.
au cours des aflections aiguës (fièvre typhoïde, pneumonie, rhumatisme, etc.), apparaissent des troubles cérébraux, il est utile de pouvoir faire la part des troubles toxiques ou fonctionnels et des troubles dus à une méningite. Les constatations que nous avons pu faire, les observations récemment rapportées par différents auteurs montrent que le liquide céphalo-rachidien reste normal lorsqu'il n'existe pas de lésion anatomiqiie au niveau des méninges. Dans les cas de simple hypertension du liquide céphalo-rachidien, l'examen cytologiquc est en général négatif. Dans quelques observations cependant (Méry, Vaquez) on a noté la présence do quelques lymphocytes plus nombreux qu'à l'état normal. 11 est probable que la même cause qui fait filtrer le liquide sous pression exagérée à travers les parois des vaisseaux doit parfois entraîner quelques lymphocytes on excès «n dehors des gaines périvasculaires. En tous cas, on ne confondra jamais cette lymphocytose extrêmement discrète, accidentelle, pour ainsi dire, avec la lymphocytose abondante ou la polynucléose qui caractérise, comme nous venons de le voir, les affections méningées «aiguës.
Dans quelques cas de pneumonie avec délire, nous avons constaté avec M. Lutier une lymphocytose très discrète du liquide céphalo-rachidien.
ÉTUDE CYTOLOGIQL'E DU LIQUIDE CÉPIIALO-RACIIIDIEN DANS LES AFFECTIONS NERVEUSES
A la suite des recherches précédentes, il était naturel de chercher comparativement si, au cours des maladies chroni(iues du système ner^ veux, le liquide céphalo-rachidien ne se peuplait pas également d'élémonts figurés intéressants à connaître pour le clinicien.
La paralysie générale et le tabcs étaient les maladies indiquées pour être éludié(»s avec la technique que nous av(uis instituée. Les recherches simultanées deU. Monod elles nôtres en collaboration avec Sicard(\i, puis celles (le Habinski et Nageotte, de tloffroy, de Dupré et Devau, etc., sont venues démontrer au cours de ces affections la présence d'éléments cellulaires en plus ou moins gmnde quantité.
Au cours d(î la paralysie générale, l'apparition d'éléments cellulaires dans le liquide céphalo-rachidien semble étn» un signe précoce, ainsi qu'en témoignent un certain nombre d'observations; les éléments que Ton retrouve sont représentés en grande partie par des lymphocytes; mais dans (|uel(|ues cas, surtout au moment de cert^iines poussées aiguës coïncidant avec des troubles délirants principalement. Ton peut voir quelcpies polynucléaires dont le nombre varie d'une ponction à l'autre; souvent aussi Ton peut retrouver de gros éléments uninucléés en nombre variable. Dans tous les cas que nous avons étudiés, on a retrouvé cetle
'■ S(célr mMicfilc dcx hôpitaux. Il jajivicr l!U)l.
ÉTUDE CYTOLOGKilE DES IIIMEI RS DE L'ORGAMSME. 610
lympiiocytosc earactcristicjue. On conçoit les services (jiie cette constatation peut rendre pour le (lia«fnostic de certains cas obscurs.
Au congrès des médecins aliénistes et neurologistes de France tenu à Urenoble en août 1902, les observations se sont multipliées et le cytodiagnostic dans la paralysie «générale a reçu sa consécration déiinitive. Les observations de MM. JollVoy et Mercier, Marie et Dullot ont délinitivement établi la constance, la précocité et l'importance de la lymphocytose méningée, au point de vue du diagnostic de la paralysie générale.
Dans deux cas de paralysie générale observés avec M. Lemière, nous avons constaté dans le licpiide céphalo-rachidien Tapparition de nombreux polynucléaires au cours de poussées congestives, caractérisées par un ictus apoplectique suivi d'hémiplégie. Ces polynucléaires trahissaient Tétai congestif des méninges. Dans un de ces cas terminé par la mort on trouva une hémorragie cérébrale, compliquant les lésions de la pachyméningite.
Au cours du tabès, comme au cours delà paralysie générale, il est pour ainsi dire constant de trouver dans le liquide céphalo-rachidien des éléments plus ou nioiu'i nombreux représentés par des lymphocytes. Comme <lans la paralysie générale, ce symptôme paraît être précoce dans son apparition et révèle dès leur début les lésions méningées constantes au cours de cette affection.
Chez quatre malades ne présentant pas d'autres synqitômes nerveux que le signe d'Argyll-Robertson, MM. Rabinski et Nageotte cmt constaté une lynqihocytose du liquide céphalo-rachidien. Nous-mème avec M. Lemière('), chez six malades porteurs du signe d'Argyll-Kobertson, avons constaté également une lymphocytose nette du liquide céphalo-rachidien. On sait tout l'intérêt qui s'attache à l'étude de ce signe d\\rgyll-Rohertson observé à l'état isolé depuis les travaux de M. Babinski, qui a montré ses rapports avec la syphilis ; c'est sans doute un symptôme révélateur d'un tabès incipiens.
L'exploration méningée prouve en tout cas que le signe d'Argyll, même isolé, décèle une altération organique des centres nerveux qui vient irriter les méninges.
Dans les méningo-myélites dues à la syphilis (Sicard et Monod), ou \\ certaines alVections aiguës, connue la fièvre typhoïde (Wîdal et Ravaut), on retrouve dans le liquide cérébro-spinal des lymphocytes en assez grand nombre, auxipiels se mêlent parfois des polynucléaires. Cette réaction lynq)hocyti([ue est le symptôme clinique de la réaction méningée constante dans tous ces cas, et la syphilis, tout aussi bien (pi'une autre cause, peut lui doimer naissance. Lorsque la lésion d'une myélite est purement centrale, il se peut (|ue l'irritation méningée venant à manquer, la lynq^hocytose du li(piide céphalo-rachidien fasse également déliuit. 11 serait intéressant d'avoir à ce sujet des observations avec le contrôle de l'autopsie.
(*) WinM. ol LrMiKRE, !.«• <is:no «l'Ai-jfyll et la Iymplioc\ Io»p du liquide céphalo-rarliidicn.
[F WIDAL »t P. RAVAUT:\
620 CYTODIAGNOSTIC DES ÉPANCHEMENTS SÉRO-FIBRINEUX.
Dans la sclérose en plaques, certains auteurs ont constaté une lymphocytose évidente.
La constatation de la lyinphocytose peut se faire non seulement au cours de lésions méningées diiïiises comme les précédentes, mais également à la suite d'irritations méningées plus limitées; c*est ainsi que nous avons pu constater, ainsi que MM. Rilnnski et Xageotte, une lymphocytose assez discrète au cours de l'évolution d'un foyer de ramollissement cortical; il en était de même chez une malade que nous avons observée avec M. Le Sourd (*), atteinte de pachyméningite cervicale hyperlrophique. C'est dans ce sens également qu'il faut interpréter la présence de lymphocytes dans le liquide céphalo-rachidien de malades atteints de zona, ainsi que l'ont constaté MM. Rrissaud, Sicard, Brécy, et l'un de nous avec M. Le Sourd. Au cours de cette dernière affection, la présence d'éléments dans le liquide rachidien est un argument de plus en faveur d'une irritation pie-mérienne et permettra peut-être de faire le départ des zonas mélamériques, des zonas ganglio-radiculaires et des zonas périphériques.
Au contraire, dans d'autres affections telles que le mal de Pott ou les tumeui*s cérébrales qui peuvent évoluer sans déterminer d'irritation pie-mérienne, on ne constate pas d'éléments dans le liquide céphalo-rachidien; il en est de même chez les malades atteints d'hémiplégie banale par hémorragie ventriculaire. La cytologie peut rendre ainsi les plus grands services pour le diagnostic souvent si épineux du mal de Pott.
De même chez les malades atteints d'hystérie, d'épilepsie, de neurasthénie, de chorée ou de troubles nerveux périphériques (polynévrites, sciatique, etc.), le liquide rachidien est vierge de tout élément, à moins cependant qu'une complication déterminant une irritation méningée ne provoque de la lymphocytose.
Au cours des maladies mentales, l'examen cytologi(pu» du liquide céphalo-rachidien a permis ji MM. Joffroy, Séglas, Na<reotte, Dupré et Devau de constater l'absence d'éléments dans des cas de démence précoce, de démence sénile, de mélancolie avec délire, de manie, de diverses vésanies, etc. ; dans un certain nombre de cas, au contraire, où ils ont constaté des éléments il s'agissait de paralytiques généraux. De même chez |)lusieurs alcooliques atteints de troubles mentaux et de deliriuni tremens, ils n'ont pas constaté de lymphocytose. Ces faits concordent avec nos premièr(»s observations. De plus, MM. Joffroy et Mercier ont constaté l'absence de lymphocytose du liquide céphalo-i-achidien chez des alcooliques atteints de troubles mentaux et d'inégalité pupillaire. M. Dufour a constaté quelques lymphocytes dans le li(|uide céphalo-rachidien d'un alcoolique atteint de troubles délirants avec hallucinations, etc. A l'autopsie, il constata une inflammation méningée. L'examen cytologique permet donc de déceler les iiiitations niéiiingéos (jue détermini' parfois Falcoolisme.
(*) AYiDAL et Le Socri», Gaz. des hôp.
ÉTIDE CYTOLOGIQUE DES HUMEURS DE L'OKGAMSME. 621
La syphilis, on le sait, affectionne tout particulièrement les centres nerveux. Elle peut à toutes les périodes de son évolution déterminer sur ces centres et sur leurs enveloppes des lésions que Ton peut apprécier en clinique au moyen de la ponction lombaire. Dans les cas de céphalée syphilitique de la période secondaire, on constate parfois dans le liquide céphalo-rachidien la présence d'éléments cellulaires représentés par des lymphocytes et quelques polynucléaires : c'est ainsi que sur 8 syphilitiques atteints de céphalée, Milian a constaté 2 fois une réaction cellulaire intense. Bien plus, nous avons constaté chez deux malades atteints d'hémipléi^ie syphilitique avec céphalée intense développée au troisième mois de Tinî^ection dans le liquide cérébro-spinal de très nombreux lymphocytes mélangés à un certain nombre de grosses cellules uninucléées et de polynucléaires. Dans 2 cas d'hémiplégie avec signe d'Argyll Robertson, MM. ftibinski et Nageotte ont noté la lymphocytose. Il résulte de ces constatations (pic chez im sujet venant d'être frappé d'hémiplégie, une lymphocytose abondante doit faire immédiatement penser à Torigine syphilitique de cette paralysie. C'est là un renseignement de plus que le cytodiagnostic peut fournir au clinicien.
Dans un cas de méningite syphilitique de la convexité confirmée à Tautopsie et développée en pleine efflorescence, au cinquième mois de l'infection, nous avons constaté avec M. Le Sourd une lymphocytose très abondante. Chez un malade atteint de méningite aiguë guérie par le traitement antisyphilitique nous avons constaté, également avec M. Le Sourd ('), une riche lymphocytose dans le liquide céphalo-rachidien.
D'autre part, chez certains syphilitiques en période secondaire ne présentant ni céphalée, ni troubles nerveux d'aucune sorte, l'on peut constater quelquefois une légère lyiiiphocylose(*) et dans un cas nous avons pu voir avec M. Lutier cette lymphocytose disparaître en quelques semaines sous l'influence du traitement. Il est intéressant de noter que dès le début de la période secondaire, alors qu'aucun symptôme nerveux n'est apparent, le virus syphilitique peut dans certains cas créer des réactions méningées légères, décelables seulement par la ponction lombaire, réactions qui au seuil même de la maladie nous donnent la démonstration anatomique de la susceptibilité des centres nerveux pour la vérole.
Chez des malades atteints de syphilis ancienne et ne présentant ni phénomènes spécifiques, ni phénomènes nerveux, on constate que le liquide céphalo-rachidien est normal. Chez un sujet arrivé à une période avancée de la syphilis, la constatation d'une lymphocytose méningée même légère, doit donc mettre en garde le clinicien et l'engager à faire de son malade une étude scrupuleuse, qui lui permettra de découvrir parfois des syuïptômes nerveux qui auraient pu passer inaperçus.
(*) WiDAL el Lk SoiiiD, Méningite aigui'. Guérison par le traitement anlisypbilique. Soc. méd. des Mp., *2I f.'vriir lîK)2.
(*) >ViD\L, Cvlolojfie (in li<|uitle ci'plialo-racliidien dea syphilitiques. Soc. méd. des hôpit.. Il février IDOi
[F. WIDAL et P. RAVAVT]
622 CYTODIAGNOSTIC DES ÉPANCBEMENTS SÉR0-FIBR1.\EUX.
Bien plus, dans la syphilis héréditaire tardive, une lyniphocylose du liquide céphalo-rachidien peut traduire une irritation méninjrée spécifique, ainsi que Tun de nous a pu le constater chez un malade de son service porteur de divers stigmates et en particulier de dents dlhitchinsun: ce malade depuis quatre semaines était atteint de céphalée l\ type nocturne. Chez un syphilitique héréditaire ayant le nez en lorj^nette, Iw dents d'Hutchinson et le crâne déformé, mais ne présentant aucun phénomène ner>'eux, Texamen cytologique du liquide céphalo-rachidien esl resté au contraire négatif.
En résumé, nous voyons donc que Texamen cytologique du liquide céphalo-rachidien, grâce au symptôme anatomique qu'il nous fournil, peut dans certains processus chroniques céréhro-spinaux permettre de révéler la participation méningée. Le lymphocyte, dans le liquide céphalorachidien, n'est pas plus un élément spécifique de la méningo-encéphalile et du tabès qu'il ne Test de la tuberculose méningée. II est le témoin de réactions qui ne nécessitent pas l'intervention d'agents de défense puissants, tels que les polynucléaires.
De même que l'abondance de lymph(»cytes dans le liquide céphalorachidien peut permettre, comme nous l'avons montré, de distinguer la méningite tuberculeuse de la méningite cérébro-spinale aiguë, du méningisme de Dupré et de la plupart des maladies aiguës qui peuvent ki sinmier, de même, Tabondance de ces lymphocytes pourra, en révélant une lésion méningée au cours de divers processus chroniques, aider h résoudre au point de vue du diagnostic et de la pathogénie divers problèmes posés par la clinique.
Nul doute que beaucoup de faits particuliers seront encore a interpréter, que certaines questions de détail seront encore à élucider, mais la recherche des réactions méningées n'en a pas moins déjà un intérêt (|u'on ne saurait méconnaître.
POiNCTlON LOMBAIRE
FERNAND WIDAL J-A. SICARD
l'nifesseur ajfn'^î»^ à la Farulltî de méderine, Chef du Clinique «le la Faculté de in«''decine
Mt'derin drs hù|iitan.\. dt? Paris.
Li ponction lombaire est due à Quincke. Elle date du jour où le médecin de Kiel montra que Ton pouvait facilement atteindre, chez Hionime, rcs|)acc sous-arachnoidien lombaire, et retirer le liquide céphalo-rachidien à Taide d'un trocart (1890).
La ponction lombaire fut, à ses débuts, employée exclusivement connue méthode thérapeutique par Quincke et ses élèves. C'étiut une thérapeutique « par soustraction du licpiide céphalo-rachidien d, mise en pratiipie dans tous les cas où les phénomènes nerveux semblaient relever d'un excès de tension du liquide céplialo-rachidien. Rapidement jugée à ce point de vue, considérée comme moyen simplement palliatif, et d'un emploi limité, la ponction lombaire n'aurait certes pas eu la vogue dont elle jouit à bon droit à l'étranger et en France, si de nouvelles méthodes n'avaient définitivement manpié sa place, en clinique, au lit du malade.
C'est d'abord Texamen bactériologique du liquide céphalo-rachidien, pratiqué systématiquement au cours des méningites aiguës (Fùrbringer, Stadellmann, Lenhartz, Kronig, Weichselbaum, Ronome, à Tétranger; Netter, en France).
C'est ensuite le procédé des injecti«)ns sous-arachnoïdiennes (Sicard) qui ouvre à la thérapeutique une voie nouvelle encore mal explorée, dont la chirurgie parait avoir bénéficié par le procédé de la rachicocaïnisation (Hier, Tuffier, Reclus).
Mais la ponction lombaire n'est devenue un moyen d'investigation courante, en usage dans tous les services de médecine, que de{)uis les multiples applic^itions de l'examen cytologique du liquide céphahv rachidien (Widal, Sic^ird et Ravaut). Cette méthode du cytodiaguostic est basée sur la recherche des éléments cellulaires contenus dans le liipiide céphalo-rachidien et sur rexamen de leur formule quantitative et qualitative. Appliquée à Tétude des méningites aiguës et chroniques, elle a donné entre les mains de nombreux cliniciens qui l'ont expérimentée tant en France qu'à l'étranger les résultats diagnostiques les plus favorables.
F WIDAL et JA SJCilAO]
Enfin, la méthode du chromo diagnostic (Sicard) est basée sur Tétude de la coloration du liquide céphalo-rachidien. On trouvera plus loin, p. 640, Thistorique de cette 2j[uestion.
Tels sont les divers travaux qui ont marqué comme par autant d'étapes rhistoire de la ponction lombaire. Tous ont leur intérêt, mais parmi eux il faut réserver une place à part à Texamen cytologique du liquide céphalo-rachidien. Le cytodiagnostic a permis à la ponction lombaire d'entrer dans une phase toute nouvelle et féconde déjà en résultats pratiques.
Nous envisagerons successivement au cours de cette étude :