‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 2)Chapitre 133 sur 185 · TIDE CYTOLOGIQUE DES HUMEURS DE L ORGANISME. G · texte numérisé non relu

TIDE CYTOLOGIQUE DES HUMEURS DE L ORGANISME. G

r la présence de cellules endothéliales. Ces cellules forment des plards résultant du groupement de huit a dix cellules, desquamées en nbcau; elles se présentent sous Taspect d'une masse à contour polyclique, dont chaque élément se reconnaît par son noyau, mais dont ; limites sont impossibles à discerner par les procédés de coloration iielle. Si elles ne forment pas de placards, on les retrouve soudées deux r deux, présentant une sorte d'étranglement au niveau de leur point niion: d'autres fois, la seconde parait n*étre qu'un bourgeonnement de première. On constate en même temps un certain nombre de cellules iothcliales isolées. La coloration à Fhématéine-éosine est celle qui met mieux en lumière le caractère de ces cellules : leur protoplasma est nté uniformément en rose et le noyau en violet. Lorsque répanchement est jeune, les |)lacards sont tellement abonits qu'ils couvrent presque tout le champ du microscope; au fur et ncsure que l'épanchemcnt vieillit ils diminuent de nombre, et sont cadres par des lymphocytes qui affluent dans Tépanchement. Pendant ite la durée de la pleurésie on retrouve des cellules soudées; elles Tiennent moins nombreuses à la période terminale de la maladie. Pouiretrouver sur les préparations y a-t-il avantage à n'user d*abord dans tains cas que d\m objectif faible? En même temps qu'elles diminuent nombre, ces cellules deviennent hydropiques, se flétrissent, se sépait et à côté de cellules normales Ton peut retrouver, dans les épanchent» anciens, des éléments volumineux el amorphes se colorant unimcmeiit : ce sont des cadavres de cellules endotliéliales. Ce n'est illeurs qu'au bout d'un très long temps que Ton constate dans ces pleuies Tnltération des cellules endothéliales : chez un brightique nous ns [)u suivre pendant trois mois les modifications cellulaires subies son liquide et constater toujours la présence de cellules endothéliales dées.

^'ous ne saurions trop insister sur l'importance des placards endoliaux, même peu nombreux, persistant dans un épanchement à évolon lente et insidieuse. La présence de ces larges placards suffit en lique à faire penser qu'un épanchement, même très riche en lymphoes ou en polynucléaires, survenu chez un cardiaque ou un brightique, st pas d'origine tuberculeuse.

Jes pleurésies, surtout chez les cardiaques, n'ont pas toujours une lulion régulière et uniforme : des incidents divers peuvent déferler dans le poumon des congestions et des infarctus, (pii retentissant la plèvre détermineront des modifications de la formule cytologique. )ans ces conditions, en effet, aux cellules endothéliales el aux lynq)hoes se surajoute un nouvel élément, le polynucléaire, comme l'ont ntré MM. Barjon et Cade (*), et conmie nous l'avons constaté nous-

) BAnJux et Cai»k, Furmiih' cyhilojriqm» spéciale des pleurésies par iiifarelus chei les carues. S"C. tir tnol., '2^2 juin lîloi.

[F WIDAL et P. RAVAUT.]

604 CYTO-DUGNOSTIC DES ÉPANCUEMENTS SÉRO-FIBRINEUX.

mêmes dans plusieurs cas. Lorsque la congestion est peu intense, les polynucléaires sont {>eu nombreux, mais au fur et à mesure qu'elle augmente la quantité de ces derniers devient plus considérable. Les pleurésies déterminées par des infarctus pulmonaires sont les plus riches en ces éléments. Elles peuvent contenir jusqu'à 95 polynucléaires pour 100; en même temps, dans ces liquides, les cellules endothéliales s'altèrent très vite et s'isolent, mais on retrouve toujours un certain nombre d'éléments soudés. Malgré cette énorme poussée polynucléaire, ces épanchemcnts ne prennent pas l'aspect purulent, ils restent séro-fibrineux et guérissent parfois très rapidement. Il est frappant de voir la rapidité avec laquelle peut se faire cette transformation ; du jour au lendemain on peut constater ces différences qui perturbent complètement la fornmle. Il faut les connaître si Ton ne veut pas commettre une erreur d'interprétation.

La présence des polynucléaires trahit alors l'état congestif de la plèvre dû à l'inflammation du poumon sous-jacent; elle est due à une poussée diapédétique à travers des vaisseaux. L'examen cytologi(|uc du liquide traduit ainsi l'état anatomique et de la |)lèvre et du poumon.

Les embolies pulmonaires, en provoquant probîiblement des infarctus superficiels, déterminent des épanchements présentant une formule semblable à celle que nous venons de décrire.

Chez une malade atteinte de phlébite, nous avons constaté à la suite d'embolies pulmonaires une pleurésie assez abondante contenant des cellules endothéliales, quelques lymphocytes et un très grand nombre de polynucléaires; quelques jours après, le nombre des polynucléaires avait diminué, et Ton retrouvait toujours de nombreuses cellules endotliéliales soudées.

b. PleurésicK consécutives à des tumeurs malignes du poumon. — Nous n'avons pu observer que trois cas de pleurésies séro-librineuses accompagnant d(»s néoplasmes du poumon, suivis tous trois de contrôle anatomique.

Dans le premier cas, il s'agissait d'une pleurésie double dcmt le liquid(t contenait des globules rouges, de nombreux placards endothélianx, des lymphocytes et quelques polynucléaires.

Dans le second cas le liquide contenait de nombreux placards endothêliaux, quel(|ues lymphocytes des globules rouges, mais siu'tout de nombreuses cellules d'un volume beaucoup plus considérable que celui des cellules endothéliales, et qui par leur nombre et leur volume éveillèrent aussitôt l'attention. Examinés à l'état frais, entre lame et lamelle, les éléments étaient remplis de graïuilations réfringentes, et çà et là apparaissaient des vacuoles rappelant celles que Ton constate dans le protoplasma des cellules endothéliales en voie de destruction. Par les coloi*ati(»ns le protoplasma de ces cellules était comparable à une sorte d'écumoir, et le noyau présentait sur un grand nombre de ces éléments des ligures de karyokinèse. H est très probable qu'il s*agit là de cellules cancéreuses tombées dans le liquide pleural à la suite de la rupture d'un lympha-

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