H. ROGER
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trouve par contre dans Timpossibilitê de fournir des éosinophile». Eliriîch a bien mis en évidence cette sorte d'antagonisme entre le processus infectieux et Téosinopliilie. Or, Tapplication d'un Tesicatoire incite à b production d'éosinophiles et Tesamen du liquide que renferme b phhrctêne montre dans quelle mesure le tissu ostéo-méduUaire est capaMe de fournir ces éléments. L'épreuve du vésicatoire permet dune de préciser rintensité de l'action des toiines sur les organes de rbématopoêse et de déterminer le pouvoir réactionnel de ceux-ci.
A côté des mono et des poKiiucléaires, on trouve, surtout à l'état pathiv logique, quelques myéloc)ies et des éléments particuliers, que nous avons dénommés les cellules du vésicatoire. Leur nombre, qui ne dépaisse guère 0.5 pour 100 à l'état normal, peut s'élever, dans les maladies, à 5 et 5 pour 100; dans un cas de zona ophtalmique, il atteignait 4,8. Ce sont des cellules pounues d'une mince couche de protoplasma teinté en jaune brun par le triacide, en rose par l'éosine. Leur noyau, rond ou ovahire. que le triacidc colore en vert et l'hématéine en violet pâle, est mal limité et ses contours sont diffus.
C'est pour le diagnostic de la tuberculose que l'épreuve du vésicatoire semble appelée à rendre les plus grands services. Le nombre des éosinophîles diminue dans des proportions qui varient avec la gravité de rinfertion et l'état généi-al du sujet. Dans les formes torpides, dans les cas où les lésions sont peu marquées, on trouve encore de 7 à 15 pour 100 d'éosinophiles. Dans les pleurésies tuberculeuses, la proportion oscille entre 11 et 17 pour 100. Ce chiffre, encore élevé, ne doit pas nous surprendre : la pleurésie représente la manifestation d'une tulierculose locale évoluant vers la guérison. Au contraire, quand la maladie est parvenue au troisième degré, quand le poumon est creusé de cavernes el quand se produit la fièvre hectique, les éosinophiles tombent à 2 el Ti pour 100 et finissent par disparaître.
Une modification importante, bien mise en évidence par M. Ilumbert. consiste dans Taugmentation des petits mononucléaires. C'est justement quand les lésicms tul)erculeuses sont peu marquées, c'est-à-dire quand le diagnostic est hésitant, que se produit la lymphocytose ; on compte alors de 10 à 14 pour 100 de ces éléments. La proportion est analogue dans les cas de pleurésie tuberculeuse, tandis que dans les pleurésies septiques, on ne trouve guère que des polynucléaires. A une période plus avancée de la tuberculose, et surtout dans les cas où le |>oumon est creusé de cavernes pleines de pus et envahies par des pyogènes \'ulgaires, les polynucléaires neutrophiles augmentent, tandis que les lymphocyli*> tombent h 2 et 5 pour 100 et finissent même par disparaître. Ainsi donc, quand on soumet un individu à Tépreuve du vésicatoire, si Ton trouve une diminution des éosinophiles avec une augmentation des lymphocytes, on aura une formule qui conduira à admettre l'existence d'une tuberculose : on conçoit combien une pareille constatation peut être utile dans certains cas.
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Il nous a semblé aussi que les cellules affectent, chez les tuberculeux, un aspect spécial; elles sont gonflées, comme hydropiques, beaucoup plus volumineuses que chez les sujets normaux. Cet état particulier des éléments cellulaires n'est pas absolument spécial à la tuberculose, mais il est très marqué dans cette infection, beaucoup plus que dans les autres. Aussi, quand il est manifeste, peut-il mettre sur la voie d'une tuberculose latente. C'est ce qui nous est arrivé dans un cas. Ayant appliqué un vésicatoire chez un homme que nous considérions comme normal, nous fumes surpris de ne trouver dans le liquide que 7,8 d'éosinophiles et de voir un grand nombre de cellules hydropiques. On comptait en même temps 13 pour 100 de lymphocytes, ce qui confirmait l'hypothèse d'une tuberculose. Or, Texamen plus minutieux de l'appareil respiratoire permit en effet de trouver des lésions légères, mais indiscutables : de la submatité au sommet droit, quelques craquements secs et des frottements pleuraux.
L'épreuve du vésicMoire rend encore de grands services quand on hésite entre une tuberculose miliaire aiguë et une affection à symptômes analogues, comme la fièvre typhoïde et les septicémies cryptogénétiques; un chiffre élevé de lymphocytes permettra de diagnostiquer la tuberculose (Ilumbert).
Les recherches que nous avons faites avec M. Josué et celles qu'a publiées M. Ilumbert établissent que la formule leucocytaire se modifie dans toutes les infections : érysipèle, oreillons, amygdalite aiguë, zona, fièvre typhoïde, pneumonie. Ce qu'on observe, en général, c'est une diminution ou une disparition des éosinophiles qui reparaissent progressivement à la convalescence; à ce moment les polynucléaires neutrophiles diminuent, tandis (pie les mononucléaires augmentent.
Il suffit d'une infection extrêmement légère et passagère pour provo- (pier un changement cytologique très marqué. Chez un malade atteint de pleurésie, des accidents gastro-intestinaux intercurrents modifièrent complètement la formule cytologique du vésicatoire. La sensibilité même de la méthode peut rendre délicate, dans certains c^s, Tappréciation des résultats.
Au point de vue purement théorique, il est curieux de constater combien une infection même bénigne, même bien localisée, modifie toutes les réactions organiques. Dès lors une même c^use irritative produira des effets autres que chez un sujet normal. Ces résultats éclairent bien des faits de pathologie générale et expliquent l'évolution si particulière de certaines infections secondaires.
11 était intéressant de déterminer la formule dans les maladies chroniques. M. Ilumbert a étudié, à ce point de vue, les cardiopathies, et il a constaté que si les lésions sont en voie d'évolution, la formule est celle des états infectieux ; s'il s'agit au contraire d'une lésion valvulaire constituée, l'équilibre leucocytaire est normal.
Bien que les faits publiés jusqu'ici soient encore peu nombreux, nous
[H. JtOGfJt]