‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 2)Chapitre 163 sur 185 · PÉRIODE ANTIQUE · texte numérisé non relu

PÉRIODE ANTIQUE

On n'y trouve que des vestiges, des rudiments de lhérapeuti(jue. Elle est théurgique ou empirique.

I. Les hymnes du Rig Véda, des Hindous, ne renferment que quelques notions sur l'art de guérir.

II. Dès la plus haute antiquité, les Égyptiens attribuaient une grande puissance médicale à Isis; ils faisaient à cette déesse Thonneur de la découverte de plusieurs médicaments qui, même au temps de Galien, portaient encore son nom. Les règles de la science médicale étaient contenues dans un livre intitulé « Embre, scienlia causaliiatis ». Elles étaient inexorables; si les médecins s'en écartaient, on les punissait de mort, quelle que fût d'ailleurs l'issue de la maladie (Diodore de Sicile). Isocrate disait en parlant des Égyptiens : « Ih ont inventé la médecine pour le soulagement des hommes^ non cette médecine qui use des remèdes périlleux, mais celle qui se sert de moyens aussi sûrs dans leur emploi que notre nourriture quotidienne, etc. ». La spécialisation était fort en honneur et, d'après Hérodote, il y avait en Egypte un médecin particulier pour chaque variété de maladies. Moïse élevé au milieu des prêtres égyptiens rapporta de la terre de Pharaon une série de principi^s hygiéniques qui forment la base des pratiques religieuses qu'il inqmsa au peuple hébreu.

IIL La médecine du Thalmud contient des prescriptions hébraïques sm* la manière de tuer les animaux en leur sectionnant la trachée, l'œsophage et par suite les gros vaisseaux du cou; elle défend surtout de prendre comme nourriture le sang qui peut contenir des substances infectieuses.

Cette médecine était basée sur : a, la tradition; i, les idées médicales de l'époque thahnudique; c, la dissection des cadavres humains laite, dit-on, par les docteurs du Thalmud et par d'autres; rf, l'observation des maladies; <?, les expériences et la vivisection (*).

Elle connaissait des substances anesthésiques destinées à diminuer la douleur d'une opération chirurgicale ou de l'exécution capitale. Dans le traité Itabathetzias il est question d'un remède anesthésicpie (Sama des chintha) donné à un individu avant de lui ouvrir le ventre. Elle taisait fréquenunent usage des ventouses scarifiées en se servant d'un instrument en corne. (Du reste, actuellement, l'un de nous a pu voir àObock des individus appliquer des ventouses, par un procédé analogue, au moyen d'une corne de vache, dans laquelle ils aspiraient l'air |>ar succion.)

La médecine du Thalmud employait aussi les vomitifs.

(*) Rabdixowicz, La incMicciiie du Tlialinud. Edirails dctf 'il Traités du Thalmud dr liahylonr. Paris, 1H80.

PATUOLOOU gIiÉRALE. — VI. i>0

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Il y avait dans le temple de Jérusalem un médecin spécial chargé de donner des soins aux prêtres.

Salomon était assez versé dans la botanique, il < connaissait toutes les plantes depuis le cèdre qui couronne le Liban jusqu'à la mousse qui tapisse les rochers ». Son livre fut, dit-on, détruit par Ézéchias, pan*e que l'usage des remèdes qu'il indiquait nuisait aux intérêts matériels des Lévites. Il n'est fait mention de médecins laïques que dans VEcclésiaste, c'est-à-dire trois siècles avant Jésus-Christ. Honorez le médecin, disait cf livre, (I cause de la nécessité; car toute médecine vient de Dieu. Appelez le médecin, qu'il ne vous quitte pas: son art vous est nécessaire^ etc.

Enfin, la défense religieuse de manger la viande d'un animal affecté d'une maladie organique incurable avait nécessairement obligé les docteurs du Thalmud à étudier les maladies des viscères. Ce sont, en quelque sorte, les précurseurs de l'anatomie pathologique qui fut néglig(»c, pendant une longue série de siècles, par les médecins païens.

IV. La médecine des Chinois remonte à la plus haute antiquité et, il y a envii'on 4000 ans, que Iloang-Ti composait un code médical qui est en partie utilisé, aujourd'hui, par les médecins chinois. Un prince chinois aurait fait ouvrir les suppliciés dans un but d instruction. La miniecine chinoise préconisa de bonne heure la variolisation, l'acupuncture el cultiva avec prédilection la matière médicale et pharmacologiquc.

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