CONSIDÉKATIONS PERSONNELLES, INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
«eux où d'innombrables pneumocoques sont enj^'lués; celle toux est utile, rindicalion est donc de la respecter et de la favoriser au besoin.
Voici, encore, une malade qui, au cours d'une grossesse, est atteinte de vomissements opiniâtres; ces vomissements étant nuisibles, l'indication est de les combattre. Mais, que celle mémo malade, guérie de ses vomissements gravidiques, à la suite de Tingestion accidentelle d\me certaine dose de sublimé, soit reprise de vomissements, ceux-ci étant utiles, l'indication sera de les faciliter.
Voici enfin un malade qui présente une épistaxis Iraumatique; Fécoulement du sang doit être arrêté, parce qu'il est nuisible, ou au moins inutile. Un autre malade, artério-scléreux, brighlique et urémique, est atteint également d'épisUixis; si celli»-ci n'est pas excessive, il faut la respecter, parce qu'elle est utile, et qu'à la façon d'une saignée elle amènera la dépuration du sang et l'amélioration du malade.
Nous pourrions continuer celte énumération des symptômes qu'il est indiqué de combattre ou de respecter, selon leur valeur, mais nous voulons nous en tenir à ces quelques exemples très simples.
Les indications fournies à la tliérapeutique symptomatiquc par la notion de gravité des symptômes sont aussi vieilles que la médecine, parce que, 4lès ses origines, la minlecine fut symptomatique et que les indices de gravité des symptômes n'ont guère pu varier; au contraire, les indications fournies par la notion de valeur sont, presque toutes, de date plus ou moin^ récente, parce que, pour juger de la valeur des symptômes, il en faut connaître les causes et le mécanisme et que la science des causes et des mécanismes est toute moderne.
Si la valeur d'un certain nombre de symptômes nous échappe encore et si, dans ces conditions, il ne nous reste pour guide, comme aux anciens, que les données de l'empirisme et, à leiu* défaut, comme refuge, (pie la thérapeutique expectante, capable de devenir ainsi le comble de l'art, dans un grand nombre de cas, de la connaissance étiologique et pliysiologico-palhologi(pie des symptômes en peut être déduite la valeur.
La mise en <euvre de la thérapeutique ad valorem des symptômes réclame, on le conçoit, de la part du médecin des qualités d'observation et une |)rofondeur d'instruction que ne nécessitent en aucune façon la thérapeutique de gravité ni la thérapeuticpie pathogénique.
Aussi est-i*e sur cette thérapeutique que l'on peut juger le thérapeute; c'est elle qui établit une hiérarchie parmi les praticiens et qui explique, pour une bonne part, les résultats différents des différentes pratiques; s'il nous était permis de donner une définition du bon médecin, nous <l irions qu'avant tout il se reconnaît à ce qu'il sait ne pas contrarier les voies de la nature dans ses manifestations favorables et réserver tous ses moyens d'action pour combattre les symptômes défavorables.
Il est aisé de concevoir (pi'en se substituant à l'empirisme traditionnel la notion scientilique nouvelle de la valeur des symptômes ait pu, sur de nombreux points, modifier les indications et contre-indications de la
iOlLBIRT et BOINBTl
thérapoutiqiKî syiiiploinalique; il est aisé de concevoir, de incme, que par l'effet d'une connaissance plus exacte des causes et du mécanisme des symptômes hi thérapeutique ad valorem puisse être amenée à corriger elle-même ses précédentes et hûtives indications et contre-indications.
La pathologie est une science inachevée, en perpétuelle évolution: chaque joiu* nous apporte des découvertes nouvelles, à la lumière desquelles nous apercevons plus distinctement la valeur des symptômes: un jour viendra, l'on en peut être sûr, quoique lointain encore, où nous serons fixés sur la valeur qu'offrent tous les symptômes, 8(»lon qu'ils se rattachent à telle ou telle cause morbide, et où les indications et contreindications fondées sur cette notion seront déterminées d'une façon immuable et définitive.
Parmi les symptômes vis-à-vis desquels s'est modifiée la conduite des médecins mieux informés, nous avons mentionné déjà la lièvre qu'il faillit abaisser il y a trente ans et que l'on hésite à combattre aujourd'hui ; nous pourrions citer aussi les épanchements séro-fibrineux des séreuses que l'on devait ponctionner naguère et que l'on doit ménager maintenant ; les exsudats membraneux des muqueuses qu'il convenait d'enlever ou même d'arracher et auxquels il convient de ne plus s'attaquer.
Ces exemples, auxquels nous voulons nous borner, représentent des cas particuliers de l'évolution générale des idées relativement aux phénomènes inflammatoires.
Les anciens ne connaissaient que les apparences grossières et secondes de l'inflammation; le primum movens et les phénomènes hist^dogiques de celle-ci leur échappaient. Ils ne la pouvaient pas comprendre, ni la juger, ni lui attribuer une thérapeutique raisonnée.
Aujourd'hui, certes, bien des détails du processus inflammatoire, nolainnienl ceux d'ordre chimi(pie, nous sont inconnus encore, mais n- (|ue la bactériologie et l'histologie nous en ont appris suffirait à remplir nos (levjineiers d'étonnenienl.
Oui dit inllannnalion dit infection de l'organisme par des bactéries, réaction de l'organisme, mise en état de défense, lutte, victoire on défaile. Dès le début de Tinfeclion, le sang se charge de leucocytes et (l« fibrine; il prend ainsi, à la saignée, l'aspect couenneux (jue connaissaienl bien les anciens; en niéine temps, s'alhnne la fièvre. Sur les points attaqués par les agents infectieux, les vaisseaux se dilatent pour favoriser la décharge librineuse vi l'exode leueocytique ; ainsi naissent les qnalnsvniptônies cardinaux de l'inllannualion décrits depuis longtem|)s : ritbnr, tumory calor, dolor. La fibrine capte les microbes dans ses mailles, lo leucocytes hîs attaquent et les dévorent. C'est le jeu du rétiaire aniu' du (ilet et du poignard, (pii assure à l'organisme la victoire. Cependant un certain nondue de leucocytes sm!Coud)ent ordinairement dans la liiltr et le pus est composé de leui's cadavres.
Tous ces phénomènes : leucocytos<', hyp<'rinose, sang couenneux. lièvre, d'une part, dilatation vascidaire, décharge fibrineuse, ou séro-
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librineiiso, diapédèsc leucocytique et symptômes grossiers do Tinflammation, d'aiitro part, sont des phénomènes heureux, puisqu'ils corres- |)ondent à la mise de l'organisme en état de résistance, à la lutte et à la victoire.
I/indieation n'est donc pas de les combattre mais de les respi»cter, ou même de les favoriser. La preuve en est que, lorsqu'ils font défaut, c'est que l'organisme se livre sans défense, résigné d'avance à la défaite.
(Jue le scepticisme, surtout, n'entre pas dans l'esprit, parce que la valeur d'un symptôme, interprétée hier d'une certaine façon, au nom de la science, peut être, au nom de la science, interprétée différemment demain î La vraie vérité ne sera pas toujours méconnue, la réelle valeur des symptômes toujours discutée. Nous ne saisirons pas à jamais qu'un leurre et nous n'apercevrons pas à jamais qu'un mirage! 11 ne nous faudra pas jusqu'à la iin des siècles hisser notre doctrine jusqu'au sommet de la montagne, pour la voir jusqu'à la lin des siècles rouler au fond des précipices! L'esprit humain, avide de savoir, a constniil, avant de s'informer, des hypothèses que le temps n'a pas respectées ; mais il respectera les découvertes fondées sur l'observation et la méthode expérimentile.
Il est remarquable d'ailleurs que les progrès effectués dans ces dernières aimées, notannnent sous l'influence des découvertes bactériologiques, mettent de plus en plus en évidence la fréquence des symptômes dus à la réaction défensive de l'organisme, c'est-à-dire favorables et respectables.
La nouvelle médecine, après un long circuit, nous ramène donc ainsi à la conception traditiimnelle longtemps oubliée de la Natvra mcdicatrix.
PATiiOLocii: cÉNÉn\Lr. — M. .")0
[GILBERT et BO/JVrT]
TABLE DES MATIÈRES du tome VI.
SËMIOLOGIE
LES TROUBLES DE L'INTELLIGENCE (Ch. Féré.)
Les troubles de V intelligence 1
Troubles de la respiraliou 10
Troubles de la circulation il
ModiGcalions de la lem|)érature 12
Troubles do la scnsibililc 15
Troubles de la motilité i7
Troubles de la nutrition 21
Troubles psychiques 23
Manie 2i
Mélancolie 31
Apathie 37
Kolie à tloubli! Fornu' 4i
Les hallucinations 47
Les idées fausses 02
Les idées lixeu 04
Les obsessions 00
Le délire 09
Démence 87
Idiotie et Imiu eillilé 94
Les paralysies générale^ 107
SÉMIOLOGIE DE U PEAl (E. Gaucher.)
(>iiApiTRi: PHLMIKR. — Modifications de couleur et d'aytert de la surface cutanée. 1|7
Usions élémentaires primiliveê m 118
I. — Altérations de coloration de la peau : niai-ules ou laciie.*. ..... 118
A. Taches coogestivcs 118
* B. Taches vasculaires . • 127
('.. Taches hématiques 131
I). Taches pifrmentaires 130