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Les tubercules!*) sont, en quelque sorte, de grosses papules. Ce sont -des tubérosités ou des nodosités solides, dures et sèches, qui ont leur

• IliLLiiHLT ei GviciiKK, Ti'aité (ics mal. de la peau, 1"^ fasc. 1881, p. 103. ' I>ans Hni atcoplioii ilerm.itolopqiKs U' mol tubercule n'a rien à voir avec la luborculoso, maladie pénérale ; il e>t >ini|>tenit>nt synonyme il«! lulH'msilé.

[r. OAUCHERI

siège anatomîque dans le derme et qui sont produites, le plus souvent, par une prolifération conjonctive localisée, que cette prolifération soit banale et de nature inflammatoire ou, au contraire, de nature spéciale. Tels sont les seuls caractères généraux communs qu'on puisse attribuer à tous les tubercules.

Ainsi compris, le tubercule présente, sous le rapport de son aspect, de son volume, de sa coloration, de ses symptômes subjectifs, de sa durée, de son évolution, de sa distribution et de son siège régional, des différences capitales suivant sa nature et suivant la maladie à laquelle il appartient.

La limite n'est pas exactement tranchée entre les tubercules et les tumeurs. D'une façon artificielle et arbitraire, on appelle tumeurs des lubérosités dont le volume dépasse celui d'une noiselte(*).

Les principales affections tuberculeuses sont les suivantes : le Iujmis, le tubercule anatomique et la tuberculose verruqueuse; les gounues tuberculeuses; les tubercules et les gonnnes syphilitiques; les nodosités cancéreuses du cancer cutané secondaire, l'épithélioma de la peau ou cancroïde; le bouton de Biskra et d'Alep; la lèpre; le mycosis fongoïde; le xantelasma ; Tacné varioliforme ou mollus(*um contagiosum ; le (ibrome molluscum; les dermato-myomes ; ladénome sudoripare; le furoncle; les tubercules secondaires du sycosis parasitaire.

Le lupus tuberculeux est constitué par des nodules d'un jaune rouge, d'une coloration sucre d'orge, d'une consistance molle. Ces nodules, d'abord isolés, se réunissent en masses plus ou moins larges et plus ou moins saillantes. La plupart d'entre eux s'ulcèrent; quehpies-uns restent torpides en se couvrimt d'une» légère desquamation; d'atilres sallaissent en donnant lieu à une cicatrice sans ulcération, par une sorte de résorption intei'stitielle. Le siège d'élection du lupus est à la face, particulièrement sur le nez et sur les joues.

Le tubercule auatomique résulte de l'inoculation du bacille tuberculeux dans la peau. C'est une nodosité diu-e, papillomateuse, fissurique, siégeant sur les doigts, souvtîut accomj)agnée d'engorgement ganglionnaire de Taisselle.

La tuberculose verruqueuse est une lésion analogue, résultant égalt*ment de l'inoculation directe de produits tuberculeux. C\»st un véritable papillome, compIi(|ué de fissures et de croûtes, entouré d'une zone pustuleuse et érylhémateuse, qui était autrefois connu sous le nom de scrofulide ret^uqueuse (Hardy).

Le^ gommes tuberculeuses, qu'on appelait jadis les gommes scrofuleuses, sont des nodosités d'abord dures, arrondies, occupant le derme ou l'hypoderme. La peau (|ui les recouvre est d'abord intacte, puis elle rougit, à mesure que la nodosité se ramollit; elle finit par s'ulcérer. La gomme suppuréc et ulcérée a l'aspect dune ulcération irrégulière, à

(*) E. G.vLciiEii. Traité des mai. ttc la peau, l. I, |». TiO.

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bords décollés, sans aucune tendance à la cicatrisation. Ces ulcérations i^mmeuses constituent les écr Quelles.

Le lupus, la tuberculose verruqueuse et les gommes tuberculeuses représentent les anciennes scrofulides,

La syphilide tuberculeuse est caractérisée par des tubercules aplatis, d une coloration cuivrée ou d'un rouge sombre, entourés d'un décollement épidcrmique en fonue de collerette. Habituellement, ces tubercules ne s'ulcèrent pas et tendent vers TaHaissement et la résolution. Tantôt ils sont généralisés et disséminés et constituent une des modalités de Téruption spécifique» de la période secondaire; tantôt ils sont localisés, groupés en cercles ou disposés en anneaux et appartiennent à la période tertiaire. Sur les régions où la peau est habituellement humide, comme les pallies génitales, le pourtour de Fanus, la face interne des cuisses, ces tubercules aplatis peuvent être légèrement exulcérés et suintants; on leur donne quelquefois le nom impropre de tubercules muqueux ou de pLiques muqueuses cutimées.

Les gommes syphilitiques sont des tubérosités cutanées d'un aspect différent. Ce sont des nodosités plus ou moins profondes, d abord dures, puis ramollies, (pii s'ouvrent en donnant issue à un liquide filant. L'ulcération gommeuse est taillée à pic, peu suppurante (»t se cicatrise en laissant à sa place une surface pigmentée, lisse, régulière, légèrement déprimée.

Les nodosités cancéreuses de la peau accompagnent généralement un cancer glandulaire voisin, presque toujours un cancer du sein; elles représentent le cancer cutané secondaire. Ce sont des tubercules aplatis, douloureux, lancinants, qui s'ulcèrent comme la tumeur principale et s'accompagnent d'engorgement ganglionnaire.

h'épithélioma cutané ou cancroïde est le véritable cancer primitif de la peau. Il est caractérisé par dos saillies d'abord papuleuses et papillomateuses, qui se développent souvent an-dessous d'une pla(pu? croûteuse de séborrhée concrète. Ces sîiillies papillomatouses, en se groupant par confluence, forment une tubérosité d'un volume variable, cpii s'ulcère et devient saignante, en s'acconqwgnant de douleurs assez vives. L'ulcération ainsi produite s'agrandit rapidement et irrégulièrement, en conservant toujours sa tendance facile à l'hémorragie; elle s'accompagne, au bout d'un temps variable, d'envahissement des ganglions lymphaticpies voisins (»).

Le bouton de liishra ou dAlcp — car c est la même maladies observée en Africpie ou en Asie — siège sur les parties découvertes, particulièrement au visiige, aux mains, aux avant-bras et aux jambes. Il est constitué par un tubercule d'un rouge s()nd)rc, très |h urigineux, (|ui s'ulcère et se recouvre d'une croûte. La croûte, en tombant, laisse au-dessous d'elle

* K. Galc:iiki{, TrtiifetHcnf de l'épilhélioma rutaur. ('.«»ii^'rès «le (IcrinalolojfU' île Londres,

[£ GAUCHER

une cicatrice brunâtre, dont la coloration s'eflacc peu à peu, mais qui reste indélébile (*). L'évolution de la lésion se fait en huit ou douze mois; c'est pourquoi les Arabes donnent au bouton de Biskra le nom de bouton d'un an.

Le tubercule est la lésion caractéristique de la lèpre dite tuberculeuse.

Les tubercules lépreux sont rouges ou bistrés, le plus souvent d'un jaune fauve; ils sont étalés, confluents, irréguliers et bosselés, déforment quelquefois, d'une façon hideuse, les parties sur lesquelles ils siègent, particulièrement la face, à laquelle ils donnent , un aspect léonin tout à fait spécial. Ils ont pour caractère pathognomonique d'être absolument insensibles, comme toutes les manifestations lépreuses.

Dans le mycosis fongoïde^ les tubercules peuvent être très volumineux et devenir de véritables tumeurs. Ils ne sont d'ailleurs pas durs; ils sont d'une consistance molle et d'une coloration rosée ou plus souvent rouge, qui les fait ressembler à des tomates. Quelques-uns de ces tubercules peuvent se résorber spontanément sans laisser de traces, en même temps que d'autres tubercules semblables apparaissent sur des régions voisines ou plus ou moins éloignées. La plupart d'entre eux s'ulcèrent.

Les nodosités mycosiques peuvent siéger sur toutes les régions du coiTps. Leur apparition est précédée d'énqitions érythémateuses, eczématiformes, lichénoïdes ou squameuses, dont le caractère commun est un prurit intense, qui est leur principal élément de diagnostic (*).

Le xantelaama ou xanihome est constitué tantôt par des taches, tantôt par des tubérosités. A part la saillie, les unes et les autres présentent les mêmes caractères objectifs. Ce sont des productions d'un beau jaune franc, d'un jaune chamois, qui peuvent siéger partout, mais occupent, de préférence, les paupières et leur pourtour, les mains et les organes génitaux. Le xantelasma est souvent accompagné d'ictère chronique et d'hypertrophie du foie, sur la nature de laquelle je ne puis m'étendre dans ce travail (^). Les tubercules du xanthome sont formés par l'accumulation de cellules graisseuses, plongées dans une gangue conjonctive. Ces cellules ont un aspect mûriforme, du à ce que les granulations graisseuses y sont isolées, au lieu de former une goutte imique.

L'acné, maladie des glandes sébacées, peut se [)rés(»nler sous forme de tubercules, qui constituent Yacné varioli forme ou le moUuscum contagiosum. Ces tubercules, qui sont, en elïel, contiigienx et inoculables, bien que leur agent de contagion ne soit pas connu, sont saillants, durs, arrondis, blanchâtres et ombiliqués à leur partie» centrale comme une

(*) E. Gaucher, Traité des mal, de la peau, t. II. p. irù. — l'Irôro f^alM)iiais el clou de Biskra. Bull, de la Sor. de denuat., iiovcml)ro 180H.

(■) E. GAvr.HKn, Anatomie j>athoh>gtque et nature du myeoxis fnngoïde. Congrès internalional do dormalologic. Paris, 11H)0. — Gaiciiikii ri Lai.ai'khe, Myrosis fongnïde à fonne cyanotique. Sor. de dennal., juin 11K)I.

(') E. Galciier, Traité des mal. de la peati^ l. H, p. 2M. — Semaine médicale^ octobre 4894. — Gaiciikr et Hrrsciier, Soc. de dermal., novembre 1H!M.).

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pustule de variole. Cette ombilication représente rorifice de la glande sébacée, par lequel on peut faire sourdre quelquefois, au moyen d'une pression exercée à la base du tubercule, un peu de sébum concret.

L'acné varioliforine a son siège dans les glandes sébacées et résulte d*une altération spéciale des cellules glandulaires, dont le contenu subit la transformation cornée, au lieu de suivre révolution graisseuse normale(').

Le molluscum fibreux ou fibrome molluscum est le seul véritable molluscum. C'est une production fibreuse dermique localisée, qui forme des tubérosités de volume variable, les unes sessiles, à base large, les autres pédiculées, constituant le molluscum pendulum. Ces tubérosités sont de consistance molle, sans «iltération de couleur delà peau; elles peu- Tent être très nombreuses et représentent alors la fibromaîose cutanée généralisée. Leur volume est quelquefois tel, qu'on doit les ranger parmi les tumeurs.

11 y a d'autres tubercules cutanés qui sont constitués non plus par du tissu fibreux, mais par du tissu musculaire : ce sont les dermatomyomes. On donne ce nom à des productions musculaires lisses localisées, qui se présentent tantôt sous la forme de taches lenticulaires, à peine saillantes, tantôt sous la forme de petites tumeurs, pouvant atteindre le Tolume d'une amande.

Ces tubercules sont arrondis, lisses, réguliers, d'une coloration rosée ou rouge. Leur évolution est très lente; ils persistent indéfiniment mais ne s'ulcèrent jamais.

Vadénome sudoripare, décrit par Verneuil, est une hypertrophie des glandes sudoripares, qui se présente sous la forme d'une nodosité mobile avec la peau: celle-ci est d'abord intiicte h la surface de la production pathologique. Peu à peu, cette nodosité s'étale en devenant lobulée; elle peut ainsi acquérir les dimensions (fune véritable tumeur. Au bout d'un temps variable, elle s'ulcère en donnant une sécrétion ichoreusc et ressemble beaucoup à un épithélioiiia.

Le furoncle, que je range parmi les tubercules, parce qu'il débute par une nodosité dure et qu'il laisse souvent à sa suite une induration persistante, est une lésion suppurative inflammatoire, dont l'ouverture est sm'vie de l'expulsion d'un bourbillon caractéristique, formé de tissu cellulaire nécrosé.

Enfin le sycosis parasitaire présente des tubercules secondaires, consécutifs à Tévacuation des pustules. Ces tubercules ne sont, en réîilité, que des indurations iiinammatoires(').

(*) E. G.irciiER et E. Skrcknt. Anatomie palholog^ique et ))athof2fênic de l'acné variolifurmc . Arch, d'anal, jmthol. et de pathol. expér., wpl. 1898. [\ Yoy. ci-<lessus, p. 158.

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