VIL - SQUAMES
Les squames sont des écailles épi(lenni(|ues plus ou moins adhérentes et plus ou moins larges. On appelle squames furfuraeées celles qui sont Irès Knes et qui ressc^mblent à du son.
La production de la squame résulte d'un trouble de kératinisation de Tépiderme. Si Ton examine au microscope une coupe de peau de dermatose squameuse, on voit que le siratum granulosum et le strainm lucidum ont disparu et (|ue les cellules de la couche cornée, non kératinisées, renferment un noyau. Quand la dermatose {^érit, le stratum granulosum et le stratum lucidum réapparaissent; les cellules cornées recouvrent leur kératinisation normale et leur noyau disparaît.
La squame est plus souvent une lésion secondaire qu'une lésion primitive. Tous les érythèmes, toutes les vésicules, toutes les huiles, beaucoup de papules et de tubercules st* terminent par desquamation. II y a même des aflcctions érythémateuses, dans lesquelles les squames sont, caractéristiques; dans la scarlatine^ par exemple, la desquamation si' fait par larges hunbeaux épidermiques, dont Texistence permet d'établir le diagnostic rétrospectif de la maladie. Parmi les dermatoses huileuses, \q pemphigus foliacé donne lieu à des squames, qui, par leur aspect, par leur abondance, par leur renouvellement incessant, par l'odeur fétide qu'elles répandent, sont également tout à fait caractéristiques.
Mais à cùté de c(*s squames secondaires ou deutéropathiques, il y a des affections squameuses primitives, qui peuvent être de cause interne ou de cause externe.
Les affections squameuses de cause m/erm'com|)rennent les pityriasis, le psoriasis, la sypliilide squameuse et l'ichtyose.
Le nom de pityriasis a été donné à plusieurs allections très différentes, qui soni : le pityriasis simplex. le pityriasis rubra, le |)ityriasis rosé de (riberl.
Le pitj/riasis simplex osi une séborrhée sèche, due à un trouble de la sécrétion séba<*ée; on peut lui donner le nom plus exact de Sihon'hée pityriasique. Il ressendile à reczéma squameux, avec cette différence que ses squames ne n^posent passurun fondrougeetcongestionnéet(|ue la |)cau. au-dessous d'elles, a conservé son asp(»ct normal. Il peut occuper les pîuties glabies du corps, particulièreuuMit la face, chez les enfants, chez lesquels il est connu sous le nom vulgaire do dartre farineuse. Il est constitué par une descpiamation Une, véritablement furfuracée, sous forme de plaques arrondies ou irrégulières de dimensions variables.
Au cuir chevelu, cette séborrhée pityriasique donne lieu à des squames un peu plus larges, moins adhérentes, qui lond)ent parfois en abondance. (|ui ne sont plus sèches, mais grasses, et déterminent de vives démangeaison<.
NODinCATlONS DK jlOULEUR ET D'ASPECT DK LA SURFACE CUTANÉE. 171
Dans certiiiiis ms, les squames séborrhéiques sont aceoinpagn(»es d'irritation cutanée sous-jacente ; elles reposent sur un fond rou(i;e, légèreiiienl papuicux et forment des cercles arrondis ou polycycliques, qui constituent Veczétna 8ébof*rhéique^ qu'on observe prticuliérement à la région stemale et au milieu du dos.
Le pilyriatsis rubra est une affection érythémato-squanieuse; ses squames, assez larges, sèches, très abondantes, reposent sur une rougeui érythémateuse généralisée, qui recouvre toute la surface du corps, y compris la face et le cuir chevelu. Cette affection, qui peut être primitive ou secondaire à un psoriasis généralisé et dégénéré, est d'une gravité mortelle.
Le pityriasis rubra est une maladie chroni(|ue; mais il présente une forme suhaiguê, plus bénigne, connue sous le nom de dermatiie exfoliatrice. Celle-ci est caractérisée par des squames plus larges et a (luelques points de contact, au point de vue morphologique, avec Térythème scarlatiniforine, dont elle diffère, cependant, par sa durée beaucoup plus longue et par les altérations des phanères (poils et ongles), qui accomp«Mgnent toujours, au bout d'un certain temps, l'éruption cutanée.
Il y a une forme [larticulière de pityriasis rubra, (|ui a été décrite par Devergie sous le nom de pityrianis pilaris. Cette affection doit être, en réalité, considérée coimne une maladie spéciale. Elle est caractérisée par l'association de placpies rouges squameuses, occupant particulièrement la paume des mains et la plante des pieds, d'une séborrhée pityriasique très abondante du cuir chevelu et d'une altération particulière des follicules pileux. Ceux-ci présent(»nt, à leurs orifices, des saillies papuleuses dures, dont Tensembh» forme une surface râpeuse. Chacune de ces saillies est une sorte de cône corné, connu sous h» nom de cône épidcrmiqne cirrumpilaire. Le pityriasis pilaris est une maladie très longue, (|ui se termine par la guérison.
Le pityriasis rost^, décrit par Gibert, est une affection saisonnière, pseudo-exanthémati(|ue, (pron observe surtout au printenqis et à l'autoume. Il est caractérisé par des taches roses, squameuses, arnmdies, ou par des anneaux scpiameux, représentant, dans le pn»mier cas, le pityriasis maculata^ dans le second, le pityriasis cirrinata. Ces deux formes «Tuptives scmt associées chez le menu» sujet. Les lésions s(» développent (le haut en bas sur la totalité du corps, et de haut en bas sur chaque segment du corps; (»lles débutent par la partie supérieure du tronc, pour s'étendre à sii partie inférieure; sur chaque membre, elles débutent parla racine. Celte éruption, (pii se généralise assez rapidement, ressendtb* un peu à la roséole syphilitique, mais en diffère par la nuance plus vive de sa rolonition et par l'abondance de ses scjuames.
Le psoriasis n'i'st pas uniipiement squameux; c'est une affection papulo-squameuse . car ses s(|uames reposent sur une élevure papulifiuim' rouge, congestionnée, saignant fiicilement |»ar le grattage. Les squames (lu psoriasis sont («paisses, sèches, blanchâtres, micac('es, ressemblant un
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peu à (les taches de bougies. Le siège d'élection des pa|)ules psori<isiques estau\ coudes et aux genoux du côté de Textension; mais cette éruption peut occuper toutes les régions du corps, y compris le cuir chevelu, où elle est très fréquente. Les papules squameuses peuvent être isolées ou disséminées {psoriasis guttata) ou, au contraire, groupées sous forme de plaques plus ou moins larges, de configurations diverses (psoriasis figvrata, sculata, circinala, etc.).
La syphilis cutanée donne très souvent lieu à des squames; toutes les syphilides, notamment les syphilides papuleusc et tuberculeuse, se terminent par desquamation. Mais il y aussi une syphilide squameuse primitive, qui est exclusivement squameuse et qu'on observe à la paume des mains et à la plante des pieds. Cette syphilide palmaire et plantaire appartient à la lin de la période secondaire; ses squames sont grisâtres, détachées sur leurs bords sous forme de collerette de Biett, du nom d'un dermatologiste qui a bien décrit cette particularité des desquamations syphilitiques.
Vichtyose peut être considérée comme le type des dermatoses squameuses primitives, car sa lésion élémentaire est uniquement une squame. Cette affection est une difformité congénitale et non une inflammation cutanée. Elle est caractérisée par des squames blanches ou grisâtres, qui ne sont pas imbriquées, mais simplement juxtaposées et donnent à la surface de la peau un aspect craquelé tout à fait particulier. Cette description s^applique seulement à la forme vulgaire de Fichtyose, Vichtyose nacrée. l\ y a d'autres formes d'ichtyose caractérisées par des amas épidermiques cornés, rugueux, plus ou moins épais, réunies sous la dénomination comuume d'ichtyose hystrix, (jui reconnaissent la même origine congénitale que l'ichtyose vulgaire, mais dont l'aspect est bien différent.
A côté de ces affections squameuses de cause interne, il y a des squames de cause externe, qu'on peut observer à la suite d'une irritation cutanée prolongée ou de frottements répétés. C'est ainsi que l'action du rasoir détermine parfois une desquamation pityriasique de la face. C'est à une cause analogue qu'il faut attribuer le psoriasis artificiel des genoux chez les laveuses, chez les parqueteurs et chez les religieuses.
Dans d'autres cas, la desquamation est iV origine parasitaire.
Le pilxjriasis versicolor est constitué par des squames jaunâtres, d'une coloration café au lait, faciles à détacher par le grattage, qui forment des plaques i)lus ou moins larges sur le devant de la poitrine et dans le dos. On trouve dans ces squames le mycélium (*t les spores du microsporon furfur.
La trichophytie des parties glabres, du cuir chevelu et de la barbe donne lieu également, dans certains cas et au début de son évolution, à une desquamation spéciale, très fine, d'une coloration blanche, dispos€*e sous forme de plaques circinées, qui ét;iit connue autrefois sous le nom de pityriasis alba parasitaire. Cette desquamation est une sorte de poussière, presque exclusivement formée de spores cryptogamiques.