‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 2)Chapitre 39 sur 185 · MODIFICATIONS DE LA TEMPÉRATURE CUTANÉE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE LA TEMPÉRATURE CUTANÉE

La température de la peau, à Vétat normal, vai'ie, surtout pour les parties découvertes du corps, avec la température extérieure. L'influence de la chaleur et du froid sur les oscillations de la température cutanée est bien connue. Cependant ces oscillations ne sont pas uniquement soumises à la température extérieure; elles subissent laction régulatrice du système nerveux, qui intervient pour maintenir l'équilibre de la température générale.

H y a, également à Tétat nonnîd, des différences de température suivant les régions de la surface cutanée.

La température moyenne de la peau, la température périphérique, oscille entre 52 et 57 degrés. D'une manière génénde, elle s'abaisse à mesure qu'on s'approche des extrémités; il n'est |)as rare de constater sur la plante des pieds une leuq)érature inféri<Mne de T) à 0 degrés à celle du creux axillaire.

Dans le creux axillaire, en eflet, et dans les autres parties closes, comme le pli interfessier, la température de la peau se rapproche beaucoup de la température centrale.

Les modifications pathologiques de la température cutanée sontbeau-

(*) Voy. ci-dessus, p. 177.

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coup plus imporlantes à connaître. Elles peuvent être généralisées toute la surface du co^ys ou localisées à cei'laines régions et, dans h deux cas, il peut y avoir, suivant la cause, augmentation ou abaissema de la température.

V augmentation généralisée de la température de la peau est propre de toutes les fièvres.

On observe une augmentation persistante et continue de la tempén ture cutanée dans toutes les pyrexies infectieuses : dans les fièires éru\ tivcsy dans la fièvre typhoïde, dans la tuberculose aiguë, dans les affe lions septicémiques, dans le rhumatisme articulaire aigu, dans h affections aiguës des voies respiratoires, dans le tétanos^ etc,

La fièvre de surmenage, qui est le résultait d'une auto-intoxicatim donne également lieu à une élévation de tem|)érature de la peau.

Certaines intoxications, comme Y intoxication par le curare, à caiij de leur action sur les centres thermiques, s'accompafçnent aussi d'ur augmentation de la température cutanée.

D'autre |>art, on peut observer des augmentations temporaires i intermittentes de la température cutanée dans toutes les infections chn niques, dont le type est la tuberculose, dans le paludisme, dans U névroses, etc. Ces hyperthermies temporaires peuvent être provoquée! en dehors de la cause pathologique générale, par des causes accessoire et momentanées, telles que le mouvement, la fatigue, le travail de ! digestion, les quintes de toux, les émotions, etc.

V abaissement généralisé de la température cutanée est \iTodu\i p^ toutes les causes de collapsus.

La température de la peau s'abaisse à la suite de toutes les hémor ragies abondantes, externes ou internes, dans Valgiditë de la fièvi pernicieuse, dans le choléra, dans les empoisonnements, à la suite d choc opératoire, dans Vasphyxie.

La peau se refroidit également dans les cachexies, quelle que soit leu origine, à caus(î de l'abaissement de la vitalité générale. Elle se refroidi dans la cyanose qui résulte de Vasystolie. à la phase ultime des maladie du cœur, el dans la maladie bleue. Dans ces dernières affections, l'abais sèment de la température cutanée esl le résultat du défaut d'oxydatioi (lu sang.

Enfin, la température de la peau s'abaisse dans ï agonie; le refroidis sèment commence par les extrémités et s'étend graduellement h toute 1 smfacc du corps ; il est le prélude de la nmrt.

Les modifications thermiques de la peau, localisées à certaine régions, peuvent être, suivant les cas, connue les moditications généra lisées, soit des augmentations, soit des abaissements de la température

V augmentât ion localisée de la température cutanée peut être sou la dépendance d'une cause générale ou d'une cause locale.

L'élévation thermique localisée, par cause générale, peut être d nature infectieuse, connue la rougeur delà pommette (\n on observe dan

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à pneumonie. Cetlc roii*(oiir est accompafrnée de chaleur de la peau: elle est due à un trouble vaso-nioteur et comparable à l'hyperémie de l'oreille du lapin, dans la célèbre expérience de Claude Bernard.

Une simple perturbation dynamique du système nerveux peut donner lieu à une hyperthermie localisée; c'est ainsi que, dans les névroses et particulièrement dans Thystérie, on constater souvent une chaleur excessive des mains.

Le plus souvent, Taugmentation thermique localisée de la peau reconnaît une cause locale.

Les priniipales «causes dliyperlhermie localisée de la peau sont : les |)hlegmasies cutanées, les hyperémies passives de certaines régions, les indammatious viscérales sous-jacentes.

Les phleymasies cutanées^ quels que soient leur nature et leur sièg<» aiiatomique, s'accompagnent toujours d'une élévation de la température k*ale. Sur les parties atteintes de lymphangite, (ï abcès, de furoncles. Aantln^ax, aussi bien que d'eczéma ou de toute dermatose inflammatoire aiguëj la peau est plus chaude que sur les régions voisines.

Dans les hyperémies passives localisées, la température de la peau |HMit s'élever également. Une constriction opérée h la racine d'un membre augmente la température au-dessous du lien constricteur; c'est ce qu'on observe sur les jambes serrées par des jarretières. Li pression continue produit le même résultat; c'est ainsi que la peau de la région î^acrée devient plus chaude à la suite du décubitus dorsal prolongé.

Enfin, Michel Peter, dans ses recherches sur les températures locales, a bien montré que toute phlegmasie viscérale s'accompagnait d'une élévation de la tempéntino de la peau qui iccoiivre l'organe affecté. Cette hyperthermie locale est surtout manifeste dans les inflammations thoniciques et particulièrement dans la tuberculose pulmonaire. L'élévati(m de la température locale était même considérée par Peter comme» un bon si(i;ne du début de la tuberculose.

Rabaissement localisé de la température cutanée peut reconnaître rgalement des causes générales ou des causes locales.

Parmi les hypothermies cutanées localisées de cause générale^jv >ignalerai siuiout : le refroidissement des extrémités chez les cardiaques en asystolie; l'abaissement de la température locale cpii caractérise le doigt mort, chez les brightiques et les artério-scléreux-. le refroidissement localisé de la peau dans Vœdème bleu des hystériques.

L'hypothermie cutanée localisée peut être aussi produite |)ar mie cause purement locale, bien <jU(^ c(»lle-ci soit égalem<înt sous In (lé|)endance d'un état pathologique' général.

Les principales causes de ces hypothermies locales sont le spasme des vaisseaux et ^oblitération vasculaire.

Le r»îfroi(liss<»ment Av la peau, dans V asphyxie locale des extrémités de M. Raynaud, est (ki à un spasme vasculaire; de même l'abaissement de la température rutnnée (|u'on constate sur les doigts atteints descléro-

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daclylie ou sur les régions diverses aiTeetées de troubles trophiquef» d'origine nerveuse.

D'autre part, Toblitération artérielle, par artérite ou par thrombose, est la cause de Thypothermie de la peau qu'on observe dans la gangrène sénile et dans toutes les artérites oblitérantes suivies de sphacèle. par exemple dans Y artérite typhique.

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