‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 2)Chapitre 56 sur 185 · CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

CONJONCTIVE

L'exploration diî la conjonctive et de la cornée se fera tout d'abord à l'œil nu, l'observateur tournant le dos à la huuière et l'observé étant placé en pleine lumière. On inspecte tout d'abord la conjonctive bulbaire en engageant le malade à ouvrir largement les paupières ou, si cela n'est pas suffisant, en maintenant, à l'aide d'une traction avec le pouce et l'index, les paupières écartées l'une de l'autre. Lorsqu'il existe de la photophobie et qu'on a à lutter contre un blépharospasme violent, ce qui est souvent le cas chez les enfants, on se trouvera bien d'instiller tout d'abord une goutte de solution de cocaïne à 1/^20 dans le sac conjonctival. Après quelques instants l'inspection de la conjonctive (»n deviendra beaucoup plus facile. Si cela ne suffît pas, et il en est parfois ainsi chez les enfants, il faudra avoir recours à l'écarteur de Desmarres que l'on aura soin de stériliser par l'ébuUition ou |)ar le flambage aussitôt avant de s'en servir. En introduisant les écarteurs il faudra procéder avec délicatesse, de façon à ne pas blesser la cornée ou la conjonctive, ce (|ui pourrait avoir des conséquences fâcheuses.

H ne faut jamais se contenter de l'examen de la conjonctive bulbaire : l'exploration des culs-de-sac conjonclivaux et de la conjonctive tarsienne est de toute importance.

Pour l'explonition du cul-de-sac inférieur et de la conjonctive tarsienne inférieure, il suflit d'exercer une légère traction sur la paupière inférieure en (îngag(»ant hî malade à regarder vu haut. L'exploration de la conjonctive tarsi(înn(î et du cul-de-sac supérieur nécessite le renversement (le la paupière supérieure : c'est une petite manœuvre dont on acquiert très rapidement la prati(|ue et qui doit être faite avec légèreté pour ne pas uietlre en jeu la contraction de défense de Torbiculaire. Chez

les personnes sensibles ou pusillanimes, on fera bien de faire tout d'abord une instillation de cocaïne. On engage le malade à regarder fortement en bas; après avoir séché le bord palpébrâl, lorsque celui-ci est mouillé par une sécrétion quelconque, on saisit entre le pouce et Tindex, placés tangentiellement aux paupières, les cils de la paupière supérieure ou le bord libre de celle-ci si les cils sont absents ou peu nombreux. On exerce une légère traction en bas et en même temps on exécute un mouvement de rotation de l'index autour du pouce, ce qui a pour effet de luxer le tarse on avant. Si l'on n'est pas suffisamment exercé à ce tour de main on remplacera ce dernier mouvement de rotation par une pression exercée à travers la peau à Taide d'une allumette ou d'une soi^de lacrymale sur le bord supérieur du fibro-cartilage tarse : il suffit de maintenir la luxation en exerçant une légère pression sur les cils. Mais les parties profondes du cul-de-sac supérieur peuvent encore échapper au regard ; pour les découvrir entièrement on devra, après la luxation du cartilage en avant et rabaissement extrême du regard, déprimer le fond du çul-de-sac par une pression exercée avec une sonde à travers la peau de la paupière supérieure. En faisant changer la direction du regard en bas et en déprimant lecul-de-aac en différents points, on parvient ainsi à faire l'examen direct de la totalité de la surface conjonctivale.

La conjonctive forme une muqueuse à surface lisse, unie et humide, dont la lubréfaction est continuellement entretenue tant par la sécrétion des glandes lacrymales que par celle dos glandes conjonctivales. Sa sensibilité est assez développée, bien (jiie très inférieure cependant à celle «le Ja cornée.

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