EXAMEN DIRECT DE L'IRIS
I/cxamen direct de l'iris à la lumière du jour ou avec l'aide de l'éclairage oblique nous permet d'étudier d'une part l'aspect morphologique et d'autre part la situation de la membrane irienne par rapport à la cornée : c'est là le seul moyen dont nous disposions pour apprécier la profondeur de la chambre antérieure.
Aspect morphologique. — Dans les conditions normales, l'iris constitue un diaphragme tendu verticalement et transversalement au-devant du cristallin, dont la capsule antérieure est en contact avec son bord libre, pupillaire. La face antérieure, seule explorable, présente un jaspect
velouté avec dos saillies et des dépressions à disposition plus ou moins radiée et dt* coloration assez uniforme sauf au voisinage de la racine de Tiris ou du contour pupillaire où Ton constate souvent une pigmentation un peu plus forte.
Les modifications d'aspect et de couleur de l'iris peuvent porter sur la totalité de l'iris.
Dans Viritis on constate un épaississement du tissu irien et une modification de couleur surtout apparente lorsque Tiritis est unilatérale et que riris est de pigmentation claire.
Dans V imprégnation par V oxyde de fer du globe oculaire (sidérosis), résultant de la pénétration d'un éclat de fer ou d'acier dans l'œil, l'iris prend très tôt une coloration rouille très caractéristique et qui permet à elle seule de diagnostiquer la présence du corps étranger.
Dans les hémorragies profuses du vitré cette pigmentation rouille peut aussi se produire mais elle ne persiste jamais comme celle que provoque le corps étranger de fer ou d'acier.
On peut aussi voir se produire des pigmentations ou des dépigmentations par ilôts sur l'iris. Chez certaines personnes, il existe dès la naissance des taches pigmentaires de l'iris. On aura soin de ne pas les confondre avec des tumeurs mélaniques de l'iris, dont elles peuvent d'ailleurs être le point de départ.
Les formations kystiques de Tiris présentent habituellement l'aspect de bulles grisâtres et translucides qui en se développant arrivent au contact de la face postérieure de la cornée et s'aplatissent contre elle. On observe des kystes séreux congénitaux et des kystes traumatiques. Ces derniers sont plus fréquents. Ils supposent toujours une plaie pénétrante de la cornée, ce qui permettra de les différencier des premiers. Les vésicules de cysticerques sont rares. Elles ont une couleur jaunâtre, présentent des mouvements onduleux et provoquent des phénomènes d'iritis.
Nous verrons plus loin, à Foccasion des inflammations iriennes, les lésions nodulaires : gommes ou tubercules qui se développent dans l'iris en produisant une tache blanche; ou jaune, mais dont la nature inflauiiiiatoire est toujours manifeste.
Dans le glaucome subaigu ou chronique, on constate souvent dans riris d'un seul ou des deux côtés des taches de dépigmentation d'aspecl jxrisàtre ou blanchâtre et d'étendue variable : Tiris est aminci à ce niveau ('ta subi une dépigmcMiUition en même tenq)s qu'une atrophie des diflérentes couches qui le constituent. Ces lésions ont été attribuées à des troubles vasculaires résultant de Thyperlonie.
Sitnation. — Le plan irien peut se rapprocher de la cornée (nous laissons de côté les cas où il y a adhérence à la cornée ou toute lésion cicatricielle provoquant la modification de situation de l'iris), on dit alors (|u il y a effacement de la chambre antérieure. Cet étal s'obser>'e dans
[F. BRUN et V. MOBAX^
le glaucome et surtout dans les poussées de glaucome aigu. C'est dans cette afiection qu'il est le plus marque au point qu'il devient difficile de pénétrer dans la chambre antérieure sans blesser l'iris. Un léger degré de déplacement en avant du plan irien est souvent un symptôme précurseur de manifestations glaucomateuses.
On l'observe encore lorsqu'une tumeur se développe dans la région ciliaire et refoule l'iris en avant.
Enfin dans cet^tains décollements de la choroïde qui se produisent après l'opération de la cataracte (Fuchs), on constate cet effacement de la chambre antérieure en l'absence de toute ouverture de la plaie coméenne.
L'augmentation de profondeur de la chambre antérieure est un signe moins fréquent qui s'observe dans certaines lésions irido-ciliocoméennes, comme celles qui donnent naissance au kératoglobe, au kératocône.
On l'observe aussi dans la luxation en arrière du cristallin et dans Vaphakie ou absence du cristallin, qu'elle soit traumatique, spontanée* ou opératoire.
Après une poussée d'iritis, il peut se produire une adhérence du pourtour pupillaire seul à la cristalloide, une séclusion pupillaire, sans adhérences d'autres parties de la face postérieure de l'iris. Celui-ci présente une déformation spéciale par suite de la saillie arrondie de sa périphérie et de la dépression en entonnoir de sa portion centrale. L'existence de cette déformation permet de prévoir à coup sûr le développement d'un glaucome secondaire qu'on préviendra sûrement par une iridectomie.
Hotilité. — A l'état normal, l'iris ne présente que des mouvements de contraction et de dilatation. Dans certaines conditions, on peut voir l'iris présenter des mouvements particuliers de flottement : c'est le tremblement ou tremblotement de Tiris qu'il faudra mettre en évidence en engageant le sujet à déplacer brusquement le regard: l'obser^'ateur doit suivre attentivement la surface de l'iris pendant ce mouvement et au moment où il se termine.
Ce signe est important à rechercher car il indique avec certitude soit l'absence du cristallin, Vaphakie, opératoire ou non, soit un relâchement de l'appareil suspenscur du cristallin t)u une luxation complète ou incomplète du cristallin.
Les mouvements propres de l'iris seront étudiés avec la pupille.