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MÉTHODES DE LABORATOIRE

léra, Timportancc que Koch a attribuée à la recherche de cette réaction. La valeur diagnostique des réactions chimiques a été très discutée ; les propriétés fermentatives ne seraient pas Fapanage de l'espèce, mais varieraient avec les échantillons microbiens d'une même espèce.

Cette variabilité des propriétés fermentatives serait plus apparente que réelle, d'après M. Grimbert(*), et tiendrait à ce que les expérimentateurs utilisent, pour la recherche des réactions, des milieux de culture tels que le bouillon de viande ou les peptones du commerce dont la composition est très variable; en se servant de milieux de composition nettement définie, on obtiendrait au contraire des résultats toujours identiques pour une même espèce microbienne : la réaction de Tindol, par exemple, serait l'apanage des espèces colibacille et protéus et ne ferait jamais défaut.

Il en est de même des autres propriétés chimiques des bactéries, action sur les matières azotées, sur l'urée, les nitrites, les hydrates de carbone, etc., qu'on doit toujours rechercher dans les cas difficiles pour assurer le diagnostic de l'espèce.

Inoculation aux animaux. — L'inoculation aux animaux d'un produit pathologique peut servir à double fin : tantôt à elle seule, elle suffit à assurer le diagnostic, tantôt elle complète les résultats apportés déjà par l'examen direct et par la culture.

Un microbe présent dans un tissu pathologique peut n'être décelable ni par l'examen direct, ni par les procédés de culture, et l'inoculation à une espèce animale sensible permettra seule d'en découvrir la présence. Dans le liquide d'une pleurésie, ou dans le pus d'un abcès froid, le bacille de Koch peut être si discret que seule l'inoculation à doses massives de Texsudat ou du liquide sera capable de révéler la nature de l'infection par la production de lésions tuberculeuses.

Dans d'autres cas où l'examen direct et les caractères des cultures sont insuffisants, l'inoculation à Tanimal rend encore des services.

Ainsi l'inoculation n la souris de crachats pneumoniques permet, mieux que la culture sur milieux usuels, Fisolement et le diagnostic du pneulîiocoque; l'animal étant |)articulièrement sensible au pneumocoque va succomber très rapidement à la septicémie pneumococcique. Les autres Cîspèces microbiennes contenues dans les crachats restent cantonnées au point d'inoculation, et l'examen du sang montre en grande quantité et il l'état de pureté le diplocoque lancéolé et capsulé caractéristique.

Le diagnostic de la morve est souvent délicat et ne pourra être assuré que si après inoculation du produit pathologique ou de la culture au cobaye mâle on observe l'apparition de l'orchite spécifique.

L'inoculation à l'animal est encore d'un grand secours pour le diagnostic de la peste. Si l'examen direct du pus n'a pas montré le coccobacille d'Ycrsin, sans attendre le résuiLnl des cultures, on inoculera

(•) Grimbert. Do runificalion des raélluult's (U; culture en bactériologie. Arch. de parasiiohgir, I, 1808.

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472 DIAGNOSTIC DES MALADÏKS lî^FECTÏEUSES.

le pus au i*at ou au cobaye. Si ce pus provient bien d'un pestiféré, on verra se développer des lésions des ganglions et de la rate. Des frottis de ces organes montreront en quantité considérable le microbe sous son aspect caractéristique de coccobacille plus coloré aux extrémités qu au centre.

L'inoculation à Fanimal rend encore de grands services pour indiquer approximativement le degré de virulence du microbe pathogène. Selon leur degré de virulence, les microbes déterminent, en effet, chez le même animal toute une gamme de lésions : le streptocoque, par exemple, inoculé sous la peau de Toreille du lapin déterminera, selon le degré de virulence, tantôt un simple érythème, tantôt un érysipèle, tantôt même une septicémie (Widal).

L'inoculation au cobaye d'une culture de bacille de Lœffler permettra de reconnaître, dans certains cas difficiles, qu'il s'agissait bien de bacille diphtérique virulent et non de bacille avirulent ou de pseudo-diphtérique.

Si importants que soient les renseignements donnés par la recherche des propriétés zymotiques et par l'inoculation aux animaux, ils ne peuvent pas toujours suffire à assurer le diagnostic.

Beaucoup de microbes pathogènes, tels que le Ijacille diphtérique, le vibrion cholérique, sont difficiles à distinguer de microbes très voisins, qu'on peut trouver dans certains cas à l'état normal dans le corps de rhomme (bacille pseudo-diphtérique, pseudo-vibrions cholériques).

Pour d'autres, qui sont des commensaux habituels de notre économie, tels que le streptocoque, le colibacille, la difficulté est de même ordre. 11 est souvent impossible par les procédés usuels de technique de distinguer le microbe pathogène des microbes de même famille qui habitent a l'état nonnal dans la cavité bucco-pharyngée ou dans Tintcstin.

Un certain nombre de réactions biologiques peuvent, dans ces circonstances difliciles, apporter plus de précision au diagnostic; nous allons maintenant les étudier.

Réaction d'imiminilë (*). — L'inoculation à un animal d'une dose de virus insuffisante pour le tuer détermine un certain degré de vaccination qui lui permet dans la suite de résister à Tinoculation d'une dose plus forte du même virus, mortelle pour les animaux témoins : Pfeiffer et Issaëff ont tiré de ce fait expérimental une méthode qu'ils ont appliquée au diagnostic des vibrions cholériques et des pseudo-vibrions : on doit considérer comme vibrion cholérique tout vibrion suspect qui, inoculé à un cobaye, le vaccine contre un vibrion notoirement cholérique.

Cette méthode qui n'est pas à l'abri de toute critique au point de vue scientifique, comme Tout montré Metclmikoff et Gruber, a de plus l'in-

(*) Pfeii-ter et IssAfiFF. leber die S|>ecin5che Bedculiiiifr der Cliolerairamunitâl. Zeitêchrift fur Hygiène, XVII, 1894. — Pfeiffer et Kolle, Weilere Intersuchungcn fiber die spccififlcbe Imnniiiilâlsreaction der Cliolcravibrioncn im Ticrkôr|>cr und Reagcnglasc. Centralhlalt fur Bactrr., XX, 1896, p. 120.

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convénient de n'être point pratique et a subi de la part de ses auteurs mêmes une modification importante.

D'après PfciBer et IssaëlT le sérum d'un animal vacciné contre un microbe possède un pouvoir protecteur spécifique, il immunise les animaux contre ce microbe ou contre un microbe de même espèce et non contre une espèce étrangère : ainsi le sérum d'un cobaye vacciné contre le bacille virgule, injecté à faible dose 5 un cobaye neuf, le vaccine contre rinoculation subséquente d'un vibrion cholérique vrai et reste sans efïet contre Pinoculalion d'un virus étranger. La réaction d'immunité de Pfeiffer, dont nous aurons plus tard à discuter la valeur diagnostique, a été généralisée au diagnostic du bacille d'Eberth et du colibacille, des diverses espèces de streptocoque, des bacilles diphtérique et pseudodiphtérique.

La réaction d'immunité ne peut servir que pour le diagnostic de microbes assez virulents pour tuer les animaux témoins ou leur donner des lésions appréciables ; ainsi le vibrion suspect doit être pathogène visîi-vis du cobaye témoin pour que la réaction d'immunité puisse avoir sa ^signification. Le très faible pouvoir pathogène que présentent pour les minimaux certains microbes très virulents pour l'homme, la rapidité avec laquelle diminue ou disparait In virulence des bactéries dans les milieux de culture, en restreignent singulièrement l'application.

De la réaction d'inununité on peut rapprocher une méthode de diagnostic des microbes basée sur l'impossibilité que présentent certains microbes à se développer à nouveau sur un milieu qui a déjà servi à la oulture de la même espèce microbienne. C'est là une méthode que l'un de nous a proposée le premier avec M. Chantemesse (*).

Si l'on racle une culture de bacille d'Eberth bien développée sur gélose c:!ït si Ton essaie de réensemencer avec du bacille d'Eberth la surface du VTiilieu, on voit, comme l'a montré l'un de nous avec M. Chantemesse, que 1<» bacille d'Eberth ne se développe plus; il semble que le milieu ait été ^'acciné par la première culture ; par contre un microbe voisin tel que le c*olibacille est, comme l'a vu ensuite M. Wurlz, susceptible de se développer €:*omme si le tube de gélose était vierge.

On peut ainsi séparer non seulement le colibacille du bacille d'Eberth, Méfiais encore, comme Tonl vu MM. Achard et Kenaut, les diverses races de ^•olibacilles et même distinguer le bacille de la psittacose du bacille cJ'Eberth.

On peut aussi se servir de cultures en milieu liquide que l'on filtrera ^:?t réensemencera avec le microbe dont on veut faire le diagnostic (Marïnorek); le milieu se fertilise-t-il à nouveau, c'est qu'il s'agit d'une espèce <lilTérente de celle quia servi au premier ensemencement.

La méthode est loin d'être- susceptible de généralisation, le vibrion

;•: (ji.»MK^Es«B et WiDAi., UecluTclu's suF Ic bacillc d'Eberth et l'ùliologic de la (iè\Tc tvplioûlc. Arch. de ptiysioL, avril 1887.

[F. WiDAL et F. BEMANÇON.}

472 DIAGiNOSTIC DES MALADÏKS DiFECTÏEUSES.

le pus au rai ou au cobaye. Si ce pus provient bien d'un pestiféré* on verra se développer des lésions des ganglions et de la rate. Des froltis de ces organes montreront en quantité considérable le microbe sous soii aspect caractéristique de coccobacille plus coloré aux extrémités qu'au centre.

L'inoculation à l'animal rend encore de grands services pour indiquer approximativement le degré de virulence du microbe pathogène. Selon leur degré de virulence, les microbes déterminent, en effet, chez le même animal toute une gamme de lésions : le streptocoque, par exemple, inoculé sous la peau de l'oreille du lapin déterminera, selon le degré de virulence, tantôt un simple érythème, tantôt un éi^sipèle, tantôt même une septicémie (Widal).

L'inoculation au cobaye d'une culture de bacille de LœfOer permettra de reconnaître, dans certains cas difficiles, qu'il s'agissait bien de bacille diphtérique virulent et non de bacille avirulent ou de pseudo-diphtérique.

Si importants que soient les renseignements donnés par la recherche des propriétés zymotiques et par l'inoculation aux animaux, ils ne peuvent pas toujours suffire à assurer le diagnostic.

Beaucoup de microbes pathogènes, tels que le bacille diphtérique, le vibrion cholérique, sont difficiles à distinguer de microbes très voisins, qu'on peut trouver dans certains cas à l'état normal dans le corps de l'homme (bacille pseudo-diphtérique, pseudo-vibrions cholériques).

Pour d'autres, qui sont des commensaux habituels de notre économie, tels que le streptocoque, le colibacille, la difficulté est de même ordre. Il est souvent impossible par les procédés usuels de technique de distinguer le microbe patliogène des microbes de même famille qui habitent à l'état normal dans la cavité bucco-pharyngéc ou dans l'intestin.

Un certain nombre de réactions biologiques peuvent, dans ces circonstances difficiles, apporter plus de précision au diagnostic ; nous allons maintenant les étudier.

Réaction d'immunilé (*). — L'inoculation à un animal d'mie dose de virus insuffisante pour le tuer détermine un certain degré de vaccination qui lui permet dans la suite de résister à Finoculation d'une dose plus forte du même virus, mortelle pour les animaux témoins : Pfeiffer et Issaëff ont tiré de ce fait expérimental une méthode qu'ils ont appliquée au diagnostic des vibrions cholériques et des pseudo-vibrions : on doit considérer comme vibrion cholérique tout vibrion suspect qui, inoculé » un cobaye, le vaccine contre un vibrion notoirement cholérique.

Cette méthode qui n'est pas à l'abri de toute critique au point de vu(5 scientifique, comme Font montré Melchnikoff et Gniber, a do plus l'in-

(*) Pfeiffer et Issaëff, l'ebor die speeinschc Bedculung (1er ChoIerairamunitSl. Zeitsc/irif/ fur Hygiène^ XVII, 1894. — Pfeiffer et Kolle, Weilere Intersuchungcn ûbcr die specifisch*? Immiiiiitâtsrcaction der Choleravibrioiien im Tierkôr|Kîr und Ueagcnglasc. CetUralblatt fur Bâcler., XX, 1806, |). 129.

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convénient de n'être point pratique et a subi do la part de ses auteurs mêmes une modification importante.

D'après Pfeiner et IssacIT le sérum d'un animal vacciné contre un microbe possède un pouvoir protecteur spécifique^ il immunise les animaux contre ce microbe ou contre un microbe de même espèce et non contre une espèce étrangère : ainsi le séium d'un cobaye vacciné contre le bacille virgule, injecté à faible dose à un cobaye neuf, le vaccine contre rinoculation subséquente d'un vibrion cholérique vrai et reste sans elïet contre Tinoculalion d'un virus étranger. La réaction d'immunité de Ffeiffer, dont nous aurons plus tard à discuter la valeur diagnostique, a été généralisée au diagnostic du bacille d'Eberth et du colibacille, des diverses espèces de streptocoque, des bacilles diphtérique et pseudodiphtérique.

La réaction d'immunité ne peut servir que pour le diagnostic de microbes assez virulents pour tuer les animaux témoins ou leur donner cJes lésions appréciables ; ainsi le vibrion suspect doit être pathogène visà-vis du cobaye témoin pour que la réaction d'immunité puisse avoir sa s^ignification. Le très faible pouvoir pathogène que présentent pour les animaux certains microbes très virulents pour l'homme, la rapidité avec laquelle diminue ou disparaît la virulence des bactéries dans les milieux de culture, en restreignent singulièrement l'application.

De la réaction d'immunité on peut rapprocher une méthode de diagnostic des microbes basée sur l'impossibilité que présentent certains niîcrobes à se développer à nouveau sur un milieu qui a déjà servi à la oulture de la même espèce microbienne. C'est là une méthode que l'un de nous a proposée le premier avec M. Chantemesse (*).

Si l'on racle une culture de bacille d'Eberth bien développée sur gélose c^t si \\m essaie de réensemencer avec du bacille d'Eberth la surface du ¥Tiilieu, on voit, comme l'a montré l'un de nous avec M. Chantemesse, que \e bacille d'Eberth ne se développe plus; il semble que le milieu ait été vacciné par la première culture ; par contre un microbe voisin tel que le colibacille est, comme l'a vu ensuite M. Wiiriz, susceptible de se développer c*omme si le tube de gélose était vierge.

On peut ainsi séparer non seulement le colibacille du bacille d'Eberth, mais encore, comme l'ont vu MM. Achard et Henaut, les diverses races de colibacilles et même distinguer le bacille de la psittacose du bacille 4ji:berth.

On peut aussi se servir de cultures en milieu liquide que l'on filtrera et réensemencera avec le microbe dont on veut faire le diagnostic (Marînorek); le milieu se fertilise-t-il à nouveau, c'est qu'il s'agit d'une espèce tlilTérente de celle qui a servi au premier ensemencement.

La méthode est loin d'être- susceptible de généralisation, le vibrion

;•) Chantemesse cl Widal, lU'ch(M*cli(»s sur le bacille d'ElKîrth et l'étiologic He la fièvre t.\|)lioï(ic. Arch. de phyaioL, avril 1887.

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scptiquc, le bacille tuberculeux, pour ne prendre que ces exemples, poussent avec une extrême abondance sur les milieux qui ont déjà une première fois servi à la culture.

Réaction agglutinante. — La réaction d'immunité n'est plus guère utilisée aujourd'hui dans la pratique courante du diagnostic bactériologique. La réaction agglutinante, au contraire, est constamment employée.

Cette réaction agglutinante qui constitue, comme Font montré les recherches de Tun de nous, la meilleure méthode de diagnostic de b fièvre typhoïde, se trouve être aussi un procédé excellent pour distinguer les unes des autres les espèces microbiennes voisines, le bacille d'Eberth et les bacilles éberthiformes, le vibrion cholérique et les pseudo-vibrions : il suffira, en eflet, pour assurer le diagnostic du bacille d'Eberth, de véri fier si le microbe suspect est agglutiné par le sérum dilué d'animaux vaccinés contre ce microbe ou, plus simplement, de le mettre en présence du sérum d'un malade que l'on a reconnu antérieurement atteint de fièvre tj'phoïde et de vérifier s'il est ou non agglutiné.

Sans vouloir faire ici un historique complet de la question de l'agglutination, nous rappellerons les travaux de ceux qui ont les premiers constaté et étudié la réaction agglutinante fournie par le sérum des animaux immunisés.

En 1889, MM. Charrin et Roger (*) ont les premiers constaté le développement en amas du bacille pyocyanique ensemencé dans le sérum pur d'animaux immunisés contre l'infection due à ce microbe.

Deux ans plus tard, en 1891, M. Metchnikoir(*) étudia méthodiquement la question et fit des constatations analogues pour ce qui concerne le vibrio metchnikowi et le pneumocoque; n'ayant plus constaté le même phénomène avec le sérum des animaux immunisés contre la pneumo-entéritcî des porcs, M. Metchnikofl* n'osa lui attribuer une portée générale.

En 1895, M. Issaëff (^), dans un travail fait à l'Institut Pasteur, confirme pour le pneumocoque ce que M. Metchnikoff avait vu en 1891. Plus tard, MM. Issaëff et Ivanoff (*) firent semblable constatation pour le vibrion d'Ivanoff.

Jusque-là on n'avait essaye in vitro que l'action des sérums purs des animaux vaccinés, la voie était bonne, mais le procédé ne pouvait conduire à une méthode sûre pour la pratique; les sérums normaux employés à l'état pur agglutinant parfois les microbes ensemencés, comme nous Ta vous vu, après avoir ensemencé le bacille d'Eberth dans un grand nombre de sérums d'individus non typhiques, et, d'autre part, le sérum pur des typhoïdiques étant parfois suffisamment bactéricide pour empêcher tout développement des bacilles d'Eberth ensemencés.

(*) CiiAKRi.N et Ko(;i;R, Comptes rendus de l'Acad. des se., 1889, t. CIX. p. 710.

(*) MuTciiMKOFF, Ahu. deVlust. Pasteur, 1891, p. 477*, 474.

(5) Iss\ËFF, .4mm. del'lnst. Pasteur, 1803, p. 260.

(*) Issaëff et Ivasoff, Zeitschrift f. Hygiène, 1894. p. \tl.

IIËTUODES DE LABORATOIRE. 475

En 1894, Pfeiffer Ht connaître le phénonière qui porte son nom ; voici on quoi il consiste :

Si Ton injecte dans le péritoine d'un cobaye solidement immunisé contre le choléra des vibrions cholériques délayés dans du bouillon, ou si Ton injecte dans le péritoine d'un animal neuf une culture délayée de vibrions cholériques et en même temps une petite dose de sérum préventif; dans les deux cas, on voit, au bout de lOàôO minutes, une heure au maximum, un grand nombre de vibrions immobilisés et transformés en granules arrondis.

Les pseudo-vibrions ne subissant pas, en présence du choléra-sérum, la transformation en granules, il y a là un moyen de diagnostic des vibrions cholériques.

En 1896, Pfeiffer et Kolle(*) ont essayé de répéter l'expérience avec le bacille d'Eberth et le sérum antityphiquc ; ils ont recherché ce qu'ils appellent la réaction d'immunité en inoculant dans le péritoine des cobayes une émulsion de bacilles d'Eberth additionnée d'une petite dose de sérum d'hommes convalescents de fièvre typhoïde. Ils n'ont observé que d'une façon inconstante le phénomène (jui ne fait jamais défaut lorsqu'on opère avec le vibrion et le sérum cholérique.

Le phénomène de Pfeiffer n'est applicable qu'au diagnostic des vibrions

rliolériquesetdes pseudo-vibrions, et sa technique est trop délicate pour être

utilisée pour le diagnostic clinique ; un grand progrès fut dans la recherche

cit* l'influence que les sérums peuvent avoir in vitro sur les microbes.

La transformation en granules des vibrions, sous Tinfluencedu choléra-

scTum, peut en effet s'observer m vitro, comme Ta montré M. Metchnikofl'

€*w\ mélangeant à des vibrions choléri(|ues du choléra-sérum et une petite

dose d'exsudat péritonéal d'un cobaye sain; la présence de cet exsudât

e5*t même inutile, d'après la remarque de M. IJordet, si Ton se sert de

sôrum frais et le phénomène se constate facilement in vitro parle simple

contact du sérum-choléra et des vibrions.

La réaction s'observe encore, connue Fa vu M. Bordet(*), si, au lieu de choléra-sérum pur, on se sert de séî^vin dilué daiis une solution salée. Cotte modi(ic4)tion de techni(|ue permet de parer à une cause d'erreur î^i|ajnalée par M. Bordet: certains sérums neufs, non dilués, peuvent parfV^is produire in vitro la ti-ansfonnation en granules, comme le fait le choléra-sérum. M. Bordet signale enfin un phénomène nouveau qui s'ob- ^**rvem vitro. lorsqu'on met en contact ducholém sérum et des vibrions: ' agglomération de ceux-ci en petits amas, V agglutination.

Le pbénomène de Pfeiffer et la réaction agglutinante sont deux phéno- *^^^nes différents; le premier ne se produit qu'avec le concours de l'orga- '^î^me dans le corps du cobaye et ccmsiste en une véritable bactériolyse; ■•^ réaction agglutinante s'observe in vitro, et, connue l'a montré Sa-

( *) Pfeiffer cl Koi.i.e. ICImt dio spocilisilu' Imiiiuiiilût>reaclion der Tvpliusl»acill<'ii. Zeit- ^^<^^*nft f. Hygirne, i8im. vol. XXI, n- 1>. p. 'lOTy. C) Bordet, Amt. de ri un t. Vasteur, 1895, p. 402.

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limbeni, n'apparaît iiièmc que lorsque le sérum est au contact de Tùr.

Durhani (*) enfin, en 1896, résumant les travaux faits avec Gniber. précise les règles à suivre et montre comment, en suivant le procédé indiqué par Bordet, au moyen des sérums dilués provenant d'animun immunisés contre le choléra ou rinlection typhique, on peut faire rapidement «i Tœil nu et au microscope la difTérenciation des diverses es\wm de vibrions ou celle des bacilles typhiques et des colibacilles. Gniber ei Durham, Pfeiffer et Kolic étudient le phénomène de Tagglutination, itelon le terme proposé par M. (îruber.

Dans toute la suite de ces travaux que nous venons d*énumérer, iln'est jamais d'ailleurs (piestion que de la recherche d'une réaction (V immunité. et il n'est jamais fait allusion à la possibilité de trouver une inaction dr la période (V infect ion, comme l'a montré l'un de nous dans les recherches (|ui Font conduit à se servir de la réaction agglutinante,- non plus pour le diagnostic des microbes, mais pour le diagnostic des maladies. C'e^t ce fait que la réaction agglutinante est une réaction de la période d'infection qui est la base du sérodiiupiostic (*).

Pour en rester sur le terrain du diagnostic des microbes par la réaction agglutinante, qui seul doit nous occuper dans ce chapitre, nous devons faire remarquer <|ue la réaction agglutinante, de même que la réaction d'immunité, a une valeur diagnostique bien différente, selon qu'on l'appli' que à des microbes spécifiques tels que le bacille d'Eberth, ou à dos microbes saprophytes comme le colibacille et le pneumocoifue.

Ainsi, la réaction agglutinante absolument spécifique, vis-à-vis ils bacille d'Ebeith, puisque un même sérum agglutine à un taux sensiblenient égal les divers échantillons de bacille d'Eberth qu'on met à son contact (W'idal et Sicard) ('), n'est déjà plus aussi rigoureuse pour les vibrions cholériques, les divers échantillons de ce microbe ne se com- |)()rtant déjà plus de la même façon vis-à-vis d'un même sérum agfîlwViiKUit (Widal et Sicard, Nobécourl) (^).

Elle perd enlin toute valeur réelle pour le diagnostic des espèces miiT*»biennes qui vivent à l'état saprophytiqne dans l'organisme de l'hoinin**- La propriété agglutinante se développe bien dans les humeurs au ct»w'^ (les infections colibacillaires et pneumococciques, comme dans les ca?^ "^ lièvre typhoïde; mais, t<mdis (|ue, dans cettt» maladie, la propriété ag:jl^** linante existtî vis-à-vis de tout bacille d'Eberth, dans les infections €"<>l' bacillaires ou pneumococciques, etc., elle se manifeste d'une fiiC*' inégale, vis-à-vis des divers échantillons de colibacille (Widal et X<>** court) ('•) onde pneumocoque (Bezançon et Griffon)!®). Très marcj*'*

(• (ùiur.KR cl D; uiiAM, Kiin' lU'iic McIIkmIi' zur r..silnii Erkcniiuii^ «li's (îiioloravihrio iir»<' * Typliiisbacillns. Munchvnrr nwd. Worhensthn'/'i, "1 mai-s ISîMi, p, tîKô.

,- F. WjDAL, Srrodiîijriioslii- «h? la licvif t\|ili(ù(ii'. Sor. mvd. dru fiâpitaitr^ 20 juin 1^"

['* \Vii»\L ri SiCAiii». Prcisc niM., 'i d('C. IXIK».

I* \Vii»\i., arl. CiuH.iu*. Tniitt^ de mêd., II, 2' é<lil.

•' \Vii»\L (ît NoiîKMniiT, vSVw. mvd.^ ï août ISîH. — NoiîKroiRT, 5<)c. de biol.^ *20 iiov. /''

(^; F. Hezançon et Ghikfon. Ann. de tinst. Pastnir. jiiilli»! iîHM.

DIAGNOSTIC hKS MALADIES I.NFECTŒI SKS. 477

iî»-à-vis do l'échantillon qni a ihHorminé TinfcMîtion, olle se montre pins lible* ou nicnie absente, vis-à-vis dun antre éclumtillon.

Elle apparaît, en nn mot, connue nn réactif trop délicat pour servir e base au diajjçnostic des espèces saprophytiqucs. Si, en eilet, on lui Itribuait une valeur absolue pour la classiticaticm des microbes en espèces istinctcs, on en viendrait à considérer comme différents, non pas des spèces microbiennes, non |)as même des races, mais de simples échanllons qui possèdent, tels les divers pneumocoques, même caractère lorphologique, mêmes propriétés biologiques et, surtout, même pouvoir ithogcne (Bezançon et Griffon).

Les mêmes raisons s'opposent à Temploi de la réaction d'immunité irnnie procédé de diagnostic de certaines espèces saprophjtiques. Son- ?nl, le sérum des animaux vaccinés n'a de propriétés préventives puisntes que vis-à-vis de l'échantillon qui a servi à la vaccination; en attrilant à la réaction d'immunité une valeur qu'elle n'a pas, on risque, »inino on Ta fait pour le streptocoque, de considérer connue des es|ièces stinctcs de simples échantillons qui ne possèdent, au contraire, que des iractères connnuns (Widal et Be/ançon) (*).

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