LES POISONS JOURNALIERS NON ALIMENTAIRES
ipeurs d^indol, de scatol, des acides gras volatils; mais il est bien cer tin qu'une partie de ces substances provient plutôt de l'exhalation Jtanée ou du tube digestif que de la surface pulmonaire.
L'action nocive de l'air confiné est incontestable : tout le monde )nnait le malaise qu'on éprouve quand on est enfermé en trop grand ombre dans une chambre peu spacieuse ; on a vu parfois des individus iccomber, par exemple des prisonniers entassés dans des caves; il est robable que les accidents reconnaissent une autre cause que l'insuffiince de l'oxygène ou l'excès d'acide carbonique. Aussi un grand nombre s médecins, d'abord en Angleterre, puis en Amérique, et aujourd'hui en llemagne et en France, conseillent-ils de laisser largement ouvertes les iiiétres des dortoirs, des casernes, des chambres à coucher. Les bons effets s la ventilation ressortent surtout des recherches de pathologie comirée : Rossignol fait remarquer qu'avant 1836, la mortalité des chevaux e l'armée atteignait 180 à 197 pour 1000; à partir de cette époque, on grandit les écuries, on les ventila mieux et la mortalité tomba à 68 our 1000.
L'air confiné semble agir en altérant l'organisme et en diminuant sa sistanceaux agents infectieux; les cliniciens avaient remarqué depuis ingtemps la fréquence de la tuberculose chez les individus n'ayant pas à for disposition une quantité suffisante d'oxygène. Ils ont vu récemment mibien on pouvait diminuer le nombre des accidents postopératoires, mplement en soustrayant le malade à l'action de l'air impur. Aussi a-t-on lodifié la disposition des salles d'opération ; et, d'autre part, on a conseillé IX malades de vivre en plein air, ou de placer, au-dessus de la tète des fcs, des appareils entraînant au dehors les produits de la respiration ippareil de d'Arsonval).
Ces faits cliniques portent à penser que l'air expiré renferme des ibstances toxiques. Nous exposerons à propos des auto-intoxications les cpériences qui ont été poursuivies sur ce sujet et nous chercherons si les »xines augmentent au cours des maladies.
Parmi les substances qui adultèrent le plus souvent l'air atmosphérique 5 place en première ligne l'oxyde de carbone, dont l'action nocive, mnue depuis longtemps, a été étudiée avec soin, dans ces dcrières années, par M. Gréhant. Ce gaz possède une affinité très grande Dur l'hémoglobine, dont il chasse l'oxygène : il suffit de faire respirer un lien dans une atmosphère qui en contient 1/1000*", pour qu'au bout e quelque temps son sang renferme autant d'oxyde de carbone que 'oxygène.
L'intoxication oxycarbonée revêt deux formes, tantôt c'est une intoxicaon aiguë, entraînant rapidement la mort; ailleurs c'est une intoxication lironique, se caractérisant surtout par de Tanémie, des troubles de la lémoire; les faits de ce genre se sont multiplies, depuis que s'est généilisé l'usage des poêles à combustion lente, dont les gaz contiennent isqu'i 16 pour 100 d'oxyde de carbone (Moissaii); avec ces appareils,
où le tirage est presque nui, le moindre coup d'air sufBt à faire reSoer dans Tappartement les gaz délétères. Aussi est-ce avec juste raison «pe l'Académie de médecine a insisté sur les dangers que fait courir ce ntodc de chauffage; les accidents sont d'autant plus redoutables qu'ib s'établissent d'une façon insidieuse; et, ce qu'il y a de plus terrible, c'est qœ l'oxyde de carbone peut passer d'un appartement à l'autre; des persomws ont été parfois victimes de l'imprudence de leurs voisins.
La combustion des lumières constitue une source d'intoxication importante; le gaz à éclairage donne, en brûlant, de l'acide carbonique, de l'oxyde de carbone, de l'acide sulfureux et de l'ammoniaque; aussi peuVil provoquer quelques troubles, occasionner de la céphalalgie et du vertigie. Les lampes à huile, ne produisant guère que de l'acide carbonique, soot, par conséquent, bien préférables.
Enfin, dans ces derniers temps, on a appelé l'attention sur l'intoii» tion par les briquettes servant au chauffage des voitures.
L'oxyde de carbone est versé à flots dans l'air des grandes villes, qui peut en contenir jusqu'à 1 pour iOOUO (Gautier). Les cheminées d'habitations et surtout les usines en rejettent par jour des millions de kilogrammes.
Le gaz à éclairage représente une source non moins importante d'intoxication; il renferme de 7 à 20 pour 100 d'oxyde de carbone diaprés Moissan. Or, on produit à Paris 150 millions de mètres cubes de gai i éclairage; il s'en perd environ 10 pour 100, soit 15 millions qui se répartissent sur une superficie de 7500 hectares; il y a donc parhe^ tare une infiltration de 2000 mètres cubes, représentant au miDinmoi 100 mètres cubes d'oxyde de carbone. Ce gaz pénètre facilement dans les appartements, qui, par suite de leur température plus élevée, codstituent de vraies cheminées d'appel. Sans parler des cas où des fuites ont pu amener la mort rapide, il faut donc tenir compte de k possibilité d'une intoxication chronique par le gaz à éclairage, c'est-à-dire par l'oxyde de carbone, qui en représente, d'après MM. Joly et Layet, le seul produit toxique.
L'acide carbonique, beaucoup moins dangereux que l'oxyde de carbone, prend naissance partout où se produisent des fermentations; il s'en dégage des cuves de vendange en proportion parfois suffisante pour provoquer l'asphyxie. Près des cimetières, l'air en contient de 0,7 à 0,9 pour 1000. Ce gaz peut rendre irrespirable l'atmosphère de quelques grottes; mais sa grande densité le fait tomber vers le sol, de telle sorte qu'un homme peut pénétrer dans des excavations naturelles où un animal succombe, telle est la grotte du chien j près de Naples.
Le voisinage et le contact des objets toxiques. — Un grand nombre de substances d'un usage journalier peuvent pénétrer dans notre organisme soit par l'appareil respiratoire, soit même par la peau. Ce soot surtout des poisons métalliques que nous trouvons dans ce groupe.
Les papiers et les tentures contiennent souvent de l'arsenic, qui entre