‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 105 sur 152 · LES POISONS JOURNALIERS NON ALIMENTAIRES · texte numérisé non relu

LES POISONS JOURNALIERS NON ALIMENTAIRES

I composition des couleurs, spécialement des couleurs vertes (vert eele, de Schweinfurth). Les auteurs anglais insistent sur la quantité ieuse d'arsenic que contiennent certaines matières colorantes : in a calculé que des papiers verts tapissant une chambre de 500 pieds renfermaient 645 grammes d'arsenic; une robe d'étoffe verte bon i en contient 129 grammes. On trouve encore cette substance dans tonnages, les étiquettes, et même dans les papiers qui enveloppent lestibles.

ilomb est encore plus répandu que l'arsenic. Le séjour dans des sments fraîchement décorés a suffi pour produire des coliques nés. M. Yariot a observé les mêmes accidents chez des enfants qui

simplement joué sur une terrasse recouverte de feuilles de zinc snt plombifère.

li les préparations ou les objets qui peuvent engendrer le satur-

nous signalerons les couleurs jaunes (jaune de Cassel, au chloi plomb) employées pour peindre les voitures et les meubles, les cirées recouvertes de céruse et d'oléate de plomb, les objets de

: pains à cacheter, cartes de visite glacées, cire à cacheter, s roses, — les divers cosmétiques, la poudre de riz, qui contient i 30 et 90 pour 100 de céruse, les fards, les teintures, l'eau ogne, — les jouets d'enfants teints à la céruse, au minium et au ite, etc.

stimulants nerveux; le tabac, Vopiunij le haschich etc. — i si les poisons que nous ne pouvons éviter n'étaient pas suffisants, vous eu l'idée de nous intoxiquer journellement avec des fumées

II moins aromatiques. C'est ainsi que l'usage du tabac a envahi les nations civilisées ; chaque année on en use plus de deux mille kilogrammes; en France seulement la consommation annuelle 3 30 millions de kilogrammes.

umée du tabac contient de l'oxygène, de l'azote, de l'acide carbode l'oxyde de carbone, de l'hydrogène sulfuré, de l'acide cyaniie; les véritables poisons du tabac sont représentés par de la nine et par des bases pyridiques agissant comme la nicotine. Celte- )rès Yohl etEulenberg et contrairement à Heubel, ne passe pas dans Be.

ombustion complète aboutit à la formation de collidine, substance tive; mais la combustion incomplète, dans la pipe par exemple, de la pyridine, substance volatile stupéfiante. ; le monde connaît les accidents qu'on ressent les premières fois fume; généralement les troubles sont passagers, mais on cite re d'un jeune homme qui mourut après avoir fumé ses deux prepipes. Dans la plupart des cas, l'accoutumance se produit rapideet, si l'on ne fait pas d'excès, la santé n'en éprouve que peu de (S. Le tabac devient même indispensable à la vie et la cessation e, comme la cessation brusque de tout poiKm déter-

mine quelques accidents, particulièrement des troubles cérâmnx. Mab l'abus du tabac, ou, chez quelques individus prédisposés, Fusage modère, entraîne souvent un certain nombre d'accidents qui caractmsent le tabagisme chronique, affaiblissement génésique, troubles inteUeelnek et particulièrement perte de la mémoire, dyspepsie, angine de poitrine, etc.

Le tabac prisé produit des effets différents; il introduit non pli» de l'oxyde de carbone, mais de la nicotine; le tabac chiqué fait ingérer nue grande quantité de substances toxiques, et on a vu des individus non accoih tumés être empoisonnés pour avoir mâché la moitié d'un cigare.

Dans les pays orientaux, c'est la fumée de V opium qui remplace h fumée du tabac. Les Anglais, qui ont le monopole de cette subsUnee, introduisaient en Chine, en 1874, jusqu'à 4100 tonnes représentant une valeur de 242 millions de francs ; aujourd'hui l'importation a diminué, car les Chinois cultivent maintenant le pavot et le préparent euxmêmes.

L'habitude de fumer de l'opium s'est répandue, comme on sait, dio» beaucoup de pays ; elle a envahi le Pérou, la Californie, l'Asie Mineure, l'Algérie, et compte même quelques adeptes à Paris. Les Chinois ne s> adonnent guère avant l'âge de dix4iuit ans; rarement ils se livrent à celle occupation dans leurs demeures ; ils se rendent dans des fumeries, phs ou moins luxueuses, y restent isolés ou s'y réunissent en société : c'est le pendant de nos cabarets et de nos cafés. On s'accoutume rapidement au poison et on cite des fumeurs qui consomment jusqu'à 5 et 6 grammei d'extrait. Il ne semble pas que cette habitude soit bien pernicieuse; et, ,sous ce rapport, il y a une grande différence entre les fumeurs et \ti mangeurs d'opium ou thériakis ; ces derniers se rencontrent surtout au Pérou et dans la Turquie d'Europe ; ils présentent une décrépitude précoce et rapide, tandis que les fumeurs ne semblent pas plus incommodé que les fumeurs de tabac; leur habitude n'est du reste ni plus étonnante, ni plus condamnable.

L'opium tend à faire de plus en plus de ravages dans nos pays, depuis que s'est répandu l'usage des injections sous-culanées de morphine.

On se fait une piqûre de morphine parce qu'on souffre, parce qu'on a des insomnies ; parfois dans le but, moins excusable, de satisfaire une curiosité ou de se procurer des sensations voluptueuses. Puis l'habitude s'établit et le poison devient indispensable. La morphinomanie peol s'observer dans tous les rangs de la société; on en voit d'assez nombreui exemples dans les hôpitaux; mais le plus souvent elle frappe les classe» élevées; c'est la maladie des artistes, des hommes de lettres, des femmes hystériques, des dégénérés; elle sévit avec une fréquence étonnante $ur les médecins et les pharmaciens, peut-être à cause de la facilité qu'ils ont à se procurer la morphine. Dans une statistique, dressée par M. Pichon. nous voyons que, sur 66 hommes morphinomanes, il y avait 17 médecins et 7 étudiants en médecine, 5 pharmaciens et 5 étudiants en pharmacie:

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