LES POISONS JUDICIAIRES
ts de belladone; 10 à 15 baies suffirent à rendre les hommes malades même à entraîner la mort.
Les composés organiques serrent bien plus souvent aux suicides qu'aux mes.
L'acide prussique est le poison qu'emploient, pour se tuer, les médes, les pharmaciens, les étudiants : de 1860 à 1880, on trouve seulent 4 empoisonnements criminels. Le cyanure de potassium sert aussi c suicides, surtout en Allemagne; car en France, on ne compte de 25 à 1880 que 4 cas d'intoxication par ce corps. Quant aux substances d'origine animale, elles n'entrent guère en ligne compte. Nous ne pouvons citer que la cantharide; en quarante ans, relève 59 empoisonnements par les préparations obtenues avec cet «cte, la plupart produits chez des hommes qui voulaient utiliser ses )priétés aphrodisiaques.
&ins rechercher les causes qui expliquent le nombre toujours croissant } morts volontaires, nous rapporterons quelques chiffres empruntés à icellent article de Legoyt(*) qui établissent la fréquence relative des icides par empoisonnement et par asphyxie.
Pour 1000 suicides Empoisonnement. Asphyxie.
Hommes. Femmes. Uommes. Femmes.
Angleterre 70 155 » »
Belgique 15 70 5 7
France 15 37 52 135
Italie 53 79 20 24
Prusse 20 70 1 10
Suisse 25 91 13 15
^oisons des flèches. — Poisons judiciaires. — Les poisons ont été isés par les sauvages, pour la chasse ou la guerre. Les flèches vénéses étaient préparées parfois avec des extraits animaux; certains crads donnent un suc qui a pu servir à cet usage. Le plus souvent, on t recours aux toxiques végétaux. Au Gabon, les Pahouins se servaient strophantus; en Malaisie, les indigènes employaient l'upas antiar; les irels de l'Amérique du Sud préparaient le curare, mélange complexe t la principale substance était fournie par le suc de certaines strychnées. l'idée de faire servir le poison aux exécutions judiciaires remonte à la » haute antiquité; les anciens Grecs faisaient boire la ciguë à leurs conmés, et ce genre de supplice avait au moins l'avantage d'éviter le ignant tableau de la décapitation moderne.
hez les peuples sauvages, les poisons servaient bien plus souvent à e reconnaître qu'à punir les coupables.
a fève du Calabar était employée dans ce but; les accusés mangeaient
liWOfT, art. Suicide. DicL encycL deê tciencet médicales^ 3* série, t. XIII.
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de 25 à 30 fèves; s'ils survivaient, ce qui arrivait souvent avec desdoMi élevées qui provoquaient des vomissements, ils étaient déclarés imioeaili. Au Gabon, c'est le m'handou qui servait au même usage; ce poison, ^ semble être constitué surtout par de la strychine, n'était pas donné àdoie mortelle: il fallait que l'inculpé, en proie à ses effets, pût adcore sauter au-dessus d'un bâton élevé de 2 pieds au-dessus de la terre; s il accomplissait cet acte, il était sauvé; sinon on le faisait périr plus tard. Mais c'est surtout à Madagascar que les poisons d'épreuves ont Eût des victimes ; on employait un breuvage préparé avec le Tanghinia one* nifera et, dans certaines séances, on a pu faire boire le poison à 600 personnes.
Enfin les poisons judiciaires étaient encore utilisés pour trancher un débat; au Gabon, à Madagascar, les duellistes prenaient chacun une même quantité de substance toxique. Plus tard, on modifia la procédure; les deux adversaires étaient représentés par deux chiens à qui on admi* nistrait le poison ; le maitre de celui qui mourait était condamné à pajer une amende.
Ces mœurs, bien curieuses, ne sont évidemment ni plus biiarres, ni . plus barbares que notre ancien jugement de Dieu et peut-être ne parutront-elles pas plus étonnantes que certaines coutumes du moyen âge, qui ont persisté jusqu'à nos jours.