‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 113 sur 152 · LE \^IN DES POISSONS · texte numérisé non relu

LE \^IN DES POISSONS

est peu influencé; on note généralement une diminution, puis lération du pouls; les mouvements cardiaques persistent après e la respiration; dans quelques cas pourtant, le cœur s'arrête int en diastole; cet efi'et est dû à la sécrétion des glandes «s.

enouilles intoxiquées peuvent ne pas succomber immédiatement, télioration est passagère, et les animaux meurent un peu plus tard, fse expérimentale a permis de reconnaître que le venin de la re agit d'abord sur le cerveau, puis sur le bulbe, la moelle et les îphériques; ceux-ci sont inexcitables au moment de la mort, le les muscles ont conservé leur contractilité (Roth, Dutartre). phénomène secondaire, nous signalerons une dissolution des sanguins (Dutartre).

lumé, les venins du triton et du crapaud paralysent le système }t amènent l'arrêt du cœur en systole, comme la digitaline ; le la salamandre excite, puis paralyse successivement le cerveau,

la moelle, les nerfs périphériques; il ne modifie pas les contracliaquesou les arrête en diastole; mais ce dernier effet est dû s qui lui est mélangé.

n(*) a étudié l'action réciproque des venins sécrétés par ces trois il a reconnu que le venin du crapaud empoisonne la grenpuille 3n; celui de la salamandre n'a pas d'action sur la grenouille, loisonne le triton et le crapaud^ celui du triton empoisonne le

Ces divers venins, comme ceux du serpent, sont sans action nimaux qui les ont sécrétés. Cette loi, établie par Fontana et ir Vulpian, n'a pas une valeur absolue; Cl. Bernard, Fomara nu qu'on pouvait empoisonner le crapaud avec son propre venin, t à la condition d'en injecter des doses très élevées; M. Phisalix de même que, pour tuer une salamandre, il faut introduire de illigrammes sous la peau, i milligramme dans les veines. \ pour les ophidiens, la résistance des batraciens à leur propre ^té attribuée à la présence de la matière active dans le sang; loins ce qui a lieu chez le crapaud, d'après MM. Phisalix et Ber- Enfin, de même qu'on peut vacciner les mammifères contre le

serpent, de même on peut créer chez le chien une immunité \ contre le venin du crapaud (Fornara).

issons venimeux. — Il existe un grand nombre de poissons qui, pour la plupart, habitent les mers tropicales et apparlu groupe des poissons osseux, es poissons cartilagineux, les rajides semblent seuls capables de

r, Sur le venin du crapaud commun. Bull, de la Sociélé de hioLy 4854, p. 153. t toxiques et médicamenteuses. Paris, 1882, p. 651.

K et Bertrand, Recherches sur It toxicité du sang du crapaud commun. Arck, de (KS, p. 511.

75S LES lstoxigahons.

produire des accidents toxiques. Les piqûres de VjEtobatU narinm déterminent de violentes douleurs, parfois une tendance à la syncope; ki région blessée gonfle rapidement et devient le siège d'une inftimm^ifli violente et parfois de gangrène. On a signalé des accidents antlogm après les piqûres de la raie pastenaque (Trygon pastincuM)^ qui kabite les mers du Japon; le docteur Crevaux» sur les bords de rOrénoqiie, i n des raies dont les aiguillons canalisés renferment des réservoirs i teon; un homme piqué au pied succomba en quarante-huit heures.

Les poissons osseux, appartenant au groupe des malacoptérjpoK, comptent quelques espèces venimeuses : les murènes possèdent des dcflb palatines qui sécrètent, comme chez les serpents, des liquides a h Im digestifs et toxiques ; le rapprochement avec les ophidiens est d'auM plus intéressant que le sang des murénides non venimeuses, comme T» guille, renferme un principe extrêmement toxique (Mosso). On se nppeik que la couleuvre produit également un poison qu'elle ne peut défener au dehors.

Les silurides possèdent à la nageoire pectorale une épine dentelée, ik base de laquelle se voit une ouverture donnant issue à un liquide toxique.

Chez les plotons (et surtout le Plotonus lineatus)^ qui sont ira répandus dans la mer des Indes, autour des îles de la Sonde, de la Nosvelle;Calédonie, dans les lacs saumâtres des archipels Océaniens, In nageoires pectorales et dorsales possèdent des épines très pointues; kv piqûre produit des douleurs atroces et provoque du trismus, parfois mène un tétanos généralisé (Yan Leent).

Les acanthoptérygiens renferment les principales espèces venimeuses. Les plus dangereuses sont représentées par les synancées {Synancea brachiOy vulgairement le Hideux). A la Réunion, Bottard(') a eu connussance de sept cas mortels. Ces poissons, qui appartiennent à la famille des Scorpénides, s'enfoncent dans le sable du rivage; les épines dorsales soot cannelées et servent à déverser le venin que sécrètent des glandes entourant l'aiguillon. La piqûre est suivie de vives douleurs, et provoque des vomissements, des lipothymies ou des syncopes. Les scorpénides de nos régions, et notamment la rascasse de la Méditerranée, peuvent produire quelques accidents, généralement peu graves.

Les Cottus (Chabots) et les Callionymus ne sécrètent du venin qu'to moment du frai.

Parmi les poissons venimeux, les trachinides (Uranoscopus et surtout Trachinus) paraissent les plus intéressants. Les trachines ou vifes comptent plusieurs espèces indigènes : tels sont le Trachinus vipera fort redouté sur les côtes de l'Ouest, par les baigneurs et les pécJieurs de crevettes, le Trachinus draco (vive commune), le Trachinus radiatus ou aranrvs, de la Méditerranée.

M. Bottard a montré que les vives possèdent deux appareils venimeui:

(*) BjrTARD, Les puissons venimeux. Thèse de Parût 18S9

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on est situé au niveau de la première nageoire dorsale; l'autre, le plus mportant» s'ouvre par deux canaux au niveau de Tépine operculaire, qui ODtient un aiguillon acéré.

Les vives se tiennent dans le sable, et, dès qu'on marche sur elles, «dressent leur aiguillon. Les piqûres, produites généralement au niveau tes pieds et des mains, sont extrêmement douloureuses; la partie atteinte ne tarde pas à se tuméfier, et il n'est pas rare de voir survenir un phlegmon im de la gangrène; en même temps on observe de la fièvre, du délire, pirfois des convulsions.

Sur les grenouilles, le venin de la vive provoque une paralysie de la motricité et de la sensibilité, précédée parfois de convulsions tétaniques. Ce dernier phénomène est inconstant; Gressin (') l'a noté en se servant de mes prises au Havre pendant le mois de mai; Pohl(*), étudiant àTrieste, pendant le mois de septembre, n'observa pas de phénomènes d'excitation. Dttns tous les cas, le poison porte son action sur le bulbe, la moelle et le myocarde amenant le ralentissement et l'arrêt du cœur; il s'élimine pir le foie, les reins et l'intestin (Gressin).

Enfin, nous signalerons encore le thalossophryne réticulé de Panama. Gûnther(') a montré qu'il existe au niveau de l'épine operculaire une cmnelure comme sur les dents des serpents et qu'à la base des épines operculaire et dorsale, s'ouvre un sac membraneux qui ne présente pas d'aspect glandulaire, mais sécrète un venin.

En résumé, sauf chez les murènes, les poissons venimeux sont pourvus d'un appareil de défense, s'ouvrant à la peau et nullement analogue aux glandes des ophidiens. Le poison est identique chez tous, par ses effets; l'intensité seule diffère d'une espèce à l'autre.

Les insectes venimeux. — Un grand nombre d'insectes sécrètent des liquides toxiques ou irritants. Dans la plupart des cas, les troubles restent localisés au point piqué ; les phénomènes généraux qu'on observe parfois relèvent plutôt d'une action réflexe que d'un empoisonnement. Mais il l'en est pas toujours ainsi, et certaines espèces produisent des venins xtrémement actifs. Tantôt il existe des glandes spéciales, pourvues d'un îguillon; tantôt il semble que ce soit la salive qui détermine les acci^ ents consécutiis à la piqûre.

Les animaux ne sont pas les seuls êtres exposés à l'action des insectes ; ^ végétaux le sont également, et les travaux les plus récents tendent à ous faire considérer les galles comme étant sous la dépendance d'un éritable poison.

Les hyménoptères renferment des espèces importantes au point de vue )xicologique. Tout le monde connaît les piqûres des abeilles (Apis melli'

(I) GuMi!i, Contribution à l'étude de l'appareil i venin chez les poissons du genre vive. Thèse p Paris 1 1885.

(*) Pool, Beitrig zur lichre von dcii Fiscligiflen. Prager mcd. Wochenschrifi, 1805 O GftimiEii, An Introduction to the study of Fisches, 1880.

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fica) et des espèces voisine^, bourdon (Bombus hortorum^ Bondm» iqRtfartti^), abeille perce-bois (JTy/ocojpa violacea), guêpe {Vetpa oiil^ani, Vespa germanica), frelon {Vespa crabro)^ etc. Ces insectes séerèlat des liquides toxiques qui semblent assez analogues; la différence des teodents dépend surtout de la profondeur de la piqûre et de la quantité ie substance nocive introduite.

M. Carlet a montré que, chez ceux qui possèdent un aiguilloD fdi (abeilles, guêpes), le venin est constitué par le mélange d'un acide et fa alcali; chez ceux dont l'aiguillon est lisse, les glandes alcalines manquât ou sont rudimentaires, et la sécrétion ne détermine plus qu'une légèn anesthésie.

Le principe actif du venin est représenté par de l'acide formique, dool une partie semble unie à un corps spécial, VundecanCf C'*H^ (Sdboll).

La piqûre de ces insectes détermine chez l'homme une douleur titi vive qui n'est pas due, comme on le croit fréquemment, à ce que l'aigailkio reste dans la plaie ; il est facile de se convaincre qu'il s'agit d'une actioa toxique, comme le prouve rinjectioti sous-cutanée, d'une gouttelette de venin; la partie enfle rapidement et, dans certaines régions, l'oedème peit devenir une cause de grand danger ou même de mort. C'est ce qui a lîei quand une guêpe a piqué au niveau du voile du palais ou de la langie. En dehors de ces cas particuliers, les accidents sont généralement pet graves; chez les personnes prédisposées, on observe parfois des trouÙei nerveux ou une poussée d'urticaire. Cette dernière manifestation peut être produite par tous les insectes, depuis la puce ou la punaise jusqo'i h chenille processionnaire.

Dans quelques cas, les piqûres des hyménoptères ont pu être suivies de complications infectieuses, érysipèle ou gangrène, ou même de thrombose mortelle quand une veine a été intéressée.

Ces accidents sont évidemment exceptionnels et le pronostic est généralement fort bénin. Il n'en est plus de même quand un suget a été piqué plusieurs fois.

Si le même animal pratique plusieurs piqûres, la deuxième est tris légère et la troisième presque nulle : c'est ce que Réaumur a démontré et ce que nous avons pu constater nous-même. Mais il peut arriver que Ton soit attaqué par plusieurs individus ou par un essaim d'abeilles; dans ce cas les manifestations sont fort graves et la mort n'est pas exceptionnelle. Clichy, Lies, Fûnfstuck, Bramstedt comparent les accidents à ceux que détermine le venin de la vipère; 5 ou 6 frelons pourraient tuer un cbenlt 3 ou 4 auraient parfois sufïi à faire périr un homme.

Des phénomènes aussi graves ne peuvent relever simplement de l'acide formique. Les expériences de P. Bert(') tendent à démontrer que b Xylopa violacea sécrète un poison du sang; au contraire les abeilles semblent agir sur l'appareil respiratoire par paralysie bulbaire; en faisant

(') P. Dliit, Coiilribuliou à l'élude des venins BulL de laSoe. dekwL, 1866.

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