‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 114 sur 152 · L£ VENIN DES INSECTES · texte numérisé non relu

L£ VENIN DES INSECTES

îqtier un moineau par deux abeilles (Apis nolacea)^ l'animal succombe Q trais heures, asphyxié, avec un sang noir. Mais, par des doses proressivement croissantes, on peut arriver à accoutumer les animaux contre » venin des abeilles et à créer une inmiunité relative (P. Bert, Lortet).

Les vertébrés ne sont pas les seuls êtres sensibles au venin des hyméoptères: divers insectes peuvent également en être victimes. Rien de nrieux comme les mœurs des fouisseurs qui piquent des chenilles, ou es insectes de façon à introduire le venin près des ganglions nerveux; il D résulte un état paralytique dont Tanimal profite pour emporter sa proie t la conserver vivante comme nourriture pour ses larves.

L'acide formique que Ton trouve dans les venins que nous avons ftiidiés, caractérise, comme on sait, la sécrétion toxique des fourmis; c'est liez ces animaux que Fischer l'a découvert en 4760. Cet acide est uni à 'ondécane et à un ferment. Les piqûres des fourmis ne sont pas graves; n moins dans nos contrées; elles ne déterminent qu'un peu de douleur, wrfois des érythèmes et, si le liquide arrive dans les yeux, de la conjonctifite. Q n'en est plus de même dans les pays, chauds. Dans l'Afrique occikatale se trouvent les fourmis de visite, qui sont capables de faire périr le gros animaux, poules, porcs, singes, lézards, serpents, et qui, arrivant {itr légions dans les huttes des nègres, les forcent souvent à les abanlonner momentanément. Les flammants (Cayenne), les fourmis de feu (Surinam) déterminent des rougeurs érysipélateuses et de la fièvre; au Sénégal, certaines fourmis rouges, cachées dans les arbres, se jettent sur le fisage des personnes qui s'en approchent et produisent des éruptions bulleuses (Adanson).

Stanley rapporte que plusieurs tribus d'Afrique mettent sur leurs flèches in mélange d'huile de palme et de poudre de fourmis rouges; les aninaoi blessés avec ces armes succomberaient rapidement.

Le groupe des coléoptères n'est pas moins important que celui des lyménoptères : il renferme en effet des insectes fort intéressants pour le lédecin, la cantharide par exemple, mais il s'agit d'animaux plutôt Cliques que venimeux.

La cantharide (Lytta vesicatoria) renferme un principe actif bien imu, la cantharidine, C'^H'^O*, surtout abondant au moment de la reproiction (Beauregard) (*). C'est l'anhydride de l'acide cantharidique dont le I de potasse a été recommandé par Liebreich pour le traitement de la berculose. On y trouve encore une huile volatile qui exerce une action :ale irritante sur la peau et sur les muqueuses. Le poison de la cantharide, appliqué sur la peau, détermine une lyctène, contenant un liquide séreux, dépourvu de leucocytes; introduit 08 la chambre antérieure de l'œil (Leber), il ne produit pas non plus

diapédèse, ce qui fait supposer qu'il paralyse les globules blancs. n action se porte, comme on sait, sur l'appareil génito-urinaire où il

*) Bkaubesabo, Les inseciet ▼éûcanls. Parii, 1890.

provoque de violentes inflammations, se traduisant par de la cptiie,de la néphrite : l'urine renferme le poison qui s'élimine sous forme de od* tharidate.

La cantharidine est extrêmement active; iO milligrammes peiifciA amener une intoxication grave se traduisant par du priapisme, de Talhiminurie, ou des hématuries, des hémorrhagies pulmonaires, de la g»tnentérite; dans les cas funestes, la mort survient au milieu d'une pmlysie progressive.

D'autres insectes possèdent des propriétés vésicantes analogues: tek sont les mylabres et les méloés; quand on excite ces dernières, eflei excrètent, au niveau des genoux, une humeur visqueuse, qui peut exercer une action rubéfiante ou produire des pustules.

Les carabus sont pourvus de glandes anales sécrétant une liqueur bilante et fétide ; les chrysoméles et surtout leurs larves possèdent une sécrétion caustique. Enfin il faut faire une place à part aux bombardien (Brachinus crepitans^ Brachinus explodens); ces petits coléoptèm vivent sous les pierres ; quand on vient à les découvrir, ils lancent tous ■ liquide volatil, acide, qui a la double propriété de les cacher, ce qui lev permet de fuir, et d'exercer une action irritante.

Les larves des lépidoptères ont été souvent considérées comme produisant des substances nocives : il est certain qu'il ne faut les manier qu m prudence sous peine d'être atteint de lésions cutanées notamment d'urticaire : c'est ce que déterminent les chenilles processionnaires (Cnetkùcampapinnivoray Cneihocampa processionea, Liparis auriflua^ Lilkosia caniola). On a longtemps cru que les effets étaient dus aux poibqoi, restant dans les téguments, exerceraient une action mécanique; Réaumur reconnut qu'il fallait incriminer certains poils, à peine visibles, imprégnés d'acide formique, probablement mélangé à une enzyme; ib 9e détachent au moment où l'animal se transforme en chrysalide et, emportés par le vent, peuvent produire leurs effets à des distances assez grandes.

D'autres larves de lépidoptères (Arçtica cossus ligniperda) exercent une action analogue ; celles du Pieris brassicœ^ inoffensives pour rbomme. peuvent déterminer chez les animaux (veaux, chevaux) des coliques, d« paralysies, des stomatites. A l'autopsie, on trouve une gastro-eotérite hémorrhagique et une inflammation du rein (Frohner).

Les diptères, souvent fort incommodes, n'exercent en général qu'une action mécanique; les piqûres des taons, malgré les douleurs qu'elle» provoquent ne semblent pas venimeuses. Il n'en est pas de même de certaines simulies qui provoquent de l'eczéma chez les chevaux et surtout de la mouche tachetée ou simulie de Kolumbacz (Simulia maculata) qui habite la Hongrie, la Serbie, la Moravie et certaines contrées de ^A1I^ magne. On dit qu'en 1873, elle fit périr en Serbie 52 chevaux, 431 bœufs. 316 moutons et 100 porcs; la piqûre détermine une tuméfaction qui dure de huit à dix jours et s'accompagne de fièvre et parfois de convulsions. Mais la plus terrible de toutes les mouches est sans contredit la mouche

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