LE VENIN DES INSECTES
aetsé {Glossina morsitans) ; celte espèce qui habite l'Afrique a été étuliée par un grand nombre d'explorateurs et notamment par Livingstone; il paraît que 3 ou 4 individus sont capables de tuer un chien, ou même in cheval ou un bœuf; les piqûres déterminent de l'amaigrissement et inîssnt par entraîner la mort au bout de quelques jours ; mais ce qui est )liis curieux, c'est que les animaux sauvages sont absolument réfractaires i l'action de cet insecte : les éléphants, les zèbres, les bufQes, les antiopes, les gazelles ne sont pas incommodés; il en est de même de la chèvre !t des veaux à la mamelle. Au contraire, les chiens qui boivent du lait f seraient très sensibles, tandis que ceux qui mangent du gibier auraient me immunité remarquable. Chez l'homme, les effets sont analogues à ceux que déterminent les cousins de nos pays.
Parmi les autres mouches, nous citerons : la mouche à tête rouge fAbyssinie, qui, lorsqu'on l'écrase sur la peau, amène des ampoules et les furoncles (Rey); la mouche des sables, qui produit de l'urticaire; la Douche de Pondichéry, qui serait une cause de conjonctivite purulente.
Les cousins (Culex pipiens) possèdent une salive toxique qui semble >roduire d'abord un certain degré d'anesthésie, ce qui permet à l'animal le sucer le sang de sa victime. Il en est de même probablement de la Mice.
Dans l'ordre des hémiptères, nous devons signaler d'abord VHuechis \anguineay dont le poison, étudié par plusieurs chimistes, notamment pirMoss et par Arnaud, exerce une action irritante sur la vessie; cette propriété le rapproche de la cantharidine dont il diffère au point de me chimique.
Les pucerons (Aphis^ LachnuSy Chermes) ont une sécrétion caustique lui amène des inflammations cutanées chez l'homme, le cheval et le yoTC.
Les punaises terrestres sécrètent un liquide fétide qui est produit par ies glandes pyriformes placées au centre du métathorax et aboutissant mtre les pattes postérieures; on sait que les punaises des lits (Acanihia ^£Ctularia) s'attaquent à l'homme et aux animaux domestiques, pendant robscurité, et, après s'être gorgées de sang, déposent dans la plaie une salive irritante. Quelques espèces font des piqûres très douloureuses : telles sont les punaises de Kazan {Acanthia ciliata) et de la Réunion {Acanthia rotandiUa}.
Les piqûres des reduves {Reduvius personatus) sont suivies de dou- ^irs et d'engourdissement; il en est de même des piqûres des punaises l'eau (Notonectes). Tous ces animaux agissent par leur salive, qui est apable de paralyser complètement les petits insectes auxquels ils s'ataqoent.
Enfin, on range aujourd'hui, dans les hémiptères aberrants, les pediculi. )n sait que le pediculus pubis détermine des lésions cutanées et notamment les taches ardoisées (Moursou) grâce à sa sécrétion salivaire (Duguct).
Panni les insectes non classés, nous en signalerons un qui, au Sénégal,
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produirait une éruption boutonneuse appelée gale d'éléphant; mi autre, à Saint-Domingue, déterminerait des ulcères.
Les arachnides venimeuses. — La classe des arachnides est une de celles qui présentent le plus d'intérêt au point de vue médical. Tous les individus qui la composent ou presque tous possèdent des propiiélM toxiques. Parmi les types les plus dégradés, nous trouTons les lingitilides, longtemps classés parmi les vers et qui en effet établissait avec en une sorte de transition et s'en rapprochent par leur vie parasitaire. A l'autre extrémité de cette classe, sont placés les solifuges, et particolièRment les galéodes, qui ne possèdent pas de glandes y^dimeusest mû dont la salive est irritante comme celle des insectes avec lesquels ils ont plus d'une analogie; la morsure du Galeodes araneoides ou du Gakaia vorax, produit des inflammations assez vives.
Les araignées vraies ou aranéides possèdent une glande venimewe située dans la région céphalique; son canal excréteur déboudie près de h grifle qui termine les chélicères ou antennes pinces ; quand l'animal fient à mordre, le poison se déverse dans la plaie et peut causer la mort dm cpielques petits animaux; la sécrétion est constituée par un liquide diir, huileux, acide et amer. Chez quelques espèces on trouve sur la peau me toxalbumine (Kobert) qui se mélange au venin. U n'y a pas de toxalbamine chez les tarentules.
Si toutes les araignées sont venimeuses, il s'en fout que le venio ail chez toutes la même action. Latreille a reconnu que la morsure d'one araignée de taille moyenne suffit à tuer une mouche; dans les pays chauds les mygales font périr des oiseaux, colibris, fouvettes et même pigeons. Mais leur action sur l'homme est généralement peu grave. Les araignée de nos pays ne déterminent qu'un point rouge; celles du Midi peuTent amener une légère tumé&ction et parfois de petites bulles. Les mygales elles-mêmes ne produisent sur notre espèce que de la rougeur et des phlyctènes; il est exceptionnel de voir survenir des phénomènes généraux sérieux ou de la fièvre.
On sait la terreur qu'a longtemps inspirée la piqûre de la tarentule; une espèce habite le midi de la France (Lycosa fnelanogastra)^ une autre le midi de Tltalie (Lycosa tarentula) ; cette dernière a été accusée de produire des accidents bizarres qui étaient décrits sous le nom de tarentiane et qui n'étaient guéris que par la musique. Les observations sérieuses démontrent que la tarentule ne détermine qu'une lésion locale douloureuse, rappelant celles que produisent les abeilles; si parfois il surrient des phénomènes généraux, soif, sueurs froides, vomissements, il faut les rattacher simplement à une action réflexe.
Les seules araignées véritablement redoutables sont représentées par les malmignathes [Lathrodectus malmignatus) et d'autres espèces de lathrodectes (Lathrodectus tredecimguttatuSj Lathrodectus lugubris).
Les malmignates possèdent des glandes venimeuses très développées,