‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 117 sur 152 · LE VENIN DES ÉGHINODERMES · texte numérisé non relu

LE VENIN DES ÉGHINODERMES

les chilopodes renferment la famille des Scolopendrides, dont on trouve une espèce dans le midi de la France, en Languedoc et en Provence, c'est la Scolopendra cingulata^ qui atteint 9 centimètres de longueur; les effets de sa piqûre avaient déjà été bien indiqués par A. Paré ; € Les multipèdes, dit-il, engendrent grande démangeaison, rougeur et tumeur au lieu où elles mordent. » En effet il se produit un gonflement très douloureux qui peut persister plusieurs jours et parfois un mouvement fébrile; mais les accidents ne sont jamais plus graves, au moins diei l'homme. D'après Soulié(*) le venin de la scolopendre tue les articulés et rend les mammifères un peu malades.

Les espèces d'Italie (S. morsitans) et surtout celles qui habitent les ptjs chauds (S. morsitans^ insignis)^ notamment l'Afrique, les Antilles, le Sénégal, l'Amérique intertropicale, peuvent produire des accidents plus sérieux, mais qui ne diffèrent que par eur intensité de ceux que nous avons signalés. Leur piqûre détermine un œdème énorme qui se développe avec une grande rapidité, mettant la vie en danger quand il siège au niveau du cou ou de la muqueuse buccale. Mongeot rapporte le cas d'un ofBcierqui avala une scolopendre en buvant de l'eau; la piqûre que l'animal produisit dans la gorge détermina une tuméfaction rapidement mortelle. Sauf ce cas particulier et contrairement à l'opinion courante, les accidents se terminent presque toujours d'une façon favorable.

Les crustacés, mollusques, ôchinodermes, etc. — Les crustacés sont pour la plupart dépourvus de venin ; seuls les argulides possèdent des glandes venimeuses qui s'ouvrent au niveau du stylet rétractile dont est armée la trompe buccale.

Parmi les mollusques, nous n'avons à citer que les cônes, les pleurotomes appartenant au groupe des toxiglosses (gastéropodes prosobranches), et dont la langue est pourvue de deux rangées de dents creuses ; leur morsure est capable de tuer quelques petits animaux et détermine chez l'homme des gonflements douloureux.

On a longtemps considéré certains échinodermes, les oursins par exemple, comme produisant une matière toxique; ces animaux ne semblent agir que mécaniquement, bien que Mourson et Schlagdenhauffen tient trouvé des alcaloïdes dans l'eau où ils avaient vécu. Il n'en est plus de même de quelques cœlentérés : parmi les hydroméduses siphonophores, nous trouvons les physalides; certaines d'entre elles {Physalia pclagica)y appelées vulgairement petites galères, possèdent un suçoir et un appareil glandulaire à sécrétion uriicante situé au-dessous et en arrière le la vessie qui sert à les soutenir; on a vu, sous les tropiques, leur piqûre suivie de douleurs locales avec tendance à la syncope.

Quelques hydroméduscs acalèphes, qui habitent les mers de Franco, peuvent produire du gonflement et de l'urticaire : tels sont, dans la Médi-

(*) Souu€, Appareil venimeux et yenin de la scolopendre. Thèse de Monlpeiiier^ 1885.

762 LES INTOXianONS.

ieri^anée, le Rhizostoma pulmo ou Aldrovandi et, dans laliiiidie,k Rhizostoma Cuvieri; ces espèces sont souvent très importunes pour la baigneurs. On trouve à Pondichéry le Cyanea médusa caUipanaj ^ détermine également de l'urticaire. L'appareil urticant est repriseotéfv des capsules microscopiques situées le long des tentacules et i kin extrémités; au fond de ces capsules se trouve un fil, armé de poolei aiguës et servant à inoculer le liquide venimeux.

Page 1