‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 118 sur 152 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LES AUTO-INTOXICATIONS A LtTAT NORMAL

La vie cellulaire. — Toxicité des extraits de tissus. — Les leucomalnes. — sang, des urines. — Ëtude des poisons urinaires. — Yariations de b Unicité dans les diverses conditions physiologiques. — Toxicité de b bile et des gastro-intestinales. — Poisons de Tair eiqpiré.

La vie cellulaire. — Toute manifestation vitale est nécessairement liée à une destruction organique.

Cette loi, établie sur un grand nombre de recherches expériroeotiles, i été développée d'une façon admirable par Cl. Bernard et par Herbert Spencer. Elle a trop d'importance au point de vue de la pathologie fèutraie, pour que nous ne l'étudiions pas avec quelques détails.

Supposons un instant une masse de protoplasma, placée dans un liquide nutritif, dont la composition reste constamment la même. Nous itods td que ce qui caractérise essentiellement la matière vivante, c'est la possibilité de s'assimiler certains principes hétérogènes; ceux-ci, abondamment répandus dans notre hypothèse autour de la cellule, serviront i soo accroissement qui se fait toujours d'après le même plan; des principes relativement simples se groupent sous forme d'agrégats plus complexes et en même temps plus instables, et ce passage du simple au complexe, et du reliitivement stable à l'instable, s'accompagne d'une certaine absorption de force qui passe à l'état latent.

Si Têtre placé dans ces conditions ne manifestait aucune activité, c*e<tà-dire ne dégageait aucune force, il s'accroîtrait indéfiniment : ce serait un exemple de vie étemelle. On ne peut guère concevoir, même théoriquement, la possibilité d'une pareille situation; car cet être est soumbi une série de forces incidentes, qui viennent constamment agir sur lui, et tendent à modifier sa position d'équilibre instable. Or, les lois de h mécanique le démontrent : ou l'équilibre instable sera complètement rompu et le corps tombera à l'état d'équilibre stable» c'est ce qui cane*

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lérise la mort ; ou le corps réagira et tendra à revenir à son état primitif d'équilibre instable. Cette réaction, dont le fléau de la balance nous donne iDe image assez exacte, ne peut s'accomplir que par suite d'un dégagewesA de force; il se fera donc une opération inverse de celle qui préside i l'accroissement de la matière vivante ; il se produira une désagrégation des molécules organiques, qui retomberont à un état plus simple et plus stable : c'est le deuxième processus caractéristique de la vie; c'est la désassimilation.

Ainsi donc la désassimilation, c'est-à-dire la destruction organique, nous apparaît comme une conséquence nécessaire des conditions mêmes dans lesquelles nous sommes et des lois physiques auxquelles aucun corps ne peut se soustraire. Un double mouvement se passe constamment au sein de la matière vivante :

Assimilation^ c'est-à-dire passage du simple au complexe, du relativement stable au plus instable, s'accompagnant d'une certaine absorption de force : c'est la création organique;

Désassimilatiotty c'est-à-dire passage du complexe au plus simple, de l'instable au plus stable, s'accompagnant d'un certain dégagement de force : c'est la destruction organique, mais c'est aussi la mamfestation de l'activité vitale.

Cette continuelle alternative de composition et de décomposition, de création et de destruction, d'absorption et de dégagement de force, nous représente la véritable image de la vie ; c'est parce qu'elle manifeste ses propriétés vitales que la matière vivante est frappée de mort.

Les matériaux qui proviennent de la désassimilation, et qui sont incapables de céder de nouveau de la force, sont des substances inutiles; ils sont rejetés hors de la cellule et passent dans le milieu ambiant. On ne peut concevoir que ces substances puissent de nouveau être reprises par Tétre vivant, et ramenées à un état d'organisation complexe; il n'est guère possible d'admettre ce va-et-vient incessant de la matière, et l'expérience d'accord avec Tiiiduction démontre que les produits de la désassimilation ne sont plus aptes à servir à la nutrition de l'être qui les a excrétés. Us pourront représenter un aliment pour des individus d'espèce difierente ; mais, pour ceux qui les ont rejetés, ces corps sont complètement inutiles, ils sont même nuisibles.

La toxicité des produits de désassimilation constitue une propriété générale dont quelques exemples donneront une idée.

Prenons une bactérie quelconque et semons-la dans un bouillon de culture. Pour cet être unicellulaire, le milieu organique se confond évidemment avec le milieu ambiant; si nous plaçons le microbe dans des conditions eugénésiques, le développement se fait abondamment ; puis il se ralentit et s'arrête. Est-ce parce que tous les aliments ont été consommés? Non, car il reste encore plus de substances nutritives qu'il n'en faut pour subvenir aux besoins de l'être, et on aurait beau ajouter de nouveaux aliments, la végétation ne reprendrait pas. Il faut donc admettre

que le milieu a été vicié par des substances toxiques, et cette conception s'appuie aujourd'hui sur un grand nombre de faits. A peine si nous a?ou besoin de rappeler que plusieurs agents de putréfaction sécrètent de véritables antiseptiques, comme Facide phénique. 11 y a longtemps dqi , M. Raulin a montré que ÏAspergillus niger produit une substance qui est analogue à l'acide sulfocyanique et arrête le développement de la plante; si Ton ajoute un peu de sulfate de fer au liquide de culture, le poison m prend plus naissance et la récolte est bien plus abondante. L'exemple de la levure est aussi saisissant : l'alcool qu'elle sécrète arrête les manifeatotions vitales qui peuvent continuer plus longtemps, si on soutire cette substance, au fur et à mesure qu'elle se forme. C'est justement ce qui i lieu dans l'organisme des animaux : les produits versés dans le sanj^ sont transformés par différentes glandes, et surtout par le foie; ils sont éliminés par divers organes et particulièrement par les reins. La démonstration de la toxicité urinaire serait la démonstration d'une continuelle auto-intoxication, si l'organisme ne recevait constamment des substances toxiques d'origine alimentaire; or, il est difficile de faire un départ exact de ce qui provient des cellules, de ce qui provient du tube digestif. Essayons néanmoins d'élucider certains côtés de la question.

Toxicité des extraits de tissus. — Il suffit de réfléchir à la constito* tion chimique des tissus pour comprendre déjà qu'ils renferment des substances toxiques; tous, en effet, contiennent de la potasse, et ce métal est capable de produire des accidents très graves quand il vient a être mis en liberté. On en trouve une notable quantité dans l'urine; nais la plus grande partie provient de l'alimentation, ce qui explique que. pour un même poids, les herbivores sécrètent 9 fois plus de EClque l'homme. Malgré cette grande quantité de potasse circulante, les tissus des herbivores ne sont pas plus riches en potasse que ceux des autres animaux; on peut admettre qu'en moyenne 1 kilogranune d'animal contient 2''',7 à 5 grammes de KCl. Ces chiffres sont sujets à de grandes variations; les expériences de Peltz et Ritter ont montré que si la quantité des sels potassiques augmente dans le sang, les tissus peuvent s'en emparer, suivant un coeflicient de saturation qui varie de l'un à l'autre.

Le chlorure de potassium, injecté dans les veines, étant toxique i doses de 0*'',18 ou 0^%20 par kilogramme, on voit que 1 kilogramme de tissus contient environ de quoi tuer 14 ou 15 kilogrammes. Mais puisque la potasse constituante, c'est-à-dire faisant partie de la molécule organique, n'est pas toxique, puisqu'elle le devient quand elle est mise en liberté, nous avons là un exemple frappant d'auto-intoxication par une substance indispensable à la vie, quand sa quantité vient à augmenter dans le milieu organique ; nous avons en même temps un exemple de h haute toxicité qu'acquiert une substance quand elle cesse de faire partie de l'organisation, si complexe et si instable, de la molécule vivante.

Ce que nous disons de la potasse, nous pouvons le répéter de toutes ks

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matières, minérales ou organiques, qui entrent dans la constitution des tissus.

Il est vrai que les matières minérales, autres que la potasse, ne présentent guère d'importance pour notre sujet : les sels de soude ne sont guère nocifs, ce qui est bien en rapport avec leur abondance dans les milieux liquides; les autres sels sont trop peu abondants ou servent de charpente à des tissus de vitalité trop obscure pour entrer en ligne de compte.

Arrivons donc aux matières organiques. Nous nous heurtons ici à une difficulté très grande; il est impossible de les obtenir telles qu'elles existent dans l'organisme vivant ; leur complexité et leur instabilité s'accommodent mal aux manipulations nécessaires pour les retirer des tissus; quelle que soit la façon de préparer un extrait, il est peu probable qu'il contienne les matières sous l'état qu'elles affectaient pendant la vie.

Pour pratiquer un extrait, il faut toujours opérer sur des animaux qu'on vient de sacrifier et agir aussi vite que possible pour éviter les modifications qui surviennent après la mort. Le moyen le plus simple consiste à plonger immédiatement le tissu dans de l'eau bouillante; mais si Ton arrête ainsi les phénomènes cadavériques, on altère notablement la constitution des éléments; on coagule la plus grande partie des albuminoîdes dont le rôle est très important.

Les mêmes objections s'appliquent au procédé qui consiste à recevoir le tissu finement haché dans de l'alcool ; on produit encore une coagulation qu'il faut éviter et, en outre, il n'est pas prouvé que certaines matières organiques, au contact de ce liquide, ne donnent pas naissance à des corps nouveaux.

Reste une méthode fort simple, que nous avons souvent employée : elle consiste à pratiquer des extraits au moyen de l'eau salée à 6 ou 7 pour 1000. Dans ce cas, il est vrai, on n'arrête pas instantanément les maniiestations vitales; le mal ne serait pas grand si, comme on a l'habitude de le dire, les cellules continuaient simplement à vivre dans le tissu de l'animal qu'on vient de sacrifier. Cette affirmation, bien que généralement admise, n'est pas tout à fait exacte; la vie est caractérisée par un double mouvement de création et de destruction : c'est le second processus qui persiste seul. Ce n'est donc plus une vie normale; c'est une désorganisation de la matière qui ne semble même pas se faire suivant le type habituel. Il suffit, pour s'en convaincre, de réfléchir à ce qui se passe au niveau du foie : après la mort, le glycogène disparait et est remplacé par du sucre ; qui nous dit que des substances inoffensives ne sont pas de même transformiM^s, pendant qu'on pratique l'extrait, en des substances toxiques? On ne peut répondre que ces substances se forment également pendant la vie, puisque le tissu subit des modifications importantes aussitôt après la mort : il devient acide, se coagule et acquiert do nouvelles propriétés réductrices (Ehrlich).

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Les modifications que produit la coagulation ressortent de ({oelques expériences (') qui justifieront les réflexions précédentes.

Le sérum ou le sang défibriné d'un animal normal, injecté dans lesTeines d'un autre animal de même espèce, détermine constamment une élé?aliM notable de la température. 11 semble donc naturel de conclure que k sang contient une substance thermogène; or une pareille af&rmitioB serait complètement erronée. Si l'on prend du sang dans une artère et si on le fait pénétrer immédiatement dans les veines d'un autre animal, la température ne s'élève pas et parfois s'abaisse légèrement. Le saog, tel qu'il est dans les vaisseaux ne renferme donc pas toute formée oor substance thermogène; mais il suffit d'une modification, relativenoenl légère, comme la coagulation spontanée ou la défibrination, pour la (ur apparaître. Que penser d£3 lors des expériences où l'on se propose de rechercher des substances toxiques ou thermogènes au niveau des tissus; leur présence dans les extraits ne prouve nullement leur existence dam l'organisme vivant : il est même impossible de savoir si les manipnbtions ont eu pour résultat de mettre en liberté des corps entrant dans la constitution de la molécule vivante ou si elles ne les ont pas formés de toutes pièces aux dépens de la matière organique.

Ces résultats, quelque peu décevants, laissent toujours planer un doute sur la légitimité des conclusions à tirer des expériences touchant la toiicité des humeurs et des tissus ; ils doivent mettre en garde contre les tentatives de l'analyse chimique appliquée soit aux parties constituantes de l'organisme, soit aux produits de sécrétion des microbes.

Malgré ces réserves, nous ne devons pas laisser de côté les résoltab auxquels ont conduit les recherches pratiquées sur les tissus animaux. Si les expériences ne démontrent pas que les toxines obtenues préexistaient dans l'organisme, elles établissent au moins qu'elles peuvent eo provenir.

Voyons donc les expériences entreprises sur ce sujet.

M. Bouchard ('), en se servant de l'eau bouillante ou de l'alcool, a constaté qu'il faut l'extrait de 216 grammes de muscles ou de 117 grunmes de foie pour amener les convulsions et la mort. Les extraits alcooliques des tissus donnent une salivation abondante; mais, si l'on supprime la potasse qu'ils contiennent, on constate que les doses, tout à l'heure mortelles, ne produisent plus aucun accident et qu'il faut les augmenter considérablement pour produire des troubles appréciables; ce qui démontre que les matières organiques solubles dans l'alcool n'ont qu'une toxicité assez légère.

Dans le but de moins altérer les substances constitutives, nous avons

(*) Roger, Influence des injections inlra-TenineuBes de sang artériel tur U températurr. BuÙetin de la Société de biologie^ 25 noTembre 1893. — Action des extraits des ooMlei. du sang et de l'urine sur la température animale. ÂrMtu d€ fkjfmohgitt i* ivril

(*) BoucuARo, Leçons sur les auto-intoxicalîons. Paris, 1887.

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oéré à froid» au moyen de l'eau salée à 6 pour 1000 (*) et, aprèR avoir !tré le liquide obtenu, nous l'avons injecté dans les veines, avec une ande lenteur.

Dans ces conditions, les extraits de 22 à 23 grammes de rein ou

cerveau (12 à 14 grammes par kilogramme d'animal) ont déterminé

8 accidents passagers; pendant quelques heures, les animaux ont paru

ilades; ils étaient inunobiles et somnolents, mais dès le lendemain ils

lient rétablis.

Les extraits de foie injectés à dose de 28 à 42 grammes (14 à 20 par le), amènent la mort en quelques heures; à la fin de l'injection, les imaux semblent anéantis et ne se meuvent qu'avec peine ; les pupilles

rétrécissent et deviennent bientôt punctiformes ; puis, au bout de le heure ou deux, une diarrhée très abondante se produit; la respiration iccélère, la prostration augmente et la mort arrive, précédée parfois de ^res convulsions. A l'ouverture du thorax, on constate que le cœur ntinue à battre et que le sang qu'il renferme est liquide. La toxicité du tissu musculaire est bien plus faible ; des doses corrcs- •ndant à 102 et 127 grammes de muscles (60 à 80 par kilo) ne déterinent que du myosis et une diarrhée passagère. Pour tuer les animaux, faut généralement l'extrait de 135 à 196 grammes (90 à 95 par kilo); ( troubles sont semblables à ceux que détermine le poison hépatique : ostration, anéantissement, diarrhée, myosis, respiration rapide et superielle, mort sans convulsions ou après des convulsions légères; per- (tance des battements cardiaques.

Si l'on chauffe les extraits des muscles ou du foie à 60 degrés pendant le heure, il se produit un gros coagulum; le liquide obtenu après tration a perdu la plus grande partie.de sa toxicité; c'est donc aux itières albuminoïdes contenues dans les tissus qu'il faut rapporter la upart des accidents que nous avons signalés. Mais si les albuminoïdes lient le rôle principal, il faut faire une part à d'autres substances : les cherches de M. Bouchard le démontrent. Enfin des expériences que nous ons poursuivies établissent encore que les extraits aqueux préparés à )id ou à chaud aussi bien que les extraits alcooliques renferment des bstances thermogènes que nous avons étudiées dans les muscles et dont

Rouques (') a démontré la présence dans la plupart des organes ou des isus.

Foa et Pellacani ont constaté que l'injection intra-veineuse des dilutions ueuses de tissus frais, amenait la mort avec des symptômes d'asphyxie ;(ué, par suite de la coagulation du sang dans le cœur droit et dans les isseaux de la petite circulation. D'après leur action nocive, les auteurs ngent les tissus de la façon suivante : cerveau, capsules surrénales, tes-

[*) RoGCfi, Toxicité des extraits des tissus normaux. Bulletin de la Société de biologie^

octobre 1891.

[*) RouQCES, Sul)stiinccs thermo^es extraites des tissus animaux sains. Thèae de Paris^

768 LES IMTOXiGATIONS.

ticules, reins, glandes lymphatiques, foie; la rate ne produit génénlemal aucun accident.

Indépendamment du ferment fibrinogène, les capsules surrénales contiennent un poison spécial, amenant la prostration, le collapsus, la paralysie. D'autres tissus possèdent aussi une action particulière : en iniectant des extraits du corps thyroïde, nous avons observé chez les animaux des amaigrissements extraordinaires.

Multiplicité des poisons contenus dans les tissus, telle est la conclusioo à laquelle nous arrivons : l'analyse physiologique nous a permis de dissocier diverses toxines animales; mais il faut avouer que les résultats sont encore bien incomplets et que l'analyse chimique ne fournit que des reoseigncments incertains sur la nature des corps dont l'expériroentatioD démontre la toxicité.

Si la chimie a négligé l'histoire des toxalbumines physiologiques, elle est parvenue à des résultats fort remarquables touchant les bases, analogues aux alcaloïdes végétaux, qui proviennent du dédoublement des albuminoïdes. Ce sont ces corps auxquels M. Gautier a donné le nom de leucomaïnes pour rappeler leur origine et leur nature (Xeuxio^ia, bboc d'œuf). Mais la plupart d'entre eux sont peu ou pas toxiques : c'est ainsi que la créatine, la base la plus abondante de l'extrait de viande, est inolfensive; la xanthocréatinine (Gautier), à dose élevée, produit seulement un peu d'abattement et des vomissements; la plasmaïne, extraite par M. Wurtz du sang normal, n'a pu empoisonner que la grenouille.

La choline, qui se trouve en assez grande quantité dans le sang, le$ muscles, les glandes, est également peu toxique (Brieger). Comme alcaloïde vraiment actif, nous ne trouvons que la névrine qui tue à dose de 0^'',04 par kilo, et se rencontre dans le cerveau. U faut ajouter quelques bases non définies, qui ont été retirées des urines, de la salive ou de b rate (Morelle).

Le tableau suivant donnera une idée du grand nombre de leucomaïnes qu'on a pu déceler dans l'organisme des animaux supérieurs. Il est intéressant d'en rapprocher les alcaloïdes trouvés dans le venin de certains batraciens, la samandarine par exemple, dans la laitance des poissons (protamine de Miescher), dans les eaux où ont vécu les oursins ou dans les liquides des kystes hydatiques (Mourson et Schagdenhauffen). Ces différents produits établissent une analogie de plus entre les animaux et les végétaux : Les trois bases névriniques, choline, névrine, bétaïne, les bases xanthiques, adénine, hypoxanthine, xanthine se rencontrent dans les deux règnes; on sait d'ailleurs que la caféine et la théobromine qui appartiennent au groupe xanthique se rapprochent des bases animales.

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