QUANTITÉ
d'uréb
par kilogramme
ET PAR U IJEDRES.
TOXICITÉ DE L'URINE.
UROTOXIE.
cm'.
COEFFICIEM UROTOXIQUE.
La toxicité si grande des urines des herbivores tient à la quantité de otasse qu'elles renferment, et qui, d'après nos recherches, représente de 5 à 80 pour 100 de la toxicité totale. Nous avons constaté en effet, que ï lapin excrète par jour et par kilogramme 0,55 de KCl, tandis que homme n'en élimine que 0,038. Cette grande quantité de sels potassiques iplique aussi pourquoi les urines des herbivores sont fortement convulvantes et déterminent la mort par arrêt du cœur.
(*) Cmarrik et Roger, Toxicité des urines normales du lapin. Comptée rendu» de la Soc, ; bioL, 18 décembre 1886. — Toxicité urinaire chei difers animaux. Ihid.^ 12 manl887.
Chien
193 cm». '
Homme. . . .
Porc
Bœuf
Cobaye. . . .
M. Guinard (*), qui a repris l'étude de la toxicité des urines chez les animaux, est arrivé à des résultats un peu différents, ce qui tient à ce qu'il poussait les injections beaucoup plus lentement que nous; il n'introdnisùl que 3 centimètres cubes à la minute; il a reconnu ainsi que la toxicité la augmentant des carnivores aux omnivores et de ceux-ci aux herbiTom: seul, le chat fait exception à la règle. Voici du reste les moyennes qu'il trouve (quantité toxique par kilogramme ou urotoxie) :
Mouton et chèvre. . 33 em*.
Ane et cheval. . . 39
Lapin 16
Chat 15
Si la nutrition se faisait d'une façon imperturbable, la toxicité urinaire ne subirait aucune variation; la ligne représentant la valeur urotoxique de chaque journée serait absolument horizontale. Mais nous savons qu'il ae peut en être ainsi : Tharmonie parfaite, ou si Ton aime mieux, le IDOQT^ ment uniforme, n'existe pas dans la nature. Dans le monde organique, comme dans le monde inorganique, les mouvements sont constitués pr des séries d'oscillations. Tantôt l'assimilation l'emporte sur la désassimi* lation; tantôt c'est le contraire qui a lieu : chez l'être le plus pariilit^ ment réglé en apparence, il y aura chaque jour des variations dans on sens, puis dans l'autre, rappelant, pour reprendre la comparaison citff plus haut, les oscillations continuelles du fléau de la balance et expliquant, en tout cas, les oscillations quotidiennes de la toxicité urinaire. D est facile de concevoir en effet, que plus l'assimilation l'emporte sur b désassimilation, moins les poisons excrétés sont abondants, moins rurioc est toxique ; le mouvement de désassimilation vient-il à augmenter, les poisons sont plus nombreux et l'urine acquiert une toxicité plus grande.
Il n'y a pas là de simples vues de l'esprit : quelques expériences démontrent la réalité de ces conceptions, et établissent l'influence qu'exercent, sur la toxicité des urines, diverses modifications physiologiques, la veille, le sommeil, l'alimentation, le travail musculaire.
C'est encore M. Bouchard qui a montré les profondes différences qui existent entre les urines du jour et celles de la nuit.
Les urines du sommeil sont moins toxiques et plus convulsivanlcs que celles de la veille. Le minimum de la toxicité est obtenu au moment où l'homme s'endort; le maximum au milieu de la période de veille. Enfin, en réunissant les deux liquides, on obtient un mélange moins toxique que ne l'indiquait l'analyse; il semble donc qu'ils renferment des substances antagonistes.
L'influence du jeûne et de l'alimentation a été mise en évidence dans
(*) Guinard, Toxicité des urines normales de l'homme et des mnrnnîAref domesbqv^- So€. de Biologie. 15 mai 1895.