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DIVISIONS DE LA PATUOLOGIE

Elle comprend les chapitres suivants : Vétiologie, qui recherche les causes morbifiques ; la pathogénie, qui établit par quel mécanisme ces causes agissent sur l'organisme vivant; la physiologie pathologique, qui montre comment l'organisme réagit; Vanatomie pathologique, qui dévoile les modifications structurales résultant des actions et des réactions morbides; la symptomatologie, qui énumère les réactions appréciables pendant b vie: la uosographie, qui décrit et classe les maladies. A ces didérentcs branches dont Tensemble constitue la science médicale, on doit en ajouter deu\ qui se rapportent plutôt à Fart médical, c'est-à-dire au côté technique (Tixvfj, art) de la médecine. Ce sont le diagnostic et le pronostic : le diûfniostic fait reconnaître la place que la maladie occupe dans le cadre nosologique* le pronostic s'efforce d'en prédire l'évolution.

La pathologie a pour complément indispensable la thérapeutique avec b chirurgie, la prophylaxie et la diététique. La thérapeutique (ôspaziJtvi, soigner) est la partie de l'art médical qui, mettant à profit les données scientifiques fournies parla matière médicale et la pharmacologie, s'efforce de soulager les malades et de modifier favorablement l'évolution des maladies et des affections. La chirurgie est la branche de la thérapeutique qui se propose de guérir une maladie ou une affection par des procèdes manuels (/v.p, main). La prophylaxie (icpoçuAa^'.;, de zpsfj^as- Kw, veiller), dont Vhygiène (d-^UioL, santé) représente la partie principale, dicte les préceptes qui permettent d'éviter la maladie. La diététique (l-M-zz, régime) indique le régime à suivre pour favoriser la guérison ou conserver la santé.

En résumé, la science médicale comprend : l'étiologic, la pathogénie, b physiologie et l'anatomie pathologiques, la symptomatologie, la nosographic, la matière médicale, la pharmacologie: l'art médical comprend le dia<;nostic, le pronostic, la thérapeutique, la chirurgie, la prophylaxie, b diététique.

La |)athologie embrasse presque toute la médecine. U y a donc une disproportion manifeste entre son étendue et les limites de l'esprit humain. C'est ce qui a conduit à scinder son étucfc en plusieurs parties distinctes. On admet généralement les divisions suivantes : la pathologie spéciale ou descriptive, comprenant h pathologie intetmeoii médicale ci la pathologie externe ou chirurgicale; la pathologie comparée; la pathologie expérimentale; la pathologie gétiérale.

Lîi pathologie spéciale ou descriptive a pour objet l'élude analyli(|ue di>s maladies; elle a pour complément indispensable la nosographie, qui ch>^ et coordonne les descriptions. La pathologie spéciale présente une S4Tie de monographies; elle trace des tableaux où elle s'efforce de faire loule l'histoire de la maladie, depuis sa cause jusqu'à ses lésions anatoniiquos et ses manifestations cliniques. Elle se trouve encore trop vaste (>our no pas avoir été divisée. De tout temps, on a admis une palholo^^ie l'xlerne et une pathologie interne : la première s'occupe dos maladies (pii s'accomiKignent de lésions facilement accessibles; la deuxième envisage

les altérations des organes profonds. Cette distinction était bonne autrefois; elle correspondait à la division classique en chirurgie et en médecine; la pathologie externe décrivait les lésions justiciables de l'intervention opératoire. Mais aujourd'hui, on n'hésite plus à intervenir dans nombre d'affections internes; le champ de la chirurgie s'est notablement agrandi, et il devient vraiment bizarre de placer dans la pathologie externe l'histoire de certaines lésions viscérales ou l'étude des localisations cérébrales. Réciproquement, toutes les affections externes ne sont pas chirurgicales; telles sont, par exemple, les affections de la peau. Bien plus, les affections articulaires sont tantôt externes, tantôt internes; les arthrites tuberculeuses rentrent dans le premier groupe, les polyarthrites rhumatismales dans le second. Mieux vaut donc employer les expressions de pathologie médicale et de pathologie chirurgicale; la première envisage les affections qui sont justiciables d'un traitement pharmaceutique; la deuxième étudie celles qui nécessitent une intervention manuelle.

On a voulu aussi admettre diverses branches de pathologie, basées sur leurs études spéciales; citons, par exemple, la pathologie infantile ou paediatrie, la syphilographie, la pathologie obstétricale, la pathologie exotique; suivant l'organe ou le système étudié, on a créé les expressions de dermatologie, gynécologie, odontologie, stomatologie, ophtalmologie, laryngologie, rhinologie, etc. D'autres auteurs ont admis une pathologie cardiaque, une pathologie infectieuse, etc. Il serait facile de multiplier ces dénominations en rapport avec la tendance, de plus en plus grande, à la spécialisation.

Un intérêt considérable s'attache à l'étude des maladies qui peuvent frapper les êtres qui nous entourent, et surtout à chercher par quels points elles se rapprochent ou s'éloignent de celles qui atteignent notre espèce. Cette partie de la science, qu'on désigne sous le nom de pathologie comparée^ peut se borner à envisager les mammifères ou les vertébrés supérieurs : ainsi limitée, elle présente une grande importance pratique, puisqu'elle nous montre comment certaines infections se transmettent des animaux à l'homme et comment on peut les combattre; l'histoire du charbon, de la morve, de la tuberculose, de la rage, de la trichinose, ne se comprend que si l'on envisage ces diverses maladies chez tous les mammifères, et même chez tous les vertébrés.

Mais la pathologie comparée peut avoir des visées plus hautes; elle peut embrasser toute l'échelle des êtres, animaux et végétaux, et rechercher les analogies que présentent, chez tous, certaines réactions morbides. Les résultats ainsi obtenus ont une portée philosophique considérable : il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir le beau livre de M. Metschnikoff('), où l'auteur a étudié les phénomènes de l'inflammation en partant des êtres unicellulaires les plus simples et en remontant progressivement aux animaux les plus compliqués. Cette méthode rendra incontesUiblement les

(*) McTscuNuoFF, LeçoDs sur la pathologie comparée de rinflammatioii. Paris, 1892.

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