DE LA MORT DANS LES INTOXICATIONS
Toutes ces substances mettent donc en œuvre des procédés différents, mais entraînent la mort par un mécanisme identique.
Eiidn le groupe des auto-intoxications secondaires renferme des substances qui rentrent aussi dans la règle générale; elles modifient indirectement le plasma et finissent'par arrêter les échanges nutritifs.
Importance des processus toxiques en pathologie. — Nous avons essayé, dans cette étude, d'envisager les intoxications à un point de vue général, et nous avons été conduit ainsi à faire rentrer dans leur histoire un grand nombre de questions qui, au premier abord, semblaient devoir en être séparées. Élargissant les conceptions classiques, nous avons considéré comme toxiques toutes les substances qui possèdent une action physiologique, et peuvent agir directement ou indirectement sur les cellules. Parmi ces substances quelques-unes sont nécessaires au maintien de la vie et au jeu régulier des fonctions; leurs effets varient seulement suivant les circonstances pu suivant les doses.
Si l'étude des poisons venant de l'extérieur présente déjà un grand intérêt, l'histoire de ceux qui prennent naissance dans l'organisme est encore plus importante. Quelques-uns d'entre eux sont utiles ou même indispensables, car ils stimulent l'activité vitale et permettent ses manifestations. Mais c'est dans les processus pathologiques que leur rôle mérite surtout d'être envisagé. Ils interviennent à chaque instant dans le cours des affections nutritives; ils peuvent même être invoqués pour expliquer certains des accidents produits par les agents mécaniques ou physiques, puisqu'il se forme des substances nocives dans les tissus contus ou mortifiés.
C'est aussi à l'influence des corps toxiques que l'on attribue aujourd'hui la plupart-des troubles qui surviennent au cours des maladies microbiennes. La comparaison entre les intoxications et les infections conduit, en effet, à assimiler presque complètement les deux processus.
En se plaçant au point de vue étiologique, on peut les diviser en exogènes et endogènes; et si l'on peut concevoir un individu placé en dehors des influences adventices, épargné par les poisons ou les microbes du monde extérieur, il est impossible de le supposer à l'abri des poisons autogènes et des microbes qui habitent normalement tout être vivant; il existe donc des intoxications et des infections également inévitables.
Le mécanisme des troubles qui surviennent dans les infections et les intoxications est, sinon identique, du moins fort analogue. Dans les deuxcas, les poisons peuvent agir directement sur les cellules, ou indirectement en troublant la nutrition et en modifiant ainsi la constitution chimique de Torganisme; ce dernier mécanisme semble fort important et intervient beaucoup plus souvent qu'on ne l'avait cru jusqu'à présent; dans toute intoxication, microbienne ou non, il faut tenir compte des poisons primitifs et des substances pathogènes que l'organisme produit sous leur influence.
La marche des deux processus permet aussi de les rapprocher. Souvent
ils sont caractérisés au début par une évolution aiguô : puis. <|ii.nfij| lt>< premiers accidents semblent terminés, il subsiste dans ror^'anisnu* <! troubles fonctionnels ou des lésions anatomiques, qui pourront i<'^' latentes pendant un temps, parfois fort long, et évolueront [»lus ImhI | ;:; leur propre compte. Le poison ou le microbe a beau être éliniiii"- en détruit, la maladie n'est pas, pour cela, complrlement achevée; ellepoîirr: susciter plus ou moins tardivement des accès épilepti formes, do^ |kii lysies, provoquer des altérations viscérales, des dégénérescences r»*!!iilaires, des scléroses, et toutes ces modifications pourront sétaMii <i iiii' façon lente, insidieuse et sourde, et ne se traduire aux yeux de l'ohv ivatcur, qu'au bout de plusieurs années; aussi la liliation dos ac« idrMtest-elle fort difficile à rétablir et leur pathogénie reste-t-elle s()n\»Mit lort obscure.
11 existe enfin des cas hybrides où l'intoxication et Tinfeclion se ilrvi*loppent simultanément. Au cours des empoisonnements les |)ln< div. r>, les microbes qui habitent normalement l'organisme, peuvent pén«lr?'i dans son intérieur et jouer un certain rôle dans la production des ,ir.:idents immédiats ou tardifs. Enfin, les travaux modernes sur les proprii't/< toxinicides du sérum ont établi une analogie de plus, en faisiuit voir (;n«' nous nous défendons par les mêmes procédés contre les inredions tt les intoxications; dans les deux cas, l'organisme oppose des nntitH\ii:t^ qui neutralisent les matières nocives.
On voit donc l'importance sans cesse croissante des intoxications, et il suffit de réfléchir au mécanisme de la mort, pour comprendre que hi vj.s'arrête constamment par suite d'un empoisonnement, exogène on endgcne. P. Bert disait qu'on mourait toujours par asphvxie: il seiulde plii> iuste de dire aujourd'hui qu'on meurt toujours par intoxication.
Voir la Table dru Malièirs en ItUr du volume aprèg la prêfare de M. Bouchard,