CLASSIFICATION DES MALADIES
Cette définition est évidemment passible de nombreuses- objections. Elle suppose démontré que les accidents sont dus à des toxines, et rien ne prouve qu'il en soit toujours ainsi ; il est possible que Tactinomyces et la trichine mettent eu œuvre des procédés tout. différents; D'un autre -côlé« certaines maladies franchement parasitaires et nullement infectieuses s*iccompagnent souvent d'intoxication; c'est ce qui a lieu notamment pour les kystes hydatiques. Ces remarques démontrent âimplement la dif- Bcnlté qu'on éprouve chaque fois qu'on veut définir les choses naturelles ; les transitions sont tellement insensibles qu'il est impossible de découvrir des démarcations nettement tranchées : c'est toujours une question de plus ou de moins.
Les maladies toxiques constituent un troisième groupe bien défini au point de vue.étiologique. Elles se subdivisent en exogènes, ce .sont celles où les poisons sont produits en dehors de l'organisme, et en endogènes, où les substances nocives prennent naissance dans l'organisme lui-même. Ce deuxième groupe correspond aux auto-intoxications; mais, le plus souvent, les accidents surviennent à titre secondaire : telles sont l'urémie» lacétonémie, l'insuflisance hépatique, etc. Les auto-intoxications primitives sont beaucoup plus rares, et nous ne trouvons guère à citer que le surmenage et les putréfactions gastro-intestinales.
La maladie étant une réaction provoquée par un trouble ou une lésion organique, ne peut se produire dans les cas d'empoisonnements suraigus. Quand on foudroie^un animal au moyen de l'acide prussique, on détermine un véritable traumatisme d'ordre toxique, comme le ferait un coup de massue appliqué sur la tète. 11 y a destruotion complète et irrémédiable de l'équilibre instable qui caractérise la vie et non production des oscillations qui constituent la maladie.C'est donc par respect pour l'étiologic que nous laissons les faits de ce genre dans le groupe des maladies toxiques; Funicité causale est trop nette pour qu'on puisse, en nosographie, scinder l'histoire des intoxications suivant leurs eiïets sur l'organisme.
Le traumatisme constitue une classe particulière ; il crée des lésions, provoque des réactions nerveuses, ouvre la porte aux infections, suscite des dystrophies telles que chéloïdes, cicatrices vicieuses, cals exubérants, pseudarthroses. Le bon sens vulgaire avait eu raison de distinguer les blessés et les malades; dans le chapitre consacré au traumatisme, on devra étudier les dystrophies élémentaires primitives, renvopnt aux infections et aux réactions nerveuses pour les complications immédiates, aux affections des tissus ou des systèmes pour les manifestations ultérieures.
Il est très important, pour le nosographe, de maintenir la distinction fondamentale entre la maladie ei \ affection. Les maladies, qu'elles soient infectieuses, toxiques ou parasitaires ne doivent être étudiées comme maladies que durant leur évolution actuelle; leurs conséquences, leurs miites, leurs séquelles, suivant Texpression de M. Landouzy, doivent être décrites avec les afiections : c'est toujours parce que nous nous plaçons
au point de Yue de la clinique que nous formulons cette règle. Un individu qui a une lésion mitrale est un cardiaque ; c'est Taffection du cœur qu'il est important de connaître à partir de ce moment. Il est intéressant de savoir que cette lésion relève d'une fièvre typhoïde ou d'un rhumatisme, mais l'homme qui est en asystolie n'est ni un typhoïdique, ni un rhumatisant ; dire qu'il a une maladie de cœur et se contenter de ce diagnostiCt c'est faire preuve d'un esprit peu philosophique, mais c'est souvent faire assez pour la pratique, puisque la lésion cardiaque évolue d'une façon semblable, quel qu'ait été son point de départ.
Les affections se divisent en trois groupes suivant qu'elles sont acquises, héréditaires ou congénitales.
Les premières sont consécutives à des maladies infectieuses (spécifiques ou non), à des intoxications, plus rarement à des maladies parasitaires ou à des traumatismes. Mais l'affection n'a pas toujours un substratum anatomique : tout peut se borner à des troubles fonctionnels; on devra donc envisager ici des processus d'une importance considérable : les auto-intoxications, les réactions nerveuses, les troubles nutritifs consécutifs, etc.
Les affections héréditaires sont des suites des maladies anccstrales; c'est parce que les parents ont subi l'influence de causes morbifiques, infectieuses ou toxiques, parce que leur nutrition cellulaire a été troublée par les excès, le surmenage physique ou mental, ou simplement affaiblie par les progrès de l'âge, que les enfants possèdent, en naissant, un tempérament particulier, des aptitudes spéciales, un état d^athésique, parfois des stigmates de dégénérescence. L'état morbide peut se transmettre ainsi pendant plusieurs générations et il devient dès lors difficile de remonter à la maladie première.
Les affections congénitales reconnaissent pour cause les maladies de l'embryon ou du fœtus. Dans le premier cas, il se produit une monstruosité; dans le second cas, il se développe des altérations semblables à celles qu'on observe chez l'adulte et n'acquérant de caractère particulier que par l'arrêt de développement qu'elles peuvent susciter ; telle est la, maladie bleue,conséquence d'une endocardite ayant évolué, chez le fœtus, au niveau des valvules pulmonaires. Mais il va sans dire que les infections congénitales, comme la syphilis ou la variole, ne doivent pas être classées parmi les affections héréditaires ; elles méritent d'être considérées comme des maladies ; si l'agent infectieux s'est introduit d'une façon particulière^ il n'en conserve pas moins ses propriétés fondamentales.
Nous avons résumé dans un tableau cette tentative de nosographie. Parmi les exemples que nous avons choisis, plusieurs auraient pu être placés différemment : la dysenterie, qui a été rangée dans les maladies infectieuses bactériennes, devrait être mise dans les infections d'origine animale si l'on admet qu'elle est causée par les amibes ; le cancer doit être placé dans le même ^4*oupe si l'on accepte le rôle des coccidies. Mais ce sont là des modifications de détail qu'il sera facile de faire au fur et à mesure des progrès de la science.
OASSIFIGATION DES MALADIES.
spécifiques.
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d'origine \ inconnue.
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