L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE ET LA MATIÈRE VIVANTE
Sg. 42 et 43) : sur un cylindre en matière isolante (carton, bois ou verre, iiiifant les dimensions de Tappareil) est enroulé, en une ou plusieurs racbes, un càble à lumière soigneusement isolé. On constitue de la sorte D solénoîdcy dans Tintérieur duquel on place le sujet à électriser. Ce )lénoïde est traversé par la décharge d'un condensateur, rendue oscilla- »ire par les procédés décrits ci-dessus.
remploie, comme condensateur, de deux à douze bouteilles de Leyde flindriques, disposées en deux batteries, reliées en cascade, dont la lirEice couverte a 50 centimètres de haut sur 20 centimètres de diamètre. La charge est effectuée périodiquement par un transformateur donant environ 15 000 volts. Ce transformateur est animé par un alternateur ou?ant donner, au maximum, un courant de 20 ampères sous 110 volts, ai fait disposer par M. Gaiffe toute une série d'appareils pour reprolire facilement ces résultats.
La fréquence est de soixante périodes par seconde. Dans ces condi- )ns, la puissance d'induction du solénoïde, sur tout corps conducteur ongé dans son intérieur, est vraiment étonnante, comme le montrent s expériences suivantes :
1* On plonge dans un solénoïde (composé de trois à cinq tours d'un ble à 10 brins de 8 millimètres carrés) un fil de cuivre roulé en un ircle unique dont les extrémités portent une lampe de 100 bougies, »Dsommant 3 ampères sous 110 volts; cette lampe est portée au blanc )louissant ;
2* Un homme arrondit ses bras de façon à embrasser le solénoïde et ent dans chaque main les extrémités d'une lampe à incandescence. Le rcuit formé par les bras est le siège d'un courant induit assez puissant )ur allumer cette lampe qui prend 1/10 d'ampère environ. On diminue, itant que possible, la résistance de la peau des mains, en les plongeant ins deux vases contenant de l'eau salée chaude. L'alternateur peut être remplacé par une puissante bobine de ihmkorff qu'animent des accumulateurs pour opérer la charge périoque du condensateur. Les effets sont naturellement moins puissants, ais ce dispositif suffit néanmoins pour mettre en évidence la puissance induction du champ magnétique et son action sur l'organisme. Pour mesurer la puissance de champs magnétiques de cette fréquence, li complètement échoué avec toutes les méthodes de mesure usitées mt les basses fréquences. Cette mesure était essentielle dans mes cherches, pour pouvoir me placer toujours dans des conditions iihui- [ues. Je suis parvenu à l'effectuer très simplement en utilisant les orants de Foucault, de la manière suivante :
Dans un petit solénoïde, relié en série au grand qui contient l'anid, Je plonge un thermomètre à mercure. Le mercure est le siège de tirants de Foucault qui Téchauflent très rapidement. Avec quatre jarres, température du thermomètre s'élève à plus de 150 degrés en quelques condes.
PATIIOLOGIE CéjféRALE. — I. 42
«58 LES AGENTS PUYSIQUES.
L'effet calorifique mesure le produit de la fréquence par kcvriji courant et permet d'opérer dans des champs identiques. Pour les baHa puissances, où il faut tenir compte des variations de la tempéntiirede Tair, je remplace le thermomètre à mercure par un thermomètre i pètrok ou à air dont le réservoir renferme un petit tube de cuivre (^).
Effets physiologiques des courants à haute fréquence. — On peut utiliser de deux façons différentes les courants à haute fréquence : 1* toit en leur faisant traverser directement les tissus qu'on veut soumettre i leur action ; 2® soit en plongeant ces tissus dans Vintérieur du soléooide, mais sans aucune communication avec lui.
Dans ce second cas, les tissus placés dans le solénoide sont le siège de courants induits extrêmement énergiques, grâce à la fréquence de la source électrique. Ils se comportent .comme des conducteurs fennés sur eux-mêmes et sont parcourus par des courants d'induction d'une grande intensité. Au point de vue physiologique, les effets obtemu sont sensiblement les mêmes dans les deux cas. Voici les principaux: 1° Action nulle sur la sensibilité générale et sur la contractilité musculaire. C'est le phénomène le plus frappant. On a des courants capables de porter à l'incandescence une série de lampes électriques. Ces bmpes placées entre deux personnes DD'(fig. 40) complétant le circuit s'allument sans qu'on ressente aucune impression sensorielle. Si le courant est très fort, on éprouve simplement un peu de chaleur aux points d'entrée et de sortie du courant. J'ai pu faire traverser mon corps par des courants de plus de trois mille milliampères, alors que des courants d'une intensité dix fois moindre seraient extrêmement dangereux si la fréquence, au lien d'être de 500 000 à 1 million par seconde, était abaissée à 100, comme cela a lieu pour les courants alternatifs industriels.
On s'est beaucoup inquiété de l'explication à donner de ce résultat paradoxal que j'ai le premier signalé dans mes leçons du Collège de France (1890) et à la Société de biologie (24 février, 25 avril et 2 mai 1891) ('). — Dans mes communications à la Société de biologie, j'avais émis deux hypothèses : 1® ou bien ces courants, à cause de leur énorme fréquence, passent exclusivement à la surface du corps (on sait, en effet, que les courants à grande fréquence ne pénètrent pas et s'écoulent à la surface des conducteurs comme le fait l'électricité statique); oo bien 2° les nerfs sensitifs et moteurs sont organisés pour répondre seulement à des vibrations de fréquence déterminée. C'est ce que nous voyons, par exemple, pour le nerf optique dont les terminaisons sont aveugles pour les ondulations de l'éther d'une période inférieure à 497 billions par seconde (rouge) et supérieure à 728 billions par seconde (violet).
Le nerf acoustique se trouve dans le même cas pour les vibrations
(*] J'ai remplacé cet appareil depuis par un galvanomètre spécial qui mesure le oounol i liaute frcquence en ampères.
(«) Yoy. l'industne éleclnque, 25 avril 1892 ; ta Lumière éUciHque, it avril l»î; VÉUctricien, 16 avril 1872.