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II. - DENTS

La sémiologie des dents comporte l'étude des signes qui font reconnaître (|ue les dents sont malades, et celle des maladies générales ou locales qui comprennent parmi leurs signes des altérations dentaires.

On recherche si Tindividu a le nombre des dents qu'il doit avoir à son âge. Il n'y a rien à conclure de l'existence exceptionnelle d'une dent à la naissance; elle est destinée à une destruction prompte.

La précocité de rap[)arition des dents au 5* ou 4*" mois a été considérée tantôt comme un signe de force, tantôt comme liée à une dystrophie d'évolution du squelette ou à une maladie du fœtus. Cette anomalie,

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souvent familiale, se rattache à Fensemble évolutif du sujet ('). Le rriari s'observe surtout chez les enfants tarés héréditairement par la syphib ou qui commencent à devenir rachitiques. On sait qu'en moyenne l*enfant doit avoir 12 dents à 15 mois, 16 dents à 21 mois, 20dent8i 26 mois; mais ce sont là des chiflTres bien approximatifs. La questi» de race, d'influence familiale, intervient pour faire varier sensiblemoA a date d'éruption des 5 groupes dentaires, et il ne faut déduire de conséquences, au point de vue pathologique, que si les retards sont très importants.

La COLORATION totalc ou partielle des dents fournit certains renseign^ ments. Elle peut être un peu noirâtre chez les dyspeptiques à éructation^ sulfhydriques, verdâtre chez les ouvriers soumis à la respiration de b poussière de cuivre, bleuâtre chez les sujets mercurialisés ou saturnins depuis longtemps.

L'iMPLAisTATiox VICIEUSE pcut dépendre soit d'une question de race, soit d\me configuration pathologique du maxillaire (rachitisme, évolution incomplèlo du massif osseux central de la face chez les sujets atteinU d'imperméabilité habituelle des fosses nasales, par suite de végétations adénoïdes, par exemple).

La MAUVAISE CONFORMATION sc voit daus beaucoup de circonstances on plusieurs maladies graves, ou bien une seule maladie longue s*est produite pendant Tévohition dentaire. L'éclampsie, la syphilis héréditaire, le rachitisme, sont parmi les facteurs principaux de l'altération dansb forme des dents. l\ Sollier a cité des. érosions dentaires qu'il assimile aux troubles trophi(|ues de Thystéric (*).

A la syphilis ont été attribués quatre tj-pes de modifications dans l«ir structure : les érosions, le microdontisme ou nanisme, l'aniorphisme. b vulnérabilité (usure rapide, carie facile, caducité précoce) (').

L'érosion est « une altération de la couronne, qui semble rongée, sciée, taraudée, vermoulue, en quelque sorte corrodée par un acide, el cela sans qu'il soit besoin d'invocpier aucune cause mécanique, postérieure à l'éruption de la dent » (Fournier). Les érosions dentaires exis lent par ordre de frécpuMice sur les premières molaires, les incisives, les canines; jamais sur les dernières petites molaires ni sur les grossies. On en dislingue plusieurs variétés : l'érosion en cupule, constituée par de j)elites excavations de la dimension dune pointe ou d'une tète d'épingle disposées suivant une ligne horizontale ou plusieurs lignes parallèles; — diu sillon (sulcifornie de Parrol), horizontal, superliciel ou profimd, noirâtre; plusieurs sillous parallèles donnent la dent en gradins; — eu nappc\ lorsque les sillons élargis se sont fusionnés; — en gâteau de iniely quand les érosions sont multiples et anfractueuses ; — l'usure par-

1*; \{. MiiLox, Denlilion, in Traite des maladies de Cenfance de Grancber, Coxbi. Xarfo.

t. Il, ISU7.

-. (!onj;ivs (Uî mtMliH'iiu' interne. Nancy, Ï8ÎH5. ['») A. FounxiER, De la sypliilis héréditaire.

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lit! par 1*111 it'lloiiîCïittlo Iîi prlio lîhro <Je la caiiroisnn prorluil la dont en ikau pour les intîlaîros; t^n iertt\ [)fnir Ins raiiine^M iH 1rs înfi-

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Et>is«iant, des dcnix iacisivps Tju^dîiini'î* sii|>orÎ4Hirpî* à laquelle est e If* nom (lu *^vïmt anglaî?^ (|tu l'a si iH^ltnirieiit rlécrîte. La déni chinfion esl ronstitur-e par imn t'fhanrriire seiiki-lunahe, ^rdcieiisemi Qmliilée, de Tuii des angles, nippetiint la pertn de subsliiuee que iwlint le crmtacl hahîtuel du tuyau de pipe sur les incisives latérales derlaîus vieux fumeurs; les antres eanietèivs s(jut h (aille en lûseau aux ipens de la lace aiilérienre, rétroilesse et la brièveté de ces dénis, quellefois leur forme m touruevîs, leur ohliquîté convergente. Ces divers [Hiclères atïeijrnent leur plus grande netteté vers Tâge de 15 à *20 ans, Hir s attéuner gniduellemeirt par T usure de la mastication, si bien qu à dans tout vestige de Faltération première a disparu et il n'y a pluî* de i^ntdllulelilnsnn.

Les o(>i nions diverses, an sujet de rêtiologie dos érosions dentaires», mt celle de Magitot, qui les a attribuées à (W accidents éelarïiptiqnes ineuus pendant renfanre, celle d'iluteliinson et de Parrot, qui les fait ppmdre toujours de la sy[)Inlis, celle de FVmruier, qui s'est ntonlré rierliqne, acceptant que eerUiines érosions dentaires poinli liées, ciqmliïPïiies, en scie et en gradins, peuvent ôtre la conséq neutre de eonvul- Ions et, par conséquent, de causes uniltipb^s, bien que la sy|iliilis [misse lîftlement les prodnire; mais que la vraie dont d'Uulcbinson (Téchan- *ure semi'lunaire des incisives nu'dianes supérieures) « cnnstiluc une irte présoiuption, presque nu signe de certitude en faveur de la syphilis ï». Vst aussi Topinion des auleiirs les plus récents (Forlin) (/).

Les autres altérations sojit le mier<)dontisjiu», atrectant quelfjups denls^

plus souvent les incisives, — ramorpliisuie presque toujours |Kirliel û communicpie a ceîlaines dents les fnj'rnes en ti icorne, en ebeville, en che, — enlin la vulnérabilité, qui tient soit a rinsuflisance ou i\ la auvaise constitntirui de réniail, friable, jdatreuît, schisteux, craquelé^ il a un vice de Ti voire (dent i ne globulaire),

Cbex les ouvriers qui sont employés à la lahriration de la sonde artifiille et exp<>aés mi\ va(>eiirs de 1 acide cldorhydjique, on a signalé une ération des dents consistant en nne rlestruciinn tb^s phc^sphates et car- 'mles df* rivoire et de Téniail ; les dénis [ireunent aloï's raspect t!t la mi^tance des bunts de sein en ivoire ram<dli ^Gubler).

bcAniE DENTAIRE joue uu r<Vle important dans la palhologie généiide^ lisqu'elle est la s*inre<* directe r>n indirecte d'une iliade fie maux^ *pnis les abcès péri et paradenbiires jusqu'aux tnïubles digestifs les

'î E. FôliTlt. V»li*ur iliignostwjiH^ ik* iiiolfoprnjilïojw drnlRJn^ oli*tTvres dwi Ir» hèrèdow*tilu|«cs. TliiVs^î ftf Pur!*, I8l)(>. — l^imultiT t^iicori' iinc dmumon à ta SoLiétë Jl^ MéHc- * mb*niê lie BfHui (21 ilùccinbre lîSW), à IftcmclU' ont pris j^srt IL ?iKtiMAjï?t» Ikcriwn,

plus divers par insuffisance de mastication. Nous ne pouvons donepa^^ser sous silence sa valeur en scraiotique. On doit rechercher la carie dqè dans la première et la seconde enfance ; car les dents temporaires, pb riches en matières organiques que les dents permanentes, ayant une dentine moins dense, des chambres pulpaires et des cavités i-adiculaire* plus développées, y sont tout à fait prédisposées. Puis, la première dail permanente (la première grosse molaire, dite dent de 6 ans) est le plus souvent exposée à la carie. La vulnérabilité des dents étant d'autant pte grande qu'elles sont moins riches en sels calcaires, on soupçonnera et œ dépistera surtout la carie chez les rachitiques, les individus dont la crois^ sance a été très rapide, chez tous les débilités en général ; chez les sujet* grands et blonds ; chez la femme, particulièrement aux diverses étapes de sa vie génitale (établissement et (in de la menstruation, grossesse). Pour diagnostiquer la carie, on n'attendra pas l'apparition des douleurs spontanées, des œdèmes et des suppurations de voisinage; on explorera périodiquement les dents avec le stylet et le miroir, en détachant les détritus alimentaires et la couche de tartre qui peut les enrironner. On suspectera plus particulièrement les dents du maxillaire supérieur, sur lesquelles la salive exerce moins facilement sa triple action protectrice de lavage, d'alcalinisation et de pouvoir microbicide (Sanarclli). On constatera tantôt la carie molle et blanche à marche rapide (phtisie dentaire), tantôt la carie sèche et lente qui résulte du processv défensif de formation de la dentine secondaire, ou même la calcificatioB de la pulpe.

Les caries dentaires se révèlent souvent, avant la constatation obj«^ tive des altérations de la dent, par des œdèmes de la gencive ou de h joue (fluxion), des douleurs névralgicpies, du trismus, surtout quawl il s'agit de la carie d'une des dernières molaires. Les mômes accident* peuvent tenir à l'évolution anomale d'une dent de sagesse.

Le DÉCHAUSSEMENT dcs dcuts par la résorption progressive des arcades alvéolaires (tabès) ou la pyorrhée alvéolaire, mettant à nu une partie df la racine dont le cément est si vulnérable aux acides, est une cause prédisposante de carie.

La CHUTE PRÉMATURÉE et rapide d'un grand nombre de dents, cariées ou non, doit faire rechercher soit une altération locale des gencives (gingivite expulsive, périostite alvéolaire) ou des maxillaires (nécrose par intoxication phosphorée, mercuriellc, sîiturnine), — soit un trouble ln> phique d'origine névriti(|ue ou centrale (tabès), — soit un vice gèncrJ de la nutrition, comme le diabète, Toxalurie, ruricémie excessive, agissant par Tintermédiaire d'une salive acide ou qui favorise par î« composition chimique la production du tartre. Les dents touibcnl aussi prématurément dans certaines dyspepsies soit h>-i>erchlorhydriques, soit avec formation abondante d'acides de fermentations sccoDdaires.

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