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CHAPITRE PREMIER

La FORBiE DE l'orifice BUCCAL cst modifiée par rabaissement d'une des conunissures du côté j>aralysé dans la paralysie faciale, — par récartemenl des lèvres, liabituci dans tous les cas d'imperméabilité des fosses nasales (végétations adénoïdes, grosse hypertrophie amygdalienne), ou permanent (luxation du maxillaire inférieur), — par occlusion spasniodique des lèvres dans la période tonique des états convulsifs (éclanipsie, épilepsie). et dans le trisnuis (tétanos, hydrophobie), avec déviation des conunissures dans le rictus sardonique de certains états méningitiques.

La forme des lèvres donne d'utiles indications séniiologiques. On peut remarquer que les lèvres ont une épaisseur insolite^ toutes deux on seulement Tune d'elles. Les scrofuleux ont habituellement une grosse lèvre supérieure, i)arce (pi'ils ont, à l'entrée des narines et sur la lèvrf supérieure, de fré(|uentos poussées d'eczéma impétigineux pendant bquelles se constituent des fissures ou rhagades; après chacune de ces poussées inflammatoires, la lèvre s'épaissit davantage. Les idiots iiivxœdémateux ont souvent la lèvre inférieure épaisse et tombante. Les deux lèvres sont tuméfiées et saillantes dans lacromégalie.

Par contre, les lèvres ^'amincissent dans la sclérodermie par suite de la tendance qu'ont tous les tissus de la face à se coller étroitement sur b [wrties sous-jacontes ; Torilice buccal paraît étréci.

La forme des lèvres peut être modifiée par une malformation coiigi-

(') Guti.EH, Dirfionn. ciinjclopédique, arl. Bouciii-. — P'tRXET. Dictionnaire de Jaccond. — A. KuAiLT. Trailc de médecine de Chaicot-Bouchard^ t. 111, 189*2.

litale (bec de lièvre), par la paralysie de l'orbiculairc ou des muscles qui ^'insèrent aux couuuissures. Dans la paralysie faciale, Tune des commissures se trouve abaissée, tandis que l'autre est tirée en haut et en dehors. jbl salive s'écoule souvent par la commissure tombante. Dans la diplégie aciale, les deux lèvres sont sans cesse écartées et Tinférieure tombante. [)ans certaines atrophies nmsculaires progressives et dans la paralysie labio-glosso-laryngée, les lèvres sont amincies par Tamyotrophie de Torbii^ulaire ; le malade est incapable de siffler et de soufller.

Le TRESIBLCME.NT dcs lèvrcs se rencontre dans la paralysie générale, Talcoolisme, Thystérie, les fièvres ataxo-adynamiques.

Comme indices sémiologiques, se rapportant à des muscles péribuccaux, rappelons la pai*alysie du buccinateur du côté atteint dans Thémiplégie et qu'on caractérise en disant que le patient « fume la pipe », le mâchonnement et les grincements de dents qui existent dans les méningites.

La COLORATION DES LÈVRES cst blcuàtre dans le stade de frisson de la lièvre, chez les sujets atteints de cyanose congénitale, chez les cardiaques dont la stase veineuse est grande, d'un rouge trop vif chez certains sujets scrofuleux ou porteurs d'un rétrécissement miti*al. Elle devient, au contraire, d'un rose pâle, presque blanche même, chez les chlorotiques, dans les anémies symptomatiques et les cachexies (phtisie).

Dans les états fébriles, la muqueuse des lèvres se sèche comme toute la muqueuse buccale ; elle se fendille, se crevasse dans les états adynamiques, se recouvre de fuliginosités. Les enfants ont une grande tendance, dans tout état fébrile, à activer avec leurs ongles cette desquamation et leurs lèvres sont bien souvent ainsi déchirées.

On recherche sur les lèvres les érosions aphteuses, les vésicules l'herpès et les croûtes qui leur succèdent dans la pneumonie, la fièvre herpétique, la méningite cérébro-spinale; l'épithélioma, le chancre, les plaques muqueuses syphilitiques, les pustules impétigineuses, la perlèche, etc.

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