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CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LA TECHNIQUE DE LEXAMEN DU SANG

liais, dans cette solution, les hématoblastes se réunissent en masses tnûriformes, et il est impossible de les disperser. Pour les dénombrer, il faut recourir au sérum iodé, à Kurine de diabétique, ou au liquide amniotique de mouton.

Les instruments qui servent à la numération, les hémalimètres, en un mot, sont plus ou moins compliqués. Les efforts des derniers inventeurs tendent à perfectionner la cellule de MM. Hayem et Nachet. Cette cellule, destinée à recevoir la solution sanguine, a une hauteur de 1/5 de millimètre. Un quadrillé placé dans Toculaire du microscope (Hayem ef Nachet), \!^\è au fond de la cellule (Gowers), ou inclus dans un dispositif spécial sous la platine du microscope (Nachet), permet de déterminer le nombre des globules qui occupent dans la cellule un carré de 1/5 de millimètre de côté. Comme la hauteur de celle-ci est, ainsi que nous l'avons dit, de 1/5 de millimètre, le quadrillé, en réalité, limite les globules contenus dans 1/5 de millimètre cube. Étant connu le titre de la solution sanguine, il est, dès lors, facile de faire les calculs qui conduisent à la notion du nombre des globules que renferme 1 millimètre cube de sang pur.

La numération des globules fournit, dans un grand nombre de cas, des renseignements de la plus haute importance. Mais pour que ceui-ci aient une réelle valeur, il ne suffit point d'employer les liquides et les instruments appropriés, il convient encore de faire un court apprentissage hématimétrique.

UI. — REaiERCHE DE L'ÉTAT CHIMIQUE DU SANG

La connaissance des caractères chimiques du sang sera demandée à la rhromométrie pratiquée en Mie du dosage de l'hémoglobine et à l'examen spectroscopique du sang pur et du sérum. L'examen microscopique luimême aura déjà donné des indications précieuses sur l'état chimique du sang et particulièrement sur la quantité de fibrine qu'il renferme. A la vérité, l'analyse chimique proprement dite conduirait à des notions beaucoup plus complètes; mais elle exige une quantité de sang que la piqûre du doigt est incapable de fournir.

Chromométrie et dosage de rh6moglobine. — Le dosage de l'hémoglobine par les méthodes chromométriques est fondé sur le pouvoir colorant de cette substance et sur sa solubilité dans l'eau.

L'appareil chromométrique dont se sert M. Hayem est d'une grande simplicité ; il consiste en un double réservoir de verre et en une échelle fie rondelles de papier coloriées. Les deux petits réservoirs étant remplis, Tun par une solution, à titre connu du sang à essayer, l'autre d'eau pure, si au-dessous de ce dernier on fait passer successivement des rondelles iroloriées, de plus en plus foncées, il arrivera qu'à un moment une de ces rondelles possédera une coloration équivalente à celle de la solution sanrànotocri cibliaALB. — lY. 4

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guine. Chacune des teintes coloriées représentant une solution de sang titré, dès qu'on aura trouvé la rondelle qui correspond le mieux au mélange sanguin, le dosage sera opéré.

La numération des globules rouges doit toujours être accompagnée par le dosage de Thémoglobine. La chromométrie même, par rimportance des renseignements qu'elle fournit, a le pas sur rhématimétrie. Mieux vaul connaître la quantité d'hémoglobine que renferme le sang d'un anémique que safoir le nombre de ses globules.

Lorsque la richesse de 1 millimètre cube de sang en hémoglobine est connue, il suffit de diviser le chiffre qui Fexprime par le nombre des hématies contenues dans 1 millimètre cube de sang pour connaître la valeur de chaque globule en hémoglobine. A l'état normal, la quantiU'* d'hémoglobine contenue dans 1 millimètre cube de sang ou richesse (flobiilaire est fictivement exprimée par 5000000, c'est-à-dire que R (richesse globulaire) :^N (nombre des hématies). La quantité d'hémoglobine contenue dans chaque globule, la valeur globulaire équivaut ainsi à l'unité : G (valeur globulaire)= 1. Dans un grand nombre d'états morbides, le chiffre des hématies et la richesse globulaire faiblissent; le plus souvent la dépréciation de la richesse globulaire est plus accentuée que celle du nombre des hématies, si bien que la valeur globulaire tombe» au-dessous de l'unité.

Analyse spectroscopique. — S.vng puk. — L'examen spectroscopique du sang peut être pratiqué avec un instrument simple à vision directe. 11 doit porter sur le sang pur et sur le sang dilué. Pour examiner le sang pur, il faut choisir deux tubes à essai entrant à frottement l'un dans l'autre. Dans le plus grand on laisse tomber quelques gouttes de sang que l'inlroduclion du second étale en une mince couche. Pour examiner le sang dilué, il suffit d'opérer le mélange dans un tube à essai (Ilayem).

On connaît le spectre d'absorption du sang, notanunent les deux bandes d'absorption de l'oxyhémoglobine qui se montrent entre les lignes D et E de Frauenhofer (fig. 4. ,). Dans l'asphyxie, le sang ne s'appauvrit pas en oxygène au point qu'à l'analyse spectrale on puisse constater la disparition des bandes d'absorption de l'oxyhémoglobine. Mais en faisant agir sur le sang dilué un corps réducteur tel que le sulfliydrate d'ammoniaque, les deux band(»s se fondent en une seule, par suite de l'obscurcissement de l'intervalle qui les sépare, et apparaît la bande unique de l'hémoglobin*^ (lésoxygénée, dite bande de réduction de Stokes ((ig. 4. ,).

Dans un certain nombre d'intoxications le spectre du sang est modifié.

Il faut particulièrement signaler le spectre fourni par l'hémoglobine oxycarbonée et par la méthémoglobine.

Les bandes d'absorption de l'hémoglobine oxycarbonée diffèrent des bandes de l'oxyhémoglobine en ce qu'elles sont légèrement déplacées vers le violet, et surtout en ce qu'elles résistent à l'action des agents réducteurs de l'oxyhémoglobine.

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La méthémoglobinc, composé oxygéné de l'hémoglobine, difféiant de roxyhémoglobinc, stable et impropre à rhématose, donne naissance en solution alcaline à trois bandes. Tune entre les raies C et D, les deux autres entre les raies I) et E (fig. 4 J; en solution acide et neutre, la méthémoglobine donne naissance à quatre bandes. Tune très apparente, entre les raies C et D, les trois autres dans les parties jaunes, vertes et bleues du

Fig. 4. — Analyse spectroscoiiiqiic. (Fiçure einpruntt'c au livre de M. Hayen).)

I. Spectre de l'ht-mofflobine réduite. 2, Spectre de roxyhéuio^'lohiiie. 3, Spectre de la inéthrincf^tohine en solution acide. 4, Spectre de la niéthéinoglohine en solution alcaline. 5, S|>e(*tre d'un ini^lange de in'Hhénioglobine et d'oxyhéuio^Mobine. 6, Spectre de l'iirohiline dans l'urine acide. 7. Spectre des pigments biliain?s dans l'urine. 8, Spectre de l'urabiline en solution dans l'urine traitée par le clilonire de zinc ammoniacal.

sp<»ctre (fig. 4. j). Apres laddition de sulfliydrate d'ammoniaque, le spectre (le la méthémoglobine se cliange en celui de Toxybémoglobine, puis en celui do rhémoglobine simple.

On conçoit Fimportance de Texamen spectroscopique pour le diagnostic

de rintoxîcation ])ar l'oxyde de carbone, et pour le diagnostic des intoxi- •cations qui donnent lieu à la formation de la uiéthémoglobine, telles que Tintoxication par le chlorate de potasse. Il faut savoir d ailleurs qu^un ..grand nombre de substances données à dose médicamenteuse, le nitrite d'amyle, Tacétanilide, la kairine, le bleu de méthylène par exemple, font .apparaître dans le sang la méthémoglobine.

Sëhum. — Le spectroscope peut être utilisé, non seulement pour l'examen •du sang en totalité, mais encore pour celui du sérum seul.

La simple piqûre d'une lancette permet de recueillir de 2 à 3 centiinètres cubes de sang, c'est-à-dire une quantité de sang suffisante pour l'observation du sérum, à la condition que la main du patient ait été placée dans une position déclive pendant quelques instants, avant que la piqûre ;ait été faite à l'extrémité du doigt, et à la condition qu'après la pi(|ûre, l'issue du sang ait été facilitée par une sorte de massage pratiqué depuis !la racine du doigt jusqu'au voisinage de la piqûre.

Recueilli dans une petite éprouvette d'une coutenîince de 5 centimètres •cubes environ, le sang sera placé dans un endroit frais ou dans une glacière. Au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures le caillot sera rétracté, et le sérum bien séparé pourra être recueilli (llayem).

Dans les conditions normales, le sénun renferme toujours une petite quantité d'oxyhémoglobine. Lorsque la proportion en devient notable, le fait doit être considéré comme ayant une signification pathologique. On -dit alors qu'il y a hémoglobinéinie. 11 en est ainsi à la suite des transfusions, dans la plupart des maladies infectieuses et dans Thémoglobinurie paroxysticpie. Sous l'influence de Thémoglobinémie, le sérum prend une teinte (|ui va du jaune-orangé clair juscpi'au rouge rubis, tout en restant clair, et à Texamen spectroscopique il fournit des bandes d'absorption d'une grande netteté.

Quelques auteurs ont admis que le sérum nornml renferme également une petite quantité d'urobiline. Mais il n'en est rien, ainsi qu'on peut ^'en assurer par l'étude du sérum frais. La présence de Turobiline dans le sérum constitue un fait anormal qui découle, soit d'une destructicm <îxagérée des hématies, soit le plus souvent de rinsuflisance fonctionnelle du foie. Dans la première alternative, le foie ne jmrvient pas à transformer la totalité de l'hémoglobine en bilirubine; une partie de l'hémoglobine subit une transformation moins avancée en demeurant h Tétat d'urobiline. Dans la seconde alternative, le foie est insuffisant à transformer Thémoglobine en bilirubine; il la laisse à l'état d'urobiline. Ce pigment très diffusiblc passe immédiatement dans le sang et dans les humeurs, où il est aisément décelé par le spectrosco|)e. En effet, dans un spectre dont la raie D corresjxmd au n"* 100 de l'échelle micrométrique, l'urobiline, en solution acide, fournit une bande d'absor|)tion placée sur la limite gauche du bleu, à cheval sur 140, s'étendant de 155 à 1 48 (fig. 4. ,) (llayem).

Le sérum chargé d'urobiline conserve une coloration normale. 11 n'en

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est pas de même lorsqu'il contient des pigments biliaires : il oflre alors une teinte jaune verdâtre plus ou moins marquée, même alors qu'il ne donne pas la réaction de Gmelin. A l'examen spectroscopique, les pigments biliaires traduisent leur existence par l'extinction du violet et d'une partie im de la totalité du bleu (fig. 4. 7).

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