II. — RECHERCHE DE L'ÉTAT HISTOLOGIQUE DU SAXG
La connaissance de Tétat histologique du sang repose sur trois inode< d*investigation : la préparation et la coloration du sang sec; la préparation du sang frais; la dilution du sang et la numération des éléments figurés.
(*) ScuxALTZ, Conférés de ro<^lcdne iiUcrno do AVicsbadciit avril iS9i.
lIONSIDÉRAnONS PRÉLIMINAIRES SUR LA TECHNIQUE DE L'EXAMEN DU SANG. 45
Préparation et coloration de sang sec. — Pour faire une préparation de san^ sec, on recueille une goutte de sang sur une lame de verre; on Tétale au moyen d'un agitateur, puis on la dessèche en animant la lame d'un mouvement de va-et-vient brusque et rapide.
Cette prépai'ation aplatit les globules blancs et laisse aux hématies et aux hématoblastes leurs caractères anatomiques (fig. 1). Elle est très favorable
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Ki^. 1. — Pn^parntion de sans sec normal. (Cette ligure montre un grand nombre d'ht^maties, un leucocyte et deux hématoblastes. Comme dans toutes les préparations de sang sec, le leucocyte roulé par ragitateur qui a servi à étaler la gouttelette de sang est élargi et d'un diamètre exagéré.)
à Tétude des modifications de coideur, de forme, de dimensions que subissent les globules rouges dans un grand nombre de conditions, notamment dans les anémies. Lorsque Ton veut y étudier les hématoblastes, il <:onvient d'examiner le point de la lame où la goutte de sang a été déposée (fig. 2), car, moins volumineux et plus visqueux que les hématies et les leucocytes, ils sont entraînés moins loin que ceux-ci par la baguette de verre pendant la préparation (Hayem)(*).
Le sang, étalé en couche mincie et desséché, se prête parfaitement à l'application des diverses méthodes de coloration.
La plupart des réactifs colorants usités en histologie altèrent les globules sanguins et dissolvent Thémoglobine.
L'eau iodo-iodurée toutefois fait exception; employée en solution de coloration brune assez intense, elle teint toutes les parties qui renferment de rhémoglobine en acajou foncé. Elle permet ainsi, avec sûreté, de
'*) G. Ha\lm, Du sang et de ses allératiuns anatomiques. Paris, 188U
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découvrir les hématies nudéées charriées par le sanç dans certains cas pathologiques. — Lorsqu^on voudra faire agiî' sur le saig les autres réactifs, il sera nécessaire de rendre les globules inaltéraUes, en d'autres termes, de fixer les préparations.
Les vapeurs de Tacide osmique remplissent bien ce but: mais il importe de savoir qu'elles s^opposent à Faction ultérieure d'un grand nombre de substances colorantes.
n sera donc préférable de recourir à la chaleur, en plaçant, selon Iv
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Kig. 2. — Pr^jnnilioo de sani; sec normal, examina dans le point de la lame où la (routte de sang ' été déposée (comparer cette figure à la précédente). (Ce dessin montre «n grand nombre dliém»toblastes, quelques hématies et deux leucocytes.)
conseil d'Ehriich, les préparations pendant une heure à Tétuve sèche à 120-150 degrés.
A Fétat normal les hématies se colorent sous Faction des substances acides telles que I acide picrique et Féosine: les noyaux des leucocytes se colorent, comme les microbes, sous Finfluence des substances basiques, telles que le violet de méthyle et la safranine et leurs granulations protoplasmiques sous Faction des réactifs neutres. Pour mettre en évidence la propriété neutrophile de ces granulations, il convient, les préparations ayant été fixées par la chaleur, de les soumettre à Faction d'un bain colorant obtenu en plaçant en présence des substances acides et des substances basiques (Ehrlich). On peut, par exemple, employer la formule suivante :
Solution aqueuse saturée de fuchsine adde 5 volumes.
Agitez en ajoutant :
Solution coDcentréede bleu de métbvle (htsique^ 1 vohne.
Eau distillée \ 5 —
Laisser reposer pendant quelques jours et filtrer.
CONSmËRATIONS PRÉLIMINAfflES SUR LA TECHNIQUE DE LEXAMEN DU SANG. 47
Sous l'action de ce réactif, les hématies prennent une teinte rouge et les granulations leucocytiques une coloration violette.
On ne rencontre que rarement dans le sang normal des leucocytes dont les granulations prennent lescouleursacides, telles que Téosine, et basiques, c-'esl-à-dire des leucocytes éosinophiles et bdsophiles. Il n'en est pas de même, ainsi que nous le verrons, à l'état pathologique.
Inversement, nous verrons les hématies normalement éosinophiles, \H)ur nous servir, en ce qui les concerne, des qualificatifs appliqués aux leucocytes, devenir partiellement ou en totalité basophiles. Le procédé qui permet le mieux d'apprécier les changements apportés dans leurs n^actions colorantes est celui de la double coloration soit par l'éosine hématoxylique, soit par l'orangé et le bleu de méthylène : les parties altérées du protoplasma globulaire se colorent en bleu, alors que les parties saines prennent une teinte rouge brique si, l'éosine hématoxylique a été employée, ou jaune orangé si l'on a eu recours à l'autre réactif (Maragliano elCastellino)(*).
Préparation de sang frais. — Cette préparation doit être faite à l'aide d'une cellule spéciale dite cellule à rigole (Hayem) qui se compose d'une lame épaisse et plane sur laquelle est isolé par une rigole circulaire un petit disque de 3 millimètres de diamètre environ. Une gouttelette de sang est déposée au centre du disque, puis recouverte d'une lamelle parfaitement unie qui 1 étale en une nappe d'épaisseur uniforme. On a eu soin, préalablement, d'enduire le bord externe de la rigole d'une mince couche de vaseline sur laquelle s'applique exactement le contour de la lamelle. La préparation se trouve ainsi à l'abri de l'air.
Quand l'opération est bien réussie, les hématies prennent la disposition de piles de monnaie et se réunissent de diverses manières en formant des ilôts d'une étendue plus ou moins considérable. Ces ilôts laissent entre eux des espaces libres plasmatiques, qui, dans le sang normal, communiquent les uns avec les autres de manière à simuler une mer. Dans cette mer se trouvent les globules blancs, quelques rares globules rouges, et les hématoblastes isolés ou groupés en amas. Au moment où le sang se coajgule, on voit partir des hématoblastes quelques traînées filamenteuses qui vont se perdre en s'effilant à une courte distance ; de plus, on trouve en divers endroits des filaments fibrillaires épars ou formant par places un treillis très fin, de telle sorte que, dans le sang normal étalé en couche mince, le réseau filamenteux qui se forme au moment de la coagulation reste presque totalement invisible (fig. 3).
La préparation du sang humide permet de reconnaître si la fibrine est augmentée et la proportion dans laquelle elle est accrue, à l'épaisseur et au nombre des fibrilles qui composent le réticulum.
(*) Maracliaxo et Castclliiio, Salle modificizioni dcgencrativc dei globuli rossi. GomunicazMiie f. a. R. Academ. de Genor., 16 aprilc 1890. La Riforma medica^ 6 maggio 1890, p. 620.
Elle permet, de plus, d'estimer approximativement le nombre des globules blancs et d'observer, à Taide de la platine chauffante, Tétat de leurs mouvements amiboïdes.
Elle permet encore de juger du degré d'adhérence que les hématies contractent entre elles.
Enfin elle est particulièrement précieuse pour la recherche des fragments
V'n!;. 5. — Pivpai-alion de sanp frais normal. — Dans la mer plasmatiqiie, les ht^niaties réunies en piles forment des ilols ; on distin^^rue quelques li(^maties isol(^es, quelques leucocytes et des h(^matoiilastes isol»'*s ou jîroup«'*s en amas. On y distingue aussi quelques fibrilles (ibrineuscs particulièrement inM'H^es sur les amas hômatoblastiques.
niélaniques que charrie la circulation dans certains cas pathologiques ainsi que pour la recherche des gros parasites du sang.
Numération des éléments du sang. — Los éléments figiu'és que renl'ernic le sang sont tellement nombreux que, pour les compter, il est nécessaire de le dihier. Le liquide employé devra réunir une double qualité : conserver les éléments, favoriser leur égale répartition. Vierordt, M. Potain, M. Malassez, M. Grancher et d'autres hématologues ont tour à lour imaginé des solutions de composition ditlërenle.
Pour la numération des hémalies et des leucocytes, M. Ilayem recommande le liquide suivant :
Eau distilire "200 grammes
Clilorure de smljum t gramme
Sulfate de soude r> grammes
Bicblorure d'fiydrargyre 0»',r»0