CONSIDÉRATIONS PHYSIO-PATHOLOGIQUES
Les fondions multiples auxquelles préside le larynx rendent compte de Timportance et de la fréquence des troubles provoqués par les lésions, même minimes, qui Tatteignent.
A. Rôle physiologique. — C'est à la fois un organe de la vie de nutrition et un organe de la vie de relation.
A ce titre il remplit un rôle de premier ordre dans raccomplissement de deux fonctions elles-mêmes capitales : 1* la respiration; 2° h phonation. Ce n'est pas ici le lieu d'exposer ce double rôle, mais il nous faut rappeler que laccomplisscment normal de ces deux fonctions, l'une en partie indépendante de la volonté, l'autre étroitement soumise à celle-ci, exige l'intégrité non seulement de groupes musculaires antagonistes, mais encore de (ilets nerveux et de centres distincts. La théorie de Cl. Bernard qui croyait expliquer la dualité fonctionnelle du larynx par la dualité originelle des nerfs moteurs du larjTix, le pneumogastrique qui serait le nerf respirateur, et le spinal qui serait le nerf phonateur, a été, en effet, rajeunie de nos jours par l'hypothèse ou, pour mieux dire, par la démonstration de l'existence de centres distincts, l'un respiratoire, bulbaire, l'autre phonatoire, cortical. Le larynx a donc sa représentation à la fois dans le bulbe comme organe respirateur, et dans l'écorce cérébrale comme organe phonateur. Ainsi s'explique le mécanisme complexe de la dilatation et de la constriction de la glotte.
5^ Mais si la respiration et la phonation sont les fonctions capitales du larynx, elles ne sont pas les seules. L'organe ne reçoit pas que des nerfs moteurs: un nerf spécial, le larjiigé supérieur, lui communique une sensibilité exquise. En vertu de cette sensibilité, il devient le point de départ de réflexes variés, dont les plus communs, la toux et le spasme glottique, doivent être considérés comme des réflexes défensifs ayant
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pour luit de protéger les organes respiratoires inférieurs contre la pénétration de substances étrangères, gazeuses, liquides ou solides, venues du dehors. De là une troisième fonction, la fonction protectrice du larynx contre les causes nocives extérieures. Ce rôle protecteur est encore mis en évidence par le jeu de Tépiglotte et l'ascension du larynx au moment de la déglutition.
4° Rappelons enfin les relations, de notion banale, qui existent entre Torganc de la voix et la sphère génitale : les modifications de l'un accompagnent les phases évolutives et involutives de lautre, de la naissance à la vieillesse, si bien que, par une sorte de paradoxe physiologique, on a pu considérer le larpx comme une annexe du système de reproduction.
H. Rôle pathologique. — L'accomplissement de ces diverses fonctions repose sur un mécanisme si complexe et si délicat que les altérations les plus légères et les plus banales sont susceptibles d'y jeter le trouble.
Ces lésions offrent une diversité pour ainsi dire infinie dans leur nature, une variabilité surprenante dans leur siège : elles occupent le larynx lui-même, son voisinage immédiat, l'un des points du trajetfort long des nerfs qui s'y rendent, le bulbe, le cerveau lui-même; il n'est pas jusqu'à des organes éloignés tels que les fosses nasales, les testicules, les ovaires, l'utérus qui, par des mécanismes divers, ne puissent retentir sur son fonctionnement. De même encore un bon nombre d'infections ii détermination primitivement extra-laryngée, telles que la tuberculose pulmonaire, la syphilis, la diphtérie, viennent ultérieurement se localiser dans le larjTix avec une prédilection toute spéciale.
Mais les relations du larynx avec les autres organes ne se traduisent pas seulement par l'influence des seconds sur le premier; par une sorte de réciprocité, le larynx à son tour peut retentir sur l'organisme. S'il est, en effet, des affections laryngées qui restent locales et évoluent comme telles, la plupart ont une influence néfaste sur l'économie et cela par deux mécanismes principaux : les unes compromettent par leur nature» leur siège, leur marche extensive, non seulement la voix, mais encore la respiration et la déglutition, c'est-à-dire l'existence; les autres sontdes^lésions de nature infectieuse qui, après avoir évolué un certain temps ài titre d<* localisation primitive dans le larynx, envahissent les autres segments des voies respiratoires ou se généralisent.
Ces exemples montrent suffisamment que, tout en jouissant d'une cc^rtaine indépendance pathologique, le larynx, comme le nez, ne laisse pa.« que d'être intimement lié au reste de l'organisme.