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Empoisonnement par la potasse et la soude caustiques

Mêmes symptômes et traitement que pour Tempoisonnement ammoniacal.

7. Empoisonnement par le nitre. — Vomissements et dévoîement. Douleurs abdominales intenses. Collapsus général : peau froide, pouls précipité, misérable, parfois aussi ralentissement du pouls. Phénomènes nerveux : contractions musculaires douloureuses ; dans les cas graves, convulsions et coma. Traitement symptomatique : narcotiques (opium), excitants (camphre, éther), pilules de glace.

8. Empoisonnement par le chlore. — Toux convulsive, violente. Expectoration sanguinolente. Spasme de la glotte. Dyspnée. Douleurs pongîtives dans la poitrine. Éternuement et larmoiement. Pneumonie dans les cas graves. Traitement : air frais, inhalation de vapeurs d'eau chaude ou d'ammoniaque (pour former du chlorhydrate d'ammoniaque). Essayer aussi le chloroforme, narcotiques.

9. Empoisonnement par riode. — i. lodisme aîgu^ par exemple, après rinjection de grandes quantités de teinture d'iode dans les kystes ovariques : collapsus, pâleur et cyanose de la peau, pouls petit, très fréquent. Vomissements, suppression d'urine. Plus tard forte injection de la peau, albuminurie. Angine, coryza, exanthèmes. I. lodismc chronique y par exemple, à la suite de l'usage interne prolongé de l'iode ou de l'iodure de potassium : coryza, conjonctivite, angine, malaise gastrique, symptômes nerveux l^ers (vertiges, céphalalgie). Exanthèmes iodîques (acné, érythème). — Traitement : dans les cas aigus, blanc d'œuf, excitants. Pour le reste, traitement symptomatique. Suspension opportune du remède dans le traitement iodé!

10. Empoisonnement par le brome. — i- L'empoisonnement aigu par les vapeurs hroinées donne lieu aux mômes symptômes que l'empoîscnnement par le chlore. 2. Symptômes de bromisme par suite du long usage du bromure de potassium : abattement, affaiblissement musculaire, apathie morale et perte de mémoire. Diminution des réflexes, surtout de l'excitabilité réflexe du palais et du pharynx, manque d'appétit, diarrhée. Presque toujours acné bromique. — Le contre-poison spécifique est inconnu.

11. Empoisonnement saturnin. — a. Lintoxuation aiguë par k plomb produit les symptômes d'une violente gastro-entérite. Les meilleurs antidotes sont les sulfates alcalins (de soude, de magnésie). Il y a encore les phosphates alcalins, le blanc d'œuf, le lait. Dans

lodisxne. — Saturnisme. — Hydrargyrlsme. 295

les cas récents la pompe stomacale, au besoin un vomitif et un purgatif. Pour le reste, traitement des symptômes.

b. Intoxication saturnine chronique (chez les typographes, les fondeurs de caractères, les peintres, potiers, etc.). Symptômes généraux: liséré plombique de la gencive, anémie plombique, cachexie. Groupes importants de symptômes: i. Colique de plomb. Violentes douleurs d'entrailles, rayonnant autour du nombril, ordinairement constipation, pouls dur et ralenti, température le plus souvent normale, urine parfois un peu albumineuse, durée de i à 2 semaines. Traitement : quand les douleurs sont vives, Topium et les cataplasmes chauds. Essayer aussi Tatropinc, contre la constipation les lavements et les purgatifs légers. Bains chauds. 2. Paralysie saturnine (v. Tome II. I, p. 90). 3 Encéphalopatkie saturnine. Explosion subite de symptômes cérébraux graves ; convulsion, coma, délirei agitations mentales excessives, céphalée intense, amaurose saturnine. La mort dans les cas graves. Le résultat de Tautopsie est presque toujours négatif quant au cerveau. Traitetnent des symptômes : bains tièdes avec afTusions, narcotiques. Excitants. Plus tard iodurc de potassium. 4 Arthralgie saturnine^ le plus souvent au genou, plus rarement aux articulations des membres supérieurs. Elle est parfois accompagnée de contractions douloureuses des muscles. Les altérations articulaires objectives font ordinairement défaut. Le traitement consiste en bains chauds et dans l'administration de Tiodure de potassium. — Rappelons encore une fois les rapports de l'empoisonnement saturnin chronique avec la goutte et la sclérose rénale chronique.

12. Empoisonnement par le cuivre. — Empoisonnement cuivrique aigu : Vomissement de masses verdâtres, coliques, ténesme, selles sanguinolentes, collapsus, respiration difficile. Traitement : blanc d'oeuf, lait, limaille de fer, charbon de bois. Ensuite la magnésie calcinée. L'empoisonnement chronique par le aiivre^^X rare (symptômes gastriques et intestinaux, coliques, coloration rougeâtre ou verdâtre des cheveux).

13- Empoisonnement mercuriel. — a. Empoisonnement aigu par le sublimé : vive corrosion de la bouche, du gosier, de l'œsophage, de l'estomac et de l'intestin. Vomissements. Diarrhée avec ténesme cuisant. Ischurie ou anurie complète. Phénomènes de collapsus. Terminaison le plus souvent promptement mortelle. Traitement : Eau albumineuse, poudre ferrugineuse, narcotiques. — b. Hydrargyrisme chronique (fabricants de thermomètres, ateliers d'instruments de physique, étameurs, plus rarement à la suite d'un traitement mercuriel prolonge); anémie, maigreur, symptômes gastriques et

296 Intoxications.

intestinaux. Tremblement mercuriel^ stomatite^ ptyalisme. Parfois troubles intellectuels. Dans les cas graves tremblement intense et paralysies (pas d'anesthésie). Traitement : bains chauds, iodure de potassium. Bonne alimentation. Électricité.

14. Empoisonnement par le phosphore. — \.Empoisonnenunt aigu par le phosphore (allumettes phosphoriques) : Des douleurs violentes à répigastre et des vomissements (matières vomies répandant une odeur phosphorée et parfois luisantes dans l'obscurité) sont les symptômes initiaux. Puis se déclare d'ordinaire une période de rémission des symptômes, de manière que les malades se trouvent relativement bien, pendant 2 à 3 jours. Ce n'est qu'après ce laps de temps que commencent les manifestations graves de l'intoxication phosphorée : l'ictère, des douleurs violentes dans l'abdomen et dans la région du lox^^T agrandissement du foie y la fièvre, le pouls petit et faible, parfois des hémorrhagies de l'estomac, de l'intestin, de la peau, des reins, du nez, de la matrice, etc. Le sensorium reste ordinairement indemne. Quelquefois avant la mort seulement de la somnolence et des convulsions. Dans Vurine^ de l'albumine, du sang, des cylindres, parfois de la leucine et de la tyrosîne. L'urée disparaît de l'urine. La mort arrive le plus souvent après 8 à 14 jours, quoique la marche morbide soit souvent plus rapide. Les cas légers, où tous les symptômes sont peu accentués, sont susceptibles de guérison. Toutefois au début le pronostic est en tout état de chose très sérieux. — Résultat nécroscopique dans t empoisonnement aigu par le plwsphore: Ictère. Hémorrhagies multiples dans les organes internes (membranes séreuses, muqueuses, reins, etc). Dégénérescence adipeuse de la plupart des organes internes : du cœur, des muscles, des reins et surtout du foie. — Traitement : dans les cas récents, lavage de l'estomac et dérivatifs, sulfate de cuivre comme vomitif. Le meilleur contrepoison c'est r huile de térébenthine non rectifiée (30 à 40 gouttes dans un véhicule mucilagineux). Il faut éviter la graisse, parce que le phosphore s'y dissout facilement. Pour le reste traitement symptomatique (narcotiques).

2. Empoisonnement chronique par le phosphore : nécrose phosphorée du maxillaire inférieur, plus rarement du maxillaire supérieur» laquelle a son point de départ dans les dents cariées, nécrose des os avec formation exubérante d'ostéophytes.

15. Empoisonnement par l'arsenic. (Acide arsénieux, vert de Schweinfurt, vert de Scheele, tentures arsenicales, etc.). — i. Empoisonnement arsenical aigu : symptômes d'une gastro-entérite intense, ayant quelque ressemblance avec le choléra, vomissements violents, selles riziformes. Douleurs abdominales vives, collapsus. Parfois exan-

Arsënloisme. — Alcoollolsxne. 297

thèmes sous forme d'urticaire» d'eczéma, etc. Parfois de l'albumine et du sang dans l'urine. Dans les cas graves, mort après i à 2 jours. Pour le traitement de la paralysie arsenicale^ voyez T. II, i, p. 92. Traitement : pompe stomacale au début et vomitif (sulfate de zinc). Puis le remède par excellence, F hydrate de peroxyde de fer dans de- Feau (2 à 4 cuillers à soupe tous les quarts d'heure ou toutes les demi-heures), & saccharate d oxyde de fer soluble par cuillerées à thé, la magnésie calcinée, et surtout tantidote arsenical officinal composé de magnésie et d'hydrate d'oxyde de fer, une cuiller à soupe à prendre de quart d'heure en quart d'heure, ou de demi-heure en demi-heure. 2, Empoisonnement ars/nical cAroniçue(puvriers qui travaillent dans les mines arsenicales, dans les verreries, aux habits, tentures et fleurs artificielles renfermant de l'arsenic, etc.) : conjonctivite, catarrhe chronique de Testomac et de l'intestin, eczéma et ulcérations de la peau, anémie et cachexie généralisées, alopécie, insomnie. Outre la prophylaxie, le traitement est purement symptomatique.

16. Empoisonnement par l'alcool. — i. Intoxication alcoolique aiguë. Dans les cas graves : perte de conscience, anesthésie, pupilles largement dilatées ou rétrécies, ordinairement immobiles, pouls petit, quelquefois ralenti,peau froide et poisseuse, vomissements, respiration stertoreuse. Au lieu du coma parfois délire, convulsions cloniques. Durée de ces cas, 3 à 4 jours. L'issue mortelle a été plusieurs fois observée. Traitement : bains avec afTusions, excitants.

2. Alcoolicisme chronique, a) Affaiblissement physique et mental. Catarrhe chronique du pharynx, du larynx, de l'estomac et de l'intestin. Tremblement alcoolique, maladies organiques consécutives multiples (cirrhose du foie, sclérose rénale, affections cérébrales, etc.). b) Délirium tremens. D'ordinaire explosion subite, par ex. à l'occasion d'une autre maladie aiguë, d'une blessure, etc. Aberration mentale, agitations violentes,hallucinations (petits animaux,etc.),surexcitation intellectuelle, insomnie. Traitement : bains avec affusions. Injection de strychnine. Narcotiques, notamment le chloral, mais avec prudence! Si possible pas de moyens de contrainte. Nombre de malades peuvent librement circuler dans leur appartement pourvu qu'ils soient surveillés. Concéder des alcooliques pour prévenir le collapsus.

17. Empoisonnement par le chloroforme. — Perte de conscience, paralysie du cœur et de la respiration, pupilles dilatées. Traitement : respiration artificielle. Injections de strychnine. Stimulants. Excitants cutanés.

1 8. Empoisonnement avec l'oxyde de carbone. (Empoisonnement par la vapeur de charbon, par le gaz d'éclairage). — Au

^S^ Intoxications.

commencement : vertige, céphalalgie, battements des artères temporales,tx>urdonnements d'oreille, bluettes devant les yeux. Petit à petit perte de connaissance, pâleur et cyanose de la peau, suspension de la respiration,chute de la chaleur animale. Plusieurs fois on a trouvé de l'albumine et du sucre dans l'urine. Par l'analyse spectrale, démonstration de l'oxyde de carbone dans le sang. Comme maladies consécutives, des paralysies, des troubles de la sensibilité et de la parole, etc. Traitement : air frais, respiration artificielle, excitants, transfusion.

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